Biographie de Nam June Paik


Nam June Paik, 1932 Seoul

(Corée)

Nam June Paik suit des études d'esthétique et d'histoire de l'art à Tokyo jusqu'en 1956. L'année suivante, il étudie à la Musikhochschule de Cologne, puis travaille au laboratoire de recherche du studio de musique électronique de cette ville. Deux rencontres vont être décisives pour son travail: en 1958, avec John Cage ?pour qui tout peut devenir matériau artistique?et, en 1961, avec George Maciunas, initiateur de Fluxus, à l'esprit duquel Paik adhère dès lors. Il participe au premier festival Fluxus à Wiesbaden en Allemagne en 1962.

Dès le début des années soixante, Paik explore les nouveaux moyens de communication et tente de créer une peinture nouvelle en recourant à des procédés électroniques. " Tout comme la technique du collage a remplacé la peinture à l'huile, le tube cathodique remplacera la toile " , déclare Paik en 1965.

En 1963, la galerie Parnass de Wuppertal (Allemagne) présente treize téléviseurs "préparés" (Music/Electronic Te/evision); sur chacun, le trajet des électrons est perturbé à l'intérieur du tube cathodique, transformant les images figuratives des programmes en formes abstraites. L'artiste a souligné l'analogie de ses variations visuelles avec celles, sonores, obtenues par Cage sur ses instruments préparés. En 1965, il achète sa première caméra vidéo portable. C'est dans cette décennie que Paik, installé aux États-Unis, réalise avec la violoncelliste Charlotte Moorman de nombreuses performances. Ainsi ses vidéo-sculptures, L'Opéra Sextronique (1967) ou encore T.V. Bra for Living Sculpture for Living Sculpture (1969), où deux moniteurs T.V. qui diffusent les images des premiers hommes sur la lune, servent de soutien-gorge à la violoncelliste, les images changeant le rythme de l'instrument dont elle joue.

En 1970, Paik met au point, en collaboration avec Shuya Abe, le coloriseur. C'est un synthétiseur vidéo qui mixe les couleurs. Cet outil permet de séparer les formes de leur contenu. Les figures peuvent être transformées, multipliées, peuvent exploser.

?uvre manifeste de la création vidéo, Global Groove (1973), associe de fac,on débridée et chaotique images télévisuelles (spots publicitaires, programmes de musique et de danse), fragments de créations antérieures (telle TV Cello, 1973) et hommages à l'avant-garde (Ginsberg, Cage, le Living Theater). Ce collage ultra-rapide où se télescopent des éléments sonores et visuels hétérogènes et où les expérimentations visuelles prolifèrent, apparaît "comme une sorte de paysage vidéo imaginaire" préfigurant le village électronique planétaire prophétisé par McLuhan .

Au cours des années quatre-vingts, i'artiste développe la diffusion par satellite des images de ses performances/programmes de télévision. Avec Good Morning Mr. Orwell, Bye-bye Kip/ing et Wrap around the Worid, I'artiste organise en direct l'échange d'images entre l'Europe, I'Asie et les États-Unis, appliquant ainsi ses idées d'interactions culturelles entre Occident et Orient.

Depuis 1985 Paik se consacre à la réalisation d'immenses robots, totems cybernétiques constitués de moniteurs empilés à travers lesquels se perpétue l'esprit Fluxus.