Biographie de Vostell


Wolf Vostell, 1932 Leverkusen

(Allemagne)

En 1954, Vostell, alors dessinateur-typographe et étudiant en art à Paris, forme le concept de dé-coll/age.

D'abord appliquée à l'affiche et à la photographie, la technique du dé-coll/age concue comme art-action, prend dès 1958 la forme de "démonstrations" proches du happening, et s'étend à divers objets qui apparaîtront régulièrement dans les environnements de l'artiste (postes de radio, pièces d'avion, carcasses de voitures accidentées, etc) Des tableaux-objets incorporent dès cette époque des téléviseurs dans ou derrière des toiles.

Avec TV dé-coll/age pour un million de spectateurs (1959), Vostell s'en prend à l'image électronique et dénonce la non-réciprocité de la parole que le système télévisuel impose.

En 1961, il formule son projet esthétique: ART = VIE, VIE = ART; tout homme est une ?uvre d'art.

Il est, en 1962, I'un des premiers membres de Fluxus à Wiesbaden avec Maciunas et Paik.

Il fonde la même année la revue Dé-co/l/age Décidé à faire de son art "l'aiguillon enfoncé dans la conscience abrutie", Vostell va dès lors utiliser tous les moyens d'expression pour faire éclater les contradictions et les violences de la société capitaliste: environnements, happenings (conçus comme la "ritualisation" critique des cultes de l'automobile et de la télévision), vidéo, expériences musicales, mais aussi, simultanément, tableaux-objets, effacages, dessins-partitions des happenings, gravures, photographies sur toile émulsionnée, superpositions de couches d'images, etc.

En 1963, Vostell crée aux États-Unis 6 TV Dé-coll/ages électroniques: des récepteurs de télévision branchés sur le réseau hertzien sont déréglés, le brouillage des images soulignant l'effet de déréalisation propre aux mass media

La même année, Vostell "inaugure" I'art vidéo en enregistrant des dé-coll/ages électroniques et en mettant en boucle les images d'un programme quelconque (Sun in your head).

Les environnements et happenings que multipliera Vostell au cours des années soixante-dix et quatre-vingts seront autant d'événements "psycho-esthétiques" remettant en question les objets fétiches du temps et les actions des hommes

Une "sculpture-action" de 1969 consistera à bétonner une voiture, le dé-coll/age happening Desastres (1972) emprisonnera symboliquement un wagon de train et des corps de femmes dans des anneaux de ciment.

Dans d'autres ?uvres, des téléviseurs seront à leur tour pris dans le béton

(Dépression endogène, commentaire sur l'inflation de l'information, qui connaîtra dix versions entre 1975 et 1984), placés entre les cuisses d'une femme (Butterfly TV, 1980), à demi-enterrés ou érigés en sculptures dans des environnements faisant écho aux tensions et conflits qui secouent le monde.

Cette esthétique radicale fondée sur la rupture, I'érotisme et la tension entre vie et représentation, fera progressivement place à un dialogue pictural avec les maîtres du passé (Goya, Titien...) ponctué d'installations comme Requiem Tedesco, célébrant en 1990 le démembrement du mur de Berlin.