Dossier de Eugénie Devaux


MON PROJET SUR L'OPERA ROBIN DES BOIS

DEVAUX EUGENIE
L1A


J'ai longtemps cherché mon sujet central, afin de traiter au mieux le thème de l'opéra. Au début, je pensais recréer une scène célèbre d'opéra, un soir de représentation, le tout sur une feuille de format A3 ou bien raisin.

Les personnages représentés auraient été des animaux vêtus comme des acteurs humains, ce qui aurait tournée cette scène à la dérision puisque les animaux sont incapables de parler, de jouer et de retenir un texte.


Puis j'ai changé d'idée. Le fait de vouloir absolument introduire des animaux dans mon travail me faisait penser en permanence à Robin des Bois. Je me suis alors documentée sur cette oeuvre, et il s'avère qu'elle a été adaptée de l'opéra de Weber, Der Freischütz en version française (en 1824), puis en opéra comique avec Reginald de Koven et enfin en comédie musicale (en 2005), par Lix Norman et Olivier Hoogstoel (l'adaptation en comédie musicale la plus récente date de 2013 avec Matt Pokora, mais ça c'est une autre histoire...).

Tout ceci m'a fait penser au célèbre Disney, avec des animaux parlants, habillés, et se comportant comme des Hommes... J'ai donc opté pour une planche de format raisin, sur laquelle je dessinerai les personnages principaux tels que je les imagine si ils figuraient dans un opéra "d'Hommes".


Afin de bien organiser mon dossier, je vais diviser chaque partie explicative:

  • 1 - Le choix du format
  • 2 - Les personnage, leur relation à l'animal
  • 3 - Le choix des vêtements, de la typographie, l'ambiance générale
  • 4 - Conclusion



1 - LE CHOIX DU FORMAT

Si j'ai orienté ma feuille en format paysage, c'est uniquement pour des raisons pratiques. Je pensais déjà faire 6 personnages, donc 3 personnages par ligne. Cela aère la vue, et peut faire penser à un tableau ou bien à un cadre contenant une photographie (cf. les bordures ornementées, dorées, une sorte de cadre).


2 - LES PERSONNAGES ET LEUR ANIMALITE

Il y a 6 personnages. Chacun possède un corps d'animal qui, selon moi, correspond le mieux au caractère type des protagonistes.

Robin, le héros, est un renard. C'est un animal rusé, intelligent et vif. Il est aussi très courageux, à l'image du héros éponyme. Il se bat avec un arc, une arme qui nécessite une très bonne vue et un sang-froid à toute épreuve.

Petit Jean est l'un des compagnons de Robin. C'est un éléphant, car ce personnage est représenté comme étant grand, fort, et est le chef des rebelles de la forêt (j'aurai pu choisir l'ours comme animal, mais cela se rapprochait trop du Disney, et je n'avais pas envie de faire une réédition ou un plagiat...). Il se bat avec un bâton, tout comme le personnage du conte.

Marianne est une chatte angora, vêtue d'une somptueuse robe. Le chat est un animal gracieux, intelligent et rusé, il se rapproche du renard, et Marianne étant la compagne de Robin... J'ai voulu qu'elle lui ressemble sur le plan physique et moral. Dans le conte, elle change souvent de classe sociale (tantôt servante, tantôt noble). Dans mon travail, elle appartient à la noblesse, et a un lien de parenté avec le roi (sa fille?...) et elle rêve de s'enfuir avec Robin et sa bande.

Allan a'Dayle est un des compagnons de Robin. Traditionnellement, on le représente comme étant un ménestrel errant, qui rejoint la bande de Robin. Je l'imagine comme étant assez fier, assez snob, et très soucieux de son apparence. Je le voyais bien incarné en hibou (grand duc!) jouant de la mandoline. Il utilise une petite dague en guise d'arme, mais également une épée fine de mousquetaire...

Le Roi Richard est le grand méchant de l'histoire. Comme tout bon roi mauvais, j'ai voulu qu'il ressemble à une brute sans pitié, c'est pour cela que je l'ai représenté sous les traits d'un alligator (petit référence à Bowser, le grand méchant de Mario...). Il veut arrêter et exécuter Robin et sa bande, car il est agacé de tous leurs pillages. Il sait également qu'il est le compagnon de sa fille, ce qui ne fait qu'attiser son amertume...

Frère Tuck est le dernier personnage de mon opéra. C'est un des compagnons de Robin. Il n'approuve pas entièrement les pillages faits aux riches, mais trouve cela "juste" car le butin est donné aux pauvres. J'ai voulu qu'il ait un air triste, presque pathétique, qui traduit son épuisement (ça ne doit pas être simple d'être un moine!). Il endosse donc l'image d'un bouledogue anglais, un chien très affectueux avec beaucoup d'amour à donner, un peu pataud aussi...


3 - LE CHOIX DES VETEMENTS, DE LA TYPOGRAPHIE, L'AMBIANCE GENERALE

Chacun est habillé d'une façon précise, qui reflète à la fois le milieu social et l'ambiance théâtrale/extravagante de l'opéra.

Robin et ses compagnons ont le même type de vêtements: une robe courte, cintrée à taille par une grosse ceinture de cuir, un pantalon de coton blanc similaire au t-shirt, ainsi que des bottes. Certains ont une cape et un chapeau (Robin et Allan), sauf Petit Jean (trop imposant!), j'ai voulu qu'il ait une allure de "gentille brute". Frère Tuck et Marianne sont vêtus selon les conventions de leur appartenance sociale: une robe monastique, une croix de bois pour Tuck, et une robe raffinée pour Marianne.
Le Roi Richard a bien évidemment une couronne (ou plutôt un tiare), ainsi qu'un sceptre royal, une cape rouge flamboyante et divers appanaches (bagues...). Il n'a qu'un vêtement, un t-shirt à manches longues (se tenant en station horizontale, je n'ai pas voulu trop abuser pour ce personnage, sa cape est longue et traîne suffisamment).

J'ai utilisé un stylo doré pour créer des petits détails sur les vêtements de chacun (coutures, décorations...). J'ai trouvé que cela rappellerait l'ambiance éclatante de l'opéra.


Le prénom des personnages est écrit à la manière gothique, et les lettres sont remplies de doré. Je me suis amusée à compléter les prénoms avec des petits éléments rappelant le personnage: une flèche traverse le "o" de Robin, un bâton est posé sur le "t" et le "n" de Petit Jean, 2 colombes virevoltent autour du prénom de Marianne (incarnation de la pureté), Allan voit son apostrophe transformée en note s'échappant d'une lyre, le Roi Richard arbore une couronne extravagante sur son "d", et Frère Tuck se retrouve avec un crucifix en bois.


Enfin, le cadre est le dernier élément à expliciter. Il est doré, et possède 4 roses rouges à chaque angle. Au centre sur la ligne horizontale du haut se trouve un encadrement avec le nom de l'opéra, "Robin des Bois". Un ruban rouge vif le souligne gracieusement. Ce cadre cerne mon travail, car ce dernier reste un design de personnages, et j'ai voulu les placer dans cet endroit, comme si ils étaient photographiés (ou peints!) et prenaient la pose devant l'objectif.


4 - CONCLUSION

J'ai passé beaucoup de temps sur ce projet, mais je l'ai apprécié. En temps normal, j'aime transposer des éléments d'un milieu à un autre, complètement décalé avec le milieu d'origine, c'est pour cette raison que j'ai représenté des animaux acteurs, humanisés.

Je pense avoir bien décrit mon travail, et avoir suffisamment explicité les points essentiels. Néanmoins, j'apprécierai que chacun se fasse une idée personnelle de mon opéra, comment va-t-il être joué? Quelle sera l'intrigue? Quelle va être la relation entre les personnages?... C'est intéressant d'avoir des points de vue différents, cela aide à envisager d'autres perspectives sur ce que l'on a produit.












COMPTE RENDU D'EXPOSITION SUR MARTIN HYDE & PHILIP VORMWALD FRAC


Cette exposition, se situant au FRAC de Montpellier du 21 mars au 11 mai, nous donne à voir des oeuvres diverses (sculptures, installations, grands formats) puisant leur inspiration dans l'Odyssée d'Ulysse.

De nombreuses sculptures contemporaines meublent la salle d'exposition, nous forçant à circuler entre elles afin de les découvrir. Elles nous incitent à les observer, à les écouter (ce sont des oeuvres sonores également, nous pouvons entendre des bruits d'écoulement d'eau, de machines...). Il y a également des grands formats, accrochés aux murs. Ils rappellent le télécran, ce fameux jouet pour enfant des années 80.
L'un d'entre eux fait penser à un labyrinthe, celui du roi Minos, avec la terrifiante légende du minotaure...

L'artiste utilise de nombreux petits objets de récupération afin de construire ses sculptures (gommes en forme de crânes, animaux en jouet...).
J'ai retenu certaines des ses oeuvres qui m'ont semblé être les plus représentatives de cette exposition.

L'une d'elle se réfère à l'épisode de l'Odyssée, durant lequel Ulysse et ses compagnons de voyage rencontrent Circé, celle qui a transformé les compagnons d'Ulysse en animaux car ils étaient incapables de maîtriser leurs pulsions primitives. Nous pouvons noter la présence de petits jouets tatoués en forme d'animaux (chevaux, vaches, cochons...). Plus bas, au pied de la sculpture, s'écoule des gouttes d'eau dans un saladier rose.
Les animaux tatoués font référence au célèbre Wim Delvoye avec ses cochons tatoués, et sa machine reproduisant le cycle digestif d'un être vivant, Cloaca. (http://art-flux.univ-paris1.fr/spip.php?article130).

Une autre oeuvre se réfère à l'épisode des Îles Errantes. Des tonnes de pierre ponce se sont déversées dans la mer, et se sont logées sous les îles, ce qui les faisait lentement dériver... C'est une angoisse fondée, car ce fait s'est réellement déroulé.
Sur la sculpture, un socle attire immédiatement le regard du spectateur. Un poupon, s'apparentant au dieu des Enfers, Hadès, a les yeux crevés, et est peint en blanc (contrastant avec le reste de la sculpture qui est toute noire.). Il actionne des ficelles, c'est lui qui est le créateur de l'oeuvre, qui lui donne la vie. Ce bébé est une référence à l'artiste lui-même.

Une autre sculpture se base sur l'histoire de Pénélope, la femme d'Ulysse. Elle est connue pour sa fidélité légendaire (le mythe la décrit comme l'épouse la plus aimante: elle devait coudre une tapisserie très importante, et une fois celle-ci achevée, elle devait se marier avec un prétendant. Mais persuadée qu'Ulysse reviendra, tous les soirs elle déliait sont travail réalisé le jour même...).
L'artiste s'est alors amusé un peu. Pénélope est, dans son travail, représentée comme négative... Elle se cogne la tête sur le plafond de la sculpture, et possède un nez à l'image de Pinnochio! Serait-elle une menteuse? Une femme infidèle? C'est ce que la sculpture suivante laisse penser...

En effet, elle se nomme "les prétendants". Elle s'articule autour d'un trou percé dans un palais étrange et mystérieux (palais du roi Minos?).
Il est le seul moyen de pouvoir regarder l'oeuvre, qui nous révèle une Pénélope très loin de ce qu'on pouvait imaginer...
C'est une poupée, les jambes écartées, dans la même salle qu'un prétendant apparaissant en hologramme sur elle.
Cette oeuvre s'inspire de Marcel Duchamp, ou plutôt de son oeuvre finale: "Etant donné 1) la chute d'eau 2) le gaz d'éclairage", dans laquelle le spectateur est en position de voyeur, il s'introduit dans la vie privée d'une femme (http://stephan.barron.free.fr/art_video/duchamp.html).

Un trident en néon rouge et blanc est posé sur une colonne dorique cassée, et trône fièrement au fond de la salle, devant une grande fresque murale. Ce trident fait évidemment référence à Poséidon, le dieu des océans, qui est connu pour être l'ennemi d'Ulysse. C'est lui qui le dévie de sa terre natale, Ithaque.
La fresque murale est une oeuvre éphémère, puisqu'elle ne restera pas éternellement sur ce mur. Elle est également spontanée, l'artiste n'a pas choisi au préalable la disposition de ses formes. Des cercles avec un point au centre, des tubes avec des pailles qui sortent, sont 2 des formes récurrentes utilisées par l'artiste. Il a projeté et étalé sa peinture, ainsi que soustrait à certains endroits (avec de l'eau, par étalement avec son doigt).
Cette oeuvre traduit peut-être l'espoir d'Ulysse d'arriver dans un Eden végétal. Mais l'oeuvre est au fond de la salle car il n'a pas pu l'atteindre, et elle est également barrée par le trident de Poséidon...

En conclusion, Martin Hyde cherche à se comprendre à travers ses oeuvres. Ses environnements culturels transparaissent à travers elles (Star Wars, le télécran, les sushis...). Il puise son inspiration dans des artistes de renom, comme Marcel Duchamp, ou encore Wim Delvoye. Il a une esthétique de la ville du futur des années 80, sombre, angoissante, incertaine, traduisant sa propre angoisse face au monde mais également celle des hommes en général.