Présence


La présence en cours ou en TD est obligatoire sauf cas de force majeure.

Je préfère de loin qu'un étudiant apporte dès le début du semestre, ou dès que possible, des éléments modestes et que nous engagions de semaine en semaine une réflexion personnelle. Apporter le dernier jour, à "l'examen" une "oeuvre" "finie", n'a pour moi aucun sens...

Certains étudiants pensent à tord que l'enseignement universitaire doit être purement technique, technicien, vertical et didactique. Je pense pour ma part qu'il est essentiel d'enseigner le processus de création dans une université des arts et des lettres. Que cet apprentissage est le plus formateur, le plus motivant et qu'il est un élément indispensable d'une réflexion globale sur l'art. On ne peut penser l'art, le théoriser, entre être médiateur ou acteur sans en connaître au moins une fois l'exercice.
Ces étudiants pensent aussi être les seuls maîtres d'une vision esthétique, artistique, que la création d'une oeuvre d'art, est une question de résultat, de goûts personnels. La création artistique serait une affaire subjective, indiscutable... Il y a évidemment des grands artistes, mais ils ont élaboré leurs oeuvres dans des processus d'interaction avec le monde, dans des processus d'ouverture.

Certains étudiants pensent qu'il faille faire une "oeuvre" sans aucun conseil, ni pédagogie, ni interaction avec l'enseignant. Ils pensent à tord que je vais simplement évaluer une oeuvre. C'est-à-dire qu'il suffit de venir le dernier jour (ou parfois le premier jour ou un jour au hasard) pour présenter une "oeuvre". Que l'évaluation se fonde sur une opinion subjective (la mienne versus celle de l'étudiant ou celle des amis de l'étudiant...). Ceci n'a évidemment aucun intérêt, ni aucun sens. Cette vision des choses est finalement assez immature et découle d'une mauvaise compréhension, sans doute d'une dérive dans un certain contexte scolaire où l'on a conditionné les étudiants à apprendre une leçon, à se conformer à un modèle donné par le "maître", à une évaluation fondée sur le jugement, la sanction, alors que ma pédagogie veut se construire sur l'intelligence, la réflexion personnelle et collective, sur la motivation et sur la responsabilité. Elle en appelle à une grande maturité des étudiants et veut en finir avec leur infantilisation.
Nous sommes dans un processus de pédagogie "ouverte" qui se fonde sur une motivation et une responsabilité accrue des étudiants.
Je ne suis pas dans l'idée de "juger" de la qualité d'une "oeuvre" (ou de son absence de qualité)... mais ce qui est évalué c'est le processus d'interaction entre l'étudiant et le pédagogue et c'est l'élaboration progressive d'une réflexion autour d'un travail de recherche artistique ou créatif.
Ce processus est lent et régulier. IL NECESSITE DONC UNE PRESENCE A TOUS LES ATELIERS.

L'enseignant n'est d'ailleurs pas le seul élément de l'interaction. Il y a une riche interaction entre étudiants qui permet d'enrichir sa réflexion sur des perceptions différentes de son travail... Mais souvent les autres étudiants sont dans le compliment qui ne permet pas une remise en question nécessaire pour avancer. Ils sont dans "c'est bon"...
Or il ne s'agit pas d'être dans le jugement "c'est bien" ou "c'est pas bien"... Mais de construire un regard.

Je pense que certains étudiants fuient cet échange, par peur du jugement, par convenance personnelle, repoussant à plus tard (au dernier moment, le dernier jour) une "heure de vérité". Pour moi, tout ceci n'a aucun sens. Je préfère élaborer par distillation (interaction) une réflexion approfondie sur toutes les étapes de la création... Ce travail est long, ni difficile, ni facile, il nécessite une certaine constance et une ouverture d'esprit.