L’attitude des artistes face à la technologie est très variable. Mon propos n’est pas de juger, mais d’inviter les artistes et le public à prendre conscience des responsabilités des artistes dans l’univers technologique. Il est aussi une invitation au plaisir de l’art qui dépasse toutes les théories que l’on pourrait faire sur lui… et dépasse même les déclarations des artistes eux-mêmes. Force est de constater que Stelarc, Orlan ou Kac, en soutenant leurs travaux d’une louange des nouvelles technologies, nous inspirent épidermiquement une véritable et sainte horreur de ces technologies. La louange se transforme en avertissement.

Le public doit aussi comprendre que l’art, et cela n’est pas nouveau, est une forme de propagande. L’art technologique n’échappe pas à la règle. Le temps établira si une distinction entre artistes technoromantiques et artistes technologiques existe réellement. Tel n’est pas le propos de ce livre. Il est plutôt d’inviter les artistes à développer leur conscience. L’attitude technoromantique correspond au souhait de vouloir utiliser les technologies pour être présent comme artiste dans l’évolution du monde et de s’opposer aux dérives de l’utilisation des technologies par des scientifiques, des marchands dont le but n’est pas de vivre, de s’émerveiller dans une présence au monde, ni de développer des valeurs humaines. Ces buts-là sont ceux de l’artiste.