Malevitch est l'un des premiers artistes qui s'est intéressé à l'esthétique de la machine et des techniques, à la vitesse, à la disparition du lointain.

Son système de référence est la terre, ses recherches portent sur le système planétaire et l'infini.

Le blanc est pour lui, plus que le bleu (que Yves Klein choisira), l'image de l'infini.

" Une toile suprématiste est une représentation de l'espace blanc - et non pas bleu. La raison en est simple : le bleu ne nous donne pas une bonne représentation de l'infini. C'est comme si les vagues de la perception rencontraient un dôme et ne pouvaient pénétrer dans l'infini. Le blanc suprématiste infini permet aux vagues de la perception d'avancer sans rencontrer de frontière ".

Malevitch s'intéresse ainsi à la disparition de l'objet, d'une autre façon que Duchamp. Si Duchamp montre que l'objet d'art est secondaire, que l'attitude de l'artiste prime sur l'objet, Malevitch s'intéresse au phénomène de la perception. Duchamp crée des machines symboliques comme Le Grand Verre.

Malevitch porte sa réflexion sur la modification de l'espace et du temps provoqué par les nouvelles techniques, et sur l'idée de quatrième dimension.

Malevitch crée les oeuvres graphiques suivantes : Avion, 1914, Avion en vol, 1915, Suprématisme Aérien, 1917-1918,

Masses de couleur dans la quatrième dimension

" Le suprématisme contient l'idée d'une nouvelle machine sans roue, sans énergie venant de la vapeur ou de l'essence " .

Malevitch en s'intéressant à la perception, à l'immatériel, à des machines symboliques dessine ce que seront les problématiques des artistes planétaires et technoromantiques.