Karl Sims a présenté au centre Pompidou, dans le cadre de la revue virtuelle numéro cinq de mars à mai 1993, l’installation Images génétiques. Cette installation est basée sur un principe de reproduction et de mutation des images. Au départ une ou plusieurs images sont générées sur écran à partir d’équations mathématiques codées par un ordinateur. Ce code informatique constitue donc le ou les génotypes d’une image qui en est le phénotype. Les interacteurs en se plaçant sur des " tapis-capteurs " posés sur le sol sélectionnent les images qui vont " survivre " parmi celles qu’affiche l’ordinateur sur seize moniteurs disposés en arc de cercle. Les images non retenues sont immédiatement éliminées tandis qu’apparaissent sur les écrans une nouvelle génération d’images, copies ou combinaisons des survivantes, avec différentes variations. Les interacteurs peuvent alors effectuer un nouveau choix et les générations d’images se succèdent selon un processus d’évolution interactive. Il existe donc une analogie entre les images engendrées par le choix de l’interacteur et une évolution biologique guidée par l’interacteur. L’interacteur devient alors métaphoriquement généticien, il est créateur de vie artificielle, il contrôle l’évolution du vivant. Cette recherche formelle qui dans son utilisation a des aspects ludiques et excitants, ne pose-t-elle pas aussi des problèmes éthiques ? On ne peut sans doute pas y voir qu’une recherche purement esthétique. Certes, l’artiste et les interacteurs ne produisent que de l’artificiel, mais ne nous fait-on pas jouer, simuler et donc intégrer inconsciemment l’idée d’une manipulation sans conséquence du vivant ? C’est en tout cas le propos de Karl Sims, qui intitule son installation Images génétiques.

Il est urgent que les artistes se posent le problème de l’art technologique en termes de sens (de perception et de signification), et ensuite cherchent dans l’éventail fantastique des technologies qu’ils ont à leur disposition, quelle technologie peut aider à réaliser leur œuvre.