Cet article doit être refait : à compléter, article nécessitant des illustrations. 08/03/2016

Alain Declercq


« J'ai commencé à filmer ces groupes de flics en employant moi-même des techniques de surveillance. (…) Observer la réalité des rues devenait alors une forme d'illégalité, donc de tension et d'excitation, de défi. »
Alain Declercq est tout autant un artiste qu'un agitateur, si l'on en croit ses démêlés avec la police et ses nombreuses interpellations pour trouble à l'ordre public ou, récemment encore, pour préparation d'actes terroristes.
Renouant avec le caractère propagandiste du détournement, arme de combat cher au situationnisme, il s'attache à déjouer les procédures de contrôle, mais également nos peur et lâchetés, qui nourrissent l'idéologie et le sentiment sécuritaire.
Ses actions empruntent tout à fait au monde de la filature, de l'enquête et de l'infiltration et visent le plus souvent à intercepter ou à retourner les dispositifs de surveillance. De la prise discrète de photographie d'agents de police en civil dans une manifestation, à Welcome, Boss, ou à l'aide d'un puissant projecteur posé sur un pick-up, il éclaire de nuit divers bâtiments eux-mêmes : quadriller l'espace public, l'exposer et, par-là même, le révéler.
Ce principe du retournement s'avère, de plus, un puissant outil critique à même de déconstruire la réalité. Oscillant parfois de façon indécidable entre le réel et la fiction, nombre d'oeuvres de l'artiste au titre desquelles son dernier film Mike, qui questionne la version officielle des attentats du 11 septembre, entrelacent fausses pistes et vrais indices, et nous rappellent également que la domination commence par l'imposition d'une vérité qui reste sans cesse à interroger.
Aline Cailler