Almagul Menlibayeva


Cette artiste Berlinoise est connue pour ses photos, ses performances, ses installations, et enfin ses vidéos. Elle se définit comme une artiste nomade, et ses œuvres dépeignent principalement l'Asie centrale dont elle est originaire.

AlmagulMenlibayeva

Biographie:

Née à Almaty au Kazakhstan en 1969, elle travaille et vie aujourd'hui autant à Berlin que dans sa ville natale. Elle a grandi dans un Kazakhstan occupé par l'URSS, et fait ses études à l'Institut des Beaux Arts d'Almaty. Son éducation artistique a été marquée par le mouvement d'Avant-garde Russe né sous l'Union Soviétique. Elle a commencé par la peinture, et à reçu le prix de Daryn en 1998 remis directement par le président du Kazakhstan d'alors. Avec la chute de l'URSS est venue la possibilité de se faire connaître à l'étranger, ce qu'elle tenta de faire au États-Unis avec pour but de voir si elle pouvait faire comprendre à d'autres cultures un art venant de la sienne. Dans un interview elle explique qu'en tant que peintre un artiste Kazakh n'avait pas sa place sur la scène internationale car son pays était non seulement assez méconnu, mais ses codes artistiques étaient aussi incompris.
Suite à ça elle se tourna vers la photographie, les installations et la performance, ce qui finira par évoluer vers la vidéo. Elle se fait vraiment connaitre en tant qu'artiste vidéo avec Apa (2003) dont il est impossible de trouver des extraits sur internet. Apa a été présenté au festival Video-identity lancé par le centre Soros, centre d'art contemporain d'Almaty, dont le but était d'encourager le développement de l’art vidéo en Asie centrale.

Apa (2003)
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- Artiste principal de la biennal de Sao Paulo (1991).
- 1987-1992 : études à l'Institut des Beaux Arts d'Almaty.
- 1995 : Grand Prix Asia Art, Seconde Biennal d'Asie Centrale, Tashkent, Uzbekistan. Prix national de ​DARIN, Kazakhstan.
- 2002 : Premier Festival video, deuxième prix, Fondation Soros, Kazakhstan. TARLAN, prix indépendant, Kazakhstan.
- 2003 : "Sacred Places of Kazakhstan" Fondation Soros, Kazakhstan, troisième prix (Apa)
- 2007 : Exposition "On the Road", Galerie Davide Gallo, Berlin, Germany
- 2008 : Exposition "Kissing Totems", galerie Priska C. Juschka Fine Art, New York, États-Unis.
- 2009 : Premier prix d'art vidéo "Gold Tambourine", "Golden Drum International Video Festival", Hanti-Mansiisk, Russie. Exodus, galerie Tengri-Umai, Almaty, Kazakhstan. Exposition "Kurban", Priska C. Juschka Fine Art (galerie), New York, États-Unis.
- 2010 : Sa vidéo Exodus reçoit le "Prix de la Nuit" du 8ème Festival International Signes de Nuit, Paris. Exposition "Lonely at the Top", "Europe at large #6", Musée van ​Hedendaagse Kunst (M HKA), Antwerp, Belgique. Exposition "Daughters of Turan", Priska C. Juschka Fine Art (gallerie), New York, États-Unis.
- 2011 : " KfW Audience Award", Videonale 13, Kunstmuseum Bonn, Bonn, Allemagne. "Open Society Institute" , Budapest, subvention du Réseau Art et Culture. Exodus, Nassauischer Kunstverein Wiesbaden, Wiesbaden, Allemagne. Exposition "Les rêves perdus d’Aral", Galerie Albert Benamou, Paris, France. Transoxiana Dreams, Priska C. Juschka Fine Art (galerie), New York, États-Unis. Exposition "My Silk Road to you" , galerie Tengri-Umai, Almaty, Kazakhstan.
- 2012 : Exposition "Daughters of Turan", Casal Solleric, La Palma De Mallorca, Espagne.
- 2013 : Prix KINO DER KUNST, competition internationale cinématographique, Munich, Allemagne. Exposition "Empire of the Memory", Ethnographic Museum, Warsaw, Pologne. An Ode tor the Wastelands and Gulags, Kunstraum Innsbruck, Autriche.
- 2014 : Transoxiana Dreams, Videozone, Ludwig Forum, Aachen, Allemagne.

Son site internet :
http://www.almagulmenlibayeva.com/home.html


Un esthétisme moderne, ancestral et nomade :

Almagul Menlibayeva défini son art comme chamaniste, la recherche d'une identité Kazakh moderne, et un art nomade au sens culturel du terme (elle même vit à la fois à Berlin ouest et à Almaty). Généralement ses expositions comprennent généralement un mélange d'installation et de vidéo, de vidéo et de photo, d'installation et de photos, voir les trois ensemble. Il n'est pas rare que ses vidéos soient présentées au travers d'une installation.

~ Esthétisme de la mode:
Cette approche de la photo et de la vidéo (mais surtout de la photo), est arrivé tardivement dans ces œuvres et ne se retrouve pas dans ses peintures. En cherchant une façon moderne de présenter vidéos et photos qui soit comprise partout dans le monde, Almagul s'est finalement tournée vers cette façon de photographier voir de filmer. Les codes esthétique de la mode sont compris dans le monde entier et ont une saveur moderne qu'elle cherche à exploiter. Luis Vuitton fit d'ailleurs la commande d’œuvres pour l'ouverture de leur premier magasin à Almaty, que la marque a exposé lors de l'ouverture, dont le thème est les routes de la soie au sud du Kazakhstan.
Spiderman

~ A la recherche d'une identité Kazakh:
A la suite de l'effondrement de l'URSS, le Kazakhstan libéré a dut se reconstruire une identité. C'est ce que Almagul Menlibayeva s'efforce de faire dans ses œuvres en mélangeant passé, présent et futur, en s'intéressant à l'histoire, aux traces laissées par l'Union Soviétique, et aux conséquences que cette occupation a eut. Bien que se considérant une artiste nomade, elle donne au mot nomade un sens nouveau, et explique que les traditions nomades furent forcées de disparaitre complètement sous l'occupation soviétique. Son nomadisme se fait entre les religions, entre le présent et le passé, entre esthétisme traditionnel et moderne. Si de nombreux thèmes récurrents se mélangent dans ses œuvres, cela est dut à sa recherche de cette identité Kazakh moderne.
~ L'image de la femme:
Dans ses vidéos, photos, peintures, un thème récurrent est la femme. Cela n'est pas dut à des convictions féministe, mais plus à son intérêt pour l'image de la femme à travers les âges. Ainsi se recherche d'une identité Kazakh est presque exclusivement féminine (et comprend femmes et filles de tout les âges). Le femmes dans ses œuvres peuvent être des personnages historique, comme Aisha Bibi (une noble femme morte après avoir été mordu par un serpent), ou des entité mythologique, voir même divines.
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Butterflies of Aisha Bibi extrait Youtube
~ Un art chamaniste:
Dans sa recherche d'une identité Kazakh, Almagul Menlibayeva s'intéresse de près aux anciennes religions qui ont influencées le Kazakhstan à diverses périodes. Souvent il s'agissait de croyances animistes, chamanistes, incluant du totémisme et un culte des ancêtres. La religion d'Asie Centrale la plus connue possédant toutes ces caractéristiques est le Tengrisme. Or une figure récurrente des œuvres de Almagul est Umai, une déesse du panthéon Tengri représentant à la fois la fertilité et la virginité. Dans le travail d'Almagul Umai est une figure féminine (femme ou fille) habillée de blanc, et apparait dans plusieurs des ses photos et de ses vidéos.
Umai (2010)
Umai2010
Video Milk for Lambs (2010)
MilkForLambs
Center of Eurasia
CenterofEurasia
~ Syncrétisme religieux et islam:
La religion a été une façon pour le Kazakhstan de se définir sans le communisme, et cela s'est fait en partie par l'Islam. Toutefois le Kazakhstan a était traversé par de nombreuse religions tout au long de son histoire, et ses traditions rassemblent un grand nombre d'influence. Ce syncrétisme religieux est visible dans le travail de Almagul. L'Islam est un thème récurrent de son travail, de même que des références au tengrisme.
~ Préoccupations sociales et environnementales:
Voici un autre sujet récurrent d'Almagul. Elle aborde autant les catastrophes humaines touchant la nature que les population, et souvent les deux. C'est le cas dans sa série de photos prisent autour de la mer Aral et pointant du doigt son dessèchement accéléré, mais aussi dans sont œuvre An Ode to the Wastelands and Gulags (Autriche, mars 23- mai 11, 2013)
An Ode to the Wastelands and Gulags video Youtube
Cette vidéo est présentée dans une exposition, à travers une installation de plusieurs panneaux, tous avec un point de vu différent montrant des performances, des images fixes de lieux, des témoignages de personnes aillant vécu la catastrophe causée par les soviétiques. Le sujet est le polygone nucléaire semipalatinsk, qui fut un site d'expérimentation nucléaire soviétique de 1943 à 1989, avec plus de 456 explosions. La population n'était pas au courant de ce qui se passait, et ignorait ce qu'étaient ces explosions, et aujourd'hui encore le nombre de malformations et de cancers dans cette zone est immensément supérieur à la normale.