vidéo et fictions du quotidien


L'ouvrage choisit s'intitule «  Art- vidéo et fictions du quotidien » dont l'auteur est Erika Thomas .

Il présente successivement des actions artistiques qui ont servit de supports pédagogiques dans le cadre universitaire (pour des cours et des ateliers portant sur la création artistique et audiovisuelle) et ayant été sélectionnées pour être présentées lors d’événements culturels en France et à l'étranger .
Cet ouvrage est découpé en 3 actions artistiques distinctes , chacune réalisées par l'auteur de l'ouvrage elle même . En quelques mots , Erika Thomas est professeur des universités en cinéma , art et audiovisuel à la faculté des lettres et des sciences humaines . Elle est souvent aider de son mari , Bernard , qui la soutient et l'inspire parfois dans les actions artistique qu'elle entreprend .
Bien qu’Erika utilise un mode opératoire qui semble toujours le même pour construire ses actions artistiques : elle fait participer ses amis et ses proches , et termine chaque actions par un court métrage qui retrace rigoureusement toutes ses étapes ; chaque scénario n'en ai pas pour autant semblable . Ainsi , dans cet ouvrage , nous sommes face a 3 actions artistiques avec chacune une histoire et un point de départ différent :

La première  : « Sur les traces de Bob Santiano » , action artistique réalisée entre 2009 et 2010 .
Le point de départ de cette action , est comme souvent chez Erika , tiré d'un élément du quotidien : Tout part d'une simple question que lui pose son mari , Bernard , après avoir fait un rêve où Erika et lui même partait aux quatre coins du monde pour annoncer qu''un certain «  Bob Santiano » était mort : il demande tout bêtement a Erika si ce nom lui dis quelque chose . Cependant , il ne lui dis rien .
C'est cette simple question qui donnera l'envie a Erika de réaliser le rêve de son mari , à sa manière , n'ayant pas les moyens pour voyager aux quatre coins du monde .
C'est donc de ses nuits d'insomnies qu'elle tirera ses idées : elle commencera par sélectionner 16 rues de Paris , portant des noms de pays ou de villes étrangères dans lesquelles elle prévoit de faire escale.
  • Elle préviendra par la suite 16 de ses amis de ce périple et enverra a chacun d'entre eux , une carte postale d'une des escales  qu'elle a effectués . Puis , elle inventera l'histoire de Bob Santiano , qu'elle sectionnera en 16 parties , ce qui permettra par la suite d’agrémenter chaque carte postale d'un extrait de l'histoire. En bref , Bob Santiano se serait échapper de son quartier , en ruine , où il considère les habitants comme des zombis qui voudrait faire croire qu'ils sont toujours en vie . L'objectif du périple du couple sera donc d'annoncer au monde que Bob Santiano , n'est pas mort mais qu'il s'est juste enfuit .
Elle décrira dans son livre successivement et précisément chacune de ses escales . On remarque que pour chaque escale elle fera toujours la même chose : elle colle un sticker sur un mur de la rue sur lequel il figure «  Bob Santiano  n'est pas mort », elle écrit et envoie une carte postale a un de ses 16 amis qui lui répondent , puis remporte toujours un objet du quotidien tel que l'étiquette d'une bouteille de vin qu'elle a apprécié . Ainsi , cette action artistique interroge la figure du voyage comme espace de déploiement de ses rêves. La création d'un personnage imaginaire , Bob Santiano, sert , en réalité , de prétexte à un tour du monde métaphorique invitant à une réappropriation ludique des objets rapportés par le voyageur : dans leur cas l'objet apparaît incontestablement comme révélateur de lien à l'espace, à soi , au temps et au cheminement . Il semble également évident d'ajouter que cette action a pour objet la quête de l'autre .

Ce scénario artistique donnera lieu à la création, en 2010, d'un court métrage intitulé «  Sur les traces de Bob Santiano » qui , sous le modèle d'un poème en prose , raconte les notes , les souvenirs et les impressions du voyage avec des rimes visuelles et sonores . On y voit des sons et des images apparaître comme un refrain .
https://vimeo.com/9359896


La seconde action artistique a pour titre «  Oublier Zanzibar Jaune »
Réalisée en 2010, elle confronte des discours contradictoires et les réactions qu'ils suscitent , autour du surgissement de l'improbable au cœur du quotidien.
Perturbée par la situation de bon nombres de chercheurs confrontés à la nécessité de produire un travail conséquent sans avoir nécessairement les moyens ( le plus souvent financier ) pour mener a bien ce travail de recherche , c'est alors pour illustrer ce paradoxe qu'est venu à l'auteur , l'idée d'une nouvelle production artistique . ( p.96)
C'est a partir de la qu'elle décidera de monter une histoire de toute pièce
: une fausse annonce intrigante , parue dans le journal qui serait le point de départ de son enquête , une annonce dans laquelle il figurera «  Trouvé zanzibar jaune » ; un faux personnage central: Adamov Strabia , un franco russe qui aurait évoqué « un zanzibar jaune » comme dans l'annonce , dans une de ces thèses . De ce fait , elle entrerait en contact avec lui pour obtenir des informations : il lui donnerait alors rendez vous par mail . Rendez vous auquel il ne viendra jamais car elle apprendra plus tard qu'il était mort , déjà quelques jours avant même le mail qu'il lui aurait envoyer pour convenir du rendez vous . C'est a partir de la , qu'elle créerait un autre faux personnage : Jean Clotaire , un ami d'Adamov qui lui aurait sauver la vie et qui dont elle apprendra qu'il est très surveillé par les services secrets français . Viendra ensuite l'accident de son Mari Bernard , le seul passage réel de cette histoire qu'elle décidera d'incorporer dans le scénario . C'est dans ce contexte , qu'Erika fera semblant dans un premier chapitre , d'être désespéramment à la recherche de la véritable histoire d'Adamov , personnage en réalité imaginaire . Elle ne trouvera d'ailleurs de réponse à ses questions , seulement des hypothèses : Adamov Strabia serait une personnage sous fausse identité , en mission pour les services secrets français , probablement pour décrypter des documents confidentiels des services secrets russes , d’où sa mort subite , une fois sa mission réussit . Jean Clotaire serait le seul au courant de cet identité secrète , d’où sa mort soudaine également . C'est dans le deuxième chapitre qu'on apprendra que tout cela est faux .
Bien évidemment , Erika prendra soin de transmettre toute l'avancée de cette enquête a ses amis , qui , bien habitués à ses constructions imaginaires , font sûrement semblant de la croire et jouent le jeu . Cet production artistique donnera elle aussi lieu à un court métrage intitulé «  Oublier Zanzibar ( écran de fumée) .
Comment raconter et partager autrement qu'avec des fragments de fictions , la quête du sens ? Telle est la question que s'est posée l'auteur en réalisant cette production.


La troisième et dernière action artistique , créer entre 2009 et 2013, a pour titre «  Disparitions »
En lisant un livre , qu'elle a pourtant déjà lu à plusieurs reprise , Erika remarque qu'il manque la page 35 : elle se demande alors comment elle a pu ne pas remarquer la disparition de l'indispensable. C'est dans ce contexte qu'elle décide de travailler , dans une perspective artistique , sur les questions soulevés par la lecture interrompue .
Alors que comme à son habitude elle fait appel à ses amis et que comme toujours , c'est avec grand enthousiasme qu'ils acceptent , cette action artistique ne se déroulera pas comme d'habitude . En effet cet action a pour thème le manque et la disparition , sujet difficile et sensible qui semble trop personnel et difficile à traiter pour ses amis : alors qu'au départ ils étaient cinq à participer , elle remarquera au fil des étapes la disparition soudaine de certains : seul deux d'entre eux ont jouer le jeux jusqu'au bout en allant au bout des étapes qui étaient les suivantes : lui envoyer la page 35 d'un livre au choix , une photographie symbolisant le manque selon eux , une coupure de presse qui aurait pu passer inaperçue et pour finir un plan d'une ville qu'ils aiment . Trois des participants, pourtant très amis et fidèles alliés de jeux d'Erika , ont donc abandonnés en cours le projet sans donner suite . Elle apprendra par une amie commune qu'ils ont décidés de disparaître volontairement . Elle décide donc de chercher si des indices de ce désir de disparition apparaissaient dans le début du travail qu'ils avaient effectués et le constat est sans appel : beaucoup d'éléments le prouvaient . Elle n'aura pas le suite , plus jamais de nouvelles d'eux malgré de nombreuses relances .
Alors qu'elle décide d'abandonner ce projet très éprouvant , c'est grâce a la réception d'une carte postale que lui a envoyer un vieil ami qu'elle reprend espoir : cette carte lui rappelle son voyage en famille avec son mari et ses 3 enfants en Chine . En observant une carte du monde sur laquelle elle trace des droites, elle fait une découverte qui la frappe : Venise est l'intersection oarfait de toutes les droites qu'elle trace. Elle apprendra également que c'est une ville qui est menacée de disparaître sous les eaux à long terme .
  • C'est donc 1 ans plus tard que l'occasion d' aller à Venise se présentera. Ce voyage sera bien le terreau de nouvelles inspirations créatrices car il lui permettra à la fois de de faire une rencontre avec Lisa R , une femme qui lui racontera avoir perdu, il y a 15 ans, un manuscrit qu'elle avait elle même écrit dans les rues de Paris , puis également de faire une série de photographies , ce seront donc les éléments qui lui permettront de terminer son action après près de 2 ans .
Comme a son habitude , Erika réalisera un court métrage intitulé cette fois ci «  Les évadés » retraçant cette éprouvante réalisation artistique .
A travers cette production , les notions de manque et d'absence travaillés dans une perspective relationnelle , tenteront de répondre à la question qu’Erika se pose : comment accepter que des gens et des choses disparaissent sans laisser de traces ?

Pour conclure , les influences artistiques de ces actions réalisées entre 2009 et 2013 mêlent les contraintes de Georges Perec et les récits autobiographiques et fictionnels de Sophie Calle dont Erika Thomas s'inspire beaucoup . Le goût de la farce et du quotidien de l'auteur que l'on retrouve dans ces œuvres, associés a l'envie de faire de l'action artistique un support ont permis l'essence même de ses actions . Chacune d'entre elles met en perspective la quête de l'autre et de ses traces , avec des scénarios différents.