Art Contemporain Chinois

  • L'ART CONTEMPORAIN CHINOIS
L'art contemporain en Chine depuis 2000 de Caroline Ha Thuc


Les évènements qu'a connu le pays de la chute de l'empire à l'ouverture du pays en 1978 détermine la naissance et les particularités de l'art contemporain Chinois.
A partir de 1979, la naissance de nombreux mouvements d'avant garde et les expositions improvisées marquent le début de l'art contemporain chinois. Ce sera cependant plus spécifiquement la Biennale de Shangaï en 2000 qui marquera un tournant dans l'Histoire.
La fin des années 70 exprime quant à elle le détachement du style réaliste et la fin de la figure de Mao comme motif récurrent dans l'art.
On y retrouve en effet la mise en scène du corps, la représentation du passage du collectif à l'individualisme dans la société, l'artiste face à une société en pleine mutation, la réactualisation des traditions ainsi que le rapport à l'Occident et enfin l'analyse de l'oeuvre de Ma Ke (artiste qui se réclame de la peinture traditionnelle chinoise exprimant par l'art ses émotions violentes). Pour illustrer ce dossier sur l'art contemporain Chinois à travers le livre choisi, j'ai décidé de présenter l'oeuvre de trois artistes très différents.

L'ouverture de la Chine au capitalisme durant les trente dernière années a apporté au pays une nouvelle forme de spectacle. En effet, partout sont vantés les mérites de la consommation ainsi que la défense des intérêts particuliers.

Les artistes Chinois représente désormais Démesure et Artifices.Wang Quingsong (1966) étudie le fait de mettre en parallèle la taille d'une œuvre avec la grandeur des ambitions de la Chine qui ne cesse de rêver en grand et de se fixer des objectifs ambitieux. Les problèmes sociaux et les dysfontionnement étant également immenses, il choisit de faire des photographies en grands formats afin de rendre compte de cette démesure (certaines de ces œuvres fesant plus de 10 mètres de long).
La quasi-totalité de ses photographies sont réalisés en studio avec des décors et des acteurs. Il aime définir son style comme appartenant au documentaire social : puisque les photographies réalistes sont trompeuses, comme l'ont été la plupart des images de propagande. Il renverse son rapport au réel et choisit d'utiliser une mise scène artificielle pour, au contraire, dire la vérité.

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(Wang Qingsong, Temple, 2011, Photographie 180 x 300 cm. Pour l'artsite, le Boudddhisme est synonyme de paix, de vide, et ne correspond pas à ce qu'on en a fait, à savoir un ensemble de croyances fétichistes supposées apporter la richesse ou la chance. Il souhaite alors retrouver le sens premier du Bouddha et la nature simple de l'homme.)

Au tournant des années 2000, beaucoup d'expositions en Chine mettent en scène le corps humain mais également les animaux, mêlant la plupart du temps mutilations, cannibalisme et cruauté.
La question éthique de l'art en Chine est alors au cœur des débats au point qu'une circulaire du ministère de la Culture interdit les performances en 2001. Zhu Yu (1970) par exemple a marqué les esprits avec sa performance Eating People (2000) à l'exposition «Fuck Off» : il a fait cuire un fœtus humain qu'il a ensuite mangé. Beaucoup de performances comprenaient également de l'automutilation, ou l'exploration des limites de la souffrance. Il s'agissait alors pour les artistes de fuir la réalité dans un engagement parfois idéaliste dans l'art.

Zhang Dali (1963) est le troisième et dernier artiste que j'ai choisi de présenter dans ce dossier. Selon lui, l'art qui ne s'intéresse qu'à l'esthétique est un art vide et seulement ceux qui vivent dans une tour d'ivoire peuvent se consacrer sur la forme. La société est la force qui fait avancer son travail. A travers son étude du réel, il souhaite montrer au public la réalité qui se cache derrière la réalité. Ceux qui détiennent le pouvoir pensent que « nouveau » rime avec « moderne », mais Zhang Dali n'est pas d'accord : les têtes d'hommes qu'il a sculptées pour sa série Démolition, sur les murs démolis du quartier de Pékin représentent sa tête mais aussi celles de tous les autres, qui subissent, impuissants, les décisions venant du haut. Zhang est le premier à avoir fait des graffitis en Chine, avec ceux-ci, il souhaitait ouvrir un dialogue et manifester son désaccord avec le gouvernement. La série AK-47 (2009) dénonce la violence physique et morale des évènements de Tienanmen.


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