Vers une esthétique environnementale


Nathalie BLANC, Vers une esthétique environnementale, Ed. Quae, 2008 :


Esthétique environementale

Biographie de l'auteur :

Nathalie BLANC est urbaniste, écrivain et chercheur en géographie urbaine au CNRS où elle est responsable de l'équipe « Environnement, territoires, sociétés ». Elle travail avec le Laboratoire LADYSS du CNRS.

Le sujet principal de ses recherches est basé sur les relations entre art, écologie et espace public. Pour elle il y a trop peu d'importance donnée à la nature vivante en milieu urbain. Elle se penche également sur l'art environnemental et l'appréciation esthétique de la nature.

NathalieBlanc

Fiche de lecture :

Dans cet ouvrage l'auteur met en avant l'importance de l'esthétique environnementale. Pour cela, elle dépeindra les trois grands acteurs de ce sujet : l’esthétique, la ville et l'environnement. Les sources de Nathalie BLANC dans l'écriture de son livre sont assez variées puisqu'elle se base à la fois sur les idéologies classiques et sur les pensées nouvelles, extravagantes et innovantes.

Elle met en avant la relation de l'homme à son environnement, à son milieu. La perception qu'a l'homme de son environnement est très importante car il est à la fois l'acteur et le spectateur principal de toute action en société.

Les éléments vivants du quotidien urbain (les plantes, les animaux ou encore l'air) doivent être impliqués, et mis en valeurs dans tout projet du fait qu'ils changent et bougent chaque jour. L'impact du développement durable sur l’aménagement des territoires est également un élément important à prendre en compte.

La préface de cet ouvrage a été écrite par Marcel Jollivet. Il présente une première vision du livre, en mettant en avant l'originalité dans le traitement du sujet d'environnement urbain.
Dans les années 1970, le sujet principal de l'écologie et de l'environnement était la protection de la nature : « Et la nature n'est pas en ville; la ville est au contraire l'anti-nature. » page 7

L'auteure présente différents aspects des études de l'environnement des années 1970. Elle se base sur ces aspects en faisant prédominer la nature, tout en constituant sa propre définition de l'environnement et de l'écologie urbaine.
Elle nous propose de se pencher sur la relation que nous avons à notre environnement proche, notre environnement familier et quotidien. Effectivement les principes qu'elle met en œuvre dans ses recherches sont ceux de l'urbanisme participatif (avec la participation des citoyens).

Dans cet ouvrage on peut également voir l’importance donnée à la relation entre les visions citoyennes et les conclusions faites par les experts.
L'avis des citoyens est très important, on cherche à mettre en application une démarche qui fera agir les habitants sur leur environnement. Ils devrons prendre des décisions dans la conception de leurs « villes futurs ».
Une approche de l'environnement et de l'écologie très ouverte, globale et planétaire, ainsi qu'une redéfinition de l’esthétique qui n'inclue plus seulement l'art mais aussi l'environnement.

Pour écrire cet ouvrage Nathalie BLANC a réalisé un peu prêt 300 entretiens sur une dizaine d'années (États-Unis, Brésil, Russie et France). Il s'agit d'institutions aussi bien que de citadins ordinaires et de chercheurs dans disciplines variées ( « De la géographie à la physique en passant par l'art, la biologie, la littérature etc. » ). Ces entretiens sont la source des exemples proposés.
De cela ressort que l'affirmation du jugement de goût dans le domaine du politique est synonyme de la prise de conscience d'un choix moral, éthique, écologique, et social en ce qui concerne la fabrication des milieux de vie.

Le premier chapitre de cet ouvrage remet en question notre définition de l'espace public. Les conceptions actuelles de l'environnement urbain invitent à un nouveau jugement de l'esthétique. En France par exemple, la conception d'une « esthétique partagée » du paysage apparaît.
Les relations à l'environnement, sur le plan pratique, s'inscrivent dans un registre de significations bien plus ample que celui que certains convoquent pour justifier de leur action.

« L'environnement se construit comme un bien auquel des droits d'accès sont donnés, qui possède ses règles de construction et ses acteurs. »

L'ouvrage soulève finalement la question suivante : « Quelles sont les dispositions qui permettent aujourd’hui aux habitants de donner corps à leurs expressions environnementales? »

Peu fondés, les droits / les devoirs à l'égard de l'environnement sont souvent ignorés et les efforts théoriques et juridiques pour leur donner corps peu nombreux : on parle alors de justice environnementale, et de dette écologique.