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ArtcontemporainRusse
le 14.12.2019 à 11:48:17
de SerenaClementi?

Art Contemporain Russe


  • L’exposition que nous avons faite au MOCO de Montpellier (le 21 novembre 2019) traitait de la Russie et de son Art des années 1960-2000, et recevait quelques 130 œuvres de « La Galerie Nationale Tretiakov » de Moscou.

I) L’art non-conformiste sous le régime communiste vu sous le signe de la critique


  • Dans les années 20, la Russie ne laisse pas libre court à l’art car tout est teinté par de la propagande. Le Réalisme Socialisme en est une expression d’un rejet du totalitarisme qui sévit à l’époque. Des artistes sculpteurs sont projetés sur le devant de la scène dont Nikolaï Silis. Il dessinait des plans de villes du futurs utopiques qui n’ont jamais pu naître.


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N. SILIS « Projet pour un monument » 1959




  • Une deuxième génération d’artistes voit le jour à partir des années 30, reprenant « l’esprit d’avant-garde ». L’idée d’évasion est l’ingrédient principal de cette dernière, illustrant par exemple les contraintes du régime communiste (conditions de vie, sentiment d’étouffement,…).
  • L’artiste Vladimir SLEPIAN est artiste contemporain qui a eu accès à des magazines d’art contemporains occidentaux (c’était très dur d’en avoir donc rare). Directement inspiré du dripping de Jackson POLLOK, « un peintre américain de l'expressionnisme abstrait » caractérisé par des traces de voûtes avec son corps. SLEPIAN l’imite avec le style tachiste de ses tableaux, « sur les fonds blancs desquels il éclaboussait de la peinture avec des pompes ou des aspirateurs », ajoutant à cela la création de machines usant d’un raisonnement mathématique complexe.


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  • C’est le premier émigré esthétique, c’est-à-dire qu’il est le premier artiste à avoir quitter la Russie pour son art. Il s’est réfugié en France en 1958 et espérait le début de sa grande carrière internationale mais en 1858 à Paris, l’art abstrait ne fonctionnait plus trop avec l’engouement pour le Nouveau Réalisme et l’Arte Povera. Malgré tentatives, il finit par se reconvertir en traducteur franco-russe anonymement, puis est décédé sur trottoirs Paris.

  • En 1953, les artistes ont un regard d’espoir, car ils pensaient qu’avec mort de Staline viendrait la mort du communisme et qu’ils pourraient recommencer à créer mais ce ne fut pas le cas. Les premiers non-conformistes (non conformes à l’art du régime) commencent en reprenant la tradition de la peinture abstraite russe du grand Kazimir MALEVITCH avec son fameux « carré blanc sur fond blanc » (image ci-contre). Sous le régime communiste, l’art abstrait était interdit et donc se remettre à en peindre était un geste politique en soit.


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  • Vers la fin des années 60 la plupart des non-conformistes (ceux qui ne respectaient pas l’art conforme aux idéologies et attentes du régime) « ont eu tendance à tendre vers le monde de l’Absolu – religieux, esthétique ou éthique », on parle d’artistes « métaphysiques ».
  • Se moquer était devenu un moyen de critiquer la société et le pouvoir. Par exemple, Vitaly KOMAR et Alexander MELAMID ont l’idée de créer un fausse agence, ouverte en 1975 aux Etats-Unis, dans laquelle les gens pouvaient acheter des tableaux blancs de différentes formes (triangle, cercle, carré), représentant l’accès au bonheur suprême, connu sous le nom de Suprématisme, « fondé par Kazimir Malevitch, est un courant qui participe au mouvement plus large de l'Avant-garde russe en nous plongeant dans une abstraction absolue. C’est une peinture libérée de toute représentation. Dans une recherche de sensibilité picturale pure, la couleur n’est travaillée que pour elle-même ».
  • Ils ont également fait une série de photos présentant des objets absurdes, par exemple une cagoule avec un seul œil pour avoir la force du cyclope et quand on l’enlève on devient aussi celui qui bat le cyclope. Ses images feront la une de catalogues de pubs comme celui du Groland (pays fictif).


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  • Tout est bon pour tout critiquer. C’est qu’on retient d’artistes tel que Ilia KABAKOV. A l’époque c’est la pénurie en Russie communiste, se procurer des objets est très dur (télévision, voitures, peuvent mettre plusieurs années). Il critique la société russe mais aussi les musées et leurs collections qui pour lui étaient étaient faite de tout et n’importe quoi, car au début il y avait des collections sur l’art contemporain, sauf que le métier de critique artistique n’existe pas. Ainsi, il n’y avait pas de système de valeur pour ces œuvres. KABAKOV critique en disant que les musées ne prenaient que des « œuvres poubelles ». Il en a donc fait une. Belle ironie, aujourd’hui son œuvre est exposée dans des musées, mais que dans des pays étrangers. Son œuvre datant de 1990 comprend des insultes accrochées à des objets qui se révoltent contre propriétaires qui les ont jetés, car quand ils sont mis à la poubelle, les objets presque vivants, prennent conscience de leur propre inutilité sans leurs propriétaires.


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« Coffre avec déchets » 1981


  • « Les non-conformistes de la seconde génération ont mené leur « fuite » en sens inverse : hors de l’idée de la culture pour rentrer dans la réalité quotidienne. Le rire est devenu leur moyen de communication avec le monde, de créer de nouvelles lignes de démarcation au sein de la société, séparant ceux qui sont capables de survivre à l’examen d’auto-ironie de ceux qui ne s’y autorisent pas, par principe, croyance ou autres tabous. »



II) Les débuts d’une période d’euphorie « chaotique » marquée par une radicalisation de « l’art » et des réactions

  • Dans les années 70 et 80, la photographie prend un rôle et une place majeure dans l’art moscovite. En effet, pour garder trace de performances ils immortalisaient leurs performances en photo. Avant eux, les Actionnistes moscovites avaient pour but de choquer le public. Les artistes dont nous allons parler eux, réalisaient leurs performances en détournement de la pratique et en mettant scène des événements qui ne se passaient pas vraiment par exemple.


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  • Le couple de Valeri GUERLOVINE et Rimma GUERLOVINA, portaient des tuniques avec leurs corps nus représentés dessus car à l’époque, la représentation de la nudité était absolument proscrite. Nous pouvons y voir un rappel à ORLAN, une autre artiste occidentale quasiment au même moment et sans communication préalable a eu la même idée (en 1776 une performance au Portugal « habillée de ma propre nudité » où elle déambule avec une robe sur laquelle elle avait peint son corps nu).



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  • Une performance vidéo qui a retenue mon attention : « Manger la Pravda » que l’on peut traduire par « manger la vérité », sachant que la Pravda était aussi un journal officiel russe. KOMAR et MELAMID ont pris des pages du journal pour le préparer et manger le journal, gober la vérité et tout ce qu’on leur dit, donc cette œuvre critique de la pénurie intellectuelle (l’accès qu’à un discours qu’ils devaient avaler) et la pénurie alimentaire en Russie qui était très importante à l’époque. Cette performance a tout d’abord été immortalisé en photo puis reproduite dans les années 90 en étant filmée cette fois.

  • « Le concept d’ « art plastique » n’existe pas en Russie. Tout art est considéré comme « pictural » et l’accent est mis sur la subjectivité de l’image. Depuis la fin des années 60, l’innovation non-conformiste s’est orientée vers le rejet de cette subjectivité au profit de l’exactitude documentaire. Même si la technique picturale demeure, elle ne sert plus l’illusionnisme. Son objectif est désormais de renforcer le naturalisme ».



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  • L’objet devient l’élément central. « La Porte Rouge » de Mikhaïl ROGINSKY en est une parfaite illustration. Cette porte rouge peinte en rouge (couleur du communisme), est assez petite par sa taille. Cela peut signifier que la porte de sortie du communisme existe mais que la brèche est fine et qu’il faut savoir la trouver mais également sa petitesse peut signifier que la discrétion doit être de mise. Cette dernière œuvre a « marqué le début du rejet d’un langage de l’auteur, du style, en faveur de la pratique d’une sélection de l’existant. Les langages de la rue, le langage courant et l’argot, entre autres, ont fait irruption dans la poésie et la littérature, tandis que la peinture populaire a envahi les beaux-arts ».



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  • Ainsi, le texte devient un élément fondamental de ce nouvel art et il est manipulé et mis en page de manière poétique. Les artistes donnent forme à ses textes, en faisant des œuvres d’art sur le fond comme sur la forme. On peut considérer cela comme une approche esthétique. Cascades, zigzags, formes, toutes sont utilisées. Les différents langages sont utilisés comme le braille. On parle de « conceptualisme moscovite » (une variante du conceptualisme occidental des années 1960-1970, la qualifie de « romantique »). « Ilya KOBAKOV, Erik BOULATOV, Andreï MONASTURSKI et Dmitri PRIGOV en sont des figures incontournables et réaffirment « la place du langage et la primauté de la littérature ».
  • Suite à la réforme de la Perestroïka en 1986 (réformes économiques, sociales de Gorbatchev), en 1998 a lieu la première vente aux enchères en URSS, donnant à l’art une vraie valeur monétaire, et marchande.

  • L’art s’ouvre ainsi à l’international. Dans les années 1980, le pays est à la reconstruction, et à la libéralisation. L’accès à la consommation de masse s’étend à l’étranger et les artistes russes ont pu voir ce qui se faisait ailleurs. Comme par exemple le Pop Art américain (critique de la société de consommation). Mais le Pop Art en Russie n’est pas viable car il est basé sur des choses, concepts qui n’existaient pas en Russie (publicité, série télé, cinéma…). Donc comment critiquer quelque chose qui n’existe pas ? De ce fait, le pop Art est considéré en Russie comme un pari perdu d’avance car il témoigne d’une volonté de parler la même langue sans avoir les outils de langage nécessaires pour le faire.


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  • « Les artistes russes se sont tournés vers des affiches de chemin de fer, des stands de pompiers, des panneaux de signalisation routière, des emballages de bonbons, les lignes graphiques des paquets de cigarettes et un large éventail d’objets ménagers ». On parle de « peintures-assemblages ». On associe également une idée de changement d’échelle d’un objet du quotidien. Le travail d’Ivan CHOUIKOV « Panneau Routier II » peint en 1973.
  • Le problème était que la valeur ajoutée par l’appropriation de ce signes marginaux était minime. ». Le Pop Art russe n’a pas fonctionné mais c’est transformé en un nouveau grand courant.

  • A la fin des années 80 et 90, il y a plus liberté d’expression, et des représentations très caricaturales du dictateur sans visage (mais avec médailles sur poitrine qu’on le reconnaisse). Le Sots Art est né, corrompant l’image du pouvoir et les idéologies normatives. « Le Pop Art travaille avec des produits publicitaires « profanes » », « le Sots Art s’occupe d’images « sacrées » qu’il abaisse, déconstruit et prive de toute aura ». La dérision est de mise.



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  • Par exemple, l’œuvre de Leonid SOKOV et la reproduction d’une pièce typique des bâtiments soviétiques (tapis, buste de Lénine au bout), avec autour normalement des portraits de héros du communisme, ici une commande a été faite auprès d’un peintre du réalisme socialiste pour réaliser des portraits de dissidents (envoyés goulags).



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  • Ou encore ces représentations de chefs du communisme portant la petite « Lolita » par Vagrich BAKHCHANYAN, « Projet de couverture pour le roman de Vladimir Nabokov, Lolita, 1975 ». On l’aura remarquer, le rire est la mission du Sots Art.




III) La radicalisation de l’art


  • Au début des années 1980, vient le premier programme d’exposition clandestine du groupe Moukhomor (Amanite = champignons) appelé l’Apt Art. Les artistes qui commencent en 1982 à faire des expositions mais cela a duré jusqu’en 1984, quand les autorités en entendent parler et les envois en Sibérie par cargaison militaire (goulag). Ces derniers ne pouvaient ni garder ni vendre leurs œuvres qui étaient détruites après les expositions donc il ne reste que très peu de vestige de ces œuvres.

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  • Dans les années 90, les artistes reviennent du goulag, où certains ont pu essayer de récupérer certaines de leurs œuvres. Konstantion ZVZDOTCHETOV et son « l’autel du suicidé » 1991 critique le retour des religions (pavillon chinois, orthodoxes, cupidons, dragons, autels en Asie pour culte ancêtres… coloré et kitsch, présence d’un tiroir avec le pistolet du suicidé). Pour ces artistes, adhérer à une idéologie quelle qu’elle soit (politique, religieuse ou même de culte à l’artiste est absurde.
  • Les expositions du mouvement des « Nouveaux artistes », se déroulent dans des lieux insolites (appartements, dans la campagne…) pour échapper à la censure et sont immortalisées par des photos. On parle des « voyages esthétiques » des « Actions Collectives » (1976-1989).



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  • Cette nouvelle génération souvent jeune donc critiquait beaucoup la figure des « vieux » donc des représentations un peu violentes sont réalisées (« les professeurs »), mais en même temps, ils en ont marre de se cacher. Ces derniers créent pour faire la fête (expositions dans des appartements ou dans des champs la nuit). On parle de « happening totaux » (soirées avec musique, costumes, œuvres, spectacle). Par exemple, un défilé de mode avec en fond des représentations de MALEVITCH et sur les costumes, des motifs du suprématisme et des figures politiques (à but uniquement esthétique) ajouté à une volonté de s’amuser dans un monde triste.
  • Les artistes ont renoncés au style non-conformiste, prenant pour modèle l’avant-garde des années 1910-1920, mais sans ses utopies, sans théories ni projet social, et uniquement pour son esthétisme.


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  • Un groupe d’artistes : Inspection Herméneutique Médicale, critique le manque d’auto-critique dans leur pratique car il n’y avait toujours pas de critique d’art donc, ils veulent être médecin et patient à la fois (créer et se demander pourquoi ils faisaient ça). « Les insectes rieurs », sont des photos en gros plans d’insectes qui se moquent de vous car pleins de gens sont dégoûtés ou en ont peur mais tous les insectes montrés sont purement inoffensifs.
Tout le monde veut s’évader de ces contraintes autoritaires mais le meilleur moyen de s’évader c’est pas de s’enfuir mais de chercher la réponse ne nous en se posant (introspection auto analyse + positivisme).

  • L’actionnisme radical : « Barricade » d’Anatoly OSMOLOVSKY et Avdeï TER-OGANYAN, deux garçons qui avaient crées leur propre école de performance avec au départ TER-OGANYAN qui avait ses enfants dans sa propre école (école jeune). Sur cette photo, en 1998 en Russie se déroule une commémoration des 30 ans de mai 1968, en reconstruisant une « Barricade » dans une rue de Moscou. L’intérêt n’était non pas pour le message de mai 68 mais pour le concept de la barricade et de mettre le bazar. D’ailleurs, il y avait la volonté de conclure par une intervention des autorités car pour eux, une performance réussie se finit au poste. Sauf qu’en 1998, le communisme est tombé donc il y a une perte de repères générale pour tout le monde (les citoyens qui devaient voter tout nouveau, même des autorités qui ne savaient plus comment se comporter). Considéré comme simple blocage de rue, les autorités les ont laisser faire.



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  • Dans une très petite salle se trouve l’installation in situ d’Irina Korina « Retour vers le futur » réalisée en 2004 et reconstruite à chaque fois pour chaque exposition. On rentre en fait dans petite pièce pour voir et à la fois ne pas trop voir une mosaïque qui n’en est pas vraiment une mais du plâtre moulé en forme de mosaïque et peinte par dessus. Pourquoi ? Car la mosaïque traditionnelle est un art très important en Russie. L’idée est de croiser les regards du passé, du présent et du futur, l’idée de nous qui regardons depuis le présent et avons une vision sur les utopies du passé et du futur (comme un film de science-fiction des années 70 avec voitures volantes en 2000). Ici on regarde une mosaïque faite sous le communisme avec toutes leurs utopies pour le futur et nous avec le regard présent, nous savons que rien de tout cela n’a marché. C’est la fin de l’URSS « quand les murs neutres et blancs des bureaux sont venus recouvrir les peintures murales de l’ère soviétique ».




[Article réalisé par CLEMENTI Serena]
HarshNoise
le 07.05.2015 à 00:00:11
de VincentLeCadre?

Harshnoise

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Le mot « Harshnoise » se compose des mots anglais « harsh » (qui veut dire dur, cassant, sévère...) et « noise » (le bruit), c'est donc un bruit qui se veut encore plus violent que le bruit lui-même.

Définition Générale

La harshnoise est un sous-genre musical qui se voit comme l’héritier de la musique bruitiste des années 20, décrite par Luigi Russolo dans son manifeste L'Art des Bruits publié en 1913. La harshnoise est une réinterprétation moderne du mouvement bruitiste. Russolo prônait l'utilisation des bruits de l'environnement de son temps (machines, industries...), la harshnoise suit le même chemin mais utilise ce qui a été inventé depuis lors : l'électronique, les nouvelles technologies, les nouveaux instruments, afin d'ouvrir son champ sonore plus loin encore que Russolo et ses comparses.
Il suit un chemin parallèle aux mouvements industriels, dans sa recherche innovante de nouvelles sonorités, et la prise d’importance du bruit.
La Harsh Noise en général est le pan le plus extrême de la musique bruitiste (la noise), comportant des bruits particulièrement saturés. La Harsh Noise se veut aussi comme une épreuve, un défi lancé au spectateur. La démarcation de la harsh noise d'avec les autres styles de musique expérimentale (comme l'électroacoustique ou le drone par exemple) vient de la saturation extrême, qui donne un son carrément violent, à la limite de l’audible . Il n'y a généralement pas de partie rythmique discernable, de même qu'il n'y a pas réellement de structure pré-établie.
Au niveau des instruments le « performer » peut utiliser à peu près tout ce qui fait du bruit, autant des instruments dits « classiques » (basse, guitare, percussion...) que des pédales d’effets, des machines, des thérémines, et toutes sortes d’objets (caddies, marteau piqueurs, marteau...et bien d'autres).

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La scène pionnière du mouvement : le Japon

De toutes les scènes Harsh Noise, celle du Japon passe pour être la scène mère du mouvement, ayant même donné son nom au sous-genre qu'elle représente : la Japanoise. Elle a rayonné à partir des années 90 partout dans le monde, portée par des groupes fondateurs tels que Hanatarash, Hijokaidan et Incapacitants

"https://www.youtube.com/watch?v=YpSVvVXVySw"

Pour Hiroshige, le frontman/leader de Hijokaidan, la noise est comme du free jazz où le bruit devient musique. Il a tourné en dehors du Japon, sur la plupart des continent. Il différencie ses fans qui ont écouté Hijokaidan chez eux et ceux qui ont assisté aux performances, les live ont une importance toute particulière dans ce sous genre musical, l’improvisation et la présence scénique y prennent une place cruciale, les lives ne se ressemblent pas et sont d’une richesse inégalée. Les performers peuvent se rouler à terre , vomir, ou même uriner, projeter de la nourriture et des projectiles en tout genre (d'ailleurs ont été retrouvées des factures destinées à Hanatarash après qu’ils aient cassé la scène, de lourds dégâts ont été causés et la plupart des salles refusaient de les laisser jouer). A noter que certains groupes sont aussi complètement figés. On remarque donc un lien fort entre performance sonore et performance scénique.

La scène française

On retrouve cependant de la harshnoise partout dans le monde, et en France notamment. La scène française est représentée par des formations comme Vomir, Ecoute la Merde ou encore Clougnioule. Bien sur, en tant que mouvement underground et généralement mal accepté par les médias de masse, la scène française reste discrète pour le commun des mortels, avec assez peu de lieux de représentations et de publicité, mais qui existent tout de même.
Près de Montpellier, outre Vomir qui est un pionnier du mouvement harshnoise en France (le leader a d'ailleurs publié un Manifeste_du_Mur_Bruitiste.pdf?), on retrouve le duo explosif F.A.S.P.

"https://www.youtube.com/watch?v=d_LLBFRx7bI"

Les sous-genres

De plus il y'a des subdivisions au sein même du genre, donc des sous-genres qui ont émergé au fil du temps. Déjà des sous-genres d'origine géographique, et même si cela n'influe pas clairement sur le son, il y'a tout de même une patte reconnaissable, tels la japanoise, la coreanoise, etc... Comme sous-genres, on retrouve aussi le « cut up », qui est de la harshnoise réalisée de manière épileptique, avec des cassures hyper rapide, et aussi on trouve la Harsh Noise Wall (abrégée en HNW) : inventée et popularisée par Vomir (qui est de Montpellier), elle se définit comme un mur sonore indestructible, c'est de la harshnoise statique, il y'a un bruit continu et très peu de variations. D'ailleurs le groupe Vomir a rédigé un Manifeste du Mur Bruitiste, où il explique sa démarche.

L'influence de la harshnoise dans le paysage « musical »

La harshnoise a eu une influence à la fois notable mais difficilement discernable sur certains autres style de musique. Il y'a tout de même eu apparition de genres hybrides : l'exemple le plus parlant est le goregrind-harshnoise (appelé gorenoise ou noisegrind). Ce style mélange les instruments et les structures classiques de la musique grindcore (sous-genre extrême à la croisée du metal et du punk hardcore) et couple ceci à un son volontairement « noisy », ce qui noie l'ensemble dans une violence difficilement supportable. Le représentant le plus emblématique de ce sous-genre reste Last Days Of Humanity, accompagné d'autres formations importantes comme Urine Festival ou encore Biocyst...

"https://www.youtube.com/watch?v=QBP8imm03Mo"

La harshnoise est-elle musique ?

On peut rapprocher la harshnoise de la musique, dans la mesure ou elle en suit les fonctionnements classiques : ainsi on parle de groupes, ou de formations, qui délivrent des performances, autant dans des concerts (donc des tournées) que sur support physique (avec une préférence pour la réalisation de cassettes, qui suivent le fonctionnement album/démo/single). Ces groupes sont produits par des labels indépendants et généralement très spécialisés (Zombi Attack Records, Décimation Sociale Production...). Il existe même des festivals accueillant des formations harshnoise, on peut penser notamment au « HNW Fest » de Montreuil, au « Bruitisme » à Nancy, au « Zasavje Noisefest » en Slovénie...
Ce microcosme permet aux artistes d’interagir souvent entre eux, généralement l'éthique de non-profit est suivi par tous, et l'échange de cassette est fortement pratiqué, à l'instar des scènes punk et des styles les plus underground du rock et du metal. Mais légitimer la harshnoise en la faisant coller aux conceptions populaires que l’on se fait de la « musique » serait premièrement rabaissant (cette discipline peut très bien s’apprécier sans qu’on ait besoin d’y chercher des parallèles systématique avec des domaines préexistants admis du grand public) et demeurerait également un désaccord idéologique avec de nombreux groupes et protagonistes de la scène harshnoise, qui déclareront volontiers composer du bruit, mais pas de la musique. Il ne peut y avoir une définition claire de ce style, ce serait beaucoup s’avancer.

"https://www.youtube.com/watch?v=L7p_C9OlN40"
YaoLu
le 14.12.2016 à 22:32:48
de ZelieBoussou?

Yao Lu


Nouveaux Paysages de Yao Lu : la question de l’urbanisation en Chine
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(Fishing Boats Berthed by the Mount Yu, 2008)

Yao Lu est un artiste et photographe né en 1967 à Beijing en Chine. Il a étudié à l’Académie Centrale des beaux-arts de Chine, où il enseigne aujourd’hui. Il a également étudié à Brisbane en Australie à l’Université d’Art Visuel.
En 2008 : Remporte à Paris le concours de photographie contemporaine
En 2009 : Nominé au prestigieux Prix Pictet
1ère expo : New York dans la galerie de Bruce Silverstein : New Landscapes
[[http://www.brucesilverstein.com/artists/yao-lu/1 ]]

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(River Village Covered with Snow, 2007)
L'exposition New Landscapes :
-> Rendre compte et de dénoncer l'urbanisation croissante de la Chine, au détriment des paysages et de l'environnement.
A première vue : collines verdoyantes ou enneigées. → territoires laissés à l'abandon et reconvertis en carrières ou en décharges, couverts d'un filet ou d’une bâche verte afin que le vent charrie rien dans les villes voisines.
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(View of the Autumn Mountains in the Distance, 2008)
- peintures traditionnelles chinoises car genre représente mieux son pays. Aujourd'hui la Chine connaît une expansion sans précédent et cela entraîne la destruction et la disparition des paysages chinois.
Il est primordial de sensibiliser le grand public = prise de conscience se fasse.

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(Viewing the City's Places of Interest in Springtime, 2007)
- associe photographie + art traditionnel = double lecture des œuvres :
L'art traditionnel témoigne des vestiges du passé et transporte le spectateur dans un autre temps,
La photographie est très contemporaine et actuelle, plus ancrée dans la réalité.
Lu assemble numériquement ses photographies et l' esthétique traditionnel chinois. Toutes ses œuvres mettent en scènes des locaux, pêcheurs, paysans, mineurs, qui sont miniaturisés par rapport au paysage environnant afin de rendre compte de leur dépassement face à la situation

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(Yao Lu's "Cranes Squawking on the Deserted Hill," 2010 AND The Picture that Chunfang Watered the Horse, 2010)
→ L'association des deux veut créer une illusion de tradition alors qu'en réalité, la problématique abordée n'a jamais été aussi actuelle.
Son but est de réactiver les souvenirs des spectateurs et de leur faire réaliser en même temps que cet espace ancestral est menacé.

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(The Beauty of Kunming," 2010)
Lu = artiste art environnemental. La réutilisation de l’esthétique de l'art traditionnel chinois révèle des tensions entre les valeurs de la société passée et présente. Lu soulève la question du prix caché de la modernisation et du développement durable.
« Il y a dans l'art traditionnel chinois, un sens esthétique et poétique, tandis que les ordures sont destructrices et indésirables ... Je voulais restaurer leur beauté et leur sens poétique, pour exprimer ma mémoire du passé. »


Prix Pictet : Le prix Pictet est un prix photographique décerné chaque année depuis 2008 pour récompenser un photographe pour un travail consacré au thème du développement durable.

Par : Z.Boussou 2016
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