Corps, art vidéo et numérique


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Corps, art vidéo et numérique est un dossier de Nicolas Thély. Edition Scéren-Cndp. 2005. 63pages.
Nicolas Thély est maître de conférence à l'université Paris I, et a écrit de nombreuses thèses autour d'expérimentations artistiques et des démultiplications numérique du sujet.
Son ouvrage est scindé en huit parties et montre la place qu'occupe le corps dans l'art vidéo et au sein du numérique, en donnant des références d'artistes. Le but de cette ouvrage est donc de sensibiliser les amateurs à ces pratiques artistiques contemporaine qui pose la question central du corps et de son image au sein de l'art-vidéo.

LE CORPS ET LES APPAREILS


L'ouvrage débute en nous sensibilisant sur la mise en scène du corps qui ne cesse d'évoluer depuis 1920. Le jeu de l'acteur permet de privilégier les mouvements de caméra et affirme l'importance du point de vu. Pour les appareils, la création du mouvement à l'image s'effectue tout d'abord par la technique de Muybridge en créant un appareil photo capable de prendre 12 photographies en rafale. Vient ensuite le « ciné-oeil » de Dziga Vertov avec L'homme à la caméra. Les images se juxtaposent, s'emboîtent et s’entremêlent. Mais la technique également évolue et la télévision s'impose, afin d'influencer la mise en scène de l'image et du langage qui est différent du cinéma. On a alors un choix plus large sur l'appareil. Chaque supports sont différents et n'ont pas la même intention. Ainsi, le média interroge l'artiste en fonction de ses intentions.

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[ Photographies des douze rafales venant de l'appareil crée par Muybridge ]





La vidéo permet pour la performance ainsi que la danse, de laisser une trace de l'instant présent. Comme Marina Abromovic le définit
« Les vidéos n'ont jamais été coupées ou montées […], ces enregistrements mettent l'accent sur le réel ».
D'autres comme Merce Cunningham exerce des prouesses techniques pour modéliser et manipuler les mouvements du corps à l'aide de logiciel 3D. Il s'est posé beaucoup de questions pour pouvoir voir les danseurs entièrement à l'image et a utilisé deux moniteurs pour filmer ses chorégraphies. Puis l'époque moderne intervient et le numérique intègre les plateaux de théâtre où les moniteurs vidéo et les ordinateurs interviennent au sein du spectacle. L'ordinateur permet alors de déterminer l'orientation plastique des pièces et du jeu des comédiens, et permet également d'inventer ou transformer les décors.


LE CORPS ET L'IMAGE


Les artistes ont plusieurs options pour mettre en scène le corps. Certains comme Vito Acconci utilise l'image de soi et se mette en scène. Ainsi, il réinstaure une distance entre lui et son image mais aussi entre lui et le spectateur.
D'autres utilisent le trucage comme Jean-Christophe Averty qui filme le corps puis l'intègre seulement après à l'écran, dans un univers surréaliste et coloré. Les technologies permettent également de dupliquer, d'hybrider.

Mais la vidéo comprend deux dimensions, une dimension intime ou publique.
La vidéo peut dès lors être un genre de communication intime qui peut prendre la forme d'un journal intime et crée une relation entre l'artiste qui se livre et le spectateur. Nelson Sullivan, vidéaste américain crée un journal vidéo quand il apprend qu'il est séropositif et va filmer ses derniers meilleurs souvenirs avant de décéder la même année (1989).

Dans une dimension publique, l'artiste peut se service des médias comme la télévision pour créer un espace supplémentaire : une galerie. Gerry Shum veut montrer une nouvelle exposition d'art par le biais de la télévision. Matthieu Laurette est allé plus loin en se filmant chez lui par une webcam et en retransmettant ces images en direct dans une salle d'expo à Montpellier. Permet de montrer la notion d'artiste au travail.


LE CORPS ET LA MISE EN SCENE


Le corps est utilisé parfois comme décor et la vidéo se livre à une nouvelle expérience en permettant l’interactivité avec le spectateur.
Tony Oursler expérimente cette idée d’interaction dans Le grand mal. Le spectateur est face à l'intérieur du corps du héros représenté à l'écran. Son corps est envisagé comme espace mentale où se jouent ses souvenirs.
Puis des artistes comme Thierry Kuntzel ou Pipolotti, vont plus loin et offre au spectateur une nouvelle expérience, celle de voir le corps sous toutes ses formes. Ainsi, dans Été, Kuntzel explore en surface le corps d'un mannequin noir. La caméra glisse le long du corps du comédien. Puis, Pipolotti montre au spectateur l'exploration intérieur de son corps en partant de sa bouche à son anus.

Ainsi, la vidéo ne peut exister sans un spectateur car les installations ne fonctionnent pas.
Dans 24 hour psycho, Douglas Gordon a besoin de lui car il fait prendre conscience à ce dernier qu'il n'est qu'un visiteur de musée et non quelqu'un qui est au cinéma.
Les techniques de virtuel également convoquent le corps du spectateur au sein de l'espace simulé.
Dans Legible city de Jeffrey Shaw, le spectateur doit monter sur une bicyclette et il parcourt une ville en 3D.

Et les nouvelles technologies vont plus loin grâce au réseau.
On a dès lors des œuvres intéractives où le spectateur peut dialoguer via un ordinateur. Dans La black box de Cercle Ramo Nash. Le spectateur peut poser ses questions via un ordinateur et communiquer avec la boite, qui lui répondra.


Par conséquent, ce dossier permet d'aborder les thématiques et les problématiques qui se rapportent à la théâtralisation du corps et de son image dans l'art vidéo.