Le corps dans l'art contemporain



Le corps dans l'art contemporain
Le corps dans l’art contemporain est un livre écrit par Sailly O’Reilly en 2009. Née en 1971, Sailly O’Reilly est écrivain, critique, enseignante et rédactrice en chef. Elle a beaucoup de connaissance en art contemporain et a une écriture qui affiche une connaissance et une conscience énorme en science, en politique, et en théorie critique.

Introduction:
  • Dans l'art le corps est une notion incontournable, en effet il n'y a pas d'art sans corps. Il y a autant de corps qu'il y a d'artistes et de spectateurs, la rencontre physique est nécessaire et obligatoire que ce soit entre l'artiste et l'oeuvre qu'entre le spectateur et l'oeuvre. Aujourd'hui le corps est considéré dans sa fragilité et sa viscéralité contrairement aux modèles antiques anciens, les artistes cherchent un moyen d'aller au delà de la représentation du corps « parfait ». Le corps est « un moyen d'expression puissant de l'expérience vécue », il se prête à diverses techniques possibles, du dessin à la performance, il offre aussi de nombreuses possibilités aux artistes pour jouer un éventail de rôles. Ainsi les artistes de performance ont beaucoup été influencés par la définition du happening : « un événement n'existant que dans l'instant et vécu ici et maintenant avec tout le corps ». Grâce à leurs corps les performers cherchent à réaliser un art vivant , le corps est directement présent et actif. Ainsi ce livre vise à réconcilier l'art vivant et l'art objet.
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Oskar Schlemmer, Figure and Space delineation and egocentric space delineation 1924 ; Pour cet artiste le corps entretient avec l’espace environnement rapport de nature géométrique et mécanique qui existe également entre ses fonctions internes invisibles ( battements du cœur , circulation sanguine , respiration , activité cérébrale et système nerveux) La forme humaine et ainsi le point de rencontre entre l’espace physique et les forces émotionnels intérieur qui s’exprime au travers du mouvement.
Ce livre est divisé en 6 chapitres :
- Le premier chapitre s’intéresse à l’évolution de plus en plus complexe de la représentation du corps
- Le deuxième chapitre est consacré aux différentes façons dont le corps est perçu et utilisé en relation avec le temps et l’espace, tout en analysant la manière dont il tend à devenir lui-même un outil de représentation
- Le troisième chapitre montre comment la représentation du corps peut est un outil politique
- Le quatrième chapitre s’intéresse aux limites flou et souvent fluctuante entre la nature, le corps et la technologie
- Le cinquième chapitre cherche à déterminer une autre limite, celle au-delà de laquelle se heurte notre sensibilité
- Le sixième chapitre analyse pour finir, l’impact du corps en dehors de la galerie d’art, dans certain contexte sociaux ou environnement commerciaux
Tous ces chapitres traitent de sujets à priori extérieur au domaine artistique comme par exemple la technologie ou la collectivité. Mais nous allons voir, comment au final tout cela est lié. Le dénominateur commun entre l’œuvre retenue est l’impact au corps humain sur le monde en général.

Chapitre 1: représentation et présence.

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Depuis les années 60, la performance est perçue comme une remise en question de techniques artistiques traditionnelles, la dématérialisation de l'oeuvre d'art vise à lutter contre la marchandisation de l'art.
Le corps est passé du rôle passif à celui d'actif, il est aujourd'hui l'incarnation des rapports humains. Jusqu’au XIXème siècle, deux rôles ont été traditionnellement assignés au corps dans la peinture et la sculpture occidentale : soit il représentait une figure mythologique, biblique ou historique idéalisée, soit il incarnait un personnage important (par exemple un roche marchant ou la fille d’un comte). Mais avec la percée du réalisme, la femme idéalisait céda la place à des figures féminines individualisées. Pourtant dans le domaine de la pornographie et de la publicité par exemple, la femme continue d’être présentée comme un objet sexuel passif. Il semble donc toujours nécessaire que les artistes se confrontent au nu et remettent en question les conventions qui perdurent.
Mais les œuvres du XXeme siècle entretiennent toujours un rapport avec le passé, par exemple Annie Sprinkle avec ses performances new age auto érotiques va encore plus loin que l'Olympia de Manet qui avait fait scandale à l'époque, en soutenant le regard de celui qui le pose sur sa sexualité.
Les artistes d'aujourd'hui veulent évincer les images de corps parfaits de l'antiquité pour en montrer des réelles, qui font voir le corps dans la viscéralité et sa fragilité comme le fait Sonia Khurana dans Bird où elle place son corps nu en surpoids dans une position vulnérable et le corps révèle alors la réalité de ce qu'il ne peut pas faire et être. L'artiste montre qu'elle n'est pas un canon de beauté classique et fais voir le caractère dérisoire de son corps. Gilbert et Georges poursuivent cette idée avec Underneath the arches, où ils incarnent des sculptures vivantes formant un nouveau type de héros faillible éloigné des grands modèles et dieux de l'art antique. En effet les artistes délaissent les grands sujets tels que Dieu ou la mort pour faire apparaître le banal et le quotidien dans l'art qui révèlent la vérité. La Ribot dans Panoramix au lieu s'exécuter de grands et beaux gestes comme dans la danse, prends des mouvements du quotidien pour faire quelque chose de peu spectaculaire mais de captivant dans l'extraordinaire banalité.
Le corps offre de la matière à la performance et il est totalement sous le contrôle de l'artiste ce qui les amènent parfois à l'automutilation qui peut être interprété comme une façon de se mettre à nu, de tracer ses actes, de faire du corps un paysage. Le caractère imprévisible de la performance peut être utilisé pour s'opposer à la logique et à la loi, comme Regina José Galindo qui se soumet à des épreuves renvoyant aux souffrances de son pays dans Who can erase the traces ?. Avec l'utilisation du sang humain elle dénonce un grand nombre d'horreurs à travers un seul corps. Marina Abramovic elle soumet son corps à des rites symboliques douloureux pour explorer le seuil de tolérance de la douleur ce qui se fait dans les philosophies orientales comme chez les moines tibétains ou les aborigènes.
Ainsi la représentation du corps dans l'art est multiple, liée à la perception de soi, en lien avec les processus sociaux et psychologiques. La représentation du soi à gagné en complexité et en profondeur et particulièrement dans la vulnérabilité de l'être humain. Ainsi la représentation du corps dans l'art est multiple, liée à la perception de soi, en lien avec les processus sociaux et psychologiques qui ne cessent d’avoir une incidence sur lui. Mais il est aussi représentatif désormais de la pluralité des rapports à double sens que nous entretenons avec l’univers physique et épistémologique.


Chapitre 2: le corps dans le temps et l'espace.

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Les artistes se rendent compte des limites de la forme humaine, ainsi certains comme Erwin Wurm essaient d'augmenter à l'aide de leur corps la capacité limitée celui ci à résoudre certains problèmes, de nouvelles possibilités physiques dans l'espace sont ainsi obtenues par l'artiste au cours de sa performance. « Le corps devient une sorte de « crayon à évènenement » : les « dessins » conservent la trace de l'interaction du corps avec les objets ou les matériaux », le corps est un outil. Robin Rhode dans sa performance Rings étudie le mouvement de manière picturale et physique et on obtient une série de photos avec les traces des plans successifs.
L'enracinement des performances est dans « l'ici et maintenant », le performer appartient physiquement au même espace-temps que les spectateurs. Peggy Phelan a dit que la performance n'existe que dans le présent et que la représenter à travers des images comme la photo est impossible car on ne se rend pas compte de l'action, « elle réduit à une simple image un ensemble confus de sensations, de perceptions et de souvenirs ».
L'ethnologue Marcel Mauss dit que la façon dont les gens évoluent dans leur quotidien est en grande partie déterminée par le contexte culturel, les normes culturelles s'imposent au corps.
Le temps est aussi un thème important dans l'art, Bill Viola dans The Greeting nous fait partager son expérience du temps. En effet dans cette vidéo il étire le temps, tout est ralenti pour faire ressortir toutes les petites nuances de l'action en cours et cela permet d'apprécier le mouvement jusqu'au bout, on voit les infimes mouvements du corps ce qui nous laisse contemplatif.


Chapitre 3: différence et solidarité.

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Le corps est influencé par la culture, les facteurs sociaux, psychologiques, historiques et politiques et cela a un impact sur notre expérience du corps et son sens. Le corps est quelque chose d'individuel mais il marque aussi l'appartenance à un groupe. Les artistes abordent alors les problèmes socio-politiques en nous confrontant à des corps individualisés et différents en nous montrant l'effet destructeur des catégorisations. Par exemple Mat Fraser, un artiste handicapé, joue avec l'image du corps « hors normes » qui était exhibé dans les cirques, il inscrit son corps « différent » dans les cultures populaires grâce au langage et à l'humour et veut montrer que la différence ne doit pas se confiner dans la marginalité. Bobby Baker travaille aussi à travers des performances sur des groupes de population oubliés dans le quotidien, il attire l'attention sur l'absurdité des lieux communs de chacun et fait allusion à des situations concrètes où l'on utilise son corps pour surmonter un obstacle et répondre aux attentes de la société. Le genre est aussi traité par des artistes comme Katarzyna Kozyra qui dans Men's bathhouse fait une vidéo sur la différence visible entre les genres. Selon la théoricienne Judith Butler « le genre est une performance qui ne s'arrête jamais et non pas une caractéristique fondamentale du corps », c'est plutôt un schéma de comportement auquel l'individu adhère.


Chapitre 4: nature, mythes, technologie.

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Dans la tradition les artistes puisent leur inspiration dans la nature, mais aujourd'hui elle est vue de deux manières différentes : comme bonté et pureté mais aussi comme impitoyable et destructrice. Tout comme les animaux que depuis toujours nous anthropomorphisions mais nous craignons leur coté sauvage. L'ambivalence de la nature et des animaux inspire les artistes comme Oleg Kulik qui veut souligner que même si l'homme s'est débarrassé de son animalité il peut arriver que ses facultés supérieures servent des causes primaires, il lui est donc arrivé au cours de performances d'aller jusqu'à mordre le public. Joseph Beuys lui a cohabité avec un coyote dans une galerie d'art pendant une semaine pour symboliser les injustices des blancs sur les amérindiens, pour l'artiste c'était l'occasion pour le coyote de prendre sa revanche.
Les mythes servent depuis toujours à l'homme pour ne pas se laisser déstabiliser par les changements et à lui permettre d'organiser sa pensée. Matthew Barney utilise ce système mythologique marqué de symbolisme et de ritualisme pour faire du corps un lieu d'hybridation et de transformation. Station House Opera pousse cela en montrant les rapports difficiles de l'esprit avec le corps à travers une invraisemblance de tâches qui font apparaître le gouffre de nos aspirations et capacités limitées.
La technologie du XXeme siècle a profondément modifié la perception de notre corps avec la découverte de notre physiologie interne grâce à la radiographie, l'échographie, ce que Wim Delvoye et Marta de Menezes travaillent dans leurs œuvres.
La technologie nous déshumanise aussi, la technologie devient moins dissociable du corps, la nature et la technologie deviennent de plus en plus interdépendantes ce qui fait se demander a Joseph-Francis Sumégné : «  à partir de quel moment un objet comme le téléphone commence-t-il à changer notre comportement « naturel » ? ». Aujourd'hui les téléphones portable ou les voitures peuvent être perçus comme une extension personnalisée du corps et du moi communiquant. Le corps entre dans une phase plus artificielle que biologique.
La technologie a permis à Eva et Franco Mattes de reconstituer virtuellement dans l'univers de second life des performance artistiques majeures comme Shoot de Chris Burden pour faire disparaître le danger.
La technologie amène aussi l'angoisse de la frontière entre l'humain et le non-humain, ce que représente le Cyborg W5 de Lee Bul.
Les artistes détournent aussi la technologie pour faire des objets qui suscitent un débat éthique lié au progrès scientifique comme Stelarc avec Ear on arm ou les hybrides de Edurardo Kac.

Chapitre 5 : Corps monstrueux

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Nous nous sommes intéressés dans le chapitre 3 aux limites imposées par les conventions sociales avant d’aborder dans le chapitre 4, les nouvelles manières d’envisager le corps en relation avec la nature et la technologie, qui reflètent notre peur de la contamination et de l’hybridation. Ce chapitre 5, se propose d’explorer plus encore les limites de la condition humaine : le point où le corps est monstrueux, se dérègle ou disparait. Bien que les figures grotesques furent très représentées dans l’art et l’architecture gothique, et eurent jouées par la suite un rôle dans les tableaux de Bosch et Goya, elles prirent surtout une ampleur considérable dans la littérature du XIXe siècle qui explora toutes les nuances de l’horreur et de l’empathie. Au XXe siècle, elles furent utilisées pour remettre en question l’idéal de la beauté classique et explorer de nouveaux types expérimentaux. Comme par exemple Jack et Dinos Chapman dans Lygotic Acceleration, biogénétique, de sublimated, libidinal model en 1995. L’altération du corps humain nous rappelle que nos formes résultent de l’évolution de l’espèce et qu’il suffirait d’une légère interférence pour que le développement de l’être humain s’engage dans une autre voie. Mike Kelley prend plaisir, dans Sister, 2005 en dessinant, à reconfigurer les formes, à créer des monstres indécent, flattant ainsi notre tendance à être choqué quand l’intégrité est mise à mal. Que ce soit John Curain, qui peint des nus alléchants ou des femmes habillées à la poitrine opulente dans Jaunty and Marne, ou que ce soit les sculptures et installations de l’artiste Maurizio Cattelan dans A perfect day, l’artiste vise à ébranler les structures du pouvoir, à accentuer les tendances culturelles pour les dénoncer directe ment. Tester les limites de la bien séance, de la tolérance et du bon gout, s’est invité la société à réexaminer ses règles d’éthique au lieu d’admettre docilement les normes établies en matière de convenance. En plaçant volontairement des choses à un endroit inapproprié, Cattelan nous incitent à reconsidérer ce que nous avons simplement l’habitude de voir comme obscène et à nous interroger sur ce qu’il est vraiment. Les corps écorchés de Bruycqere semblent accablé par un sentiment de culpabilité, de rejet ou de colère. Ces figures humaines et animales sont sans visage, seul les mouvements et contention du corps indique la souffrance. Il traduit cela en montrant que la flagellation et supporté avec grâce. Les surfacent ont été artificiellement patiné, faisant référence à des atrocités passés qui nous donne mauvaise conscience plutôt que de nous imposer la vue des plais sanglantes.
Un grand sujet : la dépression souvent dû a la prolongation d’une situation anormale. Les univers interieur et extérieur du corps entre alors en conflit, le Moi vole en éclat et l’irréel s’infiltre dans le réel. Les structures logiques perdent de leur pertinence, ce qui était familier s’avère étrange et la mémoire ainsi que l’imagination commence à jouer des tours. Les silhouettes de scène érotique de Kara Walker opère de manière similaire aux compte de fée dans laquelle les allégories ayant les traits du désire, de la corruption, ou de l’horreur sont développer en douceur. Nous sommes constamment bombardé d’image impressionnante de mort et de destruction fictive et pourtant le pathos d’une image représente une souffrance réelle peut avoir encore plus d’impact. Ian Brakwel tenait un journal pendant la maladie qui allait l’emporter. Parasit an host flirt sa dernière œuvre a été faite au moment où on lui avait diagnostiqué un cancer des poumons, mais lors de la représentation de celle-ci il l’a fit d’une beauté étrangement séduisante.
Conclusion du chapitre: Le corps monstrueux est une représentation très utilisés par les artistes contemporains, elle dénonce une réalité atroce selon laquelle le « non commun » est un coté abjecte pour la société, ou encore elle permet à certains un catharisme en libérant un certain pathos et en repoussant de plus en plus les limites. La limite qui est là, où notre tendance à être choqué est active quand l’intégrité est mise à mal.

Chapitre 6 : à vous de jouer

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Ce chapitre est consacré à l’étude du mode de communication et de diffusion employé par les artistes pour établir des relations a doubles sens entre l’œuvre d’art et son contexte entre l’artiste et le public. Olafur Eliasson dans the Weather Project en 2003 élargit ce concept en créant un mouvement multi sensoriel. Une brume et un soleil artificiel invite les visiteurs à se détendre comme si ils étaient au milieu d’un paysage.
L'idée de faire participer le public ne date pas d’hier comme en témoigne diverses théories et pratiques artistiques, depuis les happenings des années 1960 jusqu’au courant aujourd’hui connue d’esthétique rationnelle, en passant par l’art public socialement engagé des années 1970. Conçut dans le même esprit, les pavillons réfléchissant de Dam Graham, dans two way mirror triangle with one curved side en 1993, paraissent sans intérêt sans public. Le comportement que leur surface induit chez le spectateur (comme par exemple la conscience de soi), anime l’œuvre. Il invite le spectateur à s’amuser, à faire preuve de curiosité, mais suggère aussi que toute action a un effet. Dans une performance participative, Neal White fit ingérer a des volontaires une teinture qui colorer leur urine en bleu Yves Klein. Le corps à de l’importance ici car c’est en lui que réside le pouvoir de transformation.
A partir du moment où une œuvre d’art est participative il faut que l’artiste, les participants et les spectateurs est une attitude responsable. Dans Rythme 0 en 1974, Marina Abramovich passa 18h dans une gallérie , invitant les spectateurs à faire de son corps ce qu’il voulait en utilisant l’un ou l’autre des objets disposer sur une table , quelqu’un finit par intervenir lorsqu’un des participants braqua un pistolet chargé sur la tête de l’artiste.
L’art public a pris de nombreuses formes, des sculptures monumentales aux projets populaires destinaient a instauré un dialogue entre les utilisateurs d’un même espace. Les lieux publics qu’ils soient urbain ou ruraux sont des espaces complexes où s’entremêle, actions sociales, loisirs, commerce et transport ; et placer un corps humain éphémère dans un espace public peut nous mettre dans une position inconfortable et être en même un projet prestigieux. L’auto portrait de Pawel Althamer entièrement nue, est sous la forme d’un gigantesque ballon placé au-dessus d’un parc dans Balloon en 2007. Cette œuvre nous ramène notre habitude de cacher la nudité, qui reflète un déni du caractère mortel de l’être humain et le fait de montrer un corps est associer a l’excès. Dans le cadre de the Great White way, William Pope L a remonté à plat ventre tout un quartier américain pour symboliser l’ambition et l’appât du gain. C’est cependant l’absurdité de la tâche et l’humiliation que l’artiste s’impose qui interpèle les passants, habitué à résonné en terme d’utilité du produit.
Conclusion du chapitre: Les artistes à partir des premiers happenings aux esthétiques rationnels, ont découvert l’art public socialement engagé. En creusant toutes les facettes de la participation au public, certains ce sont tournée vers leur ressenti, d’autres ont joué avec eux, ou encore ce sont imposé à leur regard dans les lieux publics. Certains même leur ont confié leur corps.

Conclusion générale du livre :
L’histoire de l’art est trop complexe pour qu’il soit possible de dégager une évolution linéaire, de la simple représentation du corps jusqu’à sa présence en chair et en os dans des performances participatives et autres interventions ponctuels, l’expérience prouve que les modes d’utilisation du corps fonctionne ont un puissant retentissement. Dans ce livre, nous avons donc retracé l’évolution du corps dans l’art de sa simple représentions dans les formes artistiques traditionnelles jusqu’à son émergence comme sujet actif doué d’une présence et capable d’une accidence. Nous avons vu comment le corps interagit avec son environnement en tant que produit de la nature et producteur de technologie qui agissent sur nos sentiments d’appartenance ou de différences. Nous avons également montré comment les artistes se servent d’images anciennes ou contemporaine de corps singulier, déformé ou transformé pour venir partager une réflexion morale, tandis que le corps dit ordinaire est utilisé pour évoquer des sensations ou émotions couvrant toute la gamme de l’expérience humaine. L’impression qui s’impose est que les artistes cherchent à dépasser leurs limites physiques et psychologiques envoyant ainsi l’art au monde illimité qui s’étend au-delà de leurs univers personnels et immédiat.
Ainsi "l'impression qui s'impose est que les artistes cherchent à dépasser leurs limites physiques et psychologiques, reliant ainsi l'art au monde illimité qui s'étend au delà de leur univers personnel et immédiat". L'art est désormais lié étroitement à la société dans lequel il est produit. Tous les modes d'utilisation du corps, de la représentation à la présence dans les performances, fonctionnent et ont un puissant retentissement. Le corps est impliqué dans tout ce que nous faisons, pensons et disons.

 AlexieLantenois