David Tudor ( 20 Janvier 1926 - 13 Août 1996 ) Pianiste et compositeur américain de musique expérimentale


Photo


Biographie

David Eugene Tudor : Des débuts à New York

Originaire de Philadelphie en Pennsylvanie, il s'initie très tôt à la musique et à la composition (avec Stephan Wolpe) musicale autour du piano (avec Irma Wolpe) et de l'orgue. Après une carrière d'assistant organiste dans sa ville natale, il part pour New York en 1950 et devient un pianiste de l'avant-garde. Il représente alors des pièces avant-gardistes essentielles comme : la première interprétation américaine de la Deuxième Sonate pour piano de Pierre Boulez ou encore, la pièce « silencieuse » : 4’33’’ de John Cage exécutée pour la première au Maverick Hall à Woodstock. Sa notoriété grimpante il organise une tournée en Europe en 1954.
Progressivement il abandonne l'interprétation pour la composition.

De l'interprétation à la composition

En 1948 David Tudor s’associe avec John Cage et en 1952 ils forment ensemble aux côtés de : Morton Feldman, Earle Brown et Christian Wolff un groupe de production musicale pour bande magnétique : The Project of Music for Magnétic Tape.
  • image mmtp.jpg (12.3kB)
    The Music for Magnetic Tape Project, de gauche à droite : Christian Wolff, Earle Brown, John Cage, David Tudor, and Morton Feldman
David Tudor est aussi l'initiateur de la musique électronique « spontanée » dans les années 60 : The Live Electronic Music. Ce courant est caractérisé par l’improvisation à travers des manipulations en direct, c’est-à-dire : électroacoustiques. Lors de ses compositions il crée des circuits électroniques qui accompagnent ses performances et se superposent au travail d’improvisation. Son de l’inattendu, The Live Electronic Music s’accorde avec le facteur du hasard qui caractérise une des ambitions de son ami, John Cage. A travers son œuvre il exploite le moment à travers des systèmes complexes, les différents sens du spectateur et du compositeur.

David Tudor - Pulser : un exemple de son travail électroacoustique



La collaboration de talents : David Tudor, John Cage et Merce Cunningham
image imagesYZ22NZC5.jpg (5.1kB)
De Gauche à Droite : Merce Cunningham, John Cage et David Tudor


Au début des années 50, Tudor commence a travailler avec John Cage sur divers projets de musique électronique, ainsi que dans le cadre de la Merce Cunningham Dance Company.
David Tudor accorde une importance au croisement des Arts et mêle ses compositions aux autres arts tels le théâtre et la danse, toujours dans la perspective d’un spectacle des sens. L’influence de John Cage se fait dans la place du hasard mais aussi par l’importance des technologies dans la composition. Ses œuvres s’accompagnent de jeux de lumières, de supports visuels (vidéos, danses, lasers, individus, objets) et de sons. Cette alliance artistique représente la volonté d’interprétation mouvante des choses et jeux sensoriels.
La Merce Cunningham Dance Company tient une place particulière dans la production artistique de David Tudor depuis sa création en 1953, il succède d’ailleurs à John Cage à sa mort en 1992 comme compositeur principal. Parmi leurs collaborations les plus connues : Rainforest (1968), Forest Speech (1976), Five Stone (1988) qui est un travail commun avec John Cage et le compositeur-violoniste japonais Takehisa Kosugi.

Œuvres

  • Reunion (1968)

Composée avec Lowell Cross, inclut un jeu d'échecs, dont chaque mouvement déclenche un effet de lumière ou une projection. A la création, le jeu d'échecs affronta John Cage et Marcel Duchamp. Une grande partie du travail de Tudor utilise un support visuel : système d'éclairage, danse, téléviseurs, pièces de théâtre, film ou projection de faisceaux lasers. Il est lié à la Merce Cunningham Dance Company depuis sa création en 1953. A la mort de John Cage en 1992, Tudor lui succède au poste de compositeur principal. Il a participé à de nombreux travaux de cette compagne, comme

L'exposé'70 d'Osaka
image 31551266.jpg (28.2kB)
Exposition Universelle de 1970 à Osaka, affiche


Artiste reconnu, en 1968 il est sollicité pour faire partie des quatre artistes principaux chargés de concevoir le pavillon Pepsico à l’Expo’70 d’Osaka. C’est une expérience de collaboration et d'interaction d’artistes et d’ingénieurs vers un questionnement sur la rétroaction et sur les possibilités esthétiques et techniques. L’humanisation de la technologie est une des préoccupations qui guident cette exposition et la réflexion de ces investigateurs dans une exposition expérimentale, où le spectateur est invité à participer seul ou en groupe. Le visiteur n’est donc pas mis face à une production finie mais compose un des facteurs de l’œuvre afin de créer sa propre liberté et réalité dans une expérience sensorielle.

Rainforest IV (1973)
image sanstitre_23.png (80.6kB)
Rainforest IV, mise en scène


Pièce collaborative, technologique et novatrice qui synthétise les ambitions artistiques de David Tudor, Rainforest est à l'origine comme le décrit Juliette Garrigues (dans : « TUDOR DAVID - - (1926-1996) », Encyclopaedia Universalis [en ligne]) :
« Rainforest est à l’origine une création pour Merce Cunningham basée sur des techniques de transformation des sons sans modulation électronique, mais modifiées par simple résonnance dans un passage matériel » .
Rainforest IV, à l’inverse, n’est pas destinée à un accompagnement de danse, c’est une balade sonore pour le spectateur. Le son provient directement d’objets suspendus dans l’espace et se combine à des sons « réfléchis » qui sont électroniquement mixés.

Artiste passionné et passionnant David Tudor à durablement marqué et influencé l’art sonore jusqu’à nos jours à travers ses innovations, ses compositions et le renouvellement du croisement des disciplines artistiques qui ne sont plus des accompagnements mais des acteurs d’importance égale dans la finalité de l’œuvre.

Discographie

  •  Rainforest II (Performance simultanée avec John Cage et Mureau), New World Records, CD 80540-2
  •  Three Works for Live Electronics, Lovely Music, 1996
  •  Rainforest, Mode Records,
  •  Neural Synthesis Nos. 6-9, Lovely Music (2 CDs), 199
  •  Neural Synthesis No. 2, Ear-Rational, 1993
  •  Dialects, Elektra/Nonesuch, 1989
  •  Rainforest IV, Edition Block (Berlin), 1985
  •  Pulsers & Untitled, Lovely Music, 1984
  •  Microphone, Cramps CRSLP116, 1975

Extraits Musicaux

Sources

- http://davidtudor.org/
Juliette GARRIGUES, « TUDOR DAVID - - (1926-1996) », Encyclopaedia Universalis [en ligne]. URL : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/david-tudor/
- Juliette GARIGUES, CAGE JOHN - - (1912-1992) – (repère chronologique) », Encyclopaedia Universalis [en ligne]. URL : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/cage-repere-chronoligiques/
- Agnès IZRINE, « CUNNINGHAM MERCE - - (1919-2009) », Encyclopaedia Universalis[en ligne]. URL : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/merce-cunningham /
- http://davidtudor.org/Works/rainforest.html
- http://innerfield.nl/pages/twelve.html
- http://composers-inside-electronics.net/dtudor/legacy/toneburst.html
- http://www.artwiki.fr/wakka.php?wiki=DavidTudor
- http://www.lovely.com/bios/tudor.html
- http://en.wikipedia.org/wiki/David_Tudor