Jean Dupuy


Jean Dupuy (Né en1925 à Moulins, France).

  •  1943-44 : École des Beaux-Arts de Paris, section architecture. Après un an, Jean Dupuy arrête ses études d’architecture pour se consacrer entièrement à la peinture. Il réalise alors des peintures figuratives, jusqu’à la fin des années quarante.Au cours des années cinquante, Jean Dupuy se lie d’amitié avec le peintre Jean Degottex et rejoint le groupe des peintres de l’Abstraction lyrique.

  •  1955 : Salon de la jeune peinture, au Musée d’art moderne de la Ville de Paris.

  •  1957 : Exposition de groupe à la galerie Paul Facchetti, Paris.

  •  1958 : Première exposition personnelle à la galerie A.G., Paris. Exposition de groupe au Salon Réalités Nouvelles, au " Musée d’Art Moderne " de la Ville de Paris.


Les 4 320 000 secondes de Jean Dupuy.


Après une bonne décennie de services rendus à la peinture gestuelle, Jean Dupuy quitte Paris et son école pour s’installer à New York en 1967. Une entreprise (Celanese Corporation) lui fait don de 180 plaques de poly-éthylène de 200 x 90 x 0,6 cm. Installées dans son atelier, elles attirent constamment la poussière. Épousseter chaque soir n’y change rien. Il décide alors de faire oeuvre avec la poussière, non pas en la stockant comme un « élevage », mais au contraire en lui rendant sa légèreté mobile. Il conçoit une boîte dans laquelle un pigment rouge de densité extrêmement faible (Lithol Rubin) s’agite grâce aux pulsations cardiaques d’un visiteur, acteur et observateur de la pièce.

 Cone Pyramid
Cone Pyramid (Heart beats dust) gagne en 1968 le prix " Experiment in Art and Technology " organisé par Billy Klüver et Robert Rauschenberg, ce qui lui permet d’être présentée dans la foulée au Brooklyn Museum et, simultanément, par le biais d’une seconde version, au MoMA dans l’exposition désormais mythique " The Machine as Seen at the End of the Mechanical Age " organisée par Pontus Hulten .
C’est ainsi que démarrent à tambours battants les expériences technologiques de Jean Dupuy. Ces 4 320 000 secondes (Quatre millions trois cent vingt mille secondes) qui correspondent au temps exact de son exposition à la galerie, de son ouverture à sa fermeture, sont aussi le temps dans lequel certaines de ses œuvres développent leur propre révolution. En utilisant le télescope 180 degrés (1972), l’observateur ne perçoit que son propre oeil. Dans 90 degrés (1972), il découvre ses pieds.
Dans Table à imprimer (1974-1984), les usagers laissent petit à petit des traces de leur front et de leur nez sur une feuille de papier. Dans Leo’s Clock (1982), les aiguilles tournent à l’envers sur un dessin de Léonard de Vinci représentant un possible mouvement perpétuel.

Enfin, dans un Concert de secondes (2011) réalisée en collaboration avec Jérome Joy, une vingtaine de moteurs de petites horloges sont équipés d’amplificateurs destinés à transformer le son produit par leur mouvement en véritable symphonie du temps qui s’égrène. Chaque machine est accompagnée d’un texte en forme d’anagramme : mode d’emploi et perte de sens à la fois. Le lecteur lit et flotte dans un imaginaire fécond. Les codes couleur et les lettres prennent leur autonomie en formant leur propre logique de lecture, dont seul l’artiste a le secret. Depuis 31 450 jours (soit à peu près 2 717 280 000 secondes), à compter du jour de sa naissance jusqu’au jour de l’ouverture de cette exposition, Jean Dupuy observe le temps, l’étire et le dilue.