Erik Samakh

Bibliographie (temporaire)

Erik Samakh, né en 1959 à Saint-Georges-de-Didonne est un artiste contemporain et un enseignant de l'école supérieure d'Art d'Aix-en-Provence. Son œuvre, reconnue internationalement depuis le milieu des années 1980, mêle nouvelles technologies et éléments naturels, notamment sonores. Elle est un dialogue constant de l'homme avec la nature où l'espace jusqu'alors dévolu au pouvoir des images devient un lieu d'écoute. Les éléments technologiques (graines de lumières, flutes solaires...) servent à ramener l'attention sur la nature.
Un grand nombre de ses travaux ont été réalisés sur des sites naturels tels que des parcs régionaux ou des réserves géologiques (Parc naturel régional de Lorraine, Gorges de Riou, Forêt de Tijuca au Brésil, Centre international d'art et du paysage de Vassivière, etc).

Erik Samakh "privilégie le vivant sous toutes ses formes, de la matière vive du monde animal ou végétal aux composants naturels rendant la vie possible ou résultant de ses mécanismes d’expansion. La lumière solaire, le vent, l’hygrométrie, la température, les variations atmosphériques, ainsi se découvrent directement opératoires dans maintes installations : cannes sonores, flûtes solaires, panneaux solaires éclairants, sculptures d’eau, bassin d’accueil pour batraciens, etc." Paul Ardenne

C’est un artiste qui se définit comme un “ chasseur cueilleur “ d’images et de sons. Il enregistre des sons dans des espaces naturels, comme des forêts, des parcs…etc
Il est entre nature et sculpture , entre matérialité et présence impalpable.
Son travail se définirait par un dialogue continu avec la nature. Il veut mêler l’homme et la nature, faire réagir et agir l’homme face à la nature. Ses oeuvres sont synesthésiques, elles éveillent les sens. Il vient troubler notre perception des lieux, nous demande d’être attentif, d’être a l’écoute. Il vient rejoindre le procédé de James Turell avec ses installations lumineuses, il vient troubler nos sens ,nous amméne a nous concentrer sur notre ressenti et tout abandonner.
Erik Samakh introduit une nouvelle dimension ou le “ grand paysage “ est l’acteur principal et ou la nature est le metteur en scéne. Il crée des perspectives dans des paysages par l’insertion de bruits, il change notre maniére de voir un paysage que l’on croit familier, il nous le faire voir d’une maniére différent, il nous demande d’être attentif a l’oui particuliérement, nous demande d’écouter. Comme james turell nous demande d’être attentif à la lumiére, de bien regarder les lumiéres qui nous entourent en créant des espaces lumineux ou en créant des cadres pour encercler la lumiére.
Erik Samack créer ces nouvelles perspectives en déterminant des parcelles dans espaces de monoculture qui paressent d’abord artificielles et absurdes.
Il tire parti de l’esprit des lieux, comme le musée Rodin ou son propre jardin.
Il va enregistrer des bruissement d’insectes ou le chant des grenouilles , mais aussi allumer des lucioles et faire chanter des flûtes en captant l’énergie solaire.
La nature est pour lui : « quelque chose de beaucoup plus naturel que l’actuelle écologie, qui est davantage politique » la nature est quelque chose qui intréséque son travail, son rapport avec elle est plus primitif. Il utilise les nouvelles technologies car il considére qu’il faut les adapter à la nature.
Il implante par exemple des lucioles artificielles sur un chemin de nature, il désire appeler notre attention sur la disparition des insectes, et particuliérement des lucioles dans son œuvre. Il se déclare dans une interview : « très attentif aux effets néfastes sur la faune de l’usage à outrance des produits chimiques » , ses œuvres nous amménent a être attentif à la nature, dans un sens qui est aussi écologique, il nous invite à la respecter. Le phénoméne de la disparition des lucioles le touche beaucoup il le dira dans cette même interview : « cette disparition des lucioles est importante et me touche ».
Il est écologique aussi par le choix des dispositifs qu’il met en place dans ses intallations comme les capteurs solaires.

Erik Samakh, Lucioles à Chaumont-sur-Loire - Photo Anthony Morel

Né en 1959 à Saint-Georges-de-Didonne, Erik Samakh a commencé, en véritable pionnier, à recourir à l’informatique et à l’électronique dans les années 1980 pour créer des installations sensibles à leur milieu et au comportement du public.

Influencé par des artistes tels que John Cage, Joseph Beuys, Marcel Duchamp, Walter de Maria et Bill Viola, Erik Samakh explore les interactions subtiles entre l’environnement naturel et des éléments qui lui sont étrangers – des dispositifs technologiques, des spectateurs, afin de mettre en valeur la nature et d’en modifier la perception.

"Boîtes de rêves" de 1998, casques d'enregistrements reliés à des boîtes, vues de l'exposition "Zone de silence n°3 et boîtes de rêves" au centre d'art contemporain Le Creux de l'enfer, à Thiers; photographies de Joël Damase.

Par la combinaison de systèmes technologiques discrets et de phénomènes naturels d’origine végétale ou animale, Erik Samakh, dans une perspective d’écologie acoustique autant que dans une démarche proprement artistique, invite le spectateur à être attentif à la nature, à se mettre à son écoute et à dialoguer avec elle.


Erik Samakh réalise des installations sonores interactives avec des matériaux naturels ou électroniques.

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Grenouilles communicantes

Erik Samakh - Grenouilles communicantes

Dans Grenouilles communicantes montré en 1991 dans la manifestation Machines à Communiquer, des grenouilles vivantes « conversent » avec des grenouilles enregistrées. L'installation Les Joueurs de flûte, est constituée d'une vingtaine de modules émettant un son un peu répétitif, comme le chant d'un grillon. Ils furent placés à Enghien dans la banlieue de Paris dans le marronnier près de l'établissement thermal en 1997. En 1998, l'installation sonore, est diffusée à partir de l'île des Cygnes et, de là, se propage dans la ville, où d'autres emplacements sont envisagés afin de faire rebondir les sons de manière inattendue.

Les sons pour Les Joueurs de flûte, sont toujours assez brefs et ont des tonalités différentes, parce que chaque module, avec l'énergie autonome de son capteur solaire, souffle de l'air dans une flûte d'un modèle unique. Comme il y a une vingtaine de flûtes, le jeu d'harmoniques comporte des combinaisons étendues. La source d'énergie solaire introduit une modulation d'intensités suivant les rayonnements lumineux. Ces deux paramètres contribuent ensemble à un renouvellement sonore permanent, jusqu'au silence durant la nuit. Cette variation coïncide avec le milieu lui-même. Comme des animaux, les modules réagissent aux alternances du jour et de la nuit et aux conditions climatiques. Erik Samakh mêle dans son travail son intérêt pour la nature et son intérêt pour la technologie. Il souhaite que l'interface avec l'utilisateur soit la plus directe possible et que le spectateur ne voie pas les machines technologiques. Il explore les interactions entre les machines et l'environnement. « Les recherches d'Erik Samakh présentent la particularité de mêler sans préjugé, et cela n'est pas une mince affaire, sa passion pour la nature et sa passion pour ce qu'on appelle les nouvelles technologies. Pour lui, l'espace est commun entre la nature et la technique. La seconde ne fait souvent que s'appliquer à rattraper la première qui elle-même apparaît à l'observateur un tant soit peu attentif comme un extraordinaire complexe biotechnologique. Grosso modo, l'oeuvre d'Erik Samakh se répartit en deux catégories, d'une part, des installations acoustiques réalisées à partir de dispositifs technologiques généralement autonomes et interactifs (les MAA, modules acoustiques autonomes), et d'autre part, des environnements naturels de type sous-bois ou marécages dans lesquels Erik Samakh crée des situations d'ordre communicationnel entre espèces, aussi bien animales (et Samakh n'oublie généralement pas d'y inclure l'être humain) que végétales, et ce sans faire forcément appel à la technologie » . Les installations sonores d'Erik Samakh sont discrètes et ne perturbent pas l'environnement. Elles nous rendent sensibles à la beauté des petits sons de la nature, ces sons qui interagissent avec notre imaginaire.

L'écologie sonore ou écologie acoustique est à la confluence d'intérêt des urbanistes, des musiciens, des sociologues, des historiens, des géographes, des ingénieurs, des designers, des médecins... L'écologie acoustique nous invite à être plus vigilants aux sons qui nous entourent. Il s'agit d'une écologie de la perception. « Il y a-t-il une musique du camion qui passe ?» disait John Cage, s'insérant dans cette démarche. L'écologie acoustique s'occupe aussi des nuisances sonores : nuisances sonores dans la ville, mais aussi nuisances sonores de nos machines. Elle pose la question de la nuisance sonore. Quelles améliorations dans le paysage sonore pouvons-nous apporter ? Un son de machine peut devenir un son riche et agréable suivant la perception que l'on en a. La perception sonore est toujours disponible, on ne peut fermer nos oreilles, mais nous nous fermons à certains sons familiers, agréables ou désagréables. Le son fait partie d'un contexte et est interprété en fonction de ce contexte. L'écologie sonore se fixe comme but de lutter contre la pollution sonore, mais surtout d'élaborer des environnements sonores attractifs et bons pour la santé de l'individu. « La pollution sonore vient du fait que l'on n'écoute pas attentivement. Nous devons chercher un moyen pour rendre positive l'étude de l'acoustique environnementale. Quels sons devons-nous préserver, encourager, multiplier ? Quand on sait cela, les sons ennuyeux ou destructifs seront suffisamment identifiables et l'on saura pourquoi on veut les éliminer. Seule une complète appréciation de l'environnement acoustique peut nous donner les ressources pour améliorer l'orchestration du paysage sonore du monde » . Un autre but de cette écologie est de préserver des sons en voie de disparition, se rapprochant en cela de l'ethnographie sonore.