L'Esthétique Verte


A - Présentation du livre choisi


Livre choisi : Loic FEL, L'esthétique verte « De la représentation à la présentation de la nature »


INTRODUCTION

a - Le site du HUELGOAT (Site naturelle de Bretagne, Finistère)

b - La valeur esthétique de la nature au XVIIIe siècle:
- Une naissance manquée :
- Vers la présentation de la nature

CHAPITRE I. Esthétique et connaissance de la nature

a - Le statut ambigu de l’image :
  • Histoire de la représentation des espèces et des espaces :
  • Modification du jugement esthétique
  • Une révolution: le quiproquo de la photographie

b - Une nature esthétisée :
  • Dimension vernaculaire
  • Dimension superstitieuse
  • Une nature précieuse

CHAPITRE II. Théorie esthétique de la nature dans la représentation scientifique

a - Le discours scientifique: construction d’un genre littéraire :
- Aspects romanesques
- L’épopée scientifique
- L’invitation au voyage

b - L’idée scientifique de nature: le sublime révélé :
- Le matériel conceptuel scientifique dans l’expérience esthétique
- Une représentation de la nature comme sublime
- Le thème de la révélation

CHAPITRE III. Redéfinition de l’idée de nature à partir de l’écologie: une présentation

a - L’écologie: une présentation de la nature
- Primauté de l’observation en écologie
- Une nouvelle méthodologie: empirisme et simulation
- Le cas du paysage

b - La conception contemporaine de la nature: un nouveau visage :
- Une nature matérielle
- Une nature polymorphe
- La nature: un système dynamique englobant

CHAPITRE IV. Définition de l’esthétique verte

a - Histoire de l’esthétique de la présentation :
- Les révolutions artistiques du XXe siècle
- La présentation de la nature
- La protection du patrimoine naturel:creuset de l’expérience esthétique de la présentation de la nature
- Caractéristiques de l’esthétique verte :
- Expérience esthétique de l’immersion complète
- Pour une nouvelle philosophie esthétique: de l’objectivité à l’imaginaire renouvelé
- Une esthétique de conviction

CHAPITRE V. Possibilités pour une éthique

a - La structure du débat de l’éthique environnementale

b - De la perception à l’éthique environnementale

c - Argumentions esthétiques pour une éthique environnementale :
- L’éthique inclusive: utilisation de critères esthétiques
- L’esthétique comme stratégie de sensibilisation
- Critères esthétiques de l’éthique environnementale



B – Résumé du livre choisi


  • L’écologie provoque un bouleversement culturel qui se déploie jusque dans l’expérience esthétique. Loïc FEL, philosophe et directeur du développement durable, analyse pour la première fois cette mutation en cours. L’écologie en tant que science porte en elle une révolution culturelle : la fin de la perception de la nature comme un environnement, un agrégat d’objets posés côte à côte, pour l’aborder comme un système : un écosystème. Accélérée par les enjeux du réchauffement climatique et l’érosion de la biodiversité, l’écologie met fin de façon brutale à l’idée de représentation de la nature, source originelle de l’art durant des millénaires, pour y substituer une approche de « présentation » de la nature, expliquant son fonctionnement, et révélant ainsi l’ampleur de l’impact des activités humaines sur le vivant. L’art, les media, la publicité, la sensibilité individuelle intègrent aujourd’hui cette dimension « verte » encore rarement analysée. C’est l’histoire de ce changement culturel que L’esthétique verte explicite.

  • La nouvelle approche « écosystémique » inspire et déclenche des figures esthétiques nouvelles. Artistes, urbanistes, designers relient aujourd’hui esthétique et écologie par des réalisations concrètes : coulées vertes, installations éphémères en matériaux naturels, esthétisation directe des organismes vivants, œuvres dans les espaces naturels, etc. Rassemblées sous la notion d’esthétique verte, ces expériences se rattachent au champ du savoir, de la technique et de l’aménagement du territoire. L’esthétique entame une mutation : cessant d’être décorrélée du rapport quotidien au monde, elle traduit autant qu’elle accompagne le changement culturel en cours : celui de l'écologie.

  • Pour rendre le passage à un développement durable effectif il ne suffit pas d'inventer les technologies et d'identifier les comportements qui le permettent. Le développement durable est aussi une question culturelle. Nous devons intégrer ces questions, comportements et solutions dans notre quotidien, dans notre culture commune. A ce titre, l'art est un formidable catalyseur.

  • Les arts plastiques en particulier ont une triple fonction au regard du développement durable. Ils peuvent développer les percepts, les concepts perceptifs, qui nous permettent de comprendre ce qui fait la spécificité et la complexité du développement durable : des chaînes de conséquences et des échelles temporelles et spatiales qui dépassent les limites de notre perception naturelle. De plus, les arts plastiques et le marché de l'art restent encore aujourd'hui socialement connotés et touchent plus particulièrement la tranche la plus éduquée et la plus fortunée de la population mondiale.

  • Aussi pour les plus grands collectionneurs qui sont aussi les plus grands industriels, l'art offre une opportunité adaptée et particulière de leur apporter ce discours. Enfin, qu'un mouvement artistique se structure autour de ces enjeux, et c'est ce qui est en train de se passer depuis une quinzaine d'année, c'est comme mettre le focus au yeux du grand public sur un sujet qui bénéficie d'un regain de crédibilité et d'intérêt pour la simple raison que les arts s'en saisissent.