Eve MAILLOT


Née en 1980 à la Réunion, elle s'est installée en 2000 à Montpellier où elle a poursuivi ses études universitaires (licence d'anglais). Ensuite elle fait un an en année préparatoire à l'ESBAMontpellier, et intègre l'École Supérieure des Beaux-Arts de Nîmes en 2003, elle valide son Diplôme Nationale Supérieur d'Expression Plastique (DNSEP) en Juin 2008, avec une mention pour le potentiel et la qualité des œuvres réalisées.

ŒUVRES


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Depuis Juin 2008, je travaille plus en profondeur sur les thèmes de recherche développés lors de mes 2 dernières années aux Beaux-Arts. Je dirais que ma démarche s’articule autour des thèmes de l’organique et du vivant. Ils s’étayent de sous-thèmes tels que : la peau en tant qu’enveloppe et lieu de passage, la métamorphose ; l’érection suivie de la détumescence, le mouvement de va et vient (qui est celui de la vie ; une fois le mouvement arrêté, c’est figé = la mort), la tentation, tout ce qui a trait au désir et au plaisir du sexe, les analogies de forme (les choses qui ont l’air d’être autre chose que ce qu’elles sont). Il me semble que j’essaie de donner une forme à des pensées d’origines multiples et diverses, une façon de faire vivre ma vision très personnelle du monde qui m’entoure. Rien de très original... Pour ce qui est des installations plus particulièrement, je veux créer des formes attirantes, séduisantes, mais qui se fondent dans le paysage. C’est une constante dans mon travail, tenter discrètement le regard, mais une fois accroché il ne veut plus s’en détacher. L’impact est plus fort quand on ne s’y attend pas. Je voudrais créer la fascination après la contemplation. Il y a cependant un sous-entendu constant; derrière tout cela se cache quelque chose de dégoûtant/répulsif. Par exemple, les gants, une fois isolé, le module « gant d’analyse médicale » portent en eux la notion d’examen médical, donc de maladie, de souffrance, d’opération chirurgicale, de sang, de douleur.

Le dessin me permet de créer en prélevant des détails de différentes sources et de les assembler en des formes inédites. Je donne une intention érotique à ces nouvelles formes, et mon traitement du trait en fait des choses fines, légères, délicates. Mais les images qui m’inspirent viennent de livres de découpes et de cires anatomiques, d’encyclopédie du monde animal et végétal, rien à voir avec les dessins finaux. S’il en est du petit dossier personnel, il est assez succinct mais montre les autres œuvres réalisées avec des gants, pour cela il reste dans le même champ lexical que la Fente. Pour ce qui est des installations avec des gants, je dirais que le sensible ne s’arrête pas ; il résonne et se répand. La mollesse du matériau contribue à la tactilité de l’œuvre, qui devient ainsi attirante par l’accumulation des protubérances pendantes. (Les doigts appellent la caresse) L’accumulation crée une matière sensible dont je pourrais me recouvrir ; une peau sensible dont je me vêtirais. Ces réalisations rendent visibles l’autre côté de ma peau sensible, me permet de l’extérioriser comme un gant retourné. L’ouverture, la Fente dans le rideau est ce passage vers une intimité que j’évoque plus bas. Il ya cependant un côté déroutant, voire dégoûtant dans ces installations ; l’odeur est déplaisante, le contact avec le latex n’est pas agréable pour tous, il peut même mettre mal-à-l’aise rien qu’à la pensée de le toucher. Ces accumulations appellent une sorte de vertige où certains craignent de se noyer. En poussant à l’extrême, on peut dire que l’accumulation/ l’agglomérat est une des formes qui est viscéralement des plus répugnantes dans l’esprit humain. Je citerai Roland Barthes, à propos de Bernard Réquichot : « le corps commence à exister là où il répugne, repousse, veut cependant dévorer ce qui le dégoûte et exploite ce goût du dégoût, s’ouvrant ainsi au vertige. La forme fondamentale de la répugnance est l’agglomérat […] Or il semble que le conglomérat de bêtes provoque en nous le paroxysme de la répugnance : grouillement de vers, nœuds de serpents, nids de guêpes. Le dégoût est une érection panique ; c’est tout le corps-phallus qui gonfle, durcit, s’affaisse. »
Je parle toujours de la même chose, mais avec des moyens différents : qu’on peut être mal-à-l’aise par ce qu’une belle œuvre peut faire résonner de caché en nous. Il y a une part de mystère dans mes réalisations, je crois que c’est ce qui est caché qui provoque ce sentiment.


EXPOSITIONS



Expositions collectives


2006
  •  A Corps, Galerie des Arènes, Nîmes

2007
  •  « Fleur de sel » performance dans le cadre de la journée Inter/section, Carré d'art, Nîmes travaux d'hiver, Galerie des Arènes, Nîmes

2008
  •  « reflets » Performance dans le cadre de la journée Inter/section, Carré d'Art, Nîmes
  •  20ans, 10 positions, Journées du patrimoine, Nemausus, Nîmes
  •  Images d'une école, Hôtel Rivet, Nîmes
  •  Corps de ville, Biennale de photographie et d'architecture, La Cambre, Bruxelles
  •  On n'est pas loin, Maison de la Cure, St Restitut
  •  Sans repentir, Espace Louis Feuillade, Lunel

2009
  •  Cet été je ne partirais pas en vacances, Point Éphémère, Paris
  •  château en chantier, château d'Avignon, Les saintes Mairies de la mer

2010
  •  galerie AL/Ma, Montpellier

Exposition Personnelle

2008
  •  Showroom de Nemausus, Nîmes