Flora Petrinsularis de Jean-Louis Boissier


Présentation du projet :

Flora Petrinsularis est une installation interactive réalisée sur support cédérom. L’interface est un livre dont on tourne les pages. Dans une des présentations de cette œuvre (à Genève en Mai 1994), un livre est disposé devant l’écran. Quand l’utilisateur tourne les pages du livre, il provoque le changement d’image sur l’écran.

L’installation associe, dans deux alcôves symétriques, deux cahiers–seize extraits des Confessions et seize plantes cueillies sur les lieux authentiques–à deux cahiers virtuels qui en sont les doubles et les prolongements sur les écrans. L’ordinateur reconnaît à quelle page le cahier est ouvert. Aux citations s’attachent des séquences centrées sur un lieu, sur un objet fétiche et sur l’événement de la rencontre avec un personnage. Les plantes appellent des vues de leur paysage d’origine et des images qui rapportent objectivement leur cueillette, leur transformation en herbier Les pages blanches renvoient aux flux et reflux perpétuels des eaux du lac.

Au cours de la manipulation, par le jeu des déclenchements et des mutations, s’exercent les trois modalités du rapport au monde et de la conscience de soi "rousseauistes": la remémoration des moments aigus de la relation aux autres, la recherche des sensations purement actuelles d’une communication restreinte à la nature, I’état de rêverie sans objet nostalgique de l’état prénatal. Au langage s’oppose une collecte directe de signes du réel. Deux formes du livre se trouvent paradoxalement alliées par la lecture et le spectacle.


Sources provenant de Wikibooks...

Flora Petrinsularis est le projet qu’a Jean-Jacques Rousseau d’un herbier total de l’île de Saint-Pierre où il se réfugie en 1765. Il veut renoncer à l’écriture et lui substituer l’herborisation. Cependant, il décide d’écrire Les Confessions et d’extraire de sa mémoire les brèves scènes de désir et d’alarme qu’il a recherchées autant que redoutées au cours de son existence.

L’installation associe, dans deux alcôves symétriques, deux cahiers – seize extraits des Confessions et seize plantes cueillies sur les lieux authentiques – à deux cahiers virtuels qui en sont les doubles et les prolongements sur les écrans. L’ordinateur reconnaît à quelle page le cahier est ouvert. Aux citations s’attachent des séquences centrées sur un lieu, sur un objet fétiche et sur l’événement de la rencontre avec un personnage. Les plantes appellent des vues de leur paysage d’origine et des images qui rapportent objectivement leur cueillette, leur transformation en herbier Les pages blanches renvoient aux flux et reflux perpétuels des eaux du lac.

Au cours de la manipulation, par le jeu des déclenchements et des mutations, s’exercent les trois modalités du rapport au monde et de la conscience de soi « rousseauistes » : la remémoration des moments aigus de la relation aux autres, la recherche des sensations purement actuelles d’une communication restreinte à la nature, I’état de rêverie sans objet nostalgique de l’état prénatal. Au langage s’oppose une collecte directe de signes du réel. Deux formes du livre se trouvent paradoxalement alliées par la lecture et le spectacle.

Flora Petrinsularis est une installation interactive réalisée sur support cédérom. L’interface est un livre dont on tourne les pages. Dans une des présentations de cette œuvre (à Genève en Mai 1994), un livre est disposé devant l’écran. Quand l’utilisateur tourne les pages du livre, il provoque le changement d’image sur l’écran.

Rousseau a constitué un herbier pendant son exil forcé sur l’île de Saint Pierre sur le lac de Bienne. Sur cette île, il décide de ne plus écrire mais de constituer un herbier. Cet herbier, Flora Petrinsularis, aura suffisamment de détails pour l’occuper jusqu’à la fin de sa vie. Cette collection de plantes est pour Jean-Louis Boissier une autre sorte de livre . Il utilise l’herbier « comme un instrument d’optique » qui le projette dans les paysages dans lesquels il adore se promener. (Les Rêveries d’un promeneur solitaire - Septième promenade).

Rousseau calomnié décide de quitter sa retraite et de rédiger ses mémoires, Les confessions. D’où l’idée de Boissier de mettre en parallèle les deux textes : les fleurs de l’herbier, et les femmes des Confessions. Deux sortes de collections d’où l’idée du fétichisme présente dans cette œuvre. La sensualité de la présence à la nature rejoint la sensualité amoureuse.