Fluxus

L'art vidéo de Fluxus

Les Arts sonores de Fluxus

La vidéo chez FLUXUS Cours par Stéphan Barron

Fluxus Performance Workbook fluxusworkbook.pdf?



ci-dessous à recoder (vient brut du wikibook). A illustrer par des vidéos de préférences (docs originaux), et des illustrations


Fluxus est un mouvement artistique d’Avant-garde des années 60 crée par de jeunes artistes américains, influencés par le courant Dada, par Marcel Duchamp et par Les Happenings d'Allan Kaprow et les enseignements de John Cage. Fluxus signifie en latin « le flux, le courant ». C’est l’artiste Georges Maciunas qui utilise ce terme en 1961, pour la première fois. Fluxus trouve son impulsion au Etats-Unis puis s’est développé en Europe et au Japon. De nombreux artistes du monde entier ont adhéré à ce courant tels que George Brecht, Dick Higgins, Yoko Ono, Nam June Paik, Mieko Shiomi, Ben Vautier Wolf Vostell,…
Ils proposent un art total qui réunit de multiples langages artistiques et amène l’idée d’une identité entre l’art et la vie. Fluxus se distingue des autres groupes par sa volonté d'abolir le fossé entre l'art et la vie.


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Historique:

Création de Fluxus



Ce mouvement naît aux Etats-Unis dans les années 50 grâce à de jeunes artistes influencés par les dadaïstes, la musique de John Cage, les ready made de Marcel Duchamp et la philosophie zen. Les nombreuses actions et œuvres créées par le groupe Fluxus sont en lien direct avec les happenings apparus dans les années 50, revendiquant un art pour tous.

Au départ, ils partagent tous la même volonté de transgresser les catégories et les conceptions de l’art. George Maciunas est le principal membre fondateur du groupe, c’est lui-même qui en 1961, choisit le nom Fluxus et en rédige le Manifeste la même année, Manifeste Fluxus. Maciunas est d’origine Lituanienne et possède un diplôme en histoire de l’art, architecture et musique. Fluxus fut dès le départ ouvert à tous et à de nombreux artistes du monde entier.
Pour Maciunas, tout est art et l’art doit s’occuper de choses insignifiantes, doit être amusant et accessible à tous. C’est lui le créateur, le théoricien, l’éditeur, le promoteur et l’organisateur reconnu par tous ses compagnons de route. Maciunas déclare dans son manifeste théorique : « Purger le monde des formes de vie bourgeoise. Savoir promouvoir la Réalité »<ref>Manifeste Fluxus, George Maciunas, 1963. </ref>. Le groupe Fluxus ne se considérait ni comme un mouvement ni comme une organisation mais plutôt comme une idée, une manière de vivre, un groupe de personne qui crée des « Fluxus travaux ».

Maciunas ouvre une galerie en 1961 à New-York et organise de nombreux concerts, des événements culturels et expose les œuvres de ses amis. L’artiste lance aussi la publication des Yearboxes où sont réunis les témoignages de tous les représentants de Fluxus dispersés dans le monde. Dans les premiers temps, le collectif explorera toutes les possibilités du «tout est art », pour dépasser cette vision et proposer la notion de l’anti-art et du non-art. L’influence de Duchamp (ready made) et l’enseignement de John Cage (l’indétermination et la dépersonnalisation de l’artiste) a amené le collectif à un réel rejet des catégories dans l’art, des institutions et de la notion d’œuvre d’art. Fluxus rejette dont clairement l’œuvre d’art formelle, esthétisée et institutionnalisée. Bien au contraire, ils revendiquent le côté éphémère d’une création, la naissance et la mort de l’œuvre à l’endroit même où elle a été créée.

Développement de Fluxus en Europe et au Japon


Dès 1961, le mouvement ne tarde pas à s’étendre au niveau international et à attirer des artistes étrangers surtout Européens et Japonais. Maciunas se déplace tout d’abord en Allemagne où il rencontre Nam June Paik, un artiste sud-coréen. De nombreuses actions culturelles et des événements s’organisent dans divers lieux alternatifs, à Cologne dans le studio de Mary Bauermeister qui devient rapidement un lieu de rencontres et présente des pièces de Georges Brecht et de Young, à la galerie Haro Lauhus et dans l'atelier de Vostell.
En 1962, Maciunas organise le Fluxus internationale Festpiele neuester Musik à Wiesbaden ou encore le « festival of misfits » à Londres. De nombreux artistes de tous horizons rejoignent le collectif. En 1963, Maciunas regagne New-York et réalise de nombreux objets et écrit des publications dans le petit Flux Shop qu’il a crée.
A Nice Ben Vautier a fondé le groupe Art Total/Fluxus, avec lequel il donne des concerts et des pièces de rue, directement inspirés de Maciunas à Nice. A Paris J.J Lebel organise le festival de Libre expression. A Madrid, le groupe Fluxus Zaj donne ses premiers concerts.

Les apports de Fluxus

Le mouvement Fluxus est souvent ludique et est révélateur d’un refus d’un art ennuyeux. Fluxus a donc remis le divertissement dans l’art, ce divertissement permet au groupe de réagir contre la culture dite bourgeoise, mais cela redonne aussi à l’art sa fonction primaire qui est de divertir. Pour Maciunas, un concert de musique crée par Fluxus devait être une musique contemporaine divertissante. Ainsi le gag, le choc, la provocation apparaissent dans leurs œuvres. Pendant plus de vingt ans, Fluxus est resté fidèle à son utopie de départ par un humour dévastateur et provocant faire exploser les barrières entre l'art et la vie, dépasser les frontières entre les arts. L'art renoue ainsi avec une innocence enfantine et peut devenir vecteur de renouveau social.

Fluxus amène la notion d’''event'' par George Brecht. C’est une manière de focaliser une réalité simple, comme le propose Brecht en posant des fleurs sur un piano en tant que proposition musicale. Fluxus abat les cloisons et multiplie les liens entre les différents arts en même temps qu’il déconstruit chaque forme.
Tous les arts se confondent lors d'events,à ne pas confondre avec les happenings qui sont des manifestations collectives invitant à la participation tandis que l'''event'' est une action brève et sans prétention suscitant l'implication de tous et incluant aussi bien la situation que les éléments physiques d'un lieu (bruits, espace, odeurs, lumière...).
Que ce soit en musique, au théâtre, Fluxus apporte dès 1963, l’idée de la participation du spectateur à l’action, en rendant le public acteur de l’œuvre et en lui transmettant des responsabilités.

Fluxus invente l’art par la correspondance : le Mail Art. A partir de 1963, des artistes comme Georges Brecht,  Ray Johnson se sont servis de la Poste pour transmettre leurs idées, leur vécu en associant l’écrit aux images, au créatif. La Mail Art c’est du non art par le contenu des éléments expédiés (détails de la vie, anecdotes, histoires…) mais aussi par le refus de passer et de montrer son art dans des galeries d’art, des musées.

La recherche musicale a aussi une importance particulière pour Fluxus car elle exploite la capacité de quelques objets simples à engendrer des sons qui peuvent être mêlés à des instruments plus musicaux et faire naître une œuvre.

L'art Fluxus

Les artistes


Le mouvement international de Fluxus s’affirme en 1961, ainsi de nombreux artistes de tous les horizons et de diverses nationalités rejoignent le collectif. C’est un esprit libre qui caractérise le groupe, dans chaque action ou œuvre, ils ont réunis de multiples langages artistiques tels que la peinture, la sculpture, le happening, la danse, la musique, la poésie, le théâtre et la technologie.
Pendant plus de vingt ans, Fluxus s’est attaché à faire littéralement exploser les limites de la pratique artistique, dépasser les frontières entre les arts, les confondre, les mélanger, les associer afin de faire un art total et de construire un lien définitif entre l’art et la vie.

  •   La Monte Young : C’est l’un des principaux créateurs de Fluxus avec Georges Brecht, Maciunas… Musicien, il a composé de nombreuses musiques très proches des Events de Brecht dans les années 60. Ses œuvres sont importantes dans le développement du mouvement Fluxus. Il est aussi le pionnier de la musique minimaliste, le temps et l’évolution d’un son dans la durée sont des aspects majeurs de ses recherches dans le domaine de la musique. Ces travaux portaient aussi sur l’indétermination dans la composition d’une œuvre, influencés par John Cage. Il est aussi le créateur du collectif « The theater of Eternal Music » et a fait de nombreux concerts dans la galerie de Maciunas. Il s’écarte du mouvement Fluxus en 1965.
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  •   Nam June Paik: artiste sud-coréen, il est le pionnier de l’art vidéo dans les années 60. Il a exploré tout au long de sa vie, les domaines de la musique et de l’image. C’est en 1963, lors de l’exposition de musique et télévision électronique, qu’il invente l’art vidéo et que ses œuvres sont reconnues. Il fut l’un des premiers a utilisé la transmission satellite à des fins artistiques. Il a inventé de nouvelles formes avec de nouveaux moyens. Paik triture et déforme les images afin de riposter contre la communication à sens unique de la télévision. L’une de ses œuvres les plus connues reste celle de Charlotte Moorman qui joue du violoncelle fait de téléviseurs sur un lit. Il utilise les nouvelles technologies afin de leur faire faire autre chose que ce qu’elles font.
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  •   BenVautier Ben Vautier : artiste français connus pour ses performances, ses installations et ses peintures. Il rejoint le mouvement Fluxus dans les années 60 et rencontre les artistes américains, dont Maciunas, lors de sa venue à New-York.Il est reconnu pour toutes « ses écritures », burlesques, comiques, politiques, philosophiques, déclinées sur des supports différents et sous diverses formes. Il est très proche de la peinture lettriste aussi. La pensée, l’humour, l’écriture, l’actualité sont les bases de son œuvre. L’écriture de ben est sa marque de fabrique et de reconnaissance. Il apporte l’idée « que l’art doit être nouveau et apporter un choc ». Au début des années 60, Ben Vautier va signer tout ce qui ne l’a pas été, reliant ici l’art à la vie. Il soutient que tout est art, que tout est possible en art et que tout le monde peut et est capable de faire de l’art.<br />
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  • Henry Flynt : est l’un des penseurs les plus importants de Fluxus, mais c’est aussi un philosophe, un musicien et un artiste qui revendique l’anti-art et le non-art.

 Henry Flynt utilise pour la première fois en 1961 les termes "Concept Art" (ce qui n’est pas encore le Conceptual Art) pour intituler un court essai, publié en 1963 par La Monte Young, représentant du mouvement Fluxus. Dans ce texte, il est question pour Flynt d’inventer un art dont le matériau serait le concept et dont la beauté serait analogue à celle des formules mathématiques.

Robert Morris réalise Card File, une œuvre qui ouvre la voie de l'Art conceptuel.

  •  '''Ray Johnson''':est considéré comme le créateur du Mail Art ou encore Art postal dans les années 60. C’est un mouvement né d’un besoin de communication, d’échange d’idées à la fois par l’écriture mais aussi par l’image. L’art postal met en valeur les liens sociaux, les relations humaines et permet ainsi de faire rentrer l’art dans la vie quotidienne et de sortir l’art des institutions, des académies…

Il existe encore de nombreux artistes américains et européens qui sont par leurs attitudes envers l’art, leur travail et leur implication très Fluxus.

Fluxus et la performance


L’art de la performance commença à émerger aux Etats-Unis à la fin des années 1930, avec l’arrivée à New-York d’Européens fuyant la guerre. En 1945, la performance est devenue une activité à part entière, reconnue comme telle par les artistes.
18 happenings in 6 parts d’ Kaprow, présenté à New-York à la galerie Reuben en 1959, fut l’une des toutes premières occasions offertes au public de découvrir les événements que plusieurs artistes organisaient à titre privé.

Le happening ou performance désigne un événement, ce qui se produit et qui est donc lié à des moments et à des lieux précis. Pour Kaprow, le terme Happening désigne « quelque chose de spontané, quelque chose qui advient fortuitement »<ref>La Performance du futurisme à nos jours, édition Thames et Hudson, Roselee Goldberg, 2001, p 121-150.</ref>. En introduisant cet événement, l’art américain remet en question toutes les valeurs qui, dans  abstrait, ont lié l’œuvre au geste et qui ont produit un objet concret qu’est le tableau. Le happening ou performance est entièrement fondé sur l’improvisation, la trame indiquée par l’auteur n’a pas de schéma fixe et ne peut se répéter car elle est soumise aux lois du hasard. Ainsi tout est événement, ouvert et libre de se développer d’une manière toujours inédite, sensible également aux interférences du public qui assiste en participant et en modifiant la structure de l’œuvre.

 Higgins, Watts,  Hansen, George Maciunas,  Ono, La Monte Young, présentèrent eux aussi des performances à cette époque mais très différentes dans des lieux tels que le Café à Gogo, à l’Epitome Café, dans le loft de Yoko Ono ou encore à la galerie d’art A/G, des lieux qui tous furent regroupés sous la bannière de Fluxus. L’événement que le happening propose, participait à l’aventure du langage de l’art car il souligne la nécessité de sortir des limites étroites de l’œuvre, du tableau, pour participer au flux incessant du monde.
La ville de New-York à cette époque, avec ses bars et cafés « alternatifs », ses lofts, ses galeries permit d’accueillir les performers du début des années 60. Ainsi le rapport individu-artiste et environnement s’est défini de plus en plus et l’échange qui avait lieu donnait naissance à des œuvres–événements qui témoignaient de la capacité du travail artistique de s’insérer dans le réel.

Des artistes Européens et japonais créèrent à l’époque des performances tout aussi importantes et variées. En 1963, nombre d’entre eux –Ben Vautier,  Patterson,  Beuys, Nam June Paik,  Spoerri- se sont rendus à New-York ou y avaient envoyés des œuvres exprimant des idées différentes de celles des américains. Un nombre croissant de programmes furent organisés à New-York. Le Yam Festival qui dura une année entière de mai 1962 à mai 1963, présenta une grande diversité d’événements. Des concerts-performances furent joués au Carnegie Hall, c’est notamment là que Charlotte Moorman organisa le premier festival d’avant-garde en août 1963. De nombreux événements collectifs analogues se déroulèrent à New-York où des performances de Cage, de Whitman, parmi d’autres, célébrèrent « l’art et la technique ».

Le lieu de l’événement était une considération majeure dans la construction de l’œuvre, le lieu où était donné la performance faisait partie intégrante de l’effet, les matériaux venant en seconde place et les interprètes en troisième.
Mots et choses, bruits et gestes agissent sur le même plan, et chaque élément participe à la recherche d’un langage qui n’a pas de barrage, qui est ouvert aux possibilités les plus diverses.

Relier l'art à la vie


L’idée est de proposer un art total dans lequel le mélange entre les langages artistiques « peut créer une fluidité vitale, indéterminée, comme le sont les événements de la vie quotidienne » L’art du XX ème siècle, édition Skira, 2006, Loredana Parmesani , tout en reproposant une identité entre l’art et la vie.

Fluxus s’est attaché par différents modes d’expressions à introduire l’art dans la vie quotidienne. Ainsi, les œuvres souvent créées par le collectif étaient improvisées (happening), provocantes, et surtout non reproductibles et donc éphémères. Fluxus accomplit des actions dans lesquelles les différents langages associés aux gestes simples de la vie quotidienne comme s’assoir, fumer, respirer, parler se mêlent en une structure où art et vie créent l’œuvre et l’événement.
Ils ont donc produits des œuvres d’art multiples sous forme de sculptures éphémères, de jeux absurdes, inventant la Mail Art, s’intéressant aux nouvelles technologies, éditant des livres d’art, s’occupant de poésie et de musique, en inventant des happenings et des festivals. Le groupe fait de l’art à partir de ce qu’ils vivent et ressentent dans leur vie et réintroduisent la notion d’un art populaire et accessible à tous.

Les « Fluxus-travaux » sont actions, événements qui tendent à souligner combien la quotidienneté et la banalité de la vie de chaque individu peuvent être vus comme un événement artistique car, affirme Maciunas « Tout est art et tout le monde peut en faire » <ref>L’art du XX ème siècle, édition Skira, 2006, Loredana Parmesani, p 60.</ref>. L’objectif du mouvement de Fluxus était d’avoir sur le public un effet de compréhension de la vie. Fluxus tente de réaliser la dissolution de l'art dans le quotidien. Maciunas fait jouer pendant trois heures cinq violonistes n'ayant jamais touché à un violon, ouvre une boutique où chacun peut venir construire et déconstruire...

L’influence de Fluxus dans l’art

Fluxus fut un moment d'expérimentation exceptionnel car commun à l'Amérique du Nord et à l'Europe et à l'origine de tout ce qui va constituer l'actualité artistique des années soixante 60.
Plus que des manifestations éphémères, Fluxus a laissé derrière lui un grand nombre d'idées publiées ou non dont une bonne partie seront réalisées dans les années suivantes.

Creuser un trou conduit au land art, utiliser le mot comme matériau conduit à l'art conceptuel (voir les textes d'Henry Flynt sur le concept art en 1961). L'art d’action trouve également sa source dans les événements Fluxus.
Aucun artiste ne peut aujourd'hui revendiquer à lui seul la légitimité Fluxus car les idées Fluxus étaient communes. Brecht, N.J. Paik, La Mounte Young et d'autres ont écrit des propositions d'événements très semblables, ce qui n'empêche pas leurs œuvres d'être parfaitement distinctes les unes des autres actuellement. L'histoire de Fluxus n'a pas fini de s'écrire, comme Dada, elle gardera une aura mythique.

L'influence de Fluxus est sensible encore aujourd'hui car sa liberté et son humour provoquant trouvent un écho chez nombre d'artistes. Les publications de Maciunas et de ses amis ont permit de conserver de nombreuses traces des théories du groupe et de leurs actions, leur créations qui peuvent encore inspirer les artistes contemporains.

Bibliographie

  •   ''Fluxus Dixit : Volume 1, Une anthologie'', Broché, Nicolas Feuillie, 2002.
  •   ''Ben par Ben'', les poissons volants, Sylvie Boulloud, 2010.
  •   ''L’art du XX ème siècle'', Skira, Loredana Parmesani, 2006.
  •   ''La performance du futurisme à nos jours'', Thames et Hudson, Roselee Goldberg, 2001.
  •   ''Fluxus et la musique'', Les presses du réel, Olivier Lussac, 2010.


Liens externes



Liens internes: