Frank Gillette


Frank Gillette

I. Biographie


Artiste (peintre, dessinateur, photographe, auteur) et activiste, Frank Gillette est né en 1941 à Jersey City (États-Unis). Cet artiste américain vit actuellement à New York.

Ses études

Il a étudié la peinture à l’Institut Pratt de New York.

Ses récompenses

Il a reçu de nombreux prix, ainsi que des bourses de la Fondation Rochefeller et la fondation Guggenheim, ainsi que des subventions du New York State Council on the Arts and the National Endowment for the Arts.

Frank Gillette, auteur

Il est l’auteur de nombreux ouvrages comme Between Paradigms (1973), et Of Another Nature (1988).
Pour lire Between Paradigms, cliquez ici : https://archive.org/details/betweenparadigms00gillrich

Ses expositions

Il a exposé à l’American Academy à Rome en 1984-1985.
Ses vidéos ont étés projetées lors d’expositions entièrement consacrées à elles à l’Everson Museum of Art (Syracuse), au musée d’art contemporain de Houston, à la galerie d’art Le Corcoran à Washington, à la galerie Leo Castelli à New York, au Long Beah Museum of Art en Californie, à l’institue d’art contemporain de Boston et au Whitney Museum of American Art à New York.
De plus, son travail a été exposé à ne nombreuses expositions réunissant divers artistes, lors de festivals et dans des institutions comme à la Biennale de Venise, au musée d’art moderne de New York et de San Francisco, etc.

Dans les médias

L’ Electronic Arts Intermix a publié un article sur lui, disponible intégralement ici : http://home.utah.edu/~klm6/3905/frank_gilllette.html
Il est décrit comme « un pionnier de la vidéo dont les installations multi-canaux et les bandes se concentrent sur des observations empiriques de phénomènes naturels ». Son travail est décrit comme « la fusion d’une riche sensibilité visuelle avec un engagement presque scientifique avec la taxonomie et les systèmes écologiques. »

Son parcours

Lors de sa carrière, il a pu former la "Raindance Corporation" en 1969 (un groupe de réflexion qui conseille le gouvernement et l'industrie). Son coté activiste le pousse à créer un groupe de réflexion, pour agir sommairement par différents moyens tels que la publication de vidéos. Ce projet servirait de base théorique à la mise en œuvre d'outilq de communication en vu de son projet de changement social.

Frank Gillette fut amené à faire un séminaire en 1968, important dans sa carrière puisque celui-ci l'amena à rencontrer Paul Ryan, qui l’incitera à expérimenter l'art de la vidéo.
Il fait des enregistrements dans la rue, monte des installations et réfléchit aux implications de cette nouvelle forme de fabrication d’images.

Durant ses sessions d’enregistrements à New York, il est remarqué par d'autres vidéastes, comme Howard Gutstadt et Victor Gioscia.
L'Artiste Gutstadt lui présente par la suite David Cort et Ken Marsh, artistes travaillant également la vidéo. Cort, Marsh, Gutstadt, Gillette et son ami, Harvey Simons, forment un groupe informel de discussions qu’ils appellent Commediation.
Ils se réunissent à l’occasion durant l’automne de 1968. Eric Siegal, Les Levine et Nam June Paik se joignent aussi à eux de temps à autre.

En décembre, 1968, Gillette rencontre Ira Schneider. Ce dernier a étudié la psychologie expérimentale et la neurophysiologie, mais il s’est tourné vers la production cinématographique et a remporté des prix pour ses courts métrages.

En janvier 1969, David Brooks, cinéaste et professeur, a invité Schneider au Antioch College de Yellow Springs (Ohio) pour y donner un atelier. Schneider a invité Frank Gillette à l’accompagner, marquant ainsi le début d’une importante collaboration.

Le printemps suivant, Frank Gillette et Schneider sont invités à participer à TV as a Creative Medium, une exposition collective portant sur les artistes de New York qui travaillent avec la vidéo en 1969. L’exposition est présentée à la galerie de Howard Wise. Gillette et Schneider proposent une œuvre vidéo multi-canaux interactive intitulée Wipe Cycle. L’œuvre témoigne de l’expérience de Gillette avec le matériel qu’il avait utilisé l’été précédent, ainsi que de l’intérêt de Schneider pour l’interaction du public et la rétroaction différée. Wise a accepté de financer le projet à hauteur de 10 000 $.

Gillette rencontre Michael Shamberg, jeune reporter du Time Magazine. Shamberg est impressionné par la conceptualisation que fait Gillette de l’importance de la vidéo comme outil approprié pour susciter un changement à cette époque critique, et est attiré par le potentiel évident du médium pour un journalisme novateur. Shamberg réalise alors un reportage sur l’exposition de la galerie de Wise, et sur l'oeuvre Wipe Cycle.

Gillette rencontre Louis Jaffe à New York. Il est un jeune musicien venant d’une famille associée aux médias. Il accepte de contribuer au financement de Raindance. Au cours des premiers 18 mois, Jaffe participe avec environ 70 000 $ : c'est la création de Raindance.

Gillette, Shamberg, Jaffe et Marco Vassi, créent Raindance en tant que société du Delaware en octobre 1969.
Ils s’intéressent tous au potentiel de la vidéo en tant que changement culturel et forment un groupe autour de l’idée de réflexion de Gillette.

Frank Gillette est le premier président de Raindance. Il parle de manière convaincante de la vidéo, des médias, de l’avenir et de la place qu’y occupe Raindance.
Schneider quitte Global Village en décembre 1969 pour se joindre à Raindance. Il arrive avec de bonnes aptitudes en production vidéo et, grâce à son association avec Korot et Gershuny, la possibilité d’un bulletin sur la vidéo.

Gillette rédige divers articles par la suite notamment dans le premier numéro de Radical Software (magazine créé par Raindance Corporation), article portant sur l’écologie des médias et un autre sur les effets néfastes de l’EVR (Enregistrement Vidéo Électronique : un système de reproduction propriétaire conçu par CBS).

Raindance obtient le statut d’organisme 501(c)3 en juin 1971 et change son nom pour la Raindance Foundation.
Note : "501(c)3" est une désignation de statut pour un organisme sans but lucratif en vertu de la National Revenue Act des États-Unis d’Amérique.

Le quatrième numéro de Radical Software, à l’été de 1971, sous la direction de Korot et de Megan Williams, est le plus ambitieux : 79 pages et une couverture en deux couleurs conçue par AntFarm.
Outre ses maintes contributions à Radical Software, Frank Gillette a écrit "Between Paradigms", publié par Gordon & Breach en 1973. Il a aussi fait carrière en art vidéo et réalisé des installations vidéo multi-canaux novatrices et influentes. Sa liste d’expositions est longue et distinguée. Il a reçu des bourses Guggenheim et Rockefeller. Il vit à New York et s’adonne aujourd’hui à l’art numérique, créant de grandes épreuves et éditions.


II. Ses œuvres vidéos


Liste chronologique :


1969 Wipe Cycle
1972 Tetragramaton
1972-1973 Hark! Hork!
1974 Muse
1974-1975 Quidditas
1974-1975 Rituals for a Still Life
1976 The Maui Cycle
1976-1977 Mecox
1981 Symptomatic Syntax
1984 Canon 1, Canon 2
1984 In the Creeks
1984 Tempest

Présentation de ses œuvres


Wipe Cycle
1969, min, b&w, sound

Avec neuf moniteurs et une caméra, Wipe Cycle transpose des demandes de présent comme une façon de perturber le flux unilatéral de la télévision d'informations. À l'exposition lTV as a Creative Medium, l'installation a été construite avant l'ascenseur. Ainsi, chaque visiteur a été immédiatement affronté avec sa propre image. Mais ils ont aussi projeté deux bandes vidéo et un programme télé.
L'installation, qui faisait des visiteurs une partie des informations, a été truquée d'une façon très compliquée : dans quatre cycles, les images passaient d'un moniteur à l'autre avec un retard de 8 à 16 secondes, tandis qu'en sens inverse des aiguilles d'une montre une impulsion légère grise effaçait toutes les images toutes les deux secondes.
Cette installation vidéo, faite en collaboration avec Ira Schneider, a été la première vidéo multi-canaux (c'est à dire, utilisant plusieurs moniteurs ou écrans) et donc une œuvre marquante de l'art vidéo.
Dans une interview par Jud Yalkut, on peut lire :
“The most important function of Wipe Cycle,” Schneider explained, “was to integrate the audience into the information. It was a live feedback system which enabled the viewer standing within its environment to see himself not only now in time and space, but also eight seconds ago and sixteen seconds ago. In addition he saw standard broadcast images alternating with his own delayed/live image. And also two collage-type programmed tapes, ranging from a shot of the earth, to outer space, to cows grazing, and a ‘skin flick’ bathtub scene.”

Schéma de l'installation vidéo :
cycle

Rendu :
cycle

Tetragramaton
1972, 23 min, b&w, sound

Prenant son titre des quatre consonnes du nom hébreu antique pour Dieu, Tetragramaton envisage la relation entre l’homme, la technologie et les écosystèmes.
Les grands mouvements de caméra, les changements soudains d’échelle de plan et les superpositions de sons naturels et de sons artificiels aboutissent à un dialogue viscéral, turbulent et hypnotique entre la caméra de l’artiste et l’environnement.
Cette œuvre était dans la collection original d’art vidéo de Castelli-Sonnabend.
Pour voir un extrait, cliquez-ici : http://www.vdb.org/titles/tetragramaton

Muse
1974, 34 min, b&w, sound

Caractéristique d’une grande partie du travail de Frank Gillette – qui traite la vidéo comme un champ de lumière, de mouvement et de réflexion – Muse va au delà des sensations optiques pour plonger le spectateur dans une contemplation métaphysique.
Le dilemme de la rationalité de l’homme dans le visage de la course de l’inébranlable nature est explicité par le narrateur :
« This is senseless. Shall I make sense or tell the truth? Choose either—I cannot do both... To be at all is to be wrong... »
Sur des images de paysages calmes, le récit mêle à une atmosphère claustrophobe une sorte de lutte suspendue, tandis qu’un dense collage de textures visuelles et auditives transmettent la complexité de tous les systèmes naturels, incluant la conscience.
Cette œuvre était dans la collection originale d’art vidéo de Castelli-Sonnabend.
Pour voir un extrait, cliquez-ici : http://www.vdb.org/titles/muse

Hark! Hork!
1972-73 19:25 min, b&w, sound

harkhork

Cette œuvre prend son titre d’une scène de la nouvelle Finnegans Wake de James Joyce, dans laquelle Finnegan se réveille d’un rêve. Hark! Hork! évoque les paysages naturels et inconscients.
Associant son travail avec le langage et les images de James Joyce, Frank Gillette crée une œuvre audiovisuelle parallèle au texte de James Joyce.
Il mêle images abstraites, formes organiques et oniriques, magnifiques compositions de natures mortes, il crée un collage de pensées, de gestes, d’objets qui contemplent la sensualité de la nature et de la forme éphémère de la mémoire.
Ce travail révèle une complexité de stratégie formelle et un montage d’une exceptionnelle sophistication pour son époque.

Quidditas
1974-1975, 19 min, color, sound

quidditas

Conçue à l’origine comme une œuvre à trois canaux, Quidditas est une étude de la forêt de Cape Cod et des paysages côtiers. Empruntant son titre à partir du terme latin de l’essence du monde, cette vidéo à un canal comprend 7 extraits, chacun ayant son propre rythme et sa propre texture visuelle.
Sous-titré Seven Phases in the Natural Process, les pièces retracent la gradation de l’environnement à la terre puis à la mer, se déplaçant d’un étang à un lac, de pins au sel des marais, estrans ????, dunes et océan.
Il utilise la vidéo pour transmettre un « sens du lieu à un moment donné », Gillette évoque le paysage naturel comme expérience sensuelle. Sa subtilité, presque imperceptible, se dissout d’un paysage à un autre, faisant écho à l’ordre écologique et évoquant la nature, le temps géologique.

Rituals for a Still Life
1974-1975, 24:54 min, b&w, sound

Une composition graphique étonnante sur le fond comme sur la forme, Rituals for a Still Life est un travail de collage vidéo des œuvre de Gillette. Ici, il construit une série de collages énigmatiques qui ont pour fond un écran de télévision montrant ses propres vidéos. Gillette construit une tension entre des objets statiques (les postes de télévision) et les images vidéo qui sont en mouvement. Cela produit à la fois une ambiguïté délibérée de l’échelle et dans la façon dont ces images aplatissent l’image vidéo. Ces collages révèlent une abstraction de surface rarement atteinte en vidéo.

The Maui Cycle
1976, 45:40 min, color, sound, three-channel installation

http://www.castellodirivoli.org/wp-content/uploads/2012/04/4_GILLETTEmauiRIGHT03.

Dans cette œuvre à trois canaux, Frank Gillette emploie des stratégies formelles systématiques afin de transmettre la texture riche et l’aura du paysage hawaïen.
Permettant aux motifs de cet environnement côtier de l’île de dicter ses propres rythmes, il compose une étude détaillée des phénomènes surnaturels naturels - pierres de lave, des plages volcaniques, geysers. La caméra de Gillette maps cet écosystème spectaculaire avec un sens méticuleux - et la sensualité - de forme naturelle, la composition et la couleur.

Mecox
1976-77, 18:06 min (each channel), color, sound, three-channel installation

mecox

Dans cette œuvre trois-canaux, Frank Gillette reconstruit un microcosme de Mecox Bay, un marais salant à Long Island en le reproduisant dans un aquarium. En réunissant de l'eau, des plantes ainsi que d'autres formes organiques, Frank Gillette crée une série de natures mortes en mouvement, évoquant la progression des temps géologiques à travers des textures changeantes.
Rythmiquement composé, Mecox est un système artificiel qui trace gracieusement les motifs d'un écosystème naturel.

Symptomatic Syntax
1981, 27:20 min, color, sound

symptomatic syntax

Symptomatic Syntax est une recréation d'un environnement écologique dans lequel les formes naturelles – feuilles, pétales de fleurs, ailes de papillons –, formes en constance évolution, créent une série de compositions.
Juxtaposée à ces formes organiques, il y a une série de textes qui traitent du temps, de la logique et de la dichotomie entre le mental et le physique.
Cette fusion complexe de la sensualité et de la cérébralité questionne la compréhension du temps et de l'évolution de la nature.

Canon 1, canon 2
1984, 12:02 min, color, sound
Canon #1 : 1984, 4:57 min, color, sound
Canon #2 : 1984, 7:05 min, color, sound

Ces deux œuvres, qui complètent les séries d'œuvres de Frank Gillette produites pour la Classical Video, sont des traductions visuelles d'une composition de Johann Pachelbel's : Canon in D Major.
Chacune résonne avec une évocation différente de la musique.
Canon #1 dépeint de riches paysages iconographiquement dans une interprétation joyeuse et sensuelle tandis que Canon #2 est une version muette, silencieuse, et plus contemplative, dans laquelle les images d'une pluie d'été et du ciel qui se dégage peu à peu évoque la régénération.

In the Creeks
1984, 59:27 min, color, sound

creeks

Faisant partie de la série de Frank Gillette pour la Classical Video, série conçue pour agir non comme des interprétations littérales mais plutôt des interprétations visuelles de la musique classique.
In the Creeks est une étude contemplative du microcosme naturel d'un ruisseau en été, presque transformé en un microcosme formaliste et abstrait.
La dichotomie entre le réalisme documentaire et la perception de Frank Gillette se reflète dans l'interaction de la picturalité de l'œuvre avec les textures naturelles, les motifs, les couleurs et les formes.
En utilisant des fondus enchaînés, chaque image fusionne subtilement avec la prochaine, ce qui rehausse le sens du temps naturel. Cette étude de la lumière et du mouvement décrit un écosystème contenu et défini dans un ensemble de paramètres esthétiques, ce qui devient un miroir métaphorique de l'activité cognitive.
Ce travail est réglé sur la musique La Sonnerie de St. Genevieve de Mont de Paris de Marian Marias.

Tempest
1984, 8:11 min, color, sound

tempest

Réglée sur la passionnée Sonate Allegretto #17 en Ré mineur de Beethoven, Tempest fait également partie de la série pour la Classical Video. Ici, le style de l'image de Frank Gillette est impressionniste, comme le laissent entendre les subtiles nuances et l'intensité de la musique de Beethoven avec la beauté luxuriante et les teintes d'un paysage automnal.

III. Pour en savoir plus :


Articles & interview :
L'article d'Electronic Art Intermix sur lui disponible intégralement ici : http://home.utah.edu/~klm6/3905/frank_gilllette.html
Une interview de lui et Ira Schneider faite par Jud Yalkut est disponible ici : http://www.radicalsoftware.org/volume1nr1/pdf/VOLUME1NR1_art03.pdf

Œuvres :
Pour voir un extrait de Wipe Cycle de Frank Gillette et Ira Schneider (3ème vidéo sur a page) : http://home.utah.edu/~klm6/3905/tv_as_a_creative_med.html
Pour voir un extrait de Tetragramaton : http://www.vdb.org/titles/tetragramaton
Pour voir un extrait de Muse : http://www.vdb.org/titles/muse
Pour voir quelques photos de plusieurs de ses œuvres : http://www.castellodirivoli.org/en/collezione-video/artista/frank-
Pour lire Between Paradigms, cliquez ici : https://archive.org/details/betweenparadigms00gillrich