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Fred Forest


« Fred Forest a anticipé très tôt sur ce tout dont nous sommes témoins aujourd’hui, et son travail actuel sur Internet constitue la suite logique du développement d’une pratique artistique » Pierre Restany


Biographie

Fred Forest est un artiste contemporain Français. Il est né à Mascara en Algérie, le 6 juillet 1933. Avant de se consacrer à l’art il est contrôleur des postes et télécommunications de 1954 à 1971.D'abord peintre, puis dessinateur satirique pour les journaux Combat et Les Échos, dès le milieu des années 1960, Fred Forest oriente sa pratique artistique vers le champ des nouveaux médias et des technologies de la communication. Pionnier de l'art vidéo en France, il conçoit dès 1968 des environnements participatifs et interactifs en utilisant des dispositifs associant informatique et vidéo. Tour à tour, il intègre à ses œuvres et actions la presse écrite, la radio, le fax, le minitel, le téléphone, l'ordinateur, les écritures électroniques, la robotique, les réseaux télématiques et, aujourd'hui, Internet.
  • Son attirance pour les technologies de la communication prend le dessus, il sera un des précurseurs de l’art vidéo à la fin des années 1960, et du net art à la fin des années 1990, créant des œuvres interactives. En 1984, il devient docteur d’état en esthétique de la communication, et enseigne les sciences de l’information et communication. En 1999 il épouse sa compagne sur Internet, faisant ainsi le premier cyber-mariage de l’histoire. Depuis les années 2000, il a cessé son activité d’enseignement, mais continue de développer de nouvelles œuvres, et à s’intéresser au rapport entre l’art et la technologie.
En marge de son activité artistique, ses critiques contre le système institutionnel de l’art contemporain et notamment son procès contre le centre Pompidou, lui reprochant une absence de transparence, ont fait débat. Il est aussi le cofondateur, avec Hervé Fischer, de l'art sociologique ainsi que de l'esthétique de la communication.

Parcours artistique

Les années 1970

En 1973, il réalise plusieurs actions spectaculaires dans le cadre de la biennale de São Paulo qui lui valent le prix de la Communication et son arrestation par le régime militaire.

En octobre 1974, il fonde avec Jean-Paul Thénot et Hervé Fischer le Collectif d'art sociologique (1974-1980), mouvement faisant l'objet d'un manifeste publié dans le journal Le Monde (1974-1975). L'art sociologique se veut être une pratique qui emploie certaines méthodes de la sociologie (enquêtes, documentaires, etc.) afin de questionner de façon critique les rapports complexes entre arts et sociétés. Il s'agissait pour ce collectif de détourner les modes de communication et de diffusion de l'information selon une méthode de la perturbation : renvoyer au spectateur une image de son conditionnement, le faire participer, l'inciter à se rapproprier les médias et à porter sur eux un regard critique et contestataire.
Les années 1980[modifier]

En 1983, à Salerne (Italie) il crée en collaboration avec Mario Costa le Groupe international de recherche de l'esthétique de la communication. Fred Forest publie le Manifeste de l'esthétique de la communication et réalise un travail de thèse sur l'art sociologique et l'esthétique de la communication, dont la soutenance, en 1985, se voit transformée en performance vidéo.

L'objectif des performances/actions de Fred Forest est de montrer en quoi les nouvelles technologies de communication et de transmission d'information modifient notre rapport au réel, à la réalité, au temps et à l'espace, faisant appel à des notions telles que l'ubiquité, l'immédiateté, le temps réel, les réseaux ou l'action à distance.

Il est le fondateur du webnetmuseum.org. Prix de la communication de la biennale de São Paulo (1973), il a représenté la France à la biennale de Venise et à la documenta de Kassel (1987). Il s’est vu décerner le Laser d’or au Festival des arts électroniques de Locarno, puis le grand prix de la ville de Locarno pour une œuvre multimédia diffusée par RSI, la télévision suisse de langue italienne.
Les années 1990[modifier]

En octobre 1996, il met en vente, en première mondiale, une œuvre numérique Parcelle/Réseau à l’hôtel Drouot.

En septembre 1998, il crée une installation spectaculaire, le Centre du Monde, qui fonctionne en relation avec Internet, à l’espace Pierre Cardin de Paris.

En mars 1999, il se marie sur Internet avec l'artiste Sophie Lavaud et, à cette occasion, ils créent et mettent en œuvre un programme de réalité virtuelle fonctionnant avec une série de capteurs.
Les années 2000[modifier]

En octobre 2000, il réalise à Paris la vente aux enchères sous forme d’un site Internet une série de monochromes numériques.

En décembre 2005, il réalise avec le Bass Museum de Miami dans le cadre d'Art Basel Miami Beach le premier happening planétaire sur Internet. De mai à juillet 2006, le Paço das Artes de Sao Paulo consacre une rétrospective à son œuvre.

Du 7 octobre au 15 décembre 2006, il organise la Biennale de l'An 3000, une biennale alternative et critique de la 27 ° biennale officielle de São Paulo, implantée dans le MAC (Musée d'art contemporain de São Paulo). Une biennale numérique, planétaire, participative et démocratique, qui a pour support l'espace virtuel d'Internet et des milliers d'internautes comme participants.

Du 3 février au 17 mars 2007, la Slought Foundation de Philadelphie lui consacre une exposition rétrospective ; la New York University, la Penn University et l'université du Coonecticut l'invitent à donner une série de conférences sur son nouveau concept d'Œuvre-système invisible.

En mai 2008, il présente à la galerie Christian Depardieu de Nice son projet du « Territoire expérimental et laboratoire social » sur Second Life. En décembre de la même année, il organise, avec le professeur Mario Costa, le colloque international Artmédia X à la BNF et à l'INHA[1].

En mai 2009, dans le cadre de l'année de la France au Brésil, il réalise cinq expositions personnelles au MAC, à l'USP et l'école de communication de l'université de São Paulo, à l'université de Porto Alegre et de Brasilia[2].
En juin 2009, il réalise deux actions à New York, au Gerswhin Hôtel et à la White Box, organisées par Ferdinand Corte.

La pratique artistique de détournement que Fred Forest mène depuis toujours constitue une réflexion critique sur l’art, la communication, leurs codes, leurs fondements idéologiques, symboliques et esthétiques.
Les années 2010[modifier]

En 2010, Fred Forest présente une installation, The Trader's Ball, à la galerie LE LAB à New York. Il y partage son point de vue sur la crise financière en invitant les passants à danser avec lui dans Second Life sur un air de musique hip-hop. L'installation montre une scène de danse à l'aide de mannequins aux tee-shirts arborant le mot « Trader » et le monde virtuel sur des écrans plasma[3]. En 2011, il présente une installation Internet " Flux et reflux la caverne d'Internet " au Centre d'art LE LAIT d'Albi, au cours d'un séjour de 6 mois à New York, il réalise une série de performances (Sociological Walk à Brooklyn, " Le m2 invisible " à Anthology Film Archives, " The conversation " au MoMA, d'expositions à la Galerie Chusifritos, de conférences à Agency Unlimited, au MIT (Massachusetts Institute of Technology) à Boston, à l'AC Institute de New York Il est invité pour présenter l'ensemble de son travail au Musée de l'Ermitage de Saint Petersburg dans le cadre de Cyberfest.
La mise en question des institutions[modifier]

Fred Forest est également connu pour sa lutte contre les dysfonctionnements des systèmes institutionnel et marchand de l'art contemporain, notamment par les poursuites judiciaires pour manque de transparence qu'il a lancées contre le Centre Georges-Pompidou à Paris, à propos de ses acquisitions, poursuites entreprises dans les années 1990.

Professeur émérite en sciences de l'information et de la communication à l'université de Nice - Sophia Antipolis, Fred Forest a assuré au milieu des années 1990 une série de séminaires sur le thème des liens entre arts et technologies.http://www.fredforest.org/drouot/seminaire.html

L’utilisation des technologies de la communication au profit de l’art

A travers l’art, Fred Forest exploite toutes les technologies de la communication. Ses œuvres évoluent avec les technologies. Il a débuté avec la presse écrite, puis est ensuite passé au téléphone, au fax, au minitel, à la radio, à l’ordinateur… Il adoptera Internet, dès son début, comme moyen de rendre ses œuvres interactives. La robotique est également présente dans ses créations. Son travail repose donc essentiellement sur la communication et nous amène à réfléchir dessus, selon lui l’artiste à un rôle « d’éveilleur ». Pour Fred Forest l’utilisation des nouvelles technologies de la communication permet une évolution de l’art, de ne pas recréer des œuvres déjà faites, et surtout donner l’occasion au spectateur de découvrir les évolutions technologiques et de cette façon élargir leur champ de vision et avoir la possibilité de s’approprier ces nouveaux environnements.
Entre 1967 et 2009, plus de 75 œuvres et actions fruit du travail de Fred Forest ont été présentées.

Quelques exemples


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'''La photo du téléspectateur'''
En 1976, Fred Forest est l’invité d’une émission de Jean-Paul Trefois sur la Radio Télévision Belge. A la fin de cette émission, un gros plan est réalisé sur Fred Forest qui s’adresse aux téléspectateurs, il explique que grâce aux avancées technologiques, il peut photographier les téléspectateurs qui sont devant leur poste. Rentrant dans son rôle de photographe, il propose aux téléspectateurs qui le souhaitent de se placer d’une certaine manière avant d’être pris en photo. Un gros plan sur l’appareil photo et réalisé. On annonce aux téléspectateurs que la photo a été prise. Le but de cette action de Fred Forest était de faire prendre conscience aux gens du pouvoir des médias, et de la facilité avec laquelle ils peuvent manipuler leurs utilisateurs. La chaine de télévision recevra plus de 300 courriers de téléspectateurs demandant à recevoir les photos d’eux qui ont été prise. L’action est donc concluante. La démarche de Fred Forest n’était pas de se moquer du téléspectateur, mais plutôt une démarche pédagogique pour les amener à réfléchir et à pouvoir se dire qu’ils peuvent douter de ce qu’on leur dit même si ca vient d’un média.

'''Le robinet téléphonique'''
En 1992, il expose son « robinet téléphonique ». Le principe consiste à remplir un récipient de 1500L à partir d’un téléphone. A chaque appel, du liquide se déverse automatiquement dans la cuve. Le public est donc invité à participer à l’œuvre. Au travers de cette œuvre, Fred Forest a réalisé selon lui ce qu’on attend d’un artiste : « donner à voir, donner à sentir, donner à vivre ». C’est notre rapport à l’espace qui est abordé, les technologies et les moyens de communication ont permis d’abolir une certaine distance.
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'''La sentinelle du bout du monde'''
Il met en place cette action en 2007. Il s’agit sans doute d’un de ses projets les plus engagés, à travers laquelle il souhaite faire prendre conscience aux gens de l’importance de protéger notre planète. Au large d’Ushuaia se trouve un phare qu’il a équipé de différents instruments de la technologie de la communication. Le but est de lui faire envoyer des signaux de détresse sans cesse. Les internautes peuvent ainsi voir des messages d’alerte en permanence sur Internet. Une fois de plus la création de Fred Forest, en plus d’essayer de sensibiliser les hommes et de les amener à une prise de conscience, il se sert d’une technologie de communication extrêmement répandue aujourd’hui : Internet.

Ces trois réalisations utilisent chacune une technologie de communication différente : la télévision, le téléphone et enfin internet. Cela est signe du travail de Fred Forest, varier les supports, s’adapter à son temps. Sa capacité à s’adapter aux technologies, ses idées et sans doute son talent lui ont permis d’être reconnu.


Distinctions

Fred Forest a participé à un grand nombre d’expositions et festivals. Il a reçu des récompenses pour ses travaux :

- Prix de la communication à la Biennale de Sao Paulo en 1973
- « laser d’or » au festival des arts électroniques de Locarno
- Grand prix de la ville de Locarno

Par ailleurs seul, ou avec une collaboration il a fondé et développé différents projets :
- Co-fondateur du collectif d’art sociologique en 1974
- Co-fondateur du mouvement international de l’esthétique de la communication
- Fondateur du webnetmuseum.org en 2001


Citation

- "Notre problème ne saurait plus être celui de l'art classique,à savoir la contemplation des choses, mais la dynamique de l'apparition des choses!"


Bibliographie

Fred Forest a écrit de nombreux articles de presse, ouvrages et collaboré à de nombreux autres.
Quelques ouvrages :
- " Art sociologique vidéo " de Fred Forest, N°1188, U.G.E., Éditions 10-18, Paris, 1977.

- " Über Flüsser ", Asthetik der Kommunikation, Fred Forest, Bolman Verlag, Düsseldorf, 1990

- " 100 actions ", Fred Forest, Z'Éditions,Nice, février 1995

- " Pour un art Actuel. L’art à l’heure d’Internet ", de Fred Forest, Éditions l’Harmattan, Paris, novembre 1998.

- " Fonctionnement et dysfonctionnements de l’art contemporain : un procès pour l’exemple ", Fred Forest, l’Harmattan, Paris, septembre 2000.

- De l'art vidéo au Net Art, Fred Forest, l'Harmattan, Paris 2004

- " L'Œuvre-système invisible ou O-S-I ", Fred Forest, l'Harmattan, Paris 2006

- Art et Internet, Fred Forest, Cercle d'art 2008

- Repenser L'Art Et Son Enseignement ; Les Ecoles De La Vie, Harmattan , 2002

Plusieurs émissions de télévisions, de radios, et vidéos se trouvant sur Internet s’intéresse également à Fred Forest.


Sources

[http://www.fredforest.org/touch-me/bio.html Biographie]

[http://imagoartvideo.perso.neuf.fr//forest.htm Encyclopedie audiovisuelle de l’art contemporain]

[http://chroniques-encyclopedie.hautetfort.com/archive/2007/04/01/fred-forest.html Chronique d’une encyclopedie audiovisuelle de l’art contemporain]

[http://diaconescotv.canalblog.com/archives/2009/11/07/15711800.html Témoignage d’un ami de Fred Forest]

[http://fr.wikipedia.org/wiki/Fred_Forest Page Wikipédia sur Fred Forest]



Liens

[http://www.fredforest.org/ Site regroupant tous les sites créés par Fred Forest]

[http://viande.fredforest.net/ « Fred Forest donne son corps à internet »]

[http://www.fredforest.com/ushuaia/indexfr.htm La sentinelle du bout du monde]

[ Web Net Museum]