Giuseppe Penone


Présentation de l'artiste


portrait
Giuseppe Penone
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Giuseppe Penone

Giuseppe Penone est un artiste et sculpteur né le 3 Avril 1947 à Garessio, bourg situé aux confins du Piémont et de la Ligurie en Italie. Personnage majeur de la scène artistique internationale, il est associé au mouvement de «l'Arte Povera» fondé par la critique d'art Germano Celant à la fin des années 1960. Ce mouvement artistique cherche avant tout à prôner le retour à l'essentiel de l'art, en engageant notamment une réflexion sur la relation entre nature et culture.
Il vit et travaille aujourd'hui à Turin, mais est également enseignant à l'École nationale supérieure des Beaux-arts, à Paris.

L'œuvre de Giuseppe Penone se caractérise à la fois par la vitalité d'une interrogation sur l'homme et la nature, par la beauté de ses formes et l'utilisation de matières naturelles.
Il utilise alors dans ses réalisations des éléments de la nature qu'il connaît parfaitement bien (le bois, la terre, ...), car étant fils et petit-fils d'agriculteur, il a effectivement toujours été en contact direct avec l'environnement; le rythme des saisons, le travail dans les champs, les formes et les couleurs des récoltes ont fortement influencé sa sensibilité envers la nature. Pour lui, son art a un lien directe avec celle-ci : «Créer une sculpture, c'est un geste végétal.».

Selon lui, la tranquillité de la campagne est très importante, c'est ainsi qu'il profite pleinement de son domaine en Italie, loin de l'agitation de la ville.
Il travaille donc les matériaux naturels et place l'arbre au centre de ses projets artistiques. À tout juste vingt et un ans en 1968, il réalise ses premières œuvres dans une société qui voit naître de grands changements et abordera par la suite, de différentes manières, la relation du corps dans ses propres sculptures; l'implication de son propre corps sera fondamentale dans ses œuvres.
Convaincu que le paysage est chargé de signes inscrits dans la mémoire des matières végétales, organiques et minérales, il tend dans ses réalisations à révéler la présence humaine et à rappeler à l'intérieur de ses sculptures, la virginité et la pureté de la nature. L'empreinte sera donc le moyen le plus important pour lui de relever se lien étroit entre corps et nature : «L’empreinte, c’est une chose que tout le monde dépose autour de soi, et que l’on passe une partie de sa vie à tenter d’effacer. C’est une image animale, une image de la matière, mais c’est aussi une image complètement culturelle.».

La relation du corps à l'oeuvre


Ainsi l'artiste met en évidence, dans les espaces vierges, des signes profonds de la présence humaine voir du destin de l'homme. Il aborde de différentes manières la relation du corps à l’œuvre.
Parmi les conceptions qui répondent à cette idée, on peut noter en 1968 un moulage qu'il réalise en bronze, à partir de sa propre main. Une copie d'une partie de son propre corps sera donc immortalisée et évoluera avec l'arbre (vu que celui-ci ne cessera de grandir), car avec le temps, il pourra par exemple recouvrir en partie le moulage. Il s'intéresse ainsi à la feuille et à l’écorce de l’arbre, à la couleur de l’oxydation naturelle, à l’érosion des éléments et au temps qui enregistre les transformations des choses.

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Moulage en bronze (1968)

En 1970, il commence une série d’œuvres impliquant le lien entre la peau et l’empreinte.
Les œuvres de Giuseppe Penone se situent entre peinture et sculpture, à la limite entre voir et toucher. C’est une nouvelle sensibilité qui se met ici en scène, où voir et toucher coexistent et se développent dans une spatialité immense.

Parmi ces œuvres, il est à noter la sculpture; Souffle de feuilles, qu'il réalisa en 1976.

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Souffle de feuilles (1976)

Grâce au négatif, il laisse l'empreinte de tout son corps dans un amas de feuilles, dans lequel du bronze y sera coulé, pour ainsi fossiliser et immortaliser ce geste.

Pourtant, la relation du corps à l’œuvre n’a ici rien à voir avec le Body art par exemple, où l’artiste met en scène son propre corps à l’occasion de performances. Penone inscrit son corps dans la nature pour en révéler les processus invisibles, en exalter le cycle naturel, dans une trame subtile d’affinités sensibles avec la nature humaine elle-même. L’analogie entre monde animal et végétal est un des moteurs de son art.

L'artiste au travers de ses œuvres et grâce au procédé de l’empreinte, invite le spectateur à une “immersion tactile” dans le lieu. Ainsi, le créateur passe de la sculpture à des œuvres impliquant le dessin, des œuvres bidimensionnelles mais qui, se développant dans l’espace, permettent une autre approche. Encore une fois, à travers la copie, l’acte de retracer fidèlement par le dessin la trame agrandie de sa paupière, il nous présente une image on ne peut plus proche du corps humain. Pourtant, celle-ci n’est pas sans évoquer les ramifications qui la constituent : celles du monde végétal.

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Giuseppe Penone, de même que Richard Long,  Walter de Maria, Robert Smithson et Dennis Oppenheim se mesurent à l’expression de la puissance terrestre, évaluant leurs sculptures à la force des fleuves et des neiges ou même à la croissance des arbres.

À propos, Penone dira en 2004: «L’arbre est une matière fluide, qui peut être modelée. Le vecteur principal est le temps: l’homme a une temporalité différente de celle d’un arbre; en principe, si on empoignait un arbre et qu’on avait la constance de ne pas bouger durant des années, la pression continue exercée par la main modifierait l’arbre.».
Le choix de l’arbre, comme support essentiel de la création, est lié chez l'artiste à sa capacité à se transformer, à passer d’une forme à une autre et à se prêter aux métamorphoses les plus étranges. Intégrant le corps à la nature, dans une démarche tout à fait contemporaine, c’est néanmoins vers d’autres sphères que ses œuvres amènent souvent le spectateur, plus anciennes et parfois archaïques, où la nature s’anime, dans la poésie inquiétante des métamorphoses. Répondant à cela, on peut rappeler une de ses œuvres réalisée en 1986, Sentier de charme.

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Sentier de charme (1986)

Avec cette oeuvre in situ (oeuvre réalisée en fonction du lieu qui l'accueille), l'artiste italien implante une silhouette de femme, qui se marie parfaitement avec l'arbre qui l'accompagne. La dimension très poétique qui s'en dégage rejoint également une des idées qu'affectionne le plus Penone; celle de l'évolution aléatoire de l'oeuvre, étant donné que la silhouette en bronze est figée dans le temps... alors que l'arbre non.

En copiant le nature, Penone cherche à réaliser des œuvres pérennes (qui durent dans le temps) et met également l'accent autant sur le processus de création que sur l'œuvre.

Revisiter le processus créateur lui même


Sensible à l’état transitoire des choses, l’œuvre de l'auteur ne manque pas de s’intéresser au processus créateur lui-même.
Pour Giuseppe Penone, l’artiste est celui qui se mesure à l’impossible, insuffle la forme et fait naître, par les béances de celle-ci, l’activité imaginaire qui complète ce que l’œuvre suggère. Mais être artiste c’est autant donner forme qu’intégrer les vides, les renversements de la forme, laisser pleinement à l’œuvre le statut d’œuvre ouverte.
Le mouvement, qui est au cœur de la sculpture de l'artiste, se retrouve dans cette volonté de ne pas arrêter les formes, de les garder au plus près de leur surgissement, afin de multiplier le pouvoir suggestif de l’œuvre.
Le caractère essentiel de ses oeuvres est qu'il ne crée pas des objets ni des espaces mais “plutôt des lieux produits dans leurs «états naissants»”. Autrement dit des sculptures qui, tout en étant “finies”, tendent à rester “ouvertes”. Elles affirment plutôt la séparation où elles veulent se tenir entre agent, action et résultat.

Œuvres majeures et illustrations


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Rovesciare i propri occhi (1970)
1970 : Rovesciare i propri occhi, portrait-œuvre de l'artiste, où il se met en scène avec des verres de contact miroitant.





1977 : Pommes de terre, travail de la notion d’empreinte, conservée avec du bronze.
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Pommes de terre (1977)






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Soffio 6 (1978)
1978 : Soffio 6, moulage du corps de l'artiste.





1992 : Être fleuve, sculptures de pierres, à partir de véritables rochers polies par l'érosion de l'eau.
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Être fleuve (1992)






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L'arbre aux voyelles (1999)
1999 : L'arbre aux voyelles, moulage en bronze d'un chêne de 14 mètres de long (commande d'état récemment installé au Jardin des Tuileries).





2000-2003 : Cèdre de Versailles, taille d'un arbre en fonction des cernes de croissance.
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Cèdre de Versailles (2000-2003)






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Elevazione (2001)
2001 : Elevazione, sculpture d'un arbre en bronze.





2003 - 2007 : Il giardino delle sculture fluide, important ensemble de sculptures dans le jardin du château de Venaria, près de Turin.
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Il giardino delle sculture fluide (2003-2007)






Vidéos
Bande annonce de l'exposition Giuseppe Penone à Grenoble (2014-2015)



Liens :


- http://www.universalis.fr/encyclopedie/UN00054/PENONE_G.htm
- http://www.artpointfrance.org/Diffusion/penone.htm
- http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-penone/penone.html
- http://www.ageron.net/adea/contemporain/20072008.pdf
- http://www.cnap.fr/giuseppe-penone
- http://arcotheme.chez-alice.fr/cita.html
- http://citations.savoir.fr/biographie-giuseppe-penone/
- http://artsplastiquesmaupassant.blogspot.fr/2010/07/giuseppe-penone-et-larbre-des-voyelles.html
- http://www.rencontres-arles.com/C.aspx?VP3=CMS3&VF=ARL_1024_VForm&FRM=Frame%3AARL_1055
- http://larepubliquedelaphoto.com/penone/
- http://artplastoc.blogspot.fr/2012/11/138-giuseppe-penone.html
- http://archeologue.over-blog.com/article-elevazione-une-sculpture-de-giuseppe-penone-bientot-au-jardin-des-plantes-de-paris-109740988.html
- http://www.lintermede.com/pages-giuseppe-penone-le-regard-tactile-francoise-jaunin-bibliotheque-des-arts.php
- http://art-science.univ-paris1.fr/plastik/document.php?id=507
- http://edufrac.chez.com/noyal_limoges/penone.htm