Happening et Fluxus


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Fluxus provient du mot latin "fluxus" qui signifie : courant et flux . C’est l’artiste G Macuinas qui emploie ce terme pour la première fois en 1961 et qui désigne le fait de «laisser couler», filer. A la suite de quoi, il rédigera le Manifeste durant la même année. Il se développa aux Etats-Unis et en Europe à partir des années 1960. Souvent en liaison et en parallèle avec le happening, opposant à la sacralisation de l'art un esprit contestataire, Il revendique la naissance et la mort de l’oeuvre d’art à l’endroit même du lieu de sa création, il s'est manifesté par des concerts ( avec John Cage et Terry Riley ) des environnements et des interventions multiples illustrés par les Américains George Maciunas (1931- 1970) G Brecht et Dick Higgins ,June Paik . Les Allemands Beuys, Wolf Vostell , le suisse Benjamin Vautier dit Ben ( installé à Nice) et le Français Robert Filliou (1926-1987).

La plupart des artistes énoncés ici haut ainsi que Jackson Mee, ALLan Kaprow et bien d’autre, assistent aux cours dispensés par John Cage, alors enseignant à la New School for social Research de New-York.

Les fondations de la forme du Happening

Alain Kaprow est le créateur du terme de l’happening, de l’Anglais «to happen» signifiant advenir. Il se situe dans la branche ramifié des manifestations Dada. Parmi les antécédents des actions, on peut citer les odes d’Hugo Ball souvent appelées poème phonétique composé en 1917 ou celles de l’Allemand Kurst Schwitters par le morceau de L’ursonate datant de 1922 à 1932. Ce même artiste est à l’origine de l’installation, son œuvre d’art le Merzbau est une construction habitable de forme variable constitués d'éléments de récupération . C’est une forme artistique qui s’est surtout répandue dans les années 1960 .

La tentative de relier l'art et la vie

Ce mode d’expression privilégie l’action devenant l' élément constitutif de l’oeuvre , cette dernière proche de la vie et du quotidien, aspire à l’intégration du spectateur dans l’oeuvre présentée. Elle est improvisée, provocante, impromptue et souvent non reproductible et éphémère. Fluxus a pour vocation de faire de l’art à partir de la vie. L’enjeu de celui-ci se détermine par son aspect syncrétique découlant de la fusions des différentes formes d’expressions depuis la musique jusqu'aux arts plastiques.

L’Happening et le courant Fluxus peuvent se confondre, mais se sont les nouvelles réalités politiques et sociales qui engendrent des langages différents. Le monde doit être capable d’interpréter ces clivages et c’est dans ce climat en réaction à la guerre du Vietnam que Fluxus apparaît.

L’ Happening se développe à travers les formes du mouvement Fluxus, il a le désir de faire éclater les séparations entre les Arts Plastiques et sonores, entre l’artiste et le spectateur ainsi que la fiction et la réalité. Le concept d’immersion est dans la droite ligne d’une envie de spatialité entre le spectateur et l'environnement, il se place dans l’optique d’un art de l’installation annonçant l'art de la performance . Tout ceci réagit afin de créer une manifestation, en somme, un art total et imparfait rejoignant la faiblesse et la fragilité des hommes.

L'expression fluxus

Les actions pilotées par le groupe fluxus s’apparentent effectivement à la définition du happening, par ailleurs ces interventions sont affiliées à Marcel duchamp et au Dadaïsme en général . Le collectif s’exprime à travers diverses activités, il investit alors des lieux communs et alternatifs tel que les théâtres ou les salles de concerts. Il préconise dans ce sens un langage formel qui s'appuie sur le modèle musical. ( john Cage, compose sa musique à partir de bruits et du hasard ).

En 1961, George Macuinas organise dans sa propre galerie AG de New York, des concerts ,des conférences assorties de démonstrations intitulées «Musica Antiqua Nova» et des expositions de ses amis. Il propse l’idée de l’anti-art et souhaite «dissoudre les structures des révolutions culturelles, sociales et politiques, en un front commun ayant des actions communes.» Le mouvement fluxus transforme aussi les modes de diffusions. Dans un premier temps, à partir de 1963 on observe la publication d’articles et d’un journal parut en 12 numéros qui se nomme V TRE. Dans un deuxième temps, ils coordonnent des happening et des oeuvres qui se déploient dans l’univers du jeu.
Certains artistes pratiquent le mail art (art postal) , ces productions sont destinés à être communiquées par la Poste, ainsi ils restent fidèle à cette pédagogie ludique.

Ben rencontre George Macuinas à la Galerie One où il s’installe durant une durée de deux semaines afin de présenter son travail. Macuinas, organise après cette rencontre à Nice, le festival Fluxus et art total et de comportement en juillet-août 1963.
En 1962 à Wiesbaden, Paik présente Zen For Head. Il plonge sa tête et sa cravate dans un seau rempli d’encre et de Jus de tomate et, avec, il trace un ligne sur un rouleau de papier blanc déroulé au sol. il exécute une partition de la Monte Young qui indique «tirez un trait puis suivez-le»

Les oeuvres sont souvent réalisés à plusieurs et demande une vive participation du public.
Toujours dans la lignée de Duchamp, qui décréta geste artistique le simple fait de respirer. Les artistes Fluxus souhaitent échappés au circuit de l’art en affichant une position de non-art. Elle s’exprime dans les conceptions collectives de la création à l’opposé de l’individualisme.

Les concerts fluxus témoignent d’un évolution culturelle, ils sont donnés à Wiesbaden, Copenhague, Amsterdam, Düsseldorf. Les concerts s’attachent au démontage du piano bourgeois. John Cage, avait indiqué la voie en 1937 avec sa première «Pièce pour piano préparé» Le piano intégral de Paik est le résultat de plusieurs concerts donnés entre 1958 et 1963. Entre les cordes avaient été placés des photos, des coquilles d’oeufs, des sonnettes de vélo, des sirènes, un aspirateurs et un poste radio qui était actionné par les touches. C’est le côté spectaculaire de cet art qui agit dans cette oeuvre.

Les compositions de john Cage sont fortuites et expérimentales. Elles sont associées à des instruments insolites détournés de leur fonction première. La combinaison des ordinateurs, des bandes magnétiques et des éléments scéniques sont intégrés aux morceaux de musique et doivent être ressenti comme de véritables expériences sonores contribuant à élargir les notions classique et communes que nous avons de l’art et de la musique.

FLuxus propose de nouvelles voies pour la création, de nouvelles manières d’entendre les oeuvres. Il s’illustre par l’anti-art de George Macuinas, la chacun est artiste de Joseph Beuys, c’est l’abandon de l’intention de Georges Brecht, la musique action de Nam June Paik , l’art total de Ben Vautier, c’est les Décoll/age de Wolf Vostell, Les partitions de Dick Higgins et enfin le «vent qui ne meurt jamais» de Yoko Ono.

Il s'agit d'un art international qui a touché la japonaise YOKO ONO et le sud Coréen Nam June Paik . Il suit les happenings et préfigure les Performances. Certains situent la fin de fluxus en 1978, l’année du décès de Geoges Macuinas tandis que d’autre l’estiment toujours actif aujourd’hui. Il pose la notion critique de l’auteur et met en exergue le rôle social de l’artiste et ses possibilités d’actions. Ajoutons qu’il critique les institutions et le musée. Enfin, il souhaite véhiculer un art généralisé et une créativité globale.

Quelques oeuvres Fluxus

*4'33" : De John Cage, Silence des musiciens durant 4 minutes et 33 seconde, provoqua un scandale lors de la première représentation.
*Yoko Ono : Pièce pour rire. N'arrêter pas de rire pendant une semaine entière.
*Appel aux Wesleyens 1966. Il y a un vent qui ne meurt jamais. Le seul bruit qui existe pour Yoko Ono est celui de l’esprit, celui-ci ne peut pas être mesuré et il ne meurt jamais.

*Décoll/age de Wolf Vostell. 6 Tv décoll/age, 1963.

*George Brecht "Premier concerto de piano" : le pianiste ouvre le piano, lève la main, on éteint la lumière, il salue et sort.
. "Deuxième concerto de piano" : le pianiste ouvre le piano, lève la main, la lumière s'éteint, dans le noir il pose un vase de fleurs et s'en va.

*George Macuinas en 1962 à Wisebaden, il organise le Festum Fluxorm qui sera suivi, de Berlin à New York par d’autre concert fluxus.

Bibliographie

*histoire de la peinture, de la grande Renaissance à nos jours. Gründ, Anna- Carolla Krausse. 128 pages.
*Stephan Barron, enseignant universitaire

* l’art moderne et contemporain, Serge Lemoine, Larousse, 310 pages.

* Devaux laetitia, révolution Fluxus, l’esprit du temps.

Citations

*« Chacun est artiste signifie simplement que l’homme est un être imaginatif et qu’il peut produire en tant que créateur et de bien des manières.» J Beuys.

*«L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art. » Robert Filliou.

*Selon G Macuinas « Dans l’ensemble Fluxus est traversé et traverse le monde par une fantaisie joyeuse et non spécialiste.»

*«l’art a estompé la différence entre l’art et la vie. Laissons maintenant la vie estomper la différence entre la vie et l’art» . John Cage

* «fluxus est un état d’esprit» Nam June Paik

*Selon le fondateur du Groupe, G. M, «Fluxus art plaisir doit être simple,amusant,sans prétention, il doit s’occuper de choses anodines,il ne dois pas demander de savoir-faire particulier non plus qu’un nombre incalculable d’essai, il ne doit avoir aucune valeur marchande ou institutionnelle»

lien externe

40 ans de Fluxus à la ménagerie de verre