Ira Schneider

Biographie

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Ira Schneider, est un artiste vidéo né à New York en 1938. Il est diplômé de l'université de Brown en tant que bachelor of art en 1960 où il reste quatre ans et de l'université du Wisconsin-Madison en 1964 où il étudie la psychologie experimentale et la neurophysiologie.

Il dit avoir beaucoup aimé ses études à Brown, mais le règlement trop stricte de l'université du Wisconsin lui interdisait certaines libertés.

Il revient à New York et s'installe à Manhattan dans le but de devenir réalisateur, et y restera 30 ans. Il rencontre Jimy Hendrix qui habitait dans sa rue et l'aide avec ses photos et ses films. Il a alors la possibilité de filmer des groupes musicaux encore inconnus car tout le monde savait que ce n'était pas des vidéos commerciales.

Il est professeur à l'école d'art Cooper Union de New York de 1980 à 1992.

Il part finalement pour Berlin qu'il considère au centre de l'Europe, se sentant plus proche de cette culture que celle des américains. Il dit d'ailleurs avoir lu plus de littérature européenne qu'aucune autre. Il vit et travaille donc depuis 1993 à Berlin.

Son travail vidéo
Il est l'un des premiers artiste vidéo, la plus grande partie de son travail comprend des installations.

Schneider parle de trois approches de pratiquer l'art vidéo. La première étant celle de Paik qui nous montre une vidéo et des images par le biais de la télévision. La deuxième comprend des artistes qui pointent la caméra sur eux et interagissent avec leur image, et réalisent des documents sur leurs performances. La dernière, celle qui lui correspond, consiste à enregistrer le monde extérieur de manière abstraite et non narrative puis monter ces images de sortes que le spectateur trouve un sens.

Il dit, pendant se période d'addiction à la télévision, que regarder la télévision est moins cher que de vivre.

Il réalise en 1967 ''the Ghost of Wittgenstein'', une oeuvre où la distinction entre ondes vidéo et les ondes de l'eau est difficile, alternées par de rapides apparitions d'hommes, de feu, de scène de ville...

Il se démarque en 1969 avec ''Wipe Cycle'', réalisé en collaboration avec son ami Frank Gilette, et présenté à l 'exposition ''TV as a Creative Medium'' dans la Howard Wise Gallery de New York. C'est la première aux Etats-Unis entièrement consacrée à l'art vidéo. Cette installation présente 9 moniteurs dont quatre offrent des bandes préenregistrés d'émissions de télévision, et cinq sont des retransmissions en direct et en différées de 8 et 16 secondes de l'arrivée des personnes dans la galerie. Le spectateur se voit ainsi en même temps que les emissions, il est troublé, perturbé, comme Andy Warhol qui assiste à l'exposition. Le spectateur est un élément d'information autant que les gros titres des journaux, et comme cette installation est interactive, le spectateur devient acteur. Il défie ainsi la tradition de l'experience passive du visionnage.

Pour Schneider le premier objectif de l'art vidéo est d'offrir une alternative à la Télévision commerciale, sachant qu'en 1960, 90% des foyers américains en sont équipés. Il appelle le spectateur à entrer dans le processus de communication et à en devenir le coproducteur.

Il filme la même année le Festival de Woodstock en noir et blanc et en basse qualité à cause du prix des bandes. N'ayant obtenu les autorisations pour filmer les performances sur scène, il capte l'ambiance des backstage ainsi que la foule et ses occupations entre les concerts.

Il renouvelle cette expérience quelques mois plus tard au concert des Rollings Stones à Altamont. Il pointe la foule qui boit, fume et se drogue beaucoup, ainsi que l'effet de masse et la violence des gardes de sécurité qui se mettent à frapper les gens avec des bâtons pour les faire reculer. C'est pour lui la fin d'une époque dont Woodstock était l'apogée et Altamont la chute.

C'est toujours en 1969 qu'il fonde avec entre autre Frank Gilette et Michael Shamberg la ''Raindance Foundation'' qui exprime son intérêt pour le côté intellectuel des médias. La fondation prête aussi du matériel vidéo dans le but de réduire le faussé de la production vidéo et instaure les ''Video Freaks'', des vidéo libres d'amateurs. En 1970 il s'installe sur la plage de Point Reyes en Californie avec le collectif qui se fait passer une caméra portative allumé, et se la passe « comme un joint » Gilette.

Il réalise en 1977 ''Time zones'', une installation dans laquelle plusieurs écrans diffusent en même temps ce qu'il se passe dans plusieurs endroits du globe. Il montre en réalité des images qu'ils a filmées pendant ses voyages, la technologie ne permettant pas de faire venir les informations par satellite à cette époque là.

En 1989 il fait la petite vidéo ''The World Trade Center'' où on voit un avion qui décrit une courbe devant les célèbres tours pour formé un S blanc.

La même année il rencontre Paik en Floride et le filme dans un restaurant de sushi en train de manger un bouddha, un globe terrestre... c'est ''Name June Paik is eating sushi in South Beach.''

Ses montages sont parfois grossiers, et montrent donc une certaine ironie dans le trucage, comme c'est le cas pour ''Nam June Paik is eating sushi in South Beach'' et ''The World Trade Center''.

Son travail dans l'édition
Ira Schneider co-écrit avec Beryl Korot en 1976 le livre ''Art Video : an anthology'' qui expose dès le début les intérêts du mouvement alternatif vidéo.

Il co-fonde aussi le magazine ''Radical Software'' avec les membres du collectif ''Raindance Foundation'' qui est l'organe théorique de l'art vidéo, et dont il sera président, éditeur et rédacteur en chef. Ils ont 5000 lecteurs.

Quelques œuvres

* ''Wipe Cycle'' 1969 avec Frank Gilette
* ''The Woodstock Festival'' 1969
* ''Manhattan is an Island'' 1974
* ''Time Zones'' 1977-80
* ''The Singing Dog'' 1970
* ''A Week end on the beach with Jean-Luc Godard'' 1984 avec Wim Wenders et d'autres
* ''World Trade Center'' 1989
* ''Nam June Paik is eating sushi in South Beach'' 1989
* ''Datenraum Deutschland'' 1993
* ''TV a a creative Medium'' 2001 (film téléchargé)

Citations

* « Je ne compte plus le nombre d'exposition, plus de cent je peux vous dire ça » Ira Schneider 2003
* « Si quelque chose m'intéresse je le filme » Ira Schneider 2003
* « Il était témoin de le scène » Bruce Gottlieb

Bibliographie

* ''L'art vidéo'' de Michael Rush, éditions Thames & Hudson
* ''Les nouveaux médias dans l'art'' de Michael Rush, éditions Thames & Hudson

Sites internet

* site de l'artiste
* article wikipedia en anglais
* vidéo documentaire sur l'artiste