Jardin contemporain mode d'emploi


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Jardin contemporain, mode d'emploi est un ouvrage de Chantal Colleu-Dumond. Edition Flamarrion. 2012. 248 pages.
Chantal Colleu-Dumond est également la directrice du domaine et du festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire. C'est à cette occasion qu'est sorti ce livre, en mai 2012.
Son ouvrage est scindé en dix parties afin de nous faire traverser l'ère du temps en parcourant les jardins contemporains, ainsi
que ses différents styles dans lesquelles il a pu se différencier et qui à pu à travers l'histoire, toucher de nombreux publics par ses diverses expériences et ses divers talents d'artistes. Le but de l'ouvrage est alors de nous accompagner en tant qu'amateurs, dans cette découverte.


JARDINS CONTEMPORAINS


L'auteur se livre tout d'abord sur elle-même et sur ses premières impressions du paysage et des jardins. Le jardin incarne pour elle « à la fois la naissance et la mort, l’éphémère et l'éternel, toutes les stratégies de la survie et donc de l'espoir ».
C'est donc « un art vivant qui joue avec le temps et la [...] renaissance du végétal ». Sa prise de conscience de jardins contemporain survient lors de l'apparition du festival à Chaumont-sur-Loire.
Le jardin contemporain permet aussi de s'actualiser avec le monde d'aujourd'hui pour ainsi croître son public qui ne s'y intéresser plus beaucoup. Avec l'actualité, on a donc parmi ces jardins une prise de conscience écologique qui débute dès 1980. Historiquement, cette période marque la venu des habitants dans les villes et les périphéries, délaissant le paysage rural.
Par contemporain, on entend aussi que le jardin s'allie à d'autres arts « On marie les matières, le bois, le verre, la pierre, le tissu mais aussi le métal. On ose l'irruption du plastique.»

D'autres font du jardin une source d'inspiration comme pour Pierre Huyghe et son Forest of lines, ou encore une collection. En effet, il est possible de voir des jardins comprenant des œuvres de différents artistes comme au Brésil avec le jardin Inhotim qui est le plus grand musée en plein-air avec plus de 4700 espèces botaniques et 500 œuvres d'artistes. On trouve également dans cette ouvrage un lien entre le jardin et le design par l'artiste Patrick Nadeau, qui abolis les frontières du
« dedans,dehors » et rajoute la nature aux objets de la vie quotidienne.
Cette posture de jardins contemporains s'éloigne alors de l'idée d'écologie puisqu'elle déjoue la nature, mais certains artistes et architectes préserveront cette pensée.

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Forest of lines de Pierre Huyghe

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Inhotim que l'on peut voir au Brésil.

JARDIN ET ECOLOGIE


Au sein de son ouvrage, l'auteur détourne selon moi la conception d’œuvres écologiques, bien que d'autres ont une importance dans cette posture. Si on prend le parc Guell de Antoni Gaudi, je ne prend pas la même position de pensée que l'auteur quand elle affirme que c'est une « œuvre originale tout en courbes, qui s'intègre à la nature et la reproduit harmonieusement ». Pour moi la nature est difficilement représentable si on utilise des matériaux qui la déjoue, qui n'englobe pas ses règles pour le respect de l'environnement.
Cependant Friedensreich Hundertwasser est un architecte qui s'est inspiré de Gaudi mais qui a su crée une architecture originale laissant place à une nature humaniste et écologique, comme on peut le voir par sa citadelle de Magdeburg. Dans les architectes précurseurs de l'écologie, nous avons également Edouard François, Emilio Ambasz et Dominique Perrault. L'auteur cite alors ces artistes sans cependant détailler leurs intentions face à leurs œuvres écologiques qui amènent la nature au sein de la ville. Cette idée s'est concrétisée avec les toits végétaux qui amène la biodiversité dans le monde urbain. Le nord de l'Allemagne et le Japon sont pour le moment très avancé dans ce domaine.
Dans cette optique écologique, on trouve le jardin naturel, qui est un parti pris de Gilles Clément et qui consiste à seulement accompagner la nature tout en la laissant faire afin de permettre à certaines espèces de s'installer. On trouve également les jardins verticaux représentable par des murs végétal qui ont commencé à se répandre depuis une vingtaine d'années. « La plante n'a alors pas besoin de terre mais d'une surface stable où ses racines peuvent se fixer, ainsi que d'eau et de sels minéraux lui permettant de se nourrir par photosynthèse ». Patrick Blanc en est l'inventeur.

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Citadelle verte à Magdeburg, réalisé par Friedensreich Hundertwasser.

LES JARDINS OSES


L'auteur montre également à travers son recueil d’œuvres, des jardins atypiques. Ainsi, Vladimir Sitta met en scène le feu dans les jardins rendant hommage aux traditions agricoles des aborigènes par une sophistication technologique maîtrisé. En France, sur les quais de Bordeaux, on peut trouver 14 000 mètres de miroirs dans l'eau, réalisé par Michel Corajoud.
Enfin, Martha Schwarz démontre dans son Bagel Garden qu'il est possible de créer un jardin sans végétation en insérant des matériaux insolites et des œuvres synthétiques.

ARTISTES & JARDINS


Dans cette dernière partie de l'ouvrage, Chantal Colleu-Dumond répertorie les trente paysagistes qui lui ont le plus marqué, tel un lexique, en réalisant de brefs résumés autour de « Qui est t-il ? Qu'a t-il réalisé ? Sa philosophie ? ». Également, elle finit par un rapide tour du monde autour de jardins qu'il faut selon elle avoir vu, et dont ils sont tous atypiques et différents selon leur environnement et leur culture.
Ce passage du livre devient pour moi davantage intéressant puisque l'on peut mieux se projeter autour d'un artiste et de ses œuvres. On est plus confronté à l'art que sur la première partie du livre ou finalement on en apprend seulement sur l'organisation d'un jardin et on a peu d'éléments sur les références précisées par l'auteur. Ce lexique rejoint alors l'ensemble de l'ouvrage en précisant davantage, ce qui est primordial.