Joseph KOSUTH



Joseph Kosuth, né le 31 janvier 1945 à Toledo (Ohio) est un artiste américain faisant partie de l’art conceptuel, art dont il fut le chef de file dès 1965. Il vit actuellement entre New York et Londres.

1955 à 1962 Joseph Kosuth a étudié au Toledo Museum School of Arts.
1963 Cleveland Art Institute
1965 à 1967 School of Visual Arts de New York.
1965 exposition de son œuvre One and Three Chairs qui fait de lui l'un des fondateurs de l'art conceptuel.
1966 sélectionné par Marcel Duchamp pour une bourse de la Fondation Cassandra.
1969 rédacteur du journal Art and Language et travaille avec le groupe artistique du même nom.
1971 il étudie l'anthropologie et la philosophie à la New School for Social Research de New York.
1972 participe à la Documenta 5 à Cassel avec le projet Index 0001.
1973 nommé Chevalier des Arts et Lettres par le gouvernement français.
Kosuth a enseigné à la Hochschule für Bildende Künste de Hambourg (1988-1990), à l'Académie des Beaux-Arts de Stuttgart (1991-1997), à la Kunstakademie de Munich (2001-2006).
Il enseigne actuellement à l'Istituto Universitario di Architettura de Venise.
2007 inauguration d’une installation permanente, un néon rouge, au Flux Laboratory, en Suisse, pour laquelle il choisit une phrase de Jean-Jacques Rousseau: "Les affections de nos âmes, ainsi que les modifications de nos corps, y sont dans un flux perpétuel".
2009-2010 il est invité par le Musée du Louvre pour réaliser une création in situ : il écrit au néon des phrases inspirées de Nietzsche sur les murs du Louvre médiéval.

Parce qu’il voit dans l'œuvre d'art le but esthétique comme exercice esthétique, non comme art à proprement parler, Kosuth va vouloir séparer l'esthétique de l'Art.
« Art as art » devient plus ou moins la devise de cet artiste qui utilisera la littéralité de ses œuvres pour tenter de penser les choses de manière objective, les pièces souvent tautologiques nous disent qu'elles ne pourraient être autrement que comment elles sont : Five Words In Orange Neon se compose de cinq néons orange et nous indique de ne pas regarder autre chose que ce que l'on voit, en évitant toute interprétation pourtant tentée ici.


Le but de son travail est de « produire du sens », même s’il faut pour cela bannir l’aspect esthétique de l’œuvre. Se basant sur une tautologie : « L’art est la définition de l’art », il affirme que l’art est langage, que l’art relève du domaine des idées, qu’il n’a rien à voir avec l’esthétique ou le goût. Il parle de « propositions artistiques » plutôt que d’« œuvres ». Pour lui, « Une œuvre d’art est une présentation de l’intention de l’artiste : si celui-ci déclare que cette œuvre d’art-ci est de l’art, cela signifie que c’est une définition de l’art ».

Parmi ses œuvres les plus célèbres, la série One and three 1965 qui apparaît comme une première investigation. Cette œuvre se compose d'un objet, de sa reproduction photographique à l'échelle 1 et de sa définition du dictionnaire, et consiste à ce que l'acheteur peut faire la photographie lui-même de la chaise du centre d'art dans lequel l'œuvre serait exposée. Ce n'est donc pas, par exemple pour One and three chairs, pas la chaise, la photo ou la définition en tant que tel qui importe, mais comment tout cela joue ensemble. En quoi l'objet concret n'est qu'une occurrence d'un concept, tout comme un objet d'art n'est qu'une occurrence du concept d'art. C'est également une pièce qui ne dépend pas de sa matérialisation puisqu'elle se décline avec un chapeau, un extincteur, une vitre… Quel que soit l'objet c'est l'idée qui persiste. Pour la seconde investigation, Kosuth se passe de l'objet et n'utilisera que la définition pure, tirée en blanc sur fond noir en utilisant un dictionnaire des idées et des notions. Il réduit l'œuvre à une enquête sur sa propre nature et nous interroge sur nos attentes d'une œuvre d'art : est ce qu'une œuvre à besoin de la biographie de l'artiste pour exister ?


En 1991, il a réalisé pour la ville de Figeac une sculpture commémorative de Champollion, Ex Libris, dite La Place des écritures, dans le cadre des célébrations du bicentenaire de la naissance du « père de l’égyptologie » : il s’agit de l’agrandissement au sol de la pierre de Rosette, qui se déroule ainsi dans l’espace public, et sur laquelle on peut marcher : là encore il reste fidèle à ce principe de tautologie, même si l’œuvre présentée répond à tous les critères esthétiques que le moindre passant pourrait formuler.
Joseph Kosuth ne discute pas sur la beauté de l'art : il veut enlever la conception de beauté et d'esthétique dans l'art.
Avec ses œuvre-définitions, il cherche à se rapprocher au plus près de la réalité, car pour lui, on use l'art pour dissimuler l'art, d'où le retour à la définition, à l'idée, au concept.

Exposition: neither appearance nor illusion, New York

Joseph Kosuth est l'auteur de l'article L'Art après la philosophie (1969) qui a marqué la théorie de l'art contemporain et qui peut valoir comme un manifeste de l'art conceptuel. Kosuth établit un certain nombre de distinctions entre la philosophie et la science, entre l'art et l'esthétique, et entre l'analytique et le synthétique.