Kaija Saarjaho


Biographie

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Kaija Saariaho, née Kaija Anneli Laakkonen le 14 octobre 1952 à Helsinki, est une compositrice finlandaise.
Elle apprend la musique à partir de l'âge de 6 ans, avec comme instruments le violon, le piano et l'orgue. Elle s'oriente vers l'académie des Beaux-Arts de Helsinki pour y étudier la peinture et le dessin, tout en ayant la volonté de devenir compositrice. Elle décide d'étudier sérieusement la musique en 1976, et intègre l'Académie Sibelius de Helsinki, dans la classe de Paavo Heininen. L'enseignement de Heininen est rude, mais Saariaho le reconnaît comme essentiel, lui permettant notamment de lever un blocage sur son expression musicale. Elle participe à des rencontres entre jeunes compositeurs, et forme un groupe qu'ils appellent Korvat auki (oreilles ouvertes en finlandais), qui comprend entre autres Magnus Lindberg, Jouni Kaipainen, Esa-Pekka Salonen, Jukka Tiensuu. En 1980, Saariaho se rend à Darmstadt et y découvre l'école spectrale française, en particulier la musique de Tristan Murail et de Gérard Grisey, ce qui a été pour elle une vraie révélation. Elle termine ses études à l'académie Sibelius en 1981.

Elle quitte ensuite la Finlande pour étudier à Fribourg-en-Brisgau, auprès de Brian Ferneyhough et Klaus Huber, pendant deux ans, puis à l'IRCAM à Paris, pour se former à l'informatique musicale. Elle est compositeur en résidence du Conservatoire à rayonnement régional de Strasbourg et du Festival Musica en 2005. Elle vit à Paris depuis 1982.

Elle est l'auteur de trois opéras : L'Amour de loin (2000) et Adriana Mater (2006) où la même équipe a collaboré : le librettiste Amin Maalouf, le metteur en scène Peter Sellars et le chef d'orchestre Esa-Pekka Salonen ; et Émilie (2010) sur un livret d'Amin Maalouf, une mise en scène de François Girard, par l'Opéra national de Lyon dirigé par Kazushi. L'Amour de loin a été décrit par The New York Times comme « Best New Work of the Year 2000 » (meilleure nouvelle œuvre de l'an 2000).


Langage musical



Kaija Saariaho est très influencée par la musique spectrale. Petals, pour violoncelle solo ou avec électronique, illustre parfaitement cette forme de musique travaillant sur la matière même du son. Nombre de ses pièces utilisent des ressources électroniques en plus des instruments traditionnels, à l'exemple de Nymphéa (Jardin secret III, 1987), pour quatuor à cordes et électronique en direct.

Kaija Saariaho a beaucoup écrit pour le violoncelle, et l'utilise de manière novatrice, en jouant notamment sur la texture de l'instrument grâce à l'électronique et à des techniques de jeu inventives (variations de pression et d'inclinaison de l'archet...). Sa proximité avec le violoncelliste finlandais Anssi Karttunen, qui a créé plusieurs de ses œuvres, a sans doute contribué au développement du travail de Kaija Saariaho sur le violoncelle.

Elle dit elle-même :

  • « Le violoncelle est mon instrument préféré, c'est du moins ce que je crois parce que j'y reviens régulièrement. Qu'il existe des violoncellistes remarquables qui ont toujours été prêts à coopérer avec moi n'a pu que contribuer à cet état de fait. Kaija Saariaho, Paris 2005 »


Prix et distinctions



  • Elle a reçu le Prix Italia et, en 1989, le Prix Ars Electronica, ainsi que des commandes du Lincoln Center pour le Kronos Quartet, et de l'IRCAM pour l'Ensemble intercontemporain, et a été le sujet d'un projet collaboratif paneuropéen dans la création d'un CD-ROM Prisma, centré autour de son œuvre.
  • Elle a reçu la distinction "Musicien de l'année 2008" (Musician of the Year 2008) annoncée par Musical America, en tant que "faisant partie des rares compositeurs contemporains ayant atteint l'admiration publique aussi bien que le respect universel de la critique" ("among the few contemporary composers to achieve public acclaim as well as universal critical respect").
  • Léonie Sonning Music Award

Le spectre sonore et la musique spectrale

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Avant de venir à Paris, Kaija Saariaho a voulu connaître les compositeurs spectralistes français, qui ont des techniques basés sur l'analyse numérique, assistée par ordinateur donc, du spectre sonore.
Le spectre sonore d'un son est le tableau ou la représentation graphique des différentes fréquences sonores (qui forment un ensemble) qui, s'ajoutant les uns aux autres, permettent de reconstituer ce son.


Cette approche analytique a développé la méthode propre à Kaija, pour créer des structures harmoniques : comme la notation détaillée de son harmonie, un son faible, précis, continu, un son qui s'étend jusqu'à atteindre une tonalité pure, si bien qu'on ne peut plus le caractériser dans le système de notation courante " do ré mi fa sol la si "etc. On atteint un bruit. Mais au delà du bruit, c'est une multitude de son que l'oreille humaine ne peut qualifier avec son simple répertoire.

Le travail de Saariaho sur ses oeuvres se fait ressentir ainsi : une empreinte non négligeable de la musique classique, que ce soit par les techniques violoncellistes, ou encore du phrasé des morceaux, des montées et descentes de gammes, mais une avancée technologique et technique encore plus frappante : l'utilisation du numérique au service de la musique, bref, l'étude du spectre sonore.

Quelques œuvres


Ses oeuvres sont créées bien souvent à partir d'instrument à cordes, comme le violoncelle. En quatuor, trio, ou solo, mélangé avec des instruments à vent. Si les instruments peuvent parfois être à un seul l'interprétation d'une pièce de Kaija Saariaho, parfois, une aide numérique est apportée à l'instrument, rendant les sons un peu plus "synthétiques". En effet, lorsque seul l'instrument fait office d'interpretation, les sons sont plus "bruts", l'attaque de l'archet se fait un peu plus ressentir etc.

  • 1981 : Yellows pour percussions
  • 1984 : Verblendungen pour ensemble
  • 1985 : Jardin secret I pour bande
  • 1986 : Lichtbogen pour ensemble
  • 1985 : Jardin secret II pour clavecin et bande
  • 1987 : Io pour ensemble et électronique



  • 1987 : Nymphéa pour quatuor à cordes et électronique
  • 1988 : Stilleben pièce radiophonique
  • 1988 : Petals pour violoncelle et électronique
  • 1990 : Oi Kuu pour clarinette basse et violoncelle
  • 1990 : Du cristal... à la fumée pour grand orchestre
  • 1992 : Amers pour violoncelle, ensemble et électronique
  • 1992 : Noa Noa pour flûte et électronique
  • 1993 : Près pour violoncelle et électronique
  • 1993 : Six japanese Gardens pour percussion et électronique on voit bien ici l'utilisation du numérique sur les sons "bruts" des percussions.
  • 1994 : Solar pour ensemble
  • 1995 : Folia pour contrebasse et électronique
  • 1995 : Graal théâtre concerto pour violon et orchestre
  • 1996 : Château de l'âme pour soprano, orchestre et chœur
  • 1996 : Lonh pour voix et électronique
  • 1997 : Spins and Spells pour flûte et violoncelle
  • 1999 : Oltra Mar pour orchestre et chœur
  • 2000 : L'Amour de loin opéra
  • 2000 : Sept Papillons pour violoncelle seul
  • 2001 : Nymphea Reflection pour orchestre
  • Quatre Instants pour orchestre et soprano
  • 2002 : Orion pour orchestre
  • 2005 : Adriana Mater opéra
  • 2006 : La Passion de Simone oratorio
  • 2006 : Notes on Light concerto pour violoncelle et orchestre
  • 2007 : Mirage pour soprano, violoncelle et orchestre
  • 2010 : Émilie, opéra
  • 2010 : D'OM LE VRAI SENS, pour orchestre (en 6 parties :l'ouïe,la vue, l'odorat, le toucher, le goût, A mon seul désir)


Bibliographie


  • Les Cahiers de l'Ircam, Compositeurs d'aujourd'hui - Kaija Saariaho, Paris, Editions du Centre Pompidou, 1994 (ISBN 2-85850-800-3).
  • Pirkko Moisala, Kaija Saariaho, University of Illinois Press, 2009, ISBN 978-0252032776
  • Être compositeur, être compositrice en France au 21e siècle, Éric Tissier, L'Harmattan, Paris, 2009.

Liens

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kaija_Saariaho