Kristina Kubish


  • '''Kristina Kubisch en quelques mots...'''


Christina Kubisch appartient à la première génération des artistes qui ont intégré la musique comme élément principal de leurs œuvres. On les nomme alors les artistes sonores. Kristina Kubisch fut formé en tant que compositeur et grâce a ses bases solides en musique elle a su développé plusieurs techniques telles que l'induction magnétique pour réaliser ses installations. Depuis 1986 un autre élément fait son apparition au sein de ses œuvres : la lumière.

Son travail est exposé comme un développement artistique et souvent décrit comme la « synthèse des arts ». D'un côté la découverte de l'espace acoustique et du temps dans les arts visuels et de l'autre côté une redéfinition des relations entre matériel et forme.

Biographie détaillée.

*1948 Née à Brême, en Allemagne.


*1967-68 fréquente l'Académie des Beaux-Arts, Stuttgart, Allemagne.
Elle étudie alors la peinture avec K.R.H. Sonderborg.

*1969-72 étudie la musique (flûte, piano, composition) à l'Académie de musique à Hambourg, en Allemagne et à l'Académie du Jazz de Graz, en Autriche.

*1972-1974 étudie la musique au Conservatoire de Zurich et des Beaux-Artst avec Serge Stauffer à la « Freie Kunstschule de Zurich », en Suisse.

*1974-76 S'installe à Milan, Italie. Elle entreprend des études de composition avec Franco Donatoni et commence la musique électronique au Conservatoire de Milan. Elle ressort diplôme.

*1974-80 Début de solo et de concerts en Europe et aux États-Unis.
Elle collabore avec l'artiste italien Fabrizio Plessi (concerts vidéo - installations vidéo).

*1980Création de ses premières installations sonores et des premières sculptures sonores.

*1980-81 Étudie la musique électronique à l'Institut technique de Milan.

*1982 Participe à la Biennale de Venise.

*1986 Commence à travailler avec la lumière ultraviolet.

*1987 S'installe à Berlin.
Participe à la Documenta 8 de Kassel en Allemagne.

*1988 Reçoit le Prix de l'Association de l'industrie allemande (BDI).

*1989 Elle est invité à l'Académie Jan van Eyck,Maastricht, Pays-Bas.

*1990 Remporte des subventions pour des projets culturels à Berlin et réalise alors des installations à l'énergie solaire.

*1990-1991 Elle donne des cours à l'Académie des Beaux-Arts, Münster, Allemagne.

*1991-1994Elle est invité à l'Académie des Beaux-Arts pour ses qualités de professeur, Berlin.

*1992 Participe au projet de résidence internationale, la reine Élisabeth II Conseil des arts de la Nouvelle-Zélande.

*1994-95 Remporte des subventions provenant du sénateur pour les affaires culturelles, Berlin.
Elle est invité en tant que professeur à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris. Elle obtient alors la bourse DAAD de travail, Paris.


*Depuis 1994 Elle est professeur de sculpture et d'art médiatique à l'Académie des Beaux-Arts de Sarrebruck, en Allemagne.

*Depuis 1997 Elle est membre de l'Académie des Arts, Berlin.

*1999 Prix de l'artiste Heidegler.

*2000 Composition de subvention de la Ville de Berlin Carl Djerassi bourse honoraire

*2002 Subventions de International Artists 'Studio Programme en Suède (IASPIS), Stockholm.

*2003 Elle commence à produire en live à nouveau. Elle collabore avec des musiciens et des danseurs. Elle développe des sons électro-magnétiques pour des lieux publics.

*2008 Prix d'Honneur du Prix allemand Art Sonore. Prix ​​Ars Electronica.

Christina Kubisch vit à Hoppegarten près de Berlin.



« Les promenades électroniques » (electronical walks) de Kristina Kubish.

Comment une artiste sonore allemande utilise l’électromagnétisme pour qu’on puisse percevoir des sons du quotidien qu’on n’entendait pas jusqu'à alors ?

Son travail soulève des réels problèmes d’actualités à l’heure ou on est dans la course à la performance dans le domaine de la technologique avec le wifi, les onde téléphoniques… Kubisch grâce à l’électromagnétisme et l’induction elle rend la présence de ce ondes bien réels donc audibles.
Contexte historique.
Durant le vingtième siècles et surtout depuis l’après guerre l’Allemagne est un nid artistique indéniable. Après la shoah une idée hantent les artistes allemands comment créer suite au démantèlement émotionnel qu’a subit le pays ? De la un fort dynamisme s’est développé au niveau de l’Art Moderne puis Contemporain.
Le mouvement « fluxus » qui a pris naissance aux États Unis devient en Allemagne un foyer important.
Anselm Kieffer fait de l’art une sorte d’exorcisme des horreurs du passé. Gerhard Richter quant à lui préfère choisir l’abstraction. Joseph Beuys formate l’art allemand en supprimant toutes les traces du nazisme.
L’Art s’oriente donc vers de nouveaux domaines, on voit apparaître la performance, la vidéo et le son également. Le « Sound Art » fait son apparition en 1970 même si concrètement le public le reconnaît dans les années 90. Kristina Kubisch en est une inauguratrice.

L’artiste allemande fait sans cesse référence à La Monte Young qui est le pionnier de la musique minimaliste.
On peut considérer que l’impact du son sur la perception humaine est l’aspect principal de son travail. Beaucoup de ses travaux sont des « happenings » c’est dire des sortes d’ « interventions artistiques ». Le happening est différent de la simple performance par son caractère spontané et le fait qu'il exige la participation active du public. On peut dire que dans le principe du happening on entrevoit le fondement des œuvres de Kristina Kubisch.

Parcours scolaire et artistique.

Kristina Jubish entreprend des études artistiques dans un premier temps à Stuttgart (Akademie der Bildenben Künste) durant l’année 1968 puis elle continue son parcours à Hamburg (à la Freien Kunstchule) : sa prédilection pour la musique électronique se fait sentir.


« I’v e
always 
been
 more 
interested 
in
 electrical 
things
 than, 
for 
example, 
classical 
music »
Je me suis toujours plus intéressé pour les choses électroniques que pour la musique classique par exemple.

Elle poursuit ses études en musique électronique et décide d’entrer à l’Université de Milan ce qui marque décidément sa conception de l’art.

”I
 had
 been
 studying
 electronic
music
 at
 the
 Conservatory
 in
Milan.
 But
 the
 classes
 there
were
very
conventional;
 and
I
wasn’t
very
satisfied
with
what
I
was
learning. 
So 
I 
decided
 to 
enroll 
in 
Milan’s
Technical
 University”
J’ai étudié la musique électronique au Conservatoire de Milan, mais les classes étaient vraiment conventionnelles et je n’étais pas satisfaite avec ce que j’apprenais. Du coup j’ai décidé de m’inscrire à l’Université Technique de Milan.

C’est ainsi dans sa recherche du son qu’elle découvre l’existence d’une relation entre science et art. Elle se passionne de plus près aux champs électriques à la fin des années 1970 et par hasard qu’elle découvre qu’elle peut concevoir des sonorités.
Elle fait une découverte surprenante dans son laboratoire d’études à Milan : un amplificateur téléphonique acheté quelques heures plus tôt produit des sons étranges mais captivants, curieux. Elle détecte alors la manifestation électromagnétique de l’induction et constate également la valeur des bobines dans son amplificateur téléphonique.

Au début son art s’expose de la manière suivante : elle longe des câbles électriques avec un amplificateur sonore à la main. Mais très rapidement elle s’expose à quelque chose de trop rudimentaire et décide donc 4 ou 5 ans plus tard de demander à une entreprise italienne de confectionner des casques audio possédant des amplificateurs. Désormais son travail devient plus concret mais malheureusement ses expositions ne sont pas commercialisées san parler des vols et de la détérioration de ces casques audio. Elle ne baisse pas les bras et choisit de remontant la pente avec d’autres choix de méthodes.

En 1990 un parraineur propose à Kristina de lui donner de nouveaux casques pour recommencer ses travaux : ainsi en 1999 à la Postdamer Platz à Berlin, elle donne une grande exposition ou elle est interpellée par des sons gênants dans les casques. Elle prend conscience qu’elle n’a pas besoin de créer ses sons avec ses câbles mais que ceux-ci sont présents tout autour de nous. Elle réalise des casques nouvelle génération qui sont capable d’amplifier toutes les interférences électromagnétiques qui sont d’habitude non entendus. Cette technique marquera le début de la série d’expositions « Electrical Walks » en 2003 qui a but de faire découvrir au public les sons inconvenant, déplacé des grandes villes.

Electronical walks (2003).

Kristina Kubisch a inventé Electrical Walks qui désigne l’œuvre la plus importante de sa vie d’artiste jusqu'à maintenant. Cela consiste à entreprendre, à vivre des promenades sonores dans le monde entier. Son concept a été réalisé dans plusieurs grandes villes notamment en Allemagne, aux Etats Unis, sans oublier la France, l’Espagne, le Japon, le Canada…
Son œuvre évolue en fonction du pays dans lequel elle expose son art. Son lieu de travail est intéressant puisqu’elle n’a pas de salle d’exposition précise cela se fait au cœur même du monde urbain. On peut dire que son travaille est une expérience car le spectateur n’est plus seulement que passif devant une œuvre mais actif en participant à l’œuvre. L’artiste accorde alors une place importante au spectateur au sein de son installation sonore.


Protocole

Comment le spectateur vit l’œuvre de Kristina Kubisch ?
Un casque est tout simplement répartit à chaque personnes. Le casque possède la capacité de transformer les signaux électromagnétiques de l’environnement dans lequel se situe la personne en son. Ce casque imaginé par l’artiste utilise la manifestation de l’induction de l’életromagnétisme. Tel un
 haut
 parleur,
 la
 bobine
 au
contact
 d’un
 champ
 électromagnétique,
 est
 mise
 en mouvement,
grâce
aux
forces
de
Laplace.
Solidaire
d’une
membrane,
 une
 onde
 acoustique est
 générée
 par
compression‐dilatation
des
couches
d’air.

Un itinéraire est réalisé par Kubisch avant que de participer à sa promenade artistique. Elle définit alors différents itinéraires qui peuvent être longs ou courts car elle prend en compte le temps que le visiteur est prêt à consacrer à son installation. Durant ces promenades elle sélectionne les lieux les plus intéressants ou les signaux sont spécialement forts. Mais le visiteur peut se livrer à ses propres expériences sonores et sortir de l’itinéraire.
L’artiste par rapport à son œuvre.

Le son qui est l’objet principal de son installation doit être apprécié pour ce qu’il est. Au cours de la promenade les bruits réunis dans le casque forment une mélodie aléatoire. Le résultat sonore obtenu est comparable à celle d’une techno ultra minimaliste.

Les sujets d’actualités inspirent l’art contemporain. Sachant que notre génération est sans cesse dans la construction, l’agrandissement de notre espace urbain, choisir la ville comme fondement de l’œuvre n’est pas très étonnant mais reste tout de même intéressant. Dans le cadre de l’art sonore, la ville considérée comme élément assourdissant nous permet d’obtenir un choix de sons large et divers.
De nos jours, l’esthétisme est bafoué par les nouveaux modes de pensées. Les valeurs ne sont plus les mêmes et la désorganisation est adoptée comparé à l’harmonie ou au beau. Ainsi, les sons diaboliques de la ville sont considérés comme matériel pertinent pour concevoir une œuvre d’art. Il est vrai que les artistes ont souvent utiliser ce type de concept mais Kristina Kubish se différencie d’eux car elle ne nous propose pas de composer avec les bruits de la ville mais une totale imprégnation dans le milieu urbain.
L’expérience sort du commun car elle nous fait entendre des sons imperceptibles et pourtant ces sons sont bien présents et font partis de notre quotidien.

L’œuvre de Kubisch est intéressante pour la découverte de sons inconnus d’autant plus que cala se déroule dans un cadre ludique mais au delà de ces qualités en ressort un côté critique de notre civilisation. La technologie est aussi fascinante selon kristina Kubisch qu’effrayante.

Tous les appareils qui nous entourent émettent des ondes qui peuvent être perçus en sons par les casques et bien évidemment nous rend curieux. On peut alors découvrir des sons qui viennent de distributeurs de billets, de portiques de sécurité, de bornes Wifi… Souvent le spectateur n’est pas capable d’identifier la provenance d’un son il sent alors comme démuni et s’enfonce dans une sorte d’inquiétude partielle. Il y a comme quelque chose de dérangeant dans son œuvre car on se retrouve confronter à des sons qu’on ne peut pas voir.

Le message de Kristina Kubisch est également de nous dire que le monde dans lequel nous vivons est assaillit par la technologie et cela jusqu'à dans les espaces publiques.

« I 
have 
always 
been 
critical 
toward 
the 
way 
that 
people
 deal 
with
 technology »
J'ai toujours été critique de l'approche que les gens ont avec la technologie.

Beaucoup de choses du quotidien qui nous semble ordinaire devient effrayant lorsqu’elles sont réinterprétés par le travail de Kristina Kubisch. Ce qui est d’autant plus alarmant c’est le fait d’utiliser une fois de plus la technologie (casques conçus par Kubisch) pour s’en rendre compte.

Le spectateur par rapport à l’œuvre.

On parle plus d’un concept que d’une œuvre concernant le travail de Kristina Kubish car le spectateur est agissant. Il est vrai que le spectateur gagne une certaine sensation de liberté par rapport à l’œuvre. Mais il faut noter qu’il est aussi guidé par les conseils et les itinéraires de l’artiste qu’elle juge tout de même inévitables.


« You 
have 
to 
bring 
your
 ears 
very
 close 
to 
the
 screens
 to
 hear 
them (…)
Sometimes 
you
 have
 to
stop 
and 
do 
nothing »Tu dois mettre tes oreilles près de l'écran pour les entendre. Parfois tu arrêtes tout et tu ne fais rien.


Plusieurs facteurs conditionnent le parcours de chacun. En premier lieu l’itinéraire à découvrir est capital car il peut être plus ou moins long mais surtout plus ou moins poursuit par le promeneur qui peut s’il le veut découvrir de nouveaux lieux non cités par l’artiste. Son œuvre a un caractère singulier par les réactions des individus c'est-à-dire qu’ils peuvent discerner de l’attraction, du confort…comme de l’inquiétude etc.
Dans un deuxième temps la personnalité et l’humeur influencent la promenade. Le fait que l’individu soit angoissé ou audacieux, persévérant ou impatient vont orientés sa visite.
L’individu en tant que spectateur à un rôle essentiel et devient acteur. L’œuvre prend tout son sens à travers la perception de chaque participants.

Le travail de l’artiste n’est pas de positionner le spectateur dans une situation complexe ou la réflexion est de mise mais elle souhaite davantage un laisser aller du spectateur au sein de son installation pour qu’il puisse s’abandonner à toutes formes de réactions et d’intuition.

Le spectateur ne reste pas insensible à la perturbation que provoque cette immersion au sein d’un environnement qu’il pense connaître mais qui s’avère diffèrent sous cet angle. On constate alors deux aspects qui s’entremêlent. D’un côté, le spectateur est embarqué dans un nouveau monde ou les bruits de l’ordinaire (voitures, passants, langage…) sont complètement envolés. Les sons qu’il peut percevoir sont en inadéquation avec son sens de la vue. Puis d’au autre côté, le spectateur est surpris par des sons indéfinissables voire nouveaux qui ne concernent en aucun cas les éléments du décor. Pourtant les sons perçus par le casque ne sont pas des sons surnaturels ils sont fondés. Le spectateur subit un écart entre deux phases : les sons imperceptibles sont maintenant perceptibles et inversement. Le casque permet au spectateur de s’isoler dans une autre dimension alors que le lieu est resté inchangé. La liaison entre la vue et l’ouïe est juste changé mais elle ne disparaît pas pour autant.

Une comparaison peut alors s’établir entre les sons « naturels » c'est-à-dire ceux qu’on a l’habitude d’entendre et entre ceux qui sont audibles par les casques et qu’on qualifie d’impersonnel car lié à la technologie. Nous notons donc l’impact de la technologie sur notre planète terre. Ces sons qu’on peut juger d’artificiels font partie d’un monde virtuel dénué de toute trace de vie.


« I 
am
 worried
 about 
how 
these 
fields 
around 
us 
are
 increasing . »
Je suis inquiète au sujet de ces champs autour de nous qui augmentent sans cesse.

Les problèmes engendrés par ce phénomène technique entreprennent une ampleur considérable. De plus l’avis des spécialistes n’est plus que néfaste sur le sujet. Ils ont de plus en plus de craintes sur l’impact de la quantité des ondes électromagnétiques sur notre environnement. Bien que la vérité ne se fasse pas encore sentir, la polémique est bien présente sur le sujet et le travail de Kristina Kubish est aujourd’hui perçue sous un autre œil qu’en 2003 car maintenant les ondes émises par les appareils électriques présenteraient un réel danger pour la santé puisque des études faites sur les ondes des téléphones portables entraîneraient certains cas de cancers .

Penser que Kristina Kubish fait l’anéantissement du monde contemporain en réalisant des œuvres engagées ne serait vraiment pas judicieux de notre part. Elle émet toujours un nuancement quant à son travail en précisant que certes cela peut être réellement mauvais mais aussi que de nos jours se passer de la technologie et impossible car elle nous a apporté un certain confort et nous a rendu la vie beaucoup plus simple. Tout le monde ne plus se passer d’internet, de téléphone… il suffit juste de constater la panique crée par une panne d’électricité dans les grandes villes.
Elle fait plus un bilan qu’une critique de notre société !

On ne peut pas considérer qu’elle nous dicte une manière de voir les choses. Chaque spectateur analyse la situation comme il le sent. C’est à lui de juger de manière positif ou négatif le progès de la technologie dans notre entourage du quotidien. Une expérience artistique est proposée aux individus sans qu’il y ait un but formateur. Le promeneur est libre de tirer ses propres conclusions en fonction de la perception qu’il se fait de son œuvre.

Conclusion

Il y a comme un sentiment d'universaliste dans « electronicals walks » . Ce qui est intéressant c'est le fait que l'idée de ses promenades peut se faire dans n'importe quel espace, dans différents lieux...Surtout l'art contemporain a toujours été d'une certaine manière inaccessible à la population moyenne et réservé à une sorte d'élite intellectuel alors qu'avec son œuvre elle propose une promenade ou tout le monde peut y accéder simplement et comprendre le phénomène de l'induction électromagnétique. De plus, il ya un côté très ludique et innovant qui peut intéresser les plus jeunes. Aussi, le déchiffrage de ses œuvres sont tellement différentes et dépendantes du spectateur qu'aucune connaissance spécifique sur les mémoires de l'art ou de la perception de l'art contemporain ne sont demandés.

L’œuvre de Kristina Kubisch est nette et précise du coup elle est appréciée pour ce qu'elle est. Elle fabrique un contexte dans lequel on perçoit le décalage entre ce que l'on voit et ce qui nous entoure. Cette perception toute nouvelle des choses est possible grâce à la technologie ( à travers les casques audio). Mais son œuvre nous permet aussi de réfléchir sur des questions aux thèmes d'actualités : Notre monde est-il envahit par la technologie ? Ces ondes présentes mais invisibles que l'on perçoit grâce au casque ont elles un impact ?
Un débat peut être également ouvert sur la question de l'avenir de l'art. Quelle place prend le son dans l'art contemporain sachant qu'elle a toujours été visuel ? Quand est ce qu'on peut considérer un son comme de l'art ?

Les interprétations variées, l'implantation de l’œuvre dans une situation actuelle, les questionnements qu'on soulève mais aussi le sentiment de liberté dans la pensée et l'action que propose Kristina Kubisch au spectateur font de son œuvre majeur « electronical walks une œuvre qui interpelle dans toute sa richesse et son unicité.

Les liens et échanges entre la musique et les arts plastiques se sont considérablement multipliés dans les années 60. Beaucoup d'artistes appartenant au mouvement Fluxus (dans lequel le principe
majeur est l'abolition des frontières entre les arts) se sont formés à la musique. C'est à partir de la que le son s'est fait une place dans le domaine de l'art contemporain. On peut notamment parler de John Cage et L monte Young, deux grands artistes de la musique minimaliste. Un lien logique s'est développé entre la musique et l'art sonore.

L'Art ne cesse de se développer avec le temps. Plus on avance et plus ses techniques se perfectionnent. On voit donc apparaître l'Art numérique. Ce type type est ouvert et intervient dans des domaines très différents : « Computer Art », « Art vidéo » et « Sound Art ».

Quoiqu'il en soit ces visions de l'art font quand même appel au visuel. Il ne faut pas oublier que l'image occupe une place essentiel dans l'art contemporain mais également dans le quotidien. Notre société est tout de monde fondé sur l'image. Le sound art se consacre certes au son mais fait aussi appel au sens de la vue. Il est de rare de constater des œuvres se basant uniquement sur le son. Normalement le son est utilisé en tant qu'accompagnateur. Il est associé à l'image. Dans l'oeuvre de Kristina Kubisch, le son est le médium principal qui fait appel à l'ouïe (chez celle ci ce qui est apprécié est le décalage crée entre ce qui est vu et entendu).

Il serait difficile de commercialiser le son comme œuvre à part entière. D'ailleurs rares sont les artistes qui s'offrent ce confort. Mais on peut supposer qu'avec des artistes contemporains de plus en plus à la pointe de l'idée audacieuse pourrait se multiplier des œuvres ou il n'y aurait que du son sans pour autant qu'on en dise que c'est de la musique. Le son peut être considérer comme ayant la même qualité perceptive qu'un tableau, ou qu'une sculpture...
Le développement de nos 5 sens et l'utilisation que nous e faisons dans l'art contemporain permettent de nous donner un champ de recherche nouveau vers lequel pourrait se tourner l'art dans les années à venir.


La conférence des arbres de Kubisch.
En 1988, lors d'une réunion de création en plein de nature, à Worpswede en Allemagne, Kristina Kubisch imagine pour la première fois l'idée de « La conférence des arbres » pour dénoncer l'agressivité des pollutions sonores dans l'espace aérien juste au dessu- du village.
A Melle (petite ville proche de Bordeaux) l'artiste offre une nouvelle version de cette œuvre : les arbres parlent nature. Comme dans la nature, ce que le visiteur entend de cette conférence dépend de l'attention et du temps accordé à l'écoute.
5 bonsais sont placés sur une table ronde et du fil électrique vert et jaune s'enroule en spirales autour des petits tronc cela ressemble à la même à la technique utilisée pour forcer les jeunes bonsais à prendre forme en pépinières grâce à un gros fil de fer.
Les fils pendeent par-dessus la table jusqu'au sol. Chaque visiteur reçoit un écouteur électromagnétique à l'aide de qui il peut écouter chaque arbres tout en faisant le tour de la table. Selon la proximité et le rythme des auditeurs, l'intensité et l'entrecroisement des « voix » des arbres varient.

Son album « la ville magnétique ».

La ville magnétique est un album promenade. La musique aléatoire et électromagnétique devrait interpeller les plus fous. Kristina Kubisch n’en est pas à son coup d’essai en matière d’installation sonore et de perception de notre environnement immédiat. Depuis 1976, ces œuvres musicales sont associés avec expérience. En 1998, par exemple, la musicienne avait entouré un clocher (qui ne produisait plus de sons depuis 1986) avec des panneaux solaires reliés à un logiciel contenant des sons pré-enregistrés des cloches du XIXè S. C'est grâce à la lumière et en fonction de son intensité, qu'il fasse nuageux ou pas que celle ci se percuter aléatoirement sur les capteurs solaires. Ainsi, des sonorités apparaissaient de manière différente. Kristina Kubisch, a non seulement donner une seconde vie à ce clocher mais a également transformé d'une certaine manière la lumière en son. Dans la foulé, elle a inauguré un centre d'art Contemporain dans la petite ville de North Adams dans le Massachussetts.
Les nombreux travaux de cette flûtiste pianiste allemande interrogent la façon dont les gens perçoivent et interagissent avec la nature et les sons produits par des objets que nous ne pensons pas qu'ils puisset produire des sons. « La ville magnétique » est une sorte de cartographie aléatoire des sources électromagnétiques de la ville de Poitiers en août 2008. Les 24 promeneurs ont suit ou ont mener librement leur visite en ayant le casque audio sur la tête qui a enregistré des sonorités de la ville dont ils n'avaient pas du tout connaissance. N'oublions pas que beaucoup d'appareillages comme des systèmes anti vol, des antennes diverses, des téléphone, tubes néon...produisent en permanence des champs électriques invisibles mais sonores. Kristina Kubisch s’est employée a démontré un monde musical vaste. Les promeneurs ont eu la possibilité de dessiner chacun leur parcours sur un plan pour que d'autres visiteurs puissent s'ils le veulent suivre leur première expérience.
Expositions

-1976 : Kristina Kubisch, Galerie Giancarlo Bocchi, Milan.

-1978 : Kubisch und Plessi, Neue Galerie Sammlung Ludwig, Allemagne.

-1979 : Modern Art Galerie Grita Insam, Vienne.
Kubisch & Plessi, Galerie Dany Keller, Munique.
A History of Soundcards, Studio '74, La Spezia, Italie.

-1981 : Ecoutez les murs, Institut de Goethe , Lyon, France.

-1982 : Retroscena - un percorso magnetico, CRT, Centro Ricerche Teatro, Milan.

-1984 : Sentieri Magnetici, Centro d'Arte Laboratorio, Morimondo, Italie.
On Air, Castello di Gargonza, Monte San Savino, Italie.
Musik für einen Raum, Moltkerei Werkstatt, Cologne.

-1985 : Klanginstallationen, Gesellschaft für Aktuelle Kunst, Bremen, Germany.Magnetic Air, Abbazia di Sant'Andrea, Vercelli, Italie.

-2007 : invisible / inaudible, gallery Krammig & Pepper Contemporary, Berlin.

-2008 : Über die Stille, Fruchthalle Kaiserslautern, Allemagne.
Electrical Drawings , Allemagne.
Promenades électromagnétiques Poitiers, Ville de Poitiers, France .
Promenades électriques Montréal, Canada.

-2009 : Electrical Drawings, travail venant de 1973 – 2008, Skulpturenmuseum Marl, Allemagne.
Klang Rom Stillhet, Mortensrud Kirke, Oslo, Norvège.
Electrical Walks Darmstadt, INMM Darmstadt, Germany Elektromagnetische Vermessungen, Tonspur 29, Museumsquartier, Australie.
Double Scanning (with Ellen Fellmann), T-U-B-E, Munique.
Electrical Walks Kobenhavn, Copenhagen, Dannemarque.
Diapason II, Malmö, Norvège.
Depuis 2004 : Electronicals Walks, réalisé dans plus de 24 pays tels que Europe, Amerique du Sud et Asie.

Expositions en groupes.

-2007 : Découpage, static gallery, Torino, Italie.
Sharjah Biennial 8 - Still Life, Sharjah, United Arab Emirates.
SoundBytes_ electronic and digital soundworlds, Edith-Ruß-Haus für Medienkunst, Oldenburg , Allemagne.
Im Auge des Klangs I, Museum Schloss Moyland, Bedburg-Hau, Allemagne.
Klangräume Sibiu 2007, Sibiu, Roumanie.
2007 Daejeon FAST: Mosaic City, Daejeon, Corée.
Piombino_eXperimenta 3, Piombino, Italie.
Happy New Ears Festival, Kortrijk, Belgique.
Outer Ear, 8th annual Festival of Sound, Chicago.
Huddersfield Contemporary Music Festival, Huddersfiled, Angleterre.

-2008 : oni(c)loud, Mexico City, Mexique.
Nature & Sons, Chateaux de Seneffe, Belgique.
Berlin im Licht, Märkisches Museum, Berlin.
German Sound Art Award 2008, Skulpturenmuseum, Marl, Allemagne.
The Marfa Sessions, Sound Across Town, Ballroom Marfa,Texas, USA.
Lärm und Stille, Goethe-Institut Montréal, Canada.
Mois Multi, Festival d'Arts Multidisciplinaires et Électroniques, 9e Édition, Québec, Canada.
Prague Trienniale, Prague, République Tchèque.

-2009 : Uovo performing arts festival, Milano, Italie.
Auftakt, Klang und Ton in der Gegenwartskust, Museum Villa Rot, Burgrieden-Rot, Allemagne.
aus/gezeichnet/zeichnen, Academy of the Fine Arts, Berlin.
Biennale Internationale d'Art Contemporain de Melle, Melle, France.
Expo Leeds, Leeds, Grande Bretagne.
Corps Sonore, Lausanne, Nouvelle Zélande.
Genius Loci, Graphik Biennale, Novosibirsk, Russie.
Wittener Tage für Neue Kammermusik, Hohenstein, Witten, Allemagne.

Liens

http://www.christinakubisch.de/index_en.htm site officiel de l’artiste.

http://www.asso-supelec.org/docs/2009029130224_BerardMElectricalWalksKubisch.pdf

http://www.youtube.com/watch?v=FUaSY45qpZU

http://www.christinakubisch.de/pdf/Kubisch_Interview.pdf

http://de.wikipedia.org/wiki/Christina_Kubisch

http://www.discogs.com/artist/Christina+Kubisch

http://www.lamediatheque.be/dec/portraits/christina_kubisch.php?reset=1&secured=