La vidéo entre art et communication


Références


Titre : La vidéo entre art et communication
Auteur : Collectifs
Editrice : Nathalie Magnan
Maison d'édition : École Nationale des beaux-art
Collection : Guide de l'étudiant en art
Année de parussions : 1997
ISBN : 2-84056-047-x

4ème de couverture

Ce recueil de textes et d'articles, des années 70 à nos jours, et pour la plupart
inédits en français, propose des réflexions de vidéastes et de critiques sur l'art et les médias.
À travers leurs expériences et leurs analyses, on pourra mieux comprendre les enjeux théoriques qui ont fait de ce nouveau mode d'expression l'objet privilégié de toute une génération d'artistes.
Dans ce choix de textes, français, anglais, américains et allemands, des questions fondamentales liées à ce médium sont abordés : les rapports de la vidéo et de la télévision, la représentation de l'identité, l'articulation art/science, la place de la vidéo parmi les autres modes d'expressions (sculpture, cinéma, littérature, performance), les réseaux parallèle ; le tout formant une histoire de la vidéo à plusieurs voix.
L'objet de cet ouvrage est de donner les outils théoriques indispensables pour développer une analyse critique de la vidéo et fournir les bases d'une discussion sur les nouvelles technologies.

Liste des articles


• Vidéo : la dissipation du moment utopique, Martha Rosler
• Histoire de la vidéo française, structures et forces vives, Jean-Paul Fargier• Cologne ville vidéo, Wulf Herzogenrath
• La vidéo comme outil d'émancipation, Ulrike Rosenbach
• Les médias bon marché. Prendre le contrôle de nos images et de nos vies, Sherry Millner
• Averty for ever, Serge Daney
• Vidéo, la mémoire au poing (extraits), Anne-Marie Duguet
• La répartie électronique, l'art de la vidéo interactive, Luncinda Furlong
• Vers la disparition de l'artiste ? Du rapport entre performance et installation vidéo, Friedemann Malsch
• Télévision, meuble et sculpture : chambre avec vue américaine, Vito Acconci
• L'entre-image (extraits), Raymond Bellour
• Perceptions, technologies, imagination et paysage, Bill Viola
• Pour en finir avec « l'art vidéo », John Wyver
• Histoire polémique de la vidéo féministe, Martha Gever
• Notes sur le sida et ses combattants : une évaluation, Paul Horrigan
• De la marge et du centre, Isaac Julien et Kobena Mercer

Résumés


Cet ouvrage est un recueil de textes et d'articles, des années soixante-dix à nous jours, et pour la plupart inédits en français, qui proposent des réflexions de vidéastes et de critiques sur l'art et les médias.

À travers leurs expériences et leurs analyses, on pourra mieux comprendre les enjeux théoriques, qui ont fait de ce nouveau mode d'expression l'objet privilégié de toute une génération d'artistes.
Dans ce choix de textes, français, anglais, américains et allemands, des questions fondamentales liées à ce médium sont abordées : les rapports de la vidéo et de la télévision, la représentation de l'identité, l'articulation art/science, la place de la vidéo parmi les autres modes d'expression (sculpture, cinéma, littérature, performance), les réseaux parallèles ; le tout formant une histoire de la vidéo à plusieurs voix.

L'objet de cet ouvrage est de donner les outils théoriques indispensables pour développer une analyse critique de la vidéo et fournir les bases d'une discussion sur les nouvelles technologies.

En lisant ce recueil on à la visions de 17 vidéastes et de critiques. Dix sept chapitres que nous allons résumer.

On débute par Martha Rosler, « Vidéo : la dissipation du moment utopique » , où celle-ci retrace comment, depuis l'arrivée de la photographie, les relations entre art et la science ont construit des familles d'arguments, des généalogies de pratiques artistiques déterminantes pour l'histoire de la vidéo, et la construction de son mythe.
Cet article à été l'un des articles de références dans les années 1980, même si l'argument développé n'a pas forcément été repris par les artistes et critiques vidéos officiels.

Tous veulent prendre la parole face à la télévision et aux technologies de diffusion de masse considérées comme aliénantes. De multiples stratégies sont mises en place à cette fin, des stratégies plus souvent axées sur la critique de la production d'objet et donc du système marchant de l'art.

L'histoire de l'art vidéo peut aussi s'écrire comme une chronique sélective des lieux et des personnes. C'est la manière qu'a choisie Jean Paul Fargier, artiste critique, constructeur et l'un des principaux défenseur de l'art vidéo, que l'on retrouve au deuxième chapitre. Dans « Histoire de la vidéo, structures et forces vives » il nous livre ici son interprétation de cette histoire en France : une histoire de mutations qui raconte l'intégration par la télévision de ce qui était alors son enfant terrible mais aussi une histoire où la vidéo a conquis son indépendance face à la télévision.

Wulf Herzogenrath, a lui aussi, écrit une histoire à partir des moments forts qui ont constitué la vidéo en Allemagne, en prenant comme objet d'étude la ville où il y a eu le plus d'activité, Cologne. D'où le titre du troisième chapitre de ce recueil « Cologne-Ville vidéo ».
Ulrike Rosenbach, comme d'autres femmes artistes à choisi la vidéo. Cet outil, pour elle, portait à la fois les promesses multiples d'un mode de production, où l'artiste contrôlait directement des machines peu onéreuses, et celle d'une diffusion de masse. Pour elle la vidéo c'est « l'art pour tous » grâce à la reproduction et production en série. L'art vidéo lui permet également de s'émanciper, de produire quelque chose d'indépendant. Elle relève un fait marquant, celui de la participation des femmes dans l'art vidéo, il y a une multitude de combinaisons et de techniques possibles : combinaison de sons, insertion d'images, de photos en sorte de collage.

Aux Etats-Unis, Sherry Millner nous démontre que la vidéo bon marché permet aux artistes de subvertir les mass-média avec des solutions qu'ils sont obligés de trouver par nécessité économique. Mais la vidéo se distingue aussi de la télévision par une nouvelle définition de l'audience. Comme l'avait souligné Ulrike Rosenbach auparavant la vidéo et la télévision sont deux choses bien distinctes.

Serge Daney dans « Averty for ever » raconte l'histoire d'un personnage, Jean-Christophe Averty qui a toujours travaillé à l'intérieur de l'institution télévisuelle où il a été l'un des rares réalisateurs à utiliser le potentiel de l'électronique pour une « télévision de création ». Ce personnage permet à Serge Daney de proposer un fragment d'analyse sur les différences entre le cinéma et l'utilisation de la télévision par rapport à la création de la mémoire.

L'ouvrage d'Anne-Marie Duguet, « Vidéo, la mémoire au poing » , extrait à la page 83, nous fournit les éléments pour comprendre les espoirs, les déceptions et les questions théoriques que les pratiques de la vidéo ont soulevés jusqu'au début des années 80 en France. L'extrait de cet ouvrage témoigne de cette époque d'incertitudes et d'expérimentation passionnée.

Dans « La répartie électronique, l'art de la vidéo interactive », page 91, Lucinda Furlong dresse la carte des utilisations plus ou moins pertinentes qu'on en a fait, en s'attachant d'abord à son « application » sociale. Elle questionne les premières expériences de télévision interactive qui ont eu lieu vers 1976 et dont certaines n'étaient que « l'illusion d'un choix qui exclut les débats ».

Friedemann Malsh précise les relations historiques qu'il y a entre la performance, dont seule la vidéo garde la trace et l'installation vidéo. Il retrace le parcours d'une avant-garde utopiste, attachée à rapprocher l'art de la vie, qui se formalisera dans des installations, et il se demande quelles conséquences peut avoir la disparition du corps de l'artiste. D'où son titre « Vers la disparition de l'artiste ? Du rapport entre performance et installation vidéo ».

Pour nous parler des installations, donc de la sculpture et de la relation entre le corps, l'espace et le temps, Vito Acconi , page 127, revient très sérieusement mais non sans ironie sur la télévisions, « cet espace décorpolarisé ». De la télévision comme mobilier dans notre environnement familier, le mobilier souvent le plus important dans une maison, un mobilier qui devient une sculpture dans le contexte de l'art, et de l'art vidéo comme conjonction de contraires.

Raymond Bellour nous donne une lecture du travail de trois artistes les plus reconnus de l'art vidéo, Bill Viola, Gary Hill,Antonio Muntadas. De Bill Viola il analyse l'installation Room for St Jonh of the Cross, où la caméra devient l'oeil possible du nouveau mystique. Dans deux installations de Gary Hill, In Situ et Crux, il pose son attention sur lr travail de Hill sur le langage et la télévision. Enfin de Muntadas, Bellour choisit d'analyser The Board Room, où la représentation de la politique permet une « volupté propre à la démonstration ».

Bill Viola, le plus célébré des artistes vidéo, écrit comment « nous sommes et nous avons toujours été dans un paysage de perception imaginaire et, ce faisant, il met en cause nos a priori sur les relations entre le réel et l'imaginaire, le mental et le physique.
Si la vidéo s'est beaucoup définie « contre » la télévision, pour Jonh Wyver la télévision n'est pas aussi homogène et sa perception aussi passive que ce à quoi certains artistes vidéo ont bien voulu la réduire. La distinction entre haute culture et culture de masse n'est plus pertinente, le spectateur n'est pas « anesthésié », il devient interprétant, c'est ce qu'il explique dans « Perception, technologie, imagination et paysage ».

Martha Gever est une des figures centrales de la critique vidéo. Entre autres, elle a toujours travaillé sur les vidéos féministes dès leurs débuts à travers nombre d'articles. Ce texte, « Histoire polémique de la vidéo féministe », est un tour d'horizon entre féminisme et les vidéos réalisées par des femmes. C'est aux représentations que les femmes se sont attaquées. Ces représentations se sont montrées résistantes si on en reste à ce seul niveau ; en effet, remplacer les stéréotypes sexistes par des images positives de la femme n'est pas plus efficace que de faire parler d'eux mêmes les cauchemars négatifs au cœurs des même stéréotypes. Dans la deuxième partie de son article, elle analyse plus précisément quelques unes des bandes qui sortent de la binarité antérieure.

Bill Horrigan « Notes sur le sida et ses combattants : une évaluation, fait un bilan du travail accompli par les artistes qui se sont mobilisés à l'apparition du sida. Il évalue d'un point de vue personnel mais aussi très documenté la relation art et politique telle qu'elle a été remise en équation par la crise du sida et le rôle des esthétiques d'intervention alors développées.

Isaac Julien et Kobena Mercer, eux, travaillent sur la reconfiguration de la notion d'ethnicité dans les productions des réalisateurs noirs en Angleterre dans les années 80. Il n'est plus question du support « vidéo », mais plutôt de pratiques et de politiques culturelles telles qu'elles ont été pensées dans le cinéma et la vidéo vers la fin des années 80 en Grande-Bretagne.