Le land art et après Livre de Franck Doriac


Les artistes du Land Art


1 – Artistes travaillant dans la nature.

Richard LONG – Un contact direct avec la terre :
Richard LONG est un artiste anglais né en 1945. Sa pratique se constitue par des interventions dans la nature, de marches et d’élaborations sculpturales simples. Ses œuvres sont à dimensions humaines. Il travaille avec son corps pour laisser une trace. Ses œuvres se visionnent dans des lieux d’expositions.
Il réalise sa première ligne droite en 1967 dans un pré en laissant la trace de sa marche. Elle est dessinée par acte d’aller et venir.
Il fait des voyages aux quatre coins du monde. Il fait de la marche, la base de son travail et le moyen de rentrer en contact avec la terre. Il travaille dans des paysages très peu marqué par l’homme.
La durée de lisibilité de l’œuvre et très courte, c’est pour cela qu’il utilise la photographie. Ses matériaux restent naturels. Il les assemble en cercle ou en ligne droite.
En 1981, il se rapproche de la peinture, en produisant des œuvres à la boue projeté sur un mur.
La photographie fait partie de son œuvre car c’est son moyen de laisser une trace de ses actions.
La marche est un art de l’instant, ce sont des expériences existentielles et personnelles. Il n’a besoin d’aucun outil technique.
Richard LONG crée un lien entre nature et culture.

Andy GOLDSWORTHY – Exploiter le lieu :
Andy GOLDSORTHY est un artiste anglais né en 1956. C’est un artiste fasciné par les conditions imposées de la nature qui sont le moteur de ses créations. Il réalise des sculptures éphémères faites de glace, feuilles. Il utilise le minéral et le végétal.
Ses œuvres ne durent que quelques instants. Il refuse tout matériau qui n’est pas prit sur place. Il cherche à établir une relation profonde avec la nature. Il communique ses œuvres par la photographie.
Vers 1986, il réalise des sculptures à grandes échelles qui sont permanentes mais ne défigurent pas le paysage. Il choisi de façon spirituelle car c’est le lieu qui s’impose à lui.
C’est un sculpteur du froid. L’arbre et la pierre sont aussi ses matériaux favoris.
Andy GOLDSWORTHY met en place des dispositifs d’actions simples. Ses actions sont dans la durée ou l’éphémère.

Nils UDO – L’artiste metteur en scène :
Nils UDO est un artiste allemand né en 1937. Il travaille en plein air avec des éléments naturel. Il crée des mises en scènes qu’il fixe par la photographie. Il travaille en fonction des saisons, de l’évolution et la dégradation de la nature.
Il est préoccupé par les problèmes écologiques. Il veut témoigner du déclin de la nature et sensibiliser le spectateur.
C’est l’arrangement qui fait son œuvre. Ses photographies montrent des éléments empruntés à la nature et sont arrangés.
Nils UDO utilise ce qu’il y a sur place et assemble les matériaux avec des éléments naturels. Son travail est éphémère et fragile. Il utilise la nature comme une palette. Il met en place des dispositifs naturels. Il exploite l’énergie vitale de la nature dans ses œuvres, la nature est son objet.
  • L’artiste à des gestes non destructeurs, il modifie la nature, il crée des œuvres avec des matériaux banals. L’artiste est un médiateur, il nous partage son point de vue sur le monde. Ses installations sont faites en prévision d’un contexte naturel.
Nils UDO réalise des constructions légères, il crée des jardins qu’il laisse croître et accomplir leurs cycles. Il réalise également des œuvres durables comme la construction de nids dans des endroits insolites.
Son travail se divise en deux, d’un côté le travail réalisé dans la nature et de l’autre, le travail réalisé en milieu urbain.
2 – Artistes travaillant avec le matériau nature.
Giuseppe PENONE – Le sens de l’œuvre est dans la matière :
Giuseppe PENONE est un artiste italien né en 1947. La nature végétale est la matière même de la sculpture.
Ses œuvres sont fondées sur le processus de la croissance naturelle.
Pour PENONE, c’est le contact avec la nature le plus important. Il réalise des sculptures en se couchant par terre et le but est de ressentir le sol.
L’arbre est important pour PENONE.
En 1968, il effectue des interventions sur l’arbre et utilise la photographie. Son travail est l’évolution de l’arbre. L’artiste travaille au cœur de la matière.
PENONE se livre à une hybridation du végétal et du corps de l’humain.

Michel BLAZY – Un art du presque rien :
Michel BLAZY est un artiste français né en 1966. Il interroge le quotidien sous toutes ses formes. Il remet en question la vision qu’on peut avoir. Ses œuvres sont discrètes, à tel point que le spectateur doit faire un travail de recherche.
Il apporte de l’importance à la métamorphose de la matière. Ses travaux se soumettent à la logique du vivant.
Il est connu pour s’intéresser aux objets créés par l’homme. Son œuvre repose sur l’observation.
Le problème est que la nature est imprévisible, il ne peut avoir un total contrôle sur l’œuvre. Ses œuvres sont évolutives et ont besoins de l’intervention de l’homme.
Elles évoluent par le processus suivant : Mise en place > Floraison > Moisissure.
L’artiste laisse les plantes accomplir leur développement, il les entretient et les observent.
Michel BLAZY est un créateur et un observateur. Pour lui, une œuvre n’est pas faite pour durer. Lui, il utilise des matières qui se décomposent. Il ne peut donc les conserver dans un musée. Les œuvres de l’artiste sont faites de choses simples. Les composants ne polluent pas.
Ses œuvres ont pour but de faire découvrir le monde.

Wolfgang LAIB – Entre Occident et Orient :
Wolfgang LAIB est un artiste allemand né en 1950. Ses œuvres sont composées d’éléments naturels, les matériaux utilisés sont simples. Il se rend en pleine nature pour récolter des matériaux pour ses œuvres. Pour ses œuvres, il met en lien sa vie personnelle et la nature.
Ses créations sont à base :
- De pollen.
- De lait.
- De riz.
- De cire.
Ayant beaucoup voyagé en extrême Orient, il s’intéresse à la pensée Jaïnisme qui considère que les êtres végétaux et animaux doivent être respectés comme les hommes.
Il utilise dans ses œuvres des particules naturelles et des matières fabriquées par les abeilles.
Sa pratique met en opposition, les conceptions de l’Occident et de l’Orient. L’Orient étant considéré comme un temps éternel et l’Occident caractérisé par une vie qui mène vers la disparition.

3 - Artistes révélant la nature par des moyens artificiels.
Piotr KOWALSKY – L’artiste scientifique :
Piotr KOWALSKY est un artiste ukrainien né en 1927. Ses travaux mettent en lien l’art et la science. Il montre la nature par des moyens technologiques élaborés.
Son but est de faire ouvrir les yeux sur l’univers. Il utilise des problématiques inhabituelles comme du sable au laser, du bronze au néon, de la pierre ou du verre aux composantes électroniques. Il veut montrer que rien n’est simple.
Ses œuvres traduisent des connaissances scientifiques. Il fabrique des machines qui doivent rendre notre regard conscient. Il met en place une machine qui utilise la géodynamique, science qui étudie les modifications de l’écorce terrestre. La machine fonctionne au gré du spectateur.
Il réalise d’autres œuvres qui sont l’observation de phénomènes naturels. Il fait également des travaux qui jouent avec la notion d’échelle, œuvres qui peuvent être petites ou immenses.
Les œuvres de Piotr KOWALSKY sont de l’ordre du dévoilement à la fois, il nous fait relativiser notre présence sur terre et de l’autre, il met en place l’intervalle séparant naissance de la mort.

Erik SAMAKH – Un capteur de nature :
Erik SAMAKH est un artiste français né en 1959. Ses œuvres sont à vivre plutôt qu’à voir car il fait des installations sonores. Les photographies ou les disques lasers ne restituent en aucun cas la perception qu’on peut ressentir de son travail. Son travail réside dans la fabrication de sculpture par le son. Son travail est proche de la nature en utilisant les nouvelles technologies.
Il commence son expérience artistique par des installations qui mêle élément naturels et haute technologie. Son travail est en interaction du monde animal et de l’environnement humain, il sollicite tous les sens du spectateur par des images et sons artificiels ou naturels. Il exploite également l’énergie solaire.
Erik SAMAKH se sert des quatre éléments naturels mais il est surtout fasciné par le monde animal, surtout sur un mode acoustique. Il offre une relation entre nature et son, pour aboutir à la notion de paysage immatériel, cela offre une perception partielle de l’environnement. Les sources sonores ne fonctionnent pas en continu.
L’artiste stimule l’imagination entre visible et audible. Ses œuvres se font à l’extérieur. Ce qui les caractérise c’est l’isolement. Le spectateur doit observer et comprendre ce qui se passe autour de lui.
Les œuvres sont mouvantes, évolutives et éphémères. Le spectateur est amené à se déplacer pour apprécier l’œuvre. L’artiste grâce à des outils technologiques veut aider la nature à s’exprimer. L’écoute de la nature est un retour aux sources.
Pour utiliser ses dispositifs, il utilise l’énergie solaire pour les faire fonctionner. Le travail de l’artiste est une mise en scène pour le spectateur, l’expérience de ses œuvres active l’imaginaire des personnes.
Les projets d’Erik SAMAKH sont artistiques, écologiques et géoplastiques.



Bibliographie = Le land art et après de Franck DORIAC.