L'art Video et Video Art revised edition


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Michael RUSH (1949-2015) est considéré comme le spécialiste de l’art des nouveaux médias car il est non seulement un auteur mais aussi un critique pointu sur le sujet. Michael RUSH réalise régulièrement des vidéos, films et autres supports de média pour des Journaux internationaux tel que le New York Times et à Art in America. Il est auteur aux Editions Thames & Hudson de l’ouvrage Les nouveaux Médias dans l’art publié dans la collection L’univers de l’art et a dirigé différend musée aux Etats-Unis: le Palm Beach Institute of Contemporain Art situé en Floride, Eli and Edythe Broad Art Museum au Michigan (depuis 2012 jusqu'à sa mort), Rose Art Museum (2005-2009) Massachusetts. Il a également travaillé pour des universités et donner des cours et des conférences dans le monde entier. Nombre de ses travaux lui valurent des récompenses de l'Association Internationale des Critiques d'Art.

L’œuvre de Michael RUSH L’art vidéo, est considéré comme l’ouvrage qui offre le panorama le plus complet à ce jour d’une forme d’art née il y a 40 ans et devenu incontournable pour la scène artistique internationale en alliant 383 illustrations dont 296 en couleurs. La première de couverture est composé de 2 images : en haut est présenté l’œuvre de Lucy GUNNING intitulée Climbing around my room (1993), et en bas est présenté l’œuvre de Pipilotti RIST intitulée I’m not the Girl Who Misses Much (1996). La quatrième de couverture est elle aussi composé de 2 images : en haut est présenté l’œuvre de Christopher DRAEGER intitulée Ode to a sad song (2001) et en bas est présenté l’œuvre de Eija-Liisa AHTILA intitulée The House (2002).

Ce livre aborde l’art vidéo de manière chronologique retraçant les plus grandes œuvres et découpant son ouvrage en grandes parties, il décrit les tendances avancées technologiques qui influent sur l’art vidéo en s’arrêtant sur quelques grands artistes qui ont marqué l’histoire.

Il raconte les débuts de l’art vidéo qui n’étaient rien de plus que l’apparition d’objets, personnes, moments saccadés bruts agissant sur des écrans dans des espaces alternatifs mais aujourd’hui l’art vidéo voit plus loin en occupant une place dominante représentant d’immenses espaces sous forme de vastes installations ou projections. Abstraction, art conceptuel, minimalisme et pop art, performance, photographie et cinéma sont les mouvements et les formes de cet art qui donne à la dimension temporelle son importance.

Après un premier chapitre qui retrace l’art vidéo, Michael RUSH organise son propos autour de 3 grands thèmes qui selon lui, définissent la singularité de cette forme artistique. Après s’être attaché au développement de la vidéo performative où le corps, et notamment celui de l’artiste lui-même, joue un rôle fondamental, il analyse les nouvelles formes narratives comme les ralentissements, les accélérations et autres distorsions temporelles pour conclure sur une étude du phénomène actuel d’hybridation technologique ( = d’assemblement de technologies) qui voit la vidéo devenir un support parmi d’autres au service d’un art que l’on peut qualifier de filmique ( = d’un art d’image en mouvement).
Illustré de nombreux photogrammes et de nombreuses séquences vidéos, cette œuvre retrace l’histoire des premières expérimentations de l’art vidéo jusqu’aux nouvelles formes numériques de cet art en utilisant des installations conceptuelles, politiques et poétiques des années 1980 et 1990.

En dernière page il s’interroge sur l’avenir de l’art vidéo qui a tendu ces dernières années vers quelque chose de plus cinématographique influencé par les nouvelles technologies. Michael RUSH a l’air de penser que l’art vidéo tend à disparaitre pour se confondre avec quelque chose de plus centré sur le cinéma et s’éloignant de plus en plus de sa forme de base. Mais il exprime en conclusion que même si l’art vidéo sous sa première forme disparaitra sûrement de l’initiative des nouveaux artistes, une autre forme d’art vidéo qui tend peut-être vers quelque chose de plus épuré se développera et prendra la relève.

Il présente aussi le portrait de grandes personnalités de l’Art vidéo comme Franck GILLETTE, Jean-Luc GODARD, Andy WARHOL, Nam JUNE PAIK, Joan JONAS, Valie EXPORT et Chris BURDEN, mais aussi le portrait de grandes personnalités de l’art vidéo contemporaine comme Bill VIOLA, Gary HILL, ainsi que Paul MC CARTHY, Tony OURSLER, Steve MC QUEEN, Michael ROVNER et bien d’autres encore.


Quelques créations présentées :


Franck Gillette
« J’étais intéressé, et je le suis toujours, par le détournement des systèmes électroniques à des fins artistiques. […] Je voulais décentraliser le pouvoir de la télévision »

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Dans Rituals For a Still Life (1974-1975), Franck Gillette expose son experience antérieure en tant que peintre abstrait. Nous pouvons y voir un assemblage de collages devant un moniteur vidéo diffusant des bandes de l’artiste : « images fixes et en mouvement se fondent en un paysage qui allie séduction esthétique et innovation technologique »

Joan Jonas
Amatrice de films expérimentaux et avant-gardistes, cette influence se témoigne à travers ses propres vidéos telles que Volcano Saga (1988). Il s’agit de l’histoire d’une femme se mariant 4 fois et dont la destinée a été prédite par un prophète.
« A l’aide de séquences filmées montrant le côté spectaculaire du paysage islandais, Joan Jonas créé un univers onirique qu’elle diffuse sur de multiples surfaces »

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Willie Doherty
Né en Irlande du nord en 1959, ce nouvel art lui permet de dépeindre de la noirceur de la guerre. Dans ses créations, il expose des rues faiblement éclairées, des voitures brûlées ainsi que des décombres. La plupart du temps, il imite le style documentaire comme dans Somewhere Else (1998), dans l’objectif de dénoncer l’impact de la manipulation des médias sur notre perception des hommes et de leurs conflits. Souvent, ses vidéos se présentent sur plusieurs écrans, afin d’intensifier cet impact.
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« Avec Doherty, l’Irlande bucolique porte les stigmates de la guerre tandis que les vagues qui lèchent le sable ressemblent à du sang. »



Inigo Manglano-Ovalle
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Dans Climate (2000), il expose trois récits de personnages n’ayant aucun liens entre eux. Leur identité est exposée via un document imprimé, distribué lors du visionnage de la vidéo. Filmés dans des appartements à Chicago, les protagonistes vivent des activités banales. Dans un seconde temps, l’œuvre présente l’interdépendance planétaire via la présentation de quelques faits tels que le déplacement du Gulf Stream qui avait engendré la hausse de température de l’Océan Atlantique, départ d’enchainements qui vont aboutir à la disparition de l’Australie et à la transformation de l’Amazonie, en espèce de Silicon Valley. Pour ce qui est du fond sonore, il est composé de musique et de bruits bourdonnants accompagné d’une voix off prononçant des mots étranges.



Partie "Quelques créations présentées" par Camélia Ah-lo (21202659), licence Sciences du langage CMM, université Paul Valéry.

Katarzyna Kozyra

MenBathouse

Katarzyna Kozyra est une artiste polonaise. Men's Bathroom est une oeuvre de 1999 qui reçu un prix à la Biennale de Venise de cette année là. Dans cette vidéo elle a installé discrètement une caméra dans des bains publics pour hommes de Budapest, et se filme déguisé en homme elle même au milieu de tous les clients masculins. Son déguisement d'homme (nu) est si réussi qu'elle n'attire aucun regard ou suspicion à aucun moment. La vidéo en elle même a été présentée en plusieurs panneaux réparti dans le lieu d'exposition, tout les panneaux prit sous différends angles, suggérant l'usage de plus d'une caméra cachée. L'entrée de l'Exposition présentait également une vidéo de trois minute où l'ont peut voir l'artiste qui se déguise.

Doug Aikten

ElectricEarth

Connu pour ses photos colorées et ses vidéos de grande qualité, il obtint en 1999 le Prix de la Biennale de Venise pour son œuvre Electric Earth. Il s'agit de vidéos projeté, l'artiste expliquant lui même que cela vient de sa fascination pour le cinéma "car le cinéma c'est de la lumière. Il y a quelque chose de moins tangible dans le cinéma, quelque chose de plus caché. En contraste la vidéo est plate et révèle tout d'un seul coup." La vidéo est projetée sur huit écrans créant des pièces à part entière. Un jeune noir américain se déplace le soir et tard la nuit dans Los Angeles en dansant (sans nécessairement de musique). L'image étant tout autour du visiteur, il est difficile d'être passif en voyant cette projection car on est forcément happé par ce qui se passe autour de nous.

Shirin Neshat

Rapture

Datant encore une fois de 1999, l'installation vidéo de l'artiste iranienne (de naissance) est divisée en deux projection, une pour les femmes, l'autre pour les hommes. Cette séparation est d'autant plus flagrante que la vidéo est en noir et blanc, et que les hommes ont tous une chemise blanche, tandis que les femmes porte toute le traditionnel tchador noir des cultures islamiques. L’œuvre adresse la situation des femmes dans les cultures islamique (tout en n’agressant pas l'homme) et a un ton solennel et formel, presque rituel. La vidéo est accompagné de chants de femmes. Le visiteur est placé au milieu de ces deux contradiction (autant dans les actes, que dans les couleurs, que dans le sexe des personnages), et son regard doit passer de l'un à l'autre de manière constante s'il ne veut pas manquer certains éléments.

Candice Breitz

King

Breitz s'intéresse aux clichés et aux grandes industries du monde de la musique et des films. King (2005) est à propos d'un mythe de la musique pop, Michael Jackson. Aussi nommé A Portrait of Michael Jackson , l’œuvre est composée de 16 vidéo montées sur un mur en une chaine, collées les unes aux autres. Uniquement le sont de la vidéo est audible, autrement dit il n'y a pas de musique, uniquement les fans filmé indépendamment les uns des autres, chantant tous les mêmes chansons sans accompagnement (ce qui veut dire que pendant les passages musicaux c'est le silence, même si on entend les mouvements et frottements des vêtements des personnes filmées). Les musique sont toutes celles de l'album Thriller. Les fans filmé ne furent pas choisi pour leur talent, mais plutôt pour leur niveau d'obsession pour le chanteur, et tous étaient libre de s'habiller comme ils voulaient, certains sont donc venu déguisé.