L'Art Video au Féminin


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Ouvrage universitaire de référence de sujets peu traités en général, comme celui de l'art vidéo helvétique et celui de la place de la femme dans cet univers. Il est vrai que l'art vidéo est trop longtemps resté un univers exclusivement masculin où la femme apparaissait à travers leurs représentations et leurs fantasmes masculins.

C'est à Lausanne dans les années 1960 et 1970 qu'apparait l'art vidéo. Les artistes pionniers suisses sont essentiellement des hommes alors qu'aux Etats-Unis, berceau de l'art vidéo, arrivent simultanément les premiers mouvements féministes.
Durant cette période, les historiens de l'art, les commissaires d'expositions ou encore les journalistes, vont parler d'art vidéo féminin voire féministe où des thèmes récurrents sont abordés comme celui de l'exploration des corps, de nouvelles identités ou encore des stéréotypes.
Cependant les artistes femmes suisses qui émergent ont peu de contacts avec leurs homologues américaines à l'inverse des hommes vidéastes.
Elles voient dans la vidéo l'innovation technique et artistique.

Durant les années 1980 et 1990, les artistes femmes utilisent de plus en plus le médium vidéo et même si quelques mouvements féministes militants sont à observer dans des villes comme Zurich, leur travail ne relève pas d'un héritage féministe comme aux Etats-Unis, en Allemagne, en France ou encore en Autriche.

Mélissa Rérat va nous présenter trois artistes contemporaines suisses aux univers variés.
  • Emmanuelle Antille aux scénographies fantasmagoriques et aux allers-retours incessants entre le rêve et la réalité
  • Elodie Pong, autodidacte, au théâtralisme pétillant dans un univers pop culture
  • Pipilotti Rist et ses représentations hystériques, des corps, reconnue internationnalement
A travers leurs univers respectifs, ces trois artistes nous montrent des visions de la féminité très décalées, loin des clichés conventionnels, où réalités et imaginaires s'entremêlent

Nous y retrouvons la femme enfant, la femme fatale, la famille, la mère, sous forme de fictions et d'autoportraits. Elles utilisent une réelle technique professionnelle du travail de l'image.
Même si elles ne s'affichent pas "féministes", elles trouvent dans l'art vidéo, une expression artistique plus libre que dans les autres formes d'art plus emprunts d'histoire et de conventions comme la peinture ou encore la sculpture. Elles questionnent les rôles et les codes traditionnels établis.

Mélissa Rérat, souligne dans son ouvrage que féminin ne veut pas dire féministe et que souvent l'amalgame est fait entre une œuvre et une identité sexuée.
Elle parle de "sorcières dégingandées" ou "les modèles en vogue sont remplacés par leurs drôles cadavres exquis."


Quelques liens:


  • I’m Not The Girl Who Misses Much, 1986, Elodie Pong
https://www.youtube.com/watch?v=hjvWXiUp1hI

  • I’m Not The Girl Who Misses Much, 1986, Pipilotti Rist
https://www.youtube.com/watch?v=hjvWXiUp1hI


L’art vidéo, en Suisse, nait à la fin des années 60 à Lausanne. René Bauermeister, Gérald Minkoff, Muriel Olesen, Jean Otth et Janos Urban sont, dans un sens les pionniers de ce nouvel art. On constate que ce groupe est pratiquement constitué que d’artistes masculins. Ce n’est qu’à partir des années 80 que les femmes Suisse commencent à exploiter ce nouveau medium. (Les Américaines avaient déjà commencées dans les années 70). Les critiques d’art ont tendance à qualifier ces œuvres de « féministes » en rapportant ces œuvres aux mouvement féministes de l’époque. Cet ouvrage permet de mettre en lumière trois personnalités féminines : Emmanuelle Antille, Elodie Pong et Pipilotti Rist. Il présentera leurs œuvres, leurs parcours, leur vision des choses, leurs sources d’inspirations


1- Repères
- Un médium sans histoire :
De nombreuses questions ont été posées quant à la provenance et l’histoire de l’art Suisse. Notamment sur la question de l’art vidéo en Suisse. L’art vidéo n’est pas un art pleinement reconnu mais à son importance dans certains pays comme les Etats-Unis, le Canada, l’Allemagne ou la France mais en Suisse, la recherche en matière d’art vidéo n’est pas très exploitée.

Les années 70/80
Les premiers essais de la vidéo sont l’œuvre des cinq artistes évoqués ci-dessus en partenariat avec René Berger, directeur du Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne de 1962 à 1981, qui les aidera dans la reconnaissance artistique des cet art qui débute en Suisse. La dynamique de la présentation et la pratique de la vidéo à Lausanne baisse a milieu des années 70 pour laisser place à une nouvelle ville en pleine expansion au niveau de l’art contemporain : Genève.
Genève est la première ville à mettre en place un enseignement intégrant le médium vidéographique.

Des années 1990 à aujourd’hui
La vidéo Suisse des années 1990 se développe dans un contexte de reconnaissance institutionnelle et de diversification des pratiques. Néanmoins, l’élargissement des dispositifs de visionnement de l’image en mouvement et la recherche de frontière entre la vidéo et cinéma ne font pas pour autant oublier l’importance des premiers vidéastes Suisses.

2- Trois parcours
Présentation de trois artistes féminines variées tant par leurs apprentissages que par leurs œuvres.

Pipilotti Rist : à la découverte des corps
En débutant sa carrière de vidéaste en 1886, P. Rist appartient à la deuxième génération vidéo en Suisse allemande. Cette artistes va créer une première vidéo marquantes de la fin des années 80 et du début de sa carrière qui mettra en exergue deux thématiques qui lui sont chères le corps et la technique vidéo. Dans les années 90 Pipilotti Rist devient très active dans le monde de la vidéo avec des œuvres phares qui se rapprochent encore plus de la représentation du corps. Elle s’intéresse ensuite de plus en plus aux installations. Dans certaines de ses projections, l’image occupe alors le plafond ou le sol. Ils sont donc en immersion totale dans l’installation. Ces installations prennent en compte l’implication du spectateur.
Aujourd’hui Pipilotti Rist travaille sur l’image en mouvement et non sur l’image vidéo uniquement avec la création de son premier long métrage en 2009.

Elodie Pong : les autres et soi
Contrairement aux deux autres artistes, est autodidacte. Ces œuvres sont donc moins marquées par une quelconque emprunte Suisse. Le contenu de ses vidéos est très proche de la performance. Elodie Pong se sert aussi de la projection pour mettre en lumière ses œuvres nécessitant la présence du public. Elle fait aussi beaucoup de références au cinéma.

Emmanuelle Antille : l’intimité familiale
Appartenant à la même époque qu’Elodie Pong, E. Antille, elle, a suivi des cours de vidéo.
Cette formation est perceptible dans la pluralité de ses techniques vidéographiques. Emmanuelle Antille réalise des « familles de travaux », comme elle les nomme. Chaque famille de travaux correspond à un projet en soi, qui se rattache à l’un des thèmes chers à l’artiste. Tout comme Elodie Pong, Emmanuelle Antille recourt à la projection de grand format dans un espace sombre pour ses installations. Elle s’inspire au cinéma comme les artistes citées précédemment.

3- Jeux de rôles – « La femme » est une mascarade
Les chapitres suivant sont une analyse de six œuvres distinctes sélectionnée à propos de l’ouvrage. Il y a donc deux vidéos par artistes. Mélissa Rérat aborde deux thèmes en rapport avec ces œuvres : « Femme objet, Femme sujet » et « Hystérie, enfance, folie » chacun de ces thèmes contient des sous parties permettant une analyse plus approfondie de l’impact des œuvres de chacune de ces artistes vidéastes.

Pipilotti Rist :
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Elodie Pong :
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Emmanuelle Antille :
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4- Modèles d’ailleurs et représentations de soi
Mis à part le rôle féminin dans leurs œuvres ces trois artistes s’intéressent à la place de l’individu dans l’humanité et aux modèles grâce auxquels il se construit. Mélissa Rérat va aborder les thèmes du « soi modelé » et «  « moi », devant et derrière la camera » et parlera d’autoportrait dans certaines œuvres de ces artistes.

5- La féminité et l’homme
Dans ce chapitre, l’auteur a parlé du rapport à l’homme en évoquant les «  positions politiques et artistiques des œuvres » (le féminisme et la féminité dans l’art). Aussi, elle parle du rapport à l’autre, en l’occurrence du rapport au masculin et parler du couple comme dispositif dans l’art.

6- Dépassement technique
Ce chapitre évoque l’évolution du parcours de chacune des artistes en parlant de la vidéo plastique et/ou narrative et des Musiques narratives et attractives dans leurs œuvres

7-L’art avant la politique
Dans ce dernier axe, Mélissa Rérat parle de la vidéo féministe au sens strict du terme, une vidéo militante, artistique ou documentaire défendant les droits des femmes. En séparant les artistes de cette analyse féministe, elle a pu aborder d’autres thématiques et ainsi aborder d’autres facettes de leurs oeuvres
Sources Bibliographiques :

-Berger René, « les mousquetaires de l’invisible. La vidéo-art en Suisse »
-Berger René,  « L’art-vidéo »
-Emmanuelle Antille, œuvres
-Elodie Pong, oeuvres
-Pipilotti Rist, œuvres
-Art vidéo
-Art Suisse
-Féminin, Féminisme