Les Installations vidéo, « oeuvres d'art » de Monique Maza




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Monique Maza, l’auteure de ce livre, est agrégée d’Arts Plastiques et Docteure en Lettres et Arts. Elle enseigne à l’Université Lumière Lyon 2. Les installations vidéo « œuvres d’art » reprend et précise le propos de sa thèse soutenue en Juin 1997.

Dans ce livre, Monique Maza nous fait remarquer que les installations vidéo sont rarement mises dans le même panier que « les véritables œuvres d’art » et sont plus souvent considérées comme ludiques, décoratives et énigmatiques. Il arrive même qu'on les juge insignifiantes ou rébarbatives. En effet, l'auteure l'explique par le fait qu'une installation vidéo répond souvent mal aux attentes les plus traditionnelles de l’esthétique, celles fondées sur l'aptitude des objets à provoquer le sentiment de beauté.
Mais, en plus de cette scission entre nouveauté et tradition, les installations vidéo ont peu de repères culturels. Le spectateur face à cette catégorie d’œuvre peut très vite s’égarer mais peut aussi être saisi par la poésie propre à chaque configuration. Une poésie qui serait transmise au travers de bribes d’images, de mots, de sons ou de fragments de monde environnant et qui serait là le reflet d'une forme d'esthétique, une esthétique propre au installations vidéo.

D’après Monique Maza l’apparition des installations vidéo date des années 1970, grâce à un intérêt pour les nouvelles technologies de communication. C’est là que le terme d’installation vidéo naquit. L'auteur rappelle qu'à ses débuts, et sûrement encore aujourd'hui, il était difficile pour le spectateur de la percevoir comme une installation artistique car il était désorienté par cette œuvre ne répondant pas de façon conventionnelle à la tradition esthétique fondée sur la capacité d'une œuvre traditionnelle à provoquer le sentiment de beauté. L’installation vidéo ressemble fréquemment à ce que l’ont voit dans l’univers quotidien et public et n'a donc pas immédiatement l’attestation institutionnelle qui désigne l’objet en tant qu’art.

Dans ce livre, l'auteur s'attache à distinguer ce qui relève de l’objet propre et les différentes conduites artistique, sociales et esthétique qui environne les installations vidéo.
Dans ce livre, Monique Maza va différencier les différentes conduites artistiques, sociales et esthétiques qui environnent les installations vidéo. Elle finira par proposer des voies dans lesquelles l’installation vidéo excelle et qui pourraient être perçu comme des orientations esthétiques.

En préambule, le livre nous propose la description et analyse de cinq installations vidéos qui seront ensuite très souvent citées à titre d'exemples : Good Boy, Bad Boy de Bruce Naumann (1985) , He weeps for you de Bill Viola (1976) , Materia Prima de Fabrizio Plessi (1987), Trois suites pour un piano de Patrick Corillon (1995) et Intro Act de Christa Sommerer et Laurent Mignonneau (1995).

Le livre s'articule ensuite en plusieurs grandes parties que l'auteur considère comme significatives de l'appréhension de l'installation vidéo, ainsi il nous éclaire sur les thèmes des formes, de la perception et de l'approche esthétique de l'installation vidéo.

Monique Maza considère l'installation vidéo comme une nouvelle sorte d’œuvre qui introduit dans le champ de l'art une dimension de non sens. Cette nouvelle sorte d’œuvre s'exprime à travers des modes multiples de manifestations ; qui contrastent de celle de l'art « figé » qui par son minimalisme a creusé une sorte de fossé entre lui et le public. Les formes d'art interactives semblent donc être la solution pour renouer le public à l'art. L'installation vidéo, au prime abord, semble pouvoir s'inscrire dans ce processus mais l'auteur dit que le manque de sens qui en émane pour le spectateur qui cherche alors sa place, ne permet pas totalement d'abord de renouer ce lien. Ce n'est qu'une fois que le malaise initial est franchi, que ce travail peut être accompli.

Monique Maza s'exprime sur le fait que selon elle l'espace dans lequel se trouve l'installation vidéo joue aussi beaucoup dans ce sens et dans celui de la perception de l’œuvre; en effet, lorsque le spectateur pénètre dans la salle pour voir l’œuvre, il pénètre également dans l’œuvre. Le spectateur a alors la possibilité de voir son reflet en tant que spectateur mais peut également se situer en tant qu'objet, élément de l’œuvre.
Le champ esthétique de l'installation vidéo peut être difficile à déterminer car très incertain. L'auteur s'interroge donc sur la manière selon laquelle la dimension physique de ce type d’œuvre rencontre un site d'accueil sensoriel et émotionnel chez le spectateur. Loin de construire des propositions stables dans des harmonies réconciliatrices, ce serait la « formidable possibilité de jeu » rendu possible par une telle pratique de l'art et la dynamique que celle ci impulse à ses objets, qui restituerait du sens et de l'esprit et qui permettrait donc au spectateur d'en apprécier la valeur et donc d'en jouir pleinement.