Les lieux et manifestations des Arts Sonores


Introduction


Nous avons choisi d’étudier les arts sonores sous l’angle de leur diffusion. Nous savons que c’est une discipline riche mais qui demeure relativement confidentielle.. L’art sonore est provoqué par des objets plastiques comme : les installations, le field recording, les sculptures et instruments le tout sous forme de concerts d’installations ou de performances artistiques. Le son et le plastique sont les principaux matériaux de création pour l’art sonore.
Cela englobe donc plusieurs disciplines telles que l‘acoustique, la psycho-acoustique, l’électronique, la musique bruitiste, la technologie et les supports audio, des sons trouvés ou environnementaux.
Nous avons choisi de mettre en avant les lieux et manifestations de cette pratique à Montpellier et les collectifs et artistes qui se sont produits récemment dans la région.
Nous commencerons par un focus sur 2 lieux, à savoir la villa des 100 regards et l’école audio numérique Fastlane puis deux manifestations, le festival Sonorités et le collectif Accousminium Klan
Puis nous nous pencherons sur la représentation des arts sonores dans d’autres manifestations et institutions pour réfléchir à la place donnée à la discipline ainsi qu’à l’accès offert au grand public et aux professionnels.
Les artistes des arts sonores ont une forte propension à se jouer des codes et des supports, cette diversité de pratique est la source même de leur inspiration. L’absence de codes leur offre une grand liberté de création, les limites n’existant pas les possibilités deviennent alors infinies. Ainsi les artistes mélangent les disciplines, et leur œuvre se concentre autour de la notion de performance : l’artiste convoque son auditoire à un spectacle pluridisciplinaire et brouille les frontières entre les sens.

I) Les manifestations spécialisées autour des arts sonores à Montpellier



Acousmonium KLANG


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Acousmonium KLANG est un orchestre formé de 59 haut-parleurs, il est mobile et s’adapte donc très facilement à n’importe quels lieux où ils doivent faire une représentation. Cet orchestre interprète des musiques électroacoustiques et travaille avec des logiciels et du matériel audio permettant une grande flexibilité dans le choix des œuvres à interpréter tel que l’acousmatique, mixte instrumentale ou avec des instruments électronique produit en direct sur scène. L’acousmonium KLANG veut développer la recherche et la création musicale en permettant la propagation du registre électroacoustique international. Ce groupe associatif veut également délivrer leurs recherches, leur savoir et leur créativité à un large public. Ce groupe est formé par Julien Guillamat (directeur générale et artistique à la Maison des Arts Sonores) et Obee Love (direction technique et régie) ainsi que de nombreux bénévoles.

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La Maison des Arts Sonores est une association montpelliéraine incontournable dans les domaines de musique contemporaine et de création musicale. Elle crée, produit, transmet et diffuse des œuvres musicales et sonores nouvelles et essaye de toucher un large public. Cette association collabore avec le Conservatoire de Montpellier, La chapelle Gély, l’opéra et l’orchestre national de Montpellier. Cette association rassemble les organismes de musique et d’art contemporain de la région dans des musées, des universités et autres… La Maison des Arts Sonores veut rendre accessible à tout le monde les arts sonores en organisant des concerts, des festivals, des promenades sonores et des installations sonores. Elle incite à augmenter les projets éducatifs dans les écoles et autres. L’équipe est formé de Julien Guillamat ( directeur artistique), Jonty Harrison (compositeur associé), Christophe de Coudenhove (compositeur invité), Peiman khosravi (chargé du développement informatique) et Obee Love le président.

Cette manifestation se caractérise comme une plateforme de diffusion car ce groupe associatif est fait pour faire découvrir au public ignorant l’art sonores et toutes ces différentes nuances telles que des concerts, des promenades sonores, des conférences. Acoumonium Klang organise un festival à Montpellier en Juin.
  • Cette année l’orchestre d’art sonore organise un festival nommé le festival Klang ! électroacoustique prévue à Montpellier du 3 au 7 juin 2015. Ce festival est consacré aux musiques électroacoustiques organisées par la Maison des Arts Sonores.
Ce festival Klang ! électroacoustique sera mis en place sur plusieurs endroits dans la ville de Montpellier avec des concerts, des installations, des conférences, des promenades sonores, des artistes internationaux et locaux et aussi un concours de composition acousmatique KLANG ! électroacoustique.


Le Festival Sonorités


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Le festival des sonorités existent depuis 10 ans il présente des œuvres de la poésie sonore, des musiques improvisées, de l’élecroacoustique, contemporain, des performances et des installations. Le festival s’organise sous plusieurs jour s(4 à 6) et dans des lieux différents dans la ville de Montpellier. En 2010, Sonorités s’est déroulé autour de la notion de chaosmose et des objets contraires. Les organisateurs ont inauguré deux nouveaux partenariats le premier avec le Frac LR et le second avec le CDN de Montpellier et on fait perdurer leur partenariat avec le théâtre de la vignette à l’université de Paul Valery.

Ce festival met en avant la mariage du son et du texte dans toutes leurs temporalités et supports comme des enregistrements audio de lecture, des concerts, des performances sonores, mais aussi de la photographie et des vidéos.
Sonorités est une manifestation majeure de l’art sonore qui chercher à interpeller l’auditeur, spectateur, ou scrutateur, provoquer des émotions, le faire réagir.

En 2015, Sonorités est en partenariat avec  HumainTROPhumain, le centre dramatique National de Montpellier et les accueille pour deux dates. Un le 11 octobre Philippe Beck lira certaine de ces poésies, ensuite « la vie est un songe » de Pedro Calderon sera le sous-texte de l’opéra de Barre Phillips composé de plusieurs musiciens et un spectacle électroacoustique de Luc Ferrari et Brunhild.

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Anne James Chaton

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Né à Besancon à 1971, il vit désormais à Montpellier. C’est un « poète sonore » qui a dirigé plusieurs revues telles que Dérivation, The incredible New Justine’s Adventure… iI est un artiste à plusieurs talents, auteur de plusieurs livres et performeur.
Ecrivain engagé, il a écrit un livre sur Marx, « L’effacé, Capitalisme et effacement » en 2005, il s’interroge sur ce qu’est l’écriture et essaye de répondre à cette question.
Anne-James Chaton a ainsi beaucoup fait de lecture en France et à l’étranger et, est organisateur de nombreuses manifestations et festivals qui concerne la poésie sonore à Besançon, Lyon, Paris et Montpellier. Il est le créateur du festival de poésie et musiques improvisées : Sonorités. Il a fait de nombreuses collaborations telles que celle avec le groupe de rock The Ex, fait part d’un trio avec Catherine Jauniaux et Carole Rieussec, qui cette dernière fait partie aussi du festival des Sonorités à Montpellier. En 2004, il collabore également avec Andy Moor qui aboutit à un duo de poésie sonore et musique improvisée.
Une de ces dernières œuvres est une collaboration avec l’artiste Andy Moor :
Anne-james Chaton et Andy Moor ont sortis un album en 2013, il s’intitule « Transfer ». Les thèmes pour composer leur musique sont le voyage et le transport venant de sources sonores diverses telles que les romans, les vidéos, le plan du métro, d’internet et aussi de journaux télévisé avec bien sur les texte de Anne-James Chaton, qui ont pour fonction de donner du caractère à la musique, la rendre voluptueuse et mélancolique.

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II) Les lieux spécialisés en arts sonores à Montpellier



La villa des 100 regards



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La villa des 100 regards à Montpellier fut construite par Victor Grazzi un artiste insolite que l’on peut rattacher au mouvement des « environnements visionnaires », comme celui du Palais du facteur cheval dans la Drome.
Ce maçon italien débuta sa construction dans les années 50, dans un processus créatif aléatoire, sans planifier à l’avance l’avancée de son œuvre.
Lorsque celui ci décéda sans héritier la villa tomba dans l’abandon, jusqu'à être réinvestie par une association et transformée en lieu culturel avec :
-des expositions
-des ateliers
-des conférences
-l'édition de livres d'artistes.

Aujourd’hui grâce aux évènements « expériences à la villa des 100 regards » il est proposé au public de vivre des expériences sensorielles au travers d’une programmation autour, entre autres, des arts sonores.
Des concerts de musiques improvisées ou de musiques insolites, créations in situ et performances entre art, vidéo et musique composent cette programmation audacieuse bien qu’encore confidentielle.
La villa des 100 regards est le lieu privilégié de création et diffusion des musiques expérimentales à Montpellier.

Quelques évènements et artistes invités de la villa des 100 Regards :


Forte d’une programmation éclectique La villa des 100 regards diffuse tout autant la scène locale qu’internationale. Elle est un lieu d’expérimentation et de découverte.
De part la fréquence des évènements ( plusieurs par mois ) La villa des 100 regards à un positionnement unique à Montpellier dans cette discipline.

Ce weekend sera invité l’artiste Thomas Pailharey originaire de Marseille et membre du collectif Patatoïde.

Thomas Pailharey est un artiste multi-disciplinaire ayant commencé par le dessin et la peinture lors de ses années lycéennes en arts appliqués. Il découvre par la suite les nouvelles technologies et les possibilités qu’elles offrent pour créer des images lors de son BTS communication visuelle à Nevers. Délaissant pour un temps le graphisme et l’art appliqué, il s’intéresse à l’art vidéo et sonore durant ses études aux beaux arts de Grenoble puis d’Aix en Provence. Il expérimente durant ces années des moyens de mettre en espace ses œuvres, constituées alors de peintures et de vidéos détournant des images du journal de 20h et de parasites télé et participe à des performances sonores collectives ainsi qu’à des ateliers de poésie sonore. À la sortie de ses études, il décide de se consacrer à la composition musicale et sonore électronique ainsi qu’au live machines, ce qui le mène à des recherches toujours en cours, concernant le détournement et la fabrication de machines sonores (électroniques ou acoustiques) et au DIY, ainsi qu’à des questionnements relatifs aux dispositifs de mise en scène pour ses lives qui tendent de plus en plus vers la performance sonore. Sa façon d’aborder l’art et la création de manière collective l’a amené à travailler avec des sculpteurs, des musiciens ou artistes.
es sonores, des vidéastes, des écrivains et des performeurs issus de la danse ou du théâtre. Cet esprit collectif lui permet de garder le contact avec ses autres pratiques qui ont jalonné son parcours (peinture, graphisme, vidéo, installation).
Il donne également des cours de M.A.O

La Villa des 100 Regards a également accueilli un projet atypique mi Avril 2015 en invitant l’artiste sonore Ecolipsum et son projet Bololipsum.

Ecolipsum est un artiste hacker (qui est curieux et qui développe, selon ses propres mots). Il développe un travail intrinsèquement lié à la technologie, qui s'installe dans des brèches et des interstices. Il cherche des bogues qui seraient -selon lui- une terra incognita, espace utopique et champ des possibles où l'invention prendrait le pas sur le bon sens, et l'imaginaire sur l’analyse ; là où les objets s'animent dans une réalité parallèle. En tant que plasticien et depuis 2007, il a développé des problématiques liées au sabotage d'objet, circuit-bending (« court-circuitage » de jeux et jouets électroniques et musicaux) fabrication d'automates et de robots à partir d'éléments de récupération, corruption de données informatiques, et perturbations électroniques et sonores. Il a ensuite réinvesti systématiquement ces pratiques dans d'autres domaines. Bololipsum est un projet de musique électronique destiné à la scène. Ecolipsum (alter ego de Bololipsum) est un projet de création sonore, entre musique et paysage, prestation scénique et installation.

Ce projet à La villa des 100 regards fut la rencontre entre deux passionnés de technologie musicale : Ecolipsum (aka Bololipsum) et Will Wire .
Ecolipsum joue avec  PureData, un logiciel libre, où il code en temps réel des modules sonores. Will Wire joue avec un Eurorack, un format de synthétiseur modulaire, où il patche de manière physique ses modules. Deux calculateurs, qui de manière logique, opèrent une construction musicale improvisée, un croisement entre numérique et analogique, un transcriptome poétique. Les sonorités qui en émanent voyagent dans l’ambient, l’idm, le glitch, l’electro, la techno et la musique concrète. Les performances de m[ød·3 n’ont aucune durée mais des coordonnées.

« Elles commencent à l’instar d’un orchestre qui s’accorderait et ne prennent fin que lorsque l’espace a été modifié. »


L’école audio numérique FAST LANE


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L’école Fast Lane, école ouverte en janvier 2015 dans l’Ecusson à Montpellier est un centre de formation en musiques assistées par ordinateur (M.A.O) innovant dans le paysage de l’enseignement audio numérique de Montpellier.
Fort de dix ans d’expérience en MAO en Angleterre au sein de l’école POINT BLANK, une des plus réputées au monde, Frédéric Cuin est également l’initiateur du projet.
« Montpellier Ableton User Group » . Les user groups Ableton sont des rendez vous d’échanges et de créations musicales autour du logiciel de production Ableton Live, et se sont développés un peu partout dans le monde ses dernières années.
Fort de presque 600 membres ce groupe d‘utilisateurs crée il y a à peine un an à permis de créer un réseau dynamique de producteurs dans la région, lieu d’échange de conseils et astuces autour de l’utilisation d’Ableton, c’est aussi le lieu de rencontres de producteurs en quête de collaborations.

Les rencontres sont gratuites et régulières et des producteurs et des live performers sont invités à venir faire des démonstrations mensuellement.
Fastlane organise également le « Lab Sonore Montpelliérain » ou les producteurs se rencontrent sur la base d’ateliers de créations sonores participatifs.
Parmi les intervenants de Fast Lane, Simon Carter, un des initiateurs anglais du mouvement Free party dans les années 1990 sous le nom de Crystal Distortion avec son collectif Spiral Tribe, il est aujourdhui un membre respecté de la scéne techno internationale et organise des masterclasses à Berlin et Marseille.
L’école collabore également avec l’Anacrouse, un centre d’art et de musique voisin.

Le fondateur de Fast Lane :

  • Frederic Cuin est l’un des neuf Ableton Certified Trainer en France. Producteur, ingénieur du son et concepteur sonore, il est aussi spécialisé en tous type de système de performance. Il travail régulièrement sur des pièces de théâtre et des comédies Musicales au National Theater a Londres et joue en solo ou en tant que membre de plusieurs groupes. Il est aussi à l’origine du label Frogs Records.
Diplômé d’état en éducation et ingénierie de son en Angleterre, Il enseigne à des stagiaires de tous niveaux depuis 8 ans pour plusieurs collèges à Londres et à New York. Fort d’une expérience dans plusieurs studios Londoniens où Il a travaillé avec de nombreux artistes tels que Asian Dub Fundation, Above and Beyond ou Shy FX, il propose une approche dynamique de l’apprentissage de la M.A.O. Il gère deux groupes d’utilisateurs Ableton a Montpellier et a Londres.

Quelques questions au fondateur de Fast Lane, Frédéric Cuin.

En quoi Les Ableton User Group sont un lieu d’expérimentation des arts sonores ?

Les meetings sont des lieux d'échanges privilégié pour tous les participants car ils ont l'opportunité d'entendre de courtes performances sonores d'artistes reconnus et expérimentés. Ces mêmes artistes leur expliquent ensuite les réglages et astuces utilisés pour mettre en place leur show. Toutes les personnes présentent ont bien sur l'occasion de poser des questions tout au long du meetings et bien souvent, des débats émergent pour développer ensemble des solutions adéquates aux problèmes que les gens rencontrent dans le méthode de travail. De plus, nous organisons des ateliers sonores participatifs mensuels au cours desquels nous découvrons ensemble des synthetisers et des logiciels novateurs. Nous y organisons des 'laptop battles' où plusieurs ordinateurs et machines sont branchés ensembles pour de l'improvisation musicale expérimentale.

Pouvez vous nous décrire en quelques mots les avantages d’ableton live dans la production musicale ?

Ableton a révolutionné la production musicale sur ordinateur en redonnant aux musiciens actuels un outil qui allie la performance et la création musicale. Grace à ce logiciel, nous pouvons enfin transformer un ordinateur en instrument réel et spontané. L'approche intuitive de Live et son interface fluide ont transformé les techniques de productions et l'état d'esprit d'une génération de musiciens au même titre que les synthétiseurs ou la guitare électrique lorsqu'ils ont étés inventés.


Quelles sont les limites de ce genre de logiciel ?

La sommation des fréquences dans le bus de master ne se reproduit pas celle d'une console de mixage analogue et donc, les musiciens et producteurs de musique traditionnelle ne sont pas très fans de cette plateforme. En d’autres termes, le son d'Ableton est plus approprié aux musiques électroniques actuelles.

III) Les arts sonores dans les lieux et manifestations grand public


• A Montpellier

Les arts sonores faisant partie de la culture contemporaine ont su trouvé leur place et s'imposer : on peut parler de démocratisation des arts sonores. Malgré des débuts difficiles du fait que la musique se désolidarisait de ce mouvement dans un premier temps, de nos jours là par des arts sonores dans les évènements grand publics est exponentielle, ainsi une exposition comme « Dernières nouvelles de l'Ether » qui s'est déroulé à la Panacée en 2014, laissait une place non négligeable aux arts sonores: dans cette exposition il était question de mettre en perspective la façon dont certains artistes ont investi les questions de transmissions qu'elles soient de la perception, du son...
Outre les expositions, l'art sonore séduit aussi par le biais de sons électroniques comme à la soirée « Héros de l'électro » à Montpellier qui se passera le vendredi 15 mai 2015 : vous l'aurez compris beaucoup d'événements culturels gravitent autour des arts sonores aussi différents soient-ils de l'art sonore se greffe parfaitement à divers événements publics.
Celui-ci est présent là où on ne l'attend pas : au Musée Fabre par exemple, lieu habituel d'exposition de peintures ou de photographies à Montpellier a reçu dans un premier temps en 2011 LABULO/BULOLAB qui a conçu un paysage sonore. Pour cette intervention dans la salle Soulages, ils ont diffusé trois sources sonores dissimulées dans l’espace. Sa résonance naturelle mixa l’ensemble.
• Source 1 : Nappes claires (issues du travail sur les gouttes d’eau et voix de Soulages)
• Source 2 : Nappes distordues / Voix de Soulages
• Source 3 : Voix de Soulages
Ces derniers sont intervenus une seconde fois au Musée Fabre : ils ont effectué une composition sonore diffusé dans la première salle de la visite. L’idée dans cette composition était d'expliciter “en son” l’intensité physique et l’effort produit par l’homme sur la toile et l’artiste face à cette dernière. Lors d'un effort, tous les liquides du corps sont soumis à de nombreuses pressions avec notamment l’eau, le sang, les flux gastriques. L’eau est le seul liquide qui s’extirpe, coule et tombe en laissant une trace.
A travers ces divers exemples, il paraît explicite et évident que l'art sonore a su émerger et s'infiltrer dans un panorama d'événements publics dans lesquels on ne l'imaginait pas forcément. Mais ce mouvement ne se limite pas aux expositions :en effet ce dernier se démocratise dans les festivals. A Montpellier il existe le festival de musique contemporaine « Turbulences sonores » dont l'édition 2012 était dédiée à John Cage. L'édition 2015 se consacre quant à elle aux « miniatures musicales » : la programmation comportera des œuvres des 60 dernières années en partant des premiers pas de la musique électroacoustique jusqu'aux pièces composées uniquement pour le festival avec comme artistes le trio 3D qui mettra en place un concert qui mettra en scène voix, guitare et ondes Martenot.

Le trio 3D :

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Musiciennes, comédiennes et chanteuse, le trio 3D qui signifie « Drôles De Dames » a été fondé en 2006 et défend une musique nouvelle. En quoi nouvelle ? Parce-que contemporaine et totalement dédiée à leur nomenclature unique. Ces trois artistes révèlent trois dimensions de la texture sonore par le biais de l'alchimie et la rencontre entre leurs instruments qui sont la voix, la guitare et l'onde Martenot qui est l'un des plus anciens instruments de musique électronique. Ces trois lignes sonores se mêlent, s'entrechoquent et surtout se confondent. Derrière ce trio existe un réel désir d'innovation et de création prenant vie sur scène. Ici, on parle de musique contemporaine vécue telle une aventure : tel est le message qu'elles souhaitent transmettre.

Ce trio de drôles de dames s'est déplacé de festival en festival en passant par le « J'en pince pour eux » en 2007 à Maintes-la-Jolie ou la 3e édition du Festival de guitare « Champs des guitares » à Chateau de Champs-sur-Marne, mais elles ont aussi données un concert privé en 2007 à Paris etc...
Dans ce trio on y retrouve Virginie Colette, soprano ayant fait ses études à Paris en chant Baroque, Art Lyrique et Opérette. Puis il y a aussi Sophie Maréchal, guitariste formée auprès de Roland Dyens mais aussi au CNR de Paris et à l'ENMD : elle se spécialise dans un répertoire contemporain. Elle ne se limite pas au trio 3D et fait également parti du quatuor « Akord' ». La dernière protagoniste est Nadia Ratsimandresy originaire de Paris, elle pratique essentiellement de la musique de chambre dont est issu de nombreuses collaborations. Elle fait aujourd'hui partie du groupe « Art Zoyd ».

Des parcours totalement différents avec des mondes différents et une association atypique et pourtant elles sont réunies dans un trio complémentaire. Leur répertoire contemporain leur a permise d'effectuer la plupart du temps leurs propres interprétations d’œuvres déjà connues comme « Story » de John Cage ou encore « Trio vivo, 1er mouvement » de N'guyen Thien Dao. Elles restent au rang d’interprètes et ne font aucune création personnelles : elles sollicitent seulement des compositeurs dont elles apprécient la musique. Nous avons donc d'un côté un créateur et de l'autre les interprètes : cela représente pour elles une relation de partage, de débat et réflexion qui unit le respect entre le compositeur et ses interprètes. S'inspirant de Cage et autres artistes précurseurs, elles désirent donner un renouveau à la musique mélangeant plusieurs instruments et en proposant quelque chose de singulier : l'alchimie de trois éléments sonores. Cependant leur notorité reste limitée, ces dernières se sont produites au Festival « Turburlences sonores » à Montpellier le 4 avril 2015 où elles ont livrées des interprétations d'oeuvres existantes mais aussi d'interprétations de créations pour le festival de compositeurs comme « Ces objets » de Pascale CRITON. Avec le trio 3D, il faut seulement ouvrir ses oreilles, le spectateur ne participe pas à la performance, il reste à sa place. Ainsi nous pouvons les retrouver en live lors de concerts ou festivals sonores, mais pas seulement... Elles ont sorti un premier CD « Rencontre inédite » avec quatre titres, ces dernières ne se limitent donc pas seulement à l'instant présent, au live, nous pouvons affirmer que leurs interprétations ne restent ainsi pas éphémères et seulement disponibles en réel.

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La Chapelle Gély racheté en 2006 par la mairie de Montpellier, est totalement remise au gout du jour par l’association Music Events. Music Events et une association fondée par Etienne Schwarcz en 1990. Au fil du temps, l’association a réussit à rassembler un bon nombre de matériels que ce soit des instruments ou du matériel électronique. Ainsi, depuis 2013, trois orientations artistiques définissent la Chapelle Gély, il y a donc les musiques nomades, les écritures sonores contemporaines et les arts numériques. La Chapelle Gély propose donc des spectacles et concerts et aussi « les mardis de la Chapelle ». Ces dernières sont faite pour que les spectateurs puissent échanger avec les artistes et scientifique sur les thèmes de la soirée. Cette Chapelle Gély organise aussi des projets d’éducation artistique pour les enfants.
Malheureusement, la Chapelle Gély a fermé ces portes le 27 février 2015 suite à une baisse de ces subventions de 84% par le Maire de Montpellier Pillippe Saurel. Pour ce fait, l’association à organisé une soirée de clôture nommé « la nuit de la chapelle », avec les concerts de Mayté Matin « Barbara du flamenco ». Suite aux baisses des subventions 2015 beaucoup d’associations artistiques sont touchées dans toute la France…
Le projet de la Chapelle Gély à t’il été confronté à la problématique de « chiffres et quotas d’entrées » qui touche un grand nombre de structures culturelles montpelliéraines, qu’elles soient privés ou institutionnelles ? En tout cas les politiques actuelles ont eu pour conséquences la fermeture de la Chapelle Gely…

Inès Wickmann artiste invitée du Festival Acousmonium Klan , Juin 2015

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Née à Bogota en Colombie, titulaire d’une maîtrise en Arts Visuels et médiatique à l’Université du Québec à Montréal. Inès Wichmann touche a de nombreux domaines artistique, telle que la vidéo en suivant des ateliers de cinéma d’animation à Paris, la musique et a même touché à la radio en produisant de nombreuses émissions en Colombie.
Cette artiste plasticienne se sert de sa pratique multidisplinaire pour que ces œuvres évoquent les traces du temps, l’identité, la disparition et la mémoire. Ces œuvres sont de style vidéographique d’où des musiques électroacoustiques de compositeurs viennent s’inscrire sur ces dernières. Ainsi elle présentera une de ces installations sonores au Festival Acousmonium  KlAN qui a lieu en juin à Montpellier.

Voici une de ces installations présentées en 1996 en Colombie au festival « Tiempos del Ruidos ». Sur cette installation, le son est provoqué par les pas de spectateurs en marchant sur des feuilles mortes, elle appelle ce son « le bruit blanc »

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Une autre de ces œuvres, une vidéo-art, elle se nomme « Disparitions » faite en 2014, la musique est de Francis Dhomont. Cette musique a d’abord été inventée puis la vidéo est venue s’intégrer. L’œuvre est faite de disparitions de son pour en amener d’autre, tel est le sujet principal. La plasticienne s’est inspirée du roman Cristallisation secrète de Yōko Ogawa.

Les arts sonores dans la région

Nous avons eu la chance d’assister à deux manifestations convoquant les codes des arts sonores.


- Random à Sète dans le cadre d’une carte blanche donnée à l’artiste Abdelkader Benchamma, lauréat 2015 du prix Drawing Now avec une mise en vidéo de ses dessins par le vidéaste Thomas Dutter, accompagné d’une performance sonore d’improvisation par le musicien Franck Rabeyrolles et d’un duo à cordes Marion Picot (violoncelle) et Jean Baptiste Morel (contrebasse).

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- L’installation audio-tactile de l’artiste Lynn Pook à Paloma Smac à Nimes.

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Artiste plasticienne d’origine franco allemande, Lynn Pook a étudié la danse, la sculpture, les arts et média entre Paris, Berlin et Karlsruhe. Sa pratique artistique prend forme dans l’observation du corps, et de ses perceptions. De ses réflexions naissent des dispositifs intimistes interrogeant les modes et les systèmes d’échanges entre le spectateur et l’objet. Depuis 2003, l’artiste développe sa recherche artistique autour de la dimension vibratoire du son : l’audio-tactile et ses installations/performances.

Depuis 2003, Lynn Pook développe des installations artistiques autour de la dimension vibratoire et tactile du son : l’audio-tactile. Ce principe repose sur un système d’interfaces permettant de faire circuler des stimulations sonores et musicales à la surface du corps. Des petits haut-parleurs sont directement posés sur les différentes parties du corps du spectateur et diffusent une musique spatialisée. La musique et les vibrations se déplacent ainsi d’une partie du corps à une autre. Les différents projets audio-tactiles présentés par l’artiste sont bien plus que des dispositifs technologiques innovants, ils proposent une expérience immersive sensible, inouïe et troublante. Les créations de Lynn Pook sont régulièrement présentées et primées en France et à l’étranger. Avec le projet « Substance Son » Lynn Pook souhaite explorer des nouvelles pistes de développement de l’audio-tactile. Dans un premier temps en échangeant avec des chercheurs spécialistes en physiologie et en neurosciences et dans un second temps en améliorant la technicité de ses projets. L’objectif du projet est de mieux concevoir et maîtriser le principe de l’audio-tactile jusqu’alors exploré de façon souvent empirique et de le faire découvrir à un public plus large, notamment à des personnes en situation de handicap.


- Conclusion

Nous avons vu que si la région et la ville de Montpellier soutiennent les arts sonores c’est surtout dans le cadre de manifestations grand public. Ainsi les lieux de diffusion des arts sonores ne survivent que grâce à la passion des organisateurs et collectifs impliqués dans les manifestations. L’art sonore convoque des codes sensibles et pluridisciplinaires qui nécessitent peut être un accompagnement du public, c’est le travail des médiateurs, de la Panacée par exemple. Si la scène des arts sonores à Montpellier est discrète elle n’en est pas moins active et il est également possible de se former à certaines formes d’arts sonores et en particulier aux pratiques du live dans la production de musiques électroniques. Les lieux d’apprentissage comme les lieux de création et de diffusion sont le terrain privilégié d’une communauté de passionnés des arts sonores.


De Laurie Marc, Louise Robert et Aurore Blanc