Lucinda Childs



Lucinda Childs et son spectacle « Dance ».


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lucinda childs


Lucinda Childs, née à New York le 26 juin 1940, est une danseuse et chorégraphe américaine de danse contemporaine associée au mouvement minimaliste.
Dès son plus jeune âge elle se prend de passion pour la danse classique et le théâtre. Elle va d’ailleurs étudier ce dernier et durant son cursus, découvrir la danse moderne.
Elle obtient son diplôme en danse au Sarah Lawrence College ainsi qu'à l'école fondée par Merce Cunningham.
Elle écrit ses premières œuvres personnelles en 1963 et 1965 (Pastime, 1963 ; Geranium, 1965).
A la fin des années 1960 (1968) elle s’associe à la danse minimaliste en reprenant des cours selon la technique Alexander (éléments les plus marquants dans sa carrière artistique). Elle développe un style qui lui est propre : minimaliste, répétitif et étourdissant.
Elle crée sa propre compagnie en 1973 à New York = la Lucinda Childs Dance Company.
Elle collabore beaucoup avec Yvonne Rainer (danseuse et chorégraphe américaine de danse moderne).
En 1976, elle se fait remarquer lors de sa première apparition au festival d'Avignon, grâce à son solo dans Einstein on the Beach de Philip Glass mis en scène par Robert Wilson. À partir de ce moment-là, Lucinda Childs se produira plus souvent en Europe et notamment en France.
Lucinda, se sentant plus en accord avec le milieu artistique européen qu’américain, décide de s’installer à Paris. (Où elle habite encore aujourd'hui). Cependant, elle retourne souvent aux États-Unis pour collaborer avec des compositeurs de musique minimaliste tels que Philip Glass ou John Gibson. Elle s'éloignera légèrement de la danse minimaliste et revient à une écriture complice avec la musique grâce à son spectacle Dance qu’elle présente en 1979 à Paris.


Le spectacle


c’est une œuvre emblématique de la danse du XXe siècle et rencontre un nouveau triomphe au Théâtre de la Ville, à Paris.

>> Trois grands noms lui sont associés :
_ Lucinda Childs puisque c’est elle qui créé en 1979 le spectacle.
_ Phil Glass compositeur de la musique minimaliste
_ Sol LeWitt met en place la scénographie qui est révolutionnaire pour son temps ! Il superpose à la vision qu’on a des danseurs sur scène celle de leur image filmée: projetées sur un immense écran transparent, invisible, qui sépare la scène du public, ces images dilatent l’espace, envoûtent le spectateur et décuplent l’effet de fascination de la chorégraphie.

Au milieu des années 60, aux Etats-Unis, les artistes du Minimalisme adoptent la répétition comme méthode de recherche. La succession d’éléments peut aboutir à la création d’une illusion d’optique ou, d’une manière plus radicale, à une expérimentation concernant la perception de l’espace.

  • Il est divisé en trois parties d'égale longueur et offre en son centre un solo qu’interprète Lucinda Childs elle-même. Les douze danseurs, en solo, en duo, en quatuor, déboulent en tournoyant d’une foulée légère, ponctuée de sauts de biches. La répétition envoûte l’esprit du spectateur. On perd pied devant ces deux mondes qui se confondent, tant et si bien qu’on pourrait oublier la complexité d’une chorégraphie savante et virtuose, qui évolue sans cesse, mais de façon imperceptible. La chorégraphie n’est chaque fois ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre.


Lien entre danse et vidéo



Ce spectacle nous montre comment danse et vidéo peuvent s’articuler pour former une œuvre exceptionnelle :
_La vidéo permet de transmettre plus facilement la chorégraphie que sur papier, elle permet également de figer l’œuvre pour la léger aux générations futures.
_La vidéo permet de zoomer et de faire des gros plans sur certains détails clés du spectacle.
_La vidéo permet de rajouter des effets spéciaux pour accompagner les danseurs.

La musique a été réalisée en premier par Philip Glass puis la chorégraphie par Lucinda qui a proposé d’utiliser un écran en tulle. C’est la réalisatrice Lisa Rinzler qui a choisi le noir et blanc pour qu’il y ait plus de contraste avec la couleur des costumes et l’éclairage : ceci accentue la distance entre les vrais danseurs et l’image.
_Sol Le witt : « je n’avais jamais travaillé avec le cinéma mais j’avais en tête des images en simultané pris de différent point de vue. Une réminiscence peut être des premières idées cubistes (Picasso) ou des retransmissions d’évènements sportifs (même séquence de jeu sous plusieurs angles).
_Lucinda Childs : « Je ne veux pas un décor, je veux quelques choses qui transforme l’espace et nous donne une autre manière de voir la danse ».


Sol Le Witt ne vas pas projeter des images en continu mais de façon intermittente. Le montage de plans plus ou moins long, d’images mobiles ou immobiles alterne des temps d’apparition et de disparition. Voir la danse autrement c’est transformer l’espace scénique.
La danse entraine une contrepartie : On ne peut plus simplement la voir frontalement et à distance. Les projections monopolisent l’attention par la multiplication des points de vue.
Ce spectacle change l’habitude perceptive du spectateur et c’est une prise de risque : cette formule heurte le face à face confortable du spectateur.
Les images sont les traces du passé et sur la scène on peut voir le moment « présent ».
C’est le moment où voir fait perdre le pouvoir de penser, c’est même un abandon total. Il ne s’agit pas de savoir ce qu’on voit, ni comment, mais de constater que voir ce fait en nous.

https://www.youtube.com/watch?v=c46PM5V2u-A