Mark Lewis




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Mark Lewis

Biographie


Mark Lewis est un artiste canadien, originaire d'Hamilton. Né d'un père allemand et d'une mère anglaise en 1958, il vît et travaille aujourd'hui à Londres en Angleterre.
L'artiste se découvre tout d'abord un goût prononcé pour la photographie ; ses talents dans ce domaine seront d'ailleurs salués par le public. Il commence par réaliser plusieurs installations dans des espaces divers et variés, pour finalement se découvrir une passion pour l'image en mouvement.


Premiers pas

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Disgraced Monuments (1994)
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Disgraced Monuments (1994)

C'est à l'occasion d'un projet sur l'iconoclasme dans l'ex-Union soviétique en 1994, que l'artiste fait ses débuts en tant qu'artiste/cinéaste; il réalise Disgraced Monuments, d'une durée de 48 minutes, avec la théoricienne anglaise du cinéma Laura Mulvey.




Inspirations

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L'arrivée d'un train en gare de la Ciotat - Frères Lumière (1895)
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Louis et Auguste Lumière
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La sortie de l'usine Lumière à Lyon - Frère Lumière (1895)

L'artiste, qui compte aujourd'hui 84 œuvres à son actif, a trouvé ses premières inspirations chez les frères Louis et Auguste Lumière. En effet, ceux-ci cherchaient simplement à l'époque à décrire une action, souvent banale, à travers leurs bandes filmées. Pionniers du cinéma, il est important de citer parmi leurs œuvres les plus emblématiques ; L'arrivée d'un train en gare de la Ciotat, réalisée en 1895, ou encore La sortie de l'usine Lumière à Lyon, tournée la même année également.
Pour l'artiste canadien, le film s'est inventé avant la technique même du cinéma; celui-ci existerait depuis le début dans notre œil, le cinéma serait né uniquement pour donner à voir autrement. Des personnes comme Goethe défendait déjà cette idée. Celui-ci parlera même d'« animer optiquement les œuvres en clignant des yeux ».


Le quotidien, en tant que sujet principal d'une œuvre

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Mark Lewis

La banalité. C'est ce que Mark Lewis tend à capter en réalisant ses œuvres, en rejetant tout effet spectaculaire pour au final ne retenir que des moments de la réalité environnante.
« J'ai trouvé que je ne m'en sortais pas mal. Ça m'a encouragé et je me suis approprié le médium film. »
Sans s'encombrer d'un scénario préalablement écrit, l'artiste tend à capter de brefs moments cinématographiques ; sans véritable début, ni fin.
Comme il le dira même lors de plusieurs interviews la plupart de ses idées, qui aboutiront par la suite à d'authentiques projets, lui viennent généralement lors de ses promenades au milieu de la nature ou des espaces urbains : « C'est tout le paradoxe de la manière dont j'ai découvert Londres, où j'habite désormais avec ma famille. Comme je ne me déplace qu'à vélo, j'arpente la ville, mais finalement je ne regarde et je ne parle à personne. Je navigue dans le paysage. »
Avec cette idée d'exploitation du quotidien, l'artiste canadien s'attarde sur ce que nous-mêmes ne prêtons pas forcément attention dans notre vie de tous les jours. Ainsi, il cherche à nous révéler le monde, à nous amener à changer notre façon de percevoir les choses, en quelques mots ; à nous aider à voir autrement.


Exploration optique


Dans son travail où se mêle peinture, photographie et cinéma, Mark Lewis cherche à explorer au maximum le champ des possibles d'une caméra. Ainsi, il joue avec les différents jeux de lumière, le cadrage, les divers mouvements que peut effectuer la machine, la vitesse, les angles de prise de vue, …
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Rush Hour, Morning and Evening, Cheapside (2005)

Avec son œuvre Rush Hour, Morning and Evening, Cheapside réalisé en 2005, l'artiste tend en effet à offrir une véritable métaphore du cinéma. On y voit une caméra avançant en travelling avant sur le trottoir d'une rue et filmant sur son passages tous les passants présents à ce moment-là. En inversant le cadre, le vidéaste modifie considérablement l'apparence des personnes que l'on peut y voir.

Toujours avec cette idée d'exploration, il entend aussi explorer la notion de temporalité. En affectionnant particulièrement les nouvelles technologies, un nombre important de possibilités s'ouvre alors pour la création d'images en mouvement.


Offrir une sensation d'étrangeté avec un certain brouillage temporel


En projetant en boucle un bon nombre de ses films, l'artiste accroît cette idée de brouillage temporel pour l'œil humain.
Ces nouveaux exercices du regard s’accommodent parfaitement avec son lieu de prédilection pour exposer ses œuvres ; le musée. En effet, il est pour lui l'endroit parfait pour que le public puisse contempler parfaitement et comme il se doit ses œuvres ; les murs entiers peuvent être employés comme « toile de projection ». À l'inverse, l'écran de projection classique ou le format télévisuel casseraient totalement cette compréhension de l'œuvre de Mark Lewis.

En changeant notre façon de percevoir les choses, l'artiste tend à amener une sensation d'étrangeté à ses spectateurs. Le cadrage est alors primordial pour lui pour désorienter le public.
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Spadina - Reverse Dolly, Zoom, Nude (2005)

Son œuvre Spadina: Reverse Dolly, Zoom, Nude réalisée en 2005 également, il désir créer une continuité cinématographique à partir de plans qui n'ont, à la base, aucun lien entre eux : un gros plan sur le détail du feuillage d'un arbre, un plan large sur un paysage urbain et zoom sur un balcon où une femme nue est en train de prendre l'air. En les associant en un seul plan séquence, un nouveau récit s'offre alors à nous.


Temps suspendu, étiré ou encore arrêté

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Above and Below the Minhocão (2014)

Mark Lewis est pour beaucoup considéré comme le vidéaste du silence, mais également comme quelqu'un qui cherche à s'approprier et jouer avec le temps.
Prenons un exemple : son œuvre Above and Below the Minhocão réalisée en 2014, dresse un tableau des plus fascinants. Cette vidéo prend place sur l'autoroute du Minhocão à São Paulo au Brésil, construite dans les années 1970. Longtemps été une véritable fierté pour les habitants grâce aux nombreuses constructions qui, aux abords y voient le jour, ce symbole de modernité est par la suite rapidement gâché par diverses pollutions (au niveau environnementale, sonore, …). Aujourd'hui, la circulation y est interdite la nuit et les week-ends. Pendant ces « heures creuses », les piétons envahissent alors la parcelle de route. Avec une incroyable vue en plongée, l'artiste nous propose un long plan séquence lors de ces moments de calme, où chacune des personnes deviennent de véritables personnages. Il laisse alors le spectateur percevoir ce qu'il souhaite à travers cette vidéo, comme l'interrogation qui nous conquit à la vue d'un couple que l'on voit assit sur un terre plein...
Projetée en plein écran, le public de Mark Lewis est alors totalement immergé dans cette histoire.
« Lorsqu'on prépare un tournage, on espère que quelque chose va arriver ; l'inattendu est le nectar des dieux ».




Site internet officiel de l'artiste

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Mark Lewis

http://marklewisstudio.com/