Marlene Dumas

L’art de Marlène Dumas est unique. L'art de Marlène Dumas est sensible, contagieux, séducteur, toujours tourné vers le versant érotique de la vie.

Née  en Afrique du Sud en 1953, hollandaise d’adoption, elle jouit d’une liberté d’expression incroyable. Aussi, l’artiste affronte les tabous de la société: l’apartheid, les inégalités sociales, la mort, l’érotisme ou encore la perversité. C’est en puisant dans son expérience personnelle qu’elle tente d’aborder les horreurs qui prennent place dans nos sociétés.
  • Sa démarche, anachronique pour certains, utilise depuis plus de trente-cinq ans la peinture figurative comme outil d’expression. Et s’il est vrai qu’elle s’écarte des tendances majeures de l’art contemporain de ces dernières décennies, sa démarche n’en demeure pas moins surprenante.
Elle place à travers le corps, l'identité est au cœur des ses œuvres et accorde une place prépondérante à la figure au détriment du second plan permettant ainsi de dévoiler ou laisser dévoiler avec avec justesse les facettes de la condition humaine
Elle dira à propos de ses œuvre lors d'un entretien avec Barbara Bloom: «j'ai toujours voulu que mes tableaux ressemble plutôt a des filmes ou a d'autres formes d'art qui ouvrent le débat dans de multiples directions.
  • Elle décide en 1984 d’abandonner l’abstraction de son époque, pour retourner à l’expressionnisme de ses dessins d’enfant. Elle ne peint plus que des visages et des corps.
  • The Painter 1994 huile sur toile 200*100 cm

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  • Ses toiles et dessins se distinguent par leur contenu politique et leur message fort. Alors que beaucoup d’artistes occidentaux se perdent dans des questions de pure forme, elle n’hésite pas à provoquer sur des thèmes contemporains. Avec une grande économie de moyens, souvent de l’encre de chine sur papier, elle traite des différentes facettes de la condition humaine : passion, violence, racisme, religion, sexe, mort...
  • Elle voit une « beauté terrible » dans les nouveau-nés comme dans les mannequins, les femmes posant dans des revues pornographiques ou les jihadistes prêts aux attentats-suicide. Dans ses archives, elle a des coupures de presse rangées dans des boîtes étiquetées « guerre », « couples » ou « porno ». Je n'ai jamais dessiner un arbre de ma vie dira elle à un journaliste allemand.
Black Drawing 1991-1992

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En tant que Sud-Africaine blanche, elle s’est opposée à l’apartheid, sans en faire un sujet central dans son art. Elle est l’une des rares, cependant, à peindre des visages noirs et blancs et à les exposer ensemble.
Aujourd’hui, elle est la femme artiste la plus chère au monde. Son tableau La maîtresse, d’après une photo de classe, s’est vendu 3,3 millions de dollars en 2005 chez Christie’s à Londres. Ses toiles coûtent entre 2 et 6 millions de dollars.
Elle dérange, mais ne répond pas aux critiques d’art – toujours masculins – qui la tiennent comme le New Yorker pour une artiste « de seconde zone ». Elle expose dans tous les grands musées de la planète. Des rétrospectives lui ont été consacrées de l’Afrique du Sud au Japon en passant par le Museum of Modern Art (Moma) de New York.Pince-sans-rire, elle compare ses acheteurs aux clients d’une prostituée : « Je ne peux pas me débarrasser de ceux que je n’aime pas, parce qu’ils paient pour m’avoir ».
Marlene Dumas a exécuté des portraits très connus de Mandela jeune ou du mannequin noir Naomi Campbell. Son portrait d’Oussama ben Laden a été acheté par le musée Stedelijk en 2012. Cette toile dépeint le fondateur d’al-Qaïda en jaune et bleu, sous des traits doux et un visage légèrement souriant. Un tableau dérangeant… « Pour moi, le texte est étroitement associé à l’image, dit l’artiste. Si on ne savait pas qui était cet homme, quel effet aurait cette toile ? »

  • De même, elle a réalisé entre 2002 et 2005 une série intitulée Jeunes hommes, d’après des photos de jihadistes et de jeunes Marocains de son quartier. Une manière de s’interroger sur l’islamophobie montante et le fait que tous les jeunes ayant des traits arabes soient perçus comme des ennemis potentiels, depuis les attentats du 11-Septembre 2001 à New York.
Elle réfléchit sans cesse à ce qu’elle appelle le « fardeau de l’image ». Autrement dit, le poids des mots et le choc des photos continuellement diffusés par les médias. Elle-même rechigne à s’exposer, et préfère rester une énigme. Ce thème de fardeau image est d'ailleurs celui de la rétrospective qui lui est consacré au musée d'art contemporain d'Amsterdam.

  • The Girlfriend 1986

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