Michal Rovner


BIOGRAPHIE:
  • michal rovner

  • Michal Rovner, née en 1957, à Tel-Aviv, dans une famille d'origine allemande et russe, se tourne d'abord vers la danse. Ensuite, vers les arts visuels lorsqu'elle fonde, avec son mari Arie Hammer, à Tel Aviv en 1978, la Camera Obscura,une école de photographie, vidéo et cinéma,.

Ellese tourne alors vers la philosophie et le cinéma à l'université de la même ville, puis suit une formation de photographe à l'Académie Bezalel de Jérusalem en 1981.
En 1988, Michal Rovner choisit de venir vivre à New York, où elle est en 1990 l'assistante du photographe et cinéaste Robert Frank. Elle y a toujours son atelier, même si elle retourne régulièrement en Israël pour puiser son inspiration dans sa région natale entre Jérusalem et Ramallah.


METHODE DE TRAVAIL:

Michal Rovner tourne aujourd'hui ses images dans le monde entier et emploie, si nécessaire, des figurants. Elle reprend les plans très larges de la chorégraphie initiale et les mouvements réels de ses modèles, et utilise les procédés numériques d'étirement du rythme. En usant de la répétition et du montage en boucle, en soulignant ces procédés par la bande sonore, elle retrouve certains aspects du cinéma expérimental.
Le dispositif de projection opère à son tour une relecture des images, selon qu'elles envahissent une pièce obscure ou s'inscrivent sur une table, une pierre du désert, une vitre ou la page d'un livre. L'aspect le plus impressionant de cette œuvre repose sans doute sur l'invisibilité des procédés d'adaptation de la projection sur des objets transformés en "écrans".

OEUVRES :


Mutual Interest, Sa première installation vidéo qui date de 1997. On y voit des images d'oiseaux en vol traversant des écrans dans une pièce obscure.

Against Order, Against Disorder, est Le titre de l'exposition du Pavillon israélien, qui l'a fait connaître en 2003 à la Biennale de Venise,

Time Left,

time left

Les multitudes de silhouettes quibougent sur les écrans et les murs forment à la fois des masses anonymes et une suite d'innombrables individus. Et lorsque Michal Rovner superpose ces files de marcheurs, utilisant le noir et blanc, les corps se changent en signes, en de véritables hiéroglyphes vivants. Michal Rovner s'est inspirée pour cette pièce du vide et du silence qu'elle a éprouvés lors d'un voyage en Sibérie. L'atmosphère dramatique de l'œuvre, exposée au Whitney Museum en 2002 et à Venise en 2003, repose certainement sur l'évocation, au travers de ces lignes blanches de personnages infatigables se tenant la main, de la mécanisation des corps dans notre monde industriel. Le travail à la chaîne, les marches forcées de captifs, mais aussi les rondes enfantines ou populaires, se trouvent ici associés dans une forme minimale.

  • D'autres compositions, d'inspiration plus ornementale, évoquent les danses collectives des pays de l'Est et des pays baltes. Ces significations s'enchaînent sans s'annuler dans une œuvre qui ne veut se soumettre à aucune progression narrative.


Datazone, Culture Tables
, 2003
culture tables
Cette pièce contient trois tables où s'inscrivent de petits écrans circulaires à cristaux liquides. La forme et la position de ces écrans évoquent la vision au microscope. Les mouvements qui se développent à partir de lignes de personnages en mouvement, filmés en contre plongée, trouvent des évocations organiques ou végétales. Ce que confirme l'emploi de la couleur rouge. On peut également penser aux constellations que semblent former certaines danses populaires d'Europe de l'Est, où chaque danseur participe à une figure générale qui ne serait compréhensible que par une vue en plongée. "Je travaille sur ce qui se passe entre les choses, les forces qui les relient et les placent dans un environnement. C'est le changement permanent de la matière qui me fascine", Connaissance des arts, février 2004.

The Well, 2004

Un quadrilatère de pierre avec au fond un écran à cristaux liquides, similaire à celui des Culture Tables, montre l'image d'une foule humaine en mouvement, prisonnière d'un motif en évolution constante.

the well

The Well propose de se pencher sur la représentation d'un "monde souterrain", associant mythes originels et technologies modernes.

Cabinet Stones, 2004-2005
cabinet stones
Des pierres du désert dont la surface aplanie est couverte de signes qui semblent avoir été gravés et usés par le temps, figurant des vestiges archéologiques. Il s'agit de projections, et ces signes sont de minuscules figures humaines. La superposition d'une technologie récente à un vestige archéologique articule des temporalités éloignées.

Tablets
, 2004

Les deux pierres rectangulaires, comme une double page sur le sable et visibles depuis une plateforme surélevée, sont parsemées de silhouettes, selon le même principe que les pierres des Cabinet Stones. Les figures minuscules alternent la marche et la prosternation. Là encore, il y a un contraste et une cohabitation de la tradition, notamment les rites religieux et les techniques très modernes utilisées par Michal Rovner.

Fields of Fire,
2005

Fields of fire

Michal Rovner a déjà collaboré avec des musiciens : Philip Glass en 2001 pour Notes, Rea Mochiah en 2002 pour Time Left. Les images de puits de pétroles et du paysage où ils surgissent ont fourni la matière de Postcard et de Fields of Fire. L'artiste a enregistré le contraste entre l'horizontalité de la plaine et la verticalité des puits, entre le désert et les le système industrielles, entre l'absence de vie et de végétation et les jets de flammes qui s'échappent des puits. Ces flammes deviennent, une fois filtrées par les procédures et le montage, des traces qui évoquent à la fois le trait de pinceau et des nuages que l'on peut rapprocher de la peinture traditionnelle chinoise.

Exposition au musée du Louvre:


exposition au Louvre

Le musée du Louvre invite Michal Rovner à investir le Louvre médiéval, deux salles du département des Antiquités orientales, et la cour Napoléon. Michal Rovner, marquée par les conflits sociopolitiques du Moyen-Orient, développe une œuvre multimédia sur les thèmes de l’archéologie, de la mémoire et du territoire. Elle envisage le passé en parallèle avec le présent. « Je souhaite trouver cette connexion avec les pierres, dit-elle à propos de son travail. Ce qui m’intéresse le plus, c’est ce processus temporel. Le Louvre permet ce déplacement temporel et spatial d’une salle à l’autre, d’une époque à l’autre. » Pour cette exposition, elle choisit d’investir les salles du département des Antiquités orientales du musée consacrées à la Syrie, à la Jordanie et à la Palestine, et les fossés médiévaux. Réalisant des œuvres in situ, l’artiste projette ses vidéos sur les murs et les objets antiques. Elle fait ainsi dialoguer les ses figures et inscriptions avec des vestiges antiques.

L’exposition se trouve sur l’esplanade de la cour Napoléon, où Michal Rovner présente deux batiments, l’un en ruine, l’autre bâti. Ces édifices apellés Makom, « espace » en hébreu, sont construits par des personnes d’origine et de confessions différentes avec des pierres provenant des décombres de villes comme Jaffa, Gaza, Jérusalem, Bethléem…
L’artiste livre une œuvre engagée, sensible et méditative abolisant les frontières entre les époques et les cultures.

  • Makom


  • La démarche de Michal Rovner évoque les changements de la mémoire, les aléas de la perception. Le rythme des images, l'utilisation de la répétition et du déplacement, sont des procédés qui abolissent toute sturucture narrative au profit des impressions et des émotions. Ses oeuvres évoquent les migrations de populations, les disparitions massives. En redéfinissant l'espace sa démarche thématise des problématiques actuelles, notamment celle du conflit au Proche Orient.