Million Miles

Arte Vidéo Night 3
Session : Tony Oursler
Million miles (Orbital screw), réalisé par Tony Oursler, en 2007


Tony Oursler est un artiste américain, travaillant principalement la vidéo et l’installation, surtout la projection qu’il utilise notamment avec des images de corps ou fragments de corps sur des sphères suspendues, ou des poupées posées sur le sol. Il supprime certaines propriétés de la projection comme celle du cadre, à travers des univers spectraux, posant la question de l’humain et du non humain. Tony Oursler apparaît dès le premier Arte Video Night, avec son installation Switch-The philosophers, projection d'images de personnalités excentriques sur des poupées, qui apparaît avec la collection du Centre Pompidou. La thématique développée par Tony Oursler demeure le corps humain mis à mal par le monde contemporain. Pour cela, il réduit ce corps, le fragmente et le désintégre. Des poupées de chiffon, au visage vidéo, qui se perdent et révèlent ainsi l’invasion du monde réel par l’image. Il met en place une simulation du vivant en utilisant plusieurs sortes de médias, pour délivrer un message, à travers ses personnages. Il reprends les éléments liés à la fantasmagorie pour mettre en place ses installations, avec l'utilisation de la lumière, de la fumée, et de l'image projetée. La suppression du cadre et le projection sur de la fumée sont important dans son travail. A travers son art il veut que le spectateur se regarde de manière extérieure.

L'artiste fait ici, dans ce troisième reportage sur l'Art Vidéo, une interview en présentant quelques unes de ses oeuvres :
- Skin, réalisé en 1994
- The devil is in the details, réalisé en 1997
- Thaw, réalisé en 2003
- Star, réalisé en 2005
- Candy mountain, réalisé en 2010
- Million miles (Orbital screw), réalisé en 2007

Comme on peut le voir dans Million miles (Orbital screw), la vidéo est pour lui une façon de transformer le corps humain, comme dans la vie, mais de manière accélérée dans son travail. Il effectue des décompositions emblématiques de visages humains pour créer des formes, avec une volonté poétique. L'artiste projette ici sa vidéo sur une installation en matière plastique semblable à de gros tuyaux, entourants une sphère au centre de ces derniers. Il joue sur la façon dont nous voyons les choses et dont nous percevons le monde. L'artiste joue également sur la dimension physique, car la projection sur la surface est pour lui synonyme pour refaire surface. Un aspect psychologique apparaît dans son travail, avec la volonté de définir certains états d'esprit. Sur la sphère au centre, est projeté une visage déformé ressemblant à la lune de Méliès, dans son court métrage Le voyage dans la lune, de 1902. Ce visage effectue une lente rotation de droite à gauche, en parlant et en tournant ses yeux dans tous les sens. Il n'y a pas d'ajout de sons d'ambiances ou de bruitages, seul la voix du visage est mis en place. C'est une voix de femme qui s'exprime de manière lente en anglais, elle soupire et semble être désabusée. La projection sur les tuyaux ressemble à des faisceaux lumineux sur de l'eau.