Article nécessitant des illustrations. 08/03/2016

Mourad Merzouki


Mourad Merzouki

BIOGRAPHIE

Né en 1973 à Lyon, Mourad Merzouki est danseur et chorégraphe de hip hop, danse contemporaine et il est le directeur du Centre chorégraphique nationale de Créteil et Val-de-Marne. Mourad Merzouki s’intéresse à la danse très tôt mais il commence par étudier dans une école de cirque où il apprend les arts martiaux. En 1990 il commence à s’intéresser plus spécifiquement au hip hop, il avait l’habitude de regarder l’émission « Sydney » dans les années 80 et c’est cela qui l’a poussé à mêler hip hop, art martiaux et acrobaties. Il réalise plusieurs stages de danse au cours de son apprentissage, il est vite remarqué et s’associe en 1989 avec Kader Attou, Eric Mezino et Chaouki Saïd pour former la troupe Accrorap et en 1996 il fonde sa propre compagnie intitulée Käfig (cage = allemand/arabe). Le terme Käfig représente son passé, son sentiment d’être enfermé mais maintenant avec son travail ce n’est plus du tout le cas, c’est donc une sorte de contrepied, un clin d’œil à son passé : il a réussi à se libérer de cette cage. De plus, les danseurs avec lesquels il travail sont d’origines Allemandes et Arabes lors de ses débuts. Plus tard il collabore avec des personnes venant de différentes cultures.

Syndney, emission de Hip Hop des années 80


Oeuvres artistiques

L’artiste à créer à lui seul et avec ses groupes passés plusieurs œuvres, je vais me concentrer seulement sur quelques une d’entre elles. Voici la liste de chacune de ses œuvres.

1994: Athina (accrorap)
1996: Käfig (homonyme)
1998: Récital
1999: Pas à pas
2000: Le Cabaret Urbain
2001: Dix Versions
2002: Le Chêne et le Roseau
2003: Corps est graphique,Mekech Mouchkin
2004: La Cuisine
2006: Terrain Vague (cirque)
2008: Agwa, Tricôté
2009: iD, Des Chaussées
2010: Correria, Boxe Boxe
2012: Käfig Brasil, Yo Gee Ti
2014:Pixel

Käfig : 1996
Troupe Käfig photo par Agathe Poupeney

Cette compagnie regroupe plusieurs disciplines : la danse hip hop, contemporaine, les arts martiaux, la vidéo, la musique live, la lumière, les costumes, le théâtre… Son spectacle est une réelle construction artistique. Un échange entre les différentes générations se créer. C’est l’état d’esprit que l’artiste cherche à incorporer dans ses spectacles, cela pousse à inventer un dialogue entre les générations.
Dans sa jeunesse, le hip hop était vu comme éphémère mais aujourd’hui cela représente la danse avec un grand D. De plus, en 1998 Merzouki a fait un Récital en extérieur regroupant approximativement 3000 personnes il a fait les auditions lui-même, il a rencontré les artistes. En effet dans une interview il raconte qu'il n’a pas d’idées arrêter ; quand il créer un spectacle, le spectacle se constitue avec l'ensemble du groupe, c'est une vrai collaboration.

Pole Pik : 2009
  • Pole Pik devanture
C’est un centre chorégraphique à Bron, près de Lyon. Ce centre est le premier au monde à être consacré au hip hop, il vise à la transmission. En effet, il existe des cours donnés par des professionnels et Merzouki lui-même pour ouvrir l’art à la danse à un publique qui ne va pas forcement voir de la danse dans ce style très particulier qui représente un mixte des genres. C'est donc le début d'une création d’un réseau dynamique à Lyon qui est un lieu important pour la danse selon Merzouki, en effet dans une interview, il a confié qu’il ne serait peut-être pas là où il est aujourd’hui s’il avait vécu dans une autre ville française. On parle de lui comme du « patron du Hip hop » il est réputé à l’étranger, Il a fait le tour du monde avec ses danses urbaines, mix genre, musique, culture. C’est un vrai phénomène culturel.

Enseignement

PIXEL : 2014
  • Pixel

C'est un spectacle à gros succès qui ouvre un dialogue entre les arts numériques, la danse, les acrobaties et les artistes du cirque, la musique live avec Armand Amare musique classique qui dénote avec le style Hip hop de la rue. Sur le site « Maison de la danse, un critique anonyme écrit les mots suivants :

«Avec Pixel, Mourad Merzouki signe une œuvre phare au carrefour de la danse et de la vidéo interactive, qui puise dans l’énergie du Hip Hop et la projection 3D des artistes numériques Adrien Mondot et Claire Bardainne »


Dans ce spectacle on rencontre onze personnes venant du monde du cirque et de la danse. Ce spectacle nous offre un trompe l’œil très bien réussit, les images pixélisés évoluent en fonction des danseurs et de leurs mouvements, il y a un équilibre entre le réel et le virtuel, une technique très bien exécutée, c’est un divertissement ludique et joyeux. Les danseurs doivent se confronter aux images pixélisés qui sont projetés au sol et sur les murs de la scène, ils doivent donc apprendre par cœur la chorégraphie et la musique pour avoir une synchronisation parfaite avec ces images projetés. Le Monde a fait une critique de ce spectacle :

  • « Le hip hop de Mourad Merzouki sort régénéré de ce contact imaginaire. Élégant, ultra-dessiné comme à son habitude, il a attrapé une autre texture, veloutée parfois, une densité élastique. Comme si des pixels avaient été transplantés dans les muscles même des danseurs pour en faire des mutants planants. »

Boxe Boxe : 2010


  • extrait début

Dans ce spectacle, il y a onze danseurs brésiliens sur scène qui incorporent la danse Carioca à ce spectacle, une touche de leur culture qui dénote l’originalité du travail de l’artiste. En effet, ils viennent de milieux pauvres des favelas brésiliennes, ils n’ont donc jamais eu de cours de danse dans leur jeunesse, ils sont autodidactes. Ils ont rencontré Merzouki et ainsi, le groupe s’est entrainé ensemble, une amitié est née et un vrai travail d’artiste en est ressorti.
Dans Boxe Boxe l’échauffement physique est intense, en effet, ils font beaucoup de cardio comme pour un vrai entrainement de Boxe à la Mike Tyson. Quand Merzouki nous parle de Boxe Boxe il raconte que certain pense à la violence que dégage la boxe mais pour lui la boxe est similaire à un jeu d’échec, c’est réfléchis, ça devient beau à voir et à vivre. (Interview)
Merzouki créé se spectacle en puisant dans ses souvenir de jeunesse ce qu'il a vu au dehors, à la télévision... Ses inspirations principales pour Boxe Boxe sont : The Champion 1915 avec Charlie Chaplin : Il choisit comme Chaplin de décaler une discipline avec de l’humour. Merzouki utilise aussi l’art de la danse. De plus, il a été influencé par Rocky, Mohammed Ali, Mike Tyson…


Le spectacle : C’est un ballet de gants de boxe accompagné d’un quatuor à corde. C’est très précis : le chorégraphe intervient même auprès des musiciens pour parler de changements.


YO GEE TI : 2012

YO GEE TI veut dire Organique, c’est l'essence même d'une énergie différente, d'une fusion entre les différents styles, les différentes cultures. Dans ce spectacle il y a dix danseurs Taiwanais. Merzouki raconte dans une interview son ressenti face aux différentes cultures et leurs réactions face à la danse. Il a travaillé avec le styliste Yohan Kou qui, dans ce spectacle, a travaillé la laine à l’état brute: il façonne la laine, la tresse, en fait des pulls, des bonnets... Ici il y a donc une approche avec l'art du textile et l'art de la danse : C’est totalement brut au début et ils en font un spectacle. Merzouki va lui parler et créer son spectacle en fonction du styliste aussi, Y. Kou a repensé sa façon de faire les costumes, Merzouki lui aussi a repensé à sa chorégraphie pour que les danseurs puissent habiter le costume. Pour créer un spectacle on a besoin d'une entente, d'une harmonie.

  • Extrait du spectacle

Merzouki nous informe que la communication n'était pas difficile bien qu’il ne parle pas mandarin et eux pas français, la danse est un langage universel donc il n’y avait pas de barrière « le corps parle de lui-même ». De plus, le travail à Taiwan lui a montré la capacité que les danseurs peuvent avoir à enregistrer les mouvements plus vite que les français, ils ont de la patience, de la zenitude. Le publique à Taiwan ressentait une certaine fierté selon Merzouki, car leur danseurs étaient au même niveau que les danseurs français, Il y avait une standing ovation à la fin.


Autres extraits de ses spectacles

Vidéo AGWA


Objet dans le spectacle : Agwa = verre plastic boxe et classique, surprise contradiction musique live champagne


Pour moi, ce spectacle est magnifique j’aime beaucoup la réalisation, l’originalité et ce mixe de genre. Etant moi-même danseuse, j’aimerais beaucoup participer à un projet comme ceux de Merzouki. Lorsque j’ai regardé sur YouTube les avis des téléspectateurs ils étaient tous ravis, le sourire aux lèvres et je pense que c’est cela le but d’un artiste, créer un sentiment de paix, de bonheur pour un cours moment.
Le but de son spectacle est le divertissement. Merzouki ne fait pas de revendication, pas de messages sur la société, la politique etc. Il donne des images, fait paraitre des émotions, Il essaie de montrer la générosité du hip hop et de l’art en général. Son objectif est d’atteindre le public, il essaie d’envoyer des émotions de plaisir, qu’il ne se pose pas de questions sur le message de son spectacle autre que le divertissement. Il inclut souvent de l’humour dans ses spectacles, encore une fois pour renvoyer cette image de bonheur, passé un bon moment.
On note également une réaction différente selon les pays, chaque culture est différente mais tous répondent avec le sourire.

Auparavant, dans les années 1980, le hip hop était vu tel un cliché, une danse éphémère exclusivement réservée aux « gosses de rues » « banlieusards ». Mais très rapidement cette danse très particulière s’est étendue à un plus grand nombre, et cette « tendance » a duré contre toute attente. Le Hip Hop s’est totalement redessiné au cours des années, la nouveauté qu’inclue Merzouki dans ses spectacle nous emmène plus loin encore, en effet, c’est différent et déstabilisant, pas seulement pour les spectateurs mais aussi pour les danseurs. C’est intéressant de par sa nouveauté, cela sort des habitudes. Merzouki ne tient pas à mettre une casquette, un label dans son travail : « la danse est un corps en mouvement » a t-il dit dans une interview.