La Harpe à Nuages de Nicolas Reeves


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Biographie de Nicolas Reeves

Nicolas Reeves est né en 1957 à Ithaca, dans l'état de New York. Cet artiste, chercheur, et compositeur est le fils de l'astrophysicien Hubert Reeves. Il est titulaire de deux baccalauréats, l'un en architecture, qu'il a obtenu en 1982, l'autre en physique, obtenu à l'Université de Montréal en 1985.

Reeves fait des études avancées en physique à Montréal jusqu'en 1986 et obtient une maîtrise en architecture du Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1988. Il a travaillé avec Philippe Madre et Jacques Rousseau, deux architectes respectivement originaires de Paris et Montréal. Il le reçoit le Prix de Rome puis est admis en 1992 dans l'Ordre des architectes du Québec. Devenu designer et architecte, il travaille également en tant que bénévole pour des ONG.
Il a remporté en 1994 la compétition pour le Grand Prix d'Architecture du Québec et aaussi reçu plusieurs prix et bourses, notamment duConseil des arts du Canada et a prononcé plusieurs conférences de par le monde. Il a publié un certain nombred'articles sur son travail portant sur les dispositifs stéréolithographiques et les systèmes codés dans des revues comme ARQ - The Architecture Review et Inter. De 1998 à 2008, Nicolas Reeves occupera le poste de vice président de la société des Arts Technologiques (SAT). En 2001, il devient directeur scientifique de l'Institut Hexagram de recherche-création en arts et technologies médiatiques jusqu'en 2008. Actuellement, il enseigne au département de design de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et dirige le NXI GESTATIO, le laboratoire de recherche et de création en informatique, architecture et design.




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ci-contre une photographie de La Harpe à Nuages à Montréal

La Harpe à Nuages



En collaboration avec le laboratoire NXI GESTATIO de l'UQAM, Reeves a créé des sculptures sonores architecturales et météorologiques.
  • La Harpe à Nuages également connue comme la Harpe de Kepler, d'après l'astronome allemand Johannes Kepler (1571-1630) qui a inventé le terme « la musique des sphères ». Reeves décrit la harpe comme une « installation météo-électronique ».
Cette installation est présentée pour la première fois en 1997 au Quebec, à Amos.
Les nuages ont été préféré à d’autres phénomènes naturels ou artificiels (vagues de la mer, signaux landsat, mouvements des feuilles dans les arbres...) car ils offrent de grandes variations d’amplitude et de mouvement, ainsi qu’une grande variété d’échelles.

Nicolas Reeves (Harpe à Nuages)

La Harpe à Nuages du Canadien Nicolas Reeves est une installation qui transforme en temps réel la structure de nuages qui passent au-dessus d’elle en sons. Cette installation a déjà fonctionné au Québec en 1997, en Allemagne et en Pologne et au Nouveau-Brunswick en 1998. Une nouvelle version de la Harpe sera montrée en 1999 à Lausanne. Les nuages ont été choisis plutôt que d’autres phénomènes naturels ou artificiels (vagues de la mer, signaux landsat, mouvements des feuilles dans les arbres...) car ils offrent de grandes variations d’amplitude et de mouvement, ainsi qu’une grande variété d’échelles. Son principe est celui d’un lecteur de CD géant, retourné à l’envers. Dans la Harpe à nuages, un grand faisceau laser infrarouge, tourné vers le haut rebondit à la surface du nuage. Le laser infrarouge utilisé, contrairement au laser optique, est invisible.

Le rôle de la lentille est assuré par un télescope. Le temps de retour vers le télescope donne l’altitude de la couche nuageuse à chaque instant, et l’intensité du faisceau réfléchi donne la densité du nuage à cet endroit. Ainsi le dispositif reconstitue la forme, et la structure du nuage. Les informations sont ensuite converties en séquences sonores par l’intermédiaire d’une interface informatique entre les nuages et la musique développée spécifiquement pour le projet, baptisée « Midilidar ". Cette interface graphique et très intuitive permet à tout compositeur connaissant les bases de la musique informatique (système MIDI) de se familiariser avec le fonctionnement de l’instrument, de dialoguer avec le nuage, et de produire sa propre musique. La première version utilisait un laser infrarouge de 4000 mètres de portée. Seize voix chantaient simultanément. Les orchestrations changeaient automatiquement selon l’heure du jour et en fonction des grandes conditions de ciel (ciel clair, une couche de nuages, deux couches de nuages, pluie ou neige, brume). La Harpe à Nuages est aussi appelée Harpe Keplerienne car avant toute transformation, le son produit par la Harpe est arrangé selon une orchestration dite « Keplerienne », par analogie avec l’harmonie des sphères telle que Kepler l’a établie au XVIe siècle, et dont elle reprend les principes de base.

Un « harmoniseur climatique », dispositif basé sur un capteur CCD, et donc proche d’une caméra vidéo, permet de donner à la Harpe des informations complémentaires sur l’état du ciel. Cet « harmoniseur » définit sept états différents du ciel : ciel clair, ciel couvert mais nuages hors de portée, une couche de nuages, deux couches de nuages, trois couches de nuages, précipitations (pluie, grêle, neige), ciel bouché (brume, brouillard). Il règle ainsi la sensibilité de la Harpe afin d’éviter soit une trop grande monotonie, soit des sons ultra-aigus incontrôlables en l’absence d’un « pianiste à nuage ».

La Harpe à Nuages est une installation qui peut être utilisée pour des performances ou des concerts, mais est surtout conçue comme une « fontaine sonore » fonctionnant vingt-quatre heures sur vingt-quatre, par tous les temps et toutes les températures, sans jamais répéter les mêmes séquences. Ses sonorités varient en fonction des conditions ambiantes.
La Harpe n’est pas seulement une « installation sonore », Nicolas Reeves insiste sur sa dimension architecturale. Les équipements technologiques sont en effet insérés dans un caisson, « le buffet de la Harpe », de taille importante. Nicolas Reeves se réfère au concept d’« architectone ». « Le terme « architectone », forgé par Malevitch dans les années 20, réfère à une proto-architecture, « une formule qui peut devenir architecture pourvu qu’un programme lui soit imparti », et qu’elle devienne habitée.

Les architectones suprématistes de Malevitch sont lus aujourd’hui comme des architectures ; il n’en allait pas de même à l’époque de leur création, où peu d’architectures empruntaient de telles morphologies. Les architectones de Malevitch, tout comme les architectures fabuleuses de Piranèse, les spectres de Ferris ou les délires de Liebeskind, évoquent l’existence de formes architecturales latentes, qui hantent l’imaginaire humain depuis parfois des millénaires (... )" . Ces formes peuvent devenir réalisables grâce à l’évolution technologique.

La morphologie du buffet de la Harpe est déterminée d’une part par l’évolution d’un système informatique de vie artificielle, une sorte de bioculture virtuelle ensemencée par un fragment de nuage, et d’autre part par les caractéristiques architecturales et spatiales du lieu d’implantation. Le laboratoire Gestatio de design et d’architecture, que dirige Nicolas Reeves à l’université du Québec à Montréal, s’intéresse à la parenté entre les résultats obtenus par l’évolution de systèmes informatiques dits « de vie artificielle » et les formes des villes traditionnelles, ainsi que celles des bidonvilles, souvent qualifiés « d’organiques ». Depuis peu de temps, on réalise que ces formes obéissent à un ordre parfois très sophistiqué, plus proche d’une croissance biologique que d’une planification géométrique. « Cet ordre, très riche et très subtil, est autrement complexe et plus adapté aux pratiques de la collectivité que celui qui sous-tend les trames en damier des grandes métropoles américaines » . Au départ, la démarche de ce groupe de recherche consistait à faire construire des structures virtuelles à des « animalcules numériques ». « Une expérience typique consistait à ensemencer une bio-culture virtuelle au moyen d’un gène numérique qui représentait la géométrie d’un stratus, ou d’un opéra de Monteverdi, ou des règles d’un jeu tribal africain ; puis ce gène évoluait, se multipliait, et les animalcules produits construisaient de petites structures très complexes, dans un processus analogue à la construction d’une termitière ou d’un récif de corail ». La transposition de ces modèles au domaine musical, s’est fait en collaboration avec le groupe de recherches musicales GRAME, de Lyon. Les deux types de logiciels, musicaux du GRAME et architecturaux du GESTATIO ont été interconnectés, pour donner des modèles hybrides architecturaux et musicaux. Selon Reeves, l’architecture et la musique sont deux domaines analogues. La musique jouerait par rapport au temps le rôle que l’architecture joue par rapport à l’espace. « Là où l’architecture organise, distribue et répartit les formes dans l’espace et les espaces dans la matière, la musique organise, distribue et répartit les sons dans le silence et les silences à l’intérieur des masses sonores. Dans les deux cas, il y a une tentative de conjurer le désordre apparent du monde, de fabriquer une petite cellule d’ordre dans laquelle chaque élément trouve une place » . Nicolas Reeves s’intéresse aux rapports entre l’ordre et le désordre. Pour lui, un désordre ancien peut devenir par l’évolution des connaissances un système décrit, subtilement organisé, pour une époque humaine ultérieure. « Les théories de la complexité ont révélé des images saisissantes de ces nouvelles familles d’ordre, dont les fractales sont les plus illustres représentantes ; les morphologies produites par les techniques informatiques dites de « vie artificielle » atteignent des degrés de complexité et de sophistication que l’on croyait inaccessibles aux objets d’origine humaine, et irréductibles à une forme quelconque d’organisation. Mais nous croyons que l’impact de ces nouvelles formes d’ordre est beaucoup plus profond, du fait qu’elles viennent enrichir le patrimoine des outils disponibles à l’ensemble des artistes et des concepteurs, des musiciens et des architectes ».

Les nuages qui sont les sujets, ou plutôt les acteurs de cette œuvre technologique, sont devenus des objets organisés, pouvant s’inscrire dans notre nouvelle géométrie fractale. Une géométrie du tout dans l’un, de l’infiniment grand relié à l’infiniment petit. La forme des nuages peut alors être utilisée pour générer de nouveaux modèles qu’ils soient musicaux, architecturaux ou tout autres. François Terrasson, écrit dans la Civilisation anti-nature, « Regardez nos villes, laissez-vous imprégner de leur dureté émotionnelle, et pensez à ce que serait le ciel, si nous avions le pouvoir de modeler la forme des nuages " . Nicolas Reeves nous invite à repenser nos modèles en fonction de la nature, et non à vouloir soumettre la nature à d’anciens modèles précipitant l’homme vers sa perte. L’utilisation de la technologie, son détournement par certains artistes, est une invitation à un réenchantement du monde. Ce nouveau regard écologique sur le monde, inspiré des modèles de la biologie, ne se limite pas à la protection de l’environnement, mais nous permet d’actualiser en profondeur tous nos modèles esthétiques, éthiques, mais aussi sociaux, économiques...


Principe de fonctionnement : « une lecture des nuages ».


Il s'agit d'une sculpture pourvue d'un système technologique est une installation qui lit en temps réel la structure de nuages qui passent au-dessus d’elle et tansforment ces informations en sons. La structure décripte la composition des nuages grâce à un système de faisceau laser infrarouge.
Pointé vers l'atmosphère, il rentre en contact avec les éléments météorologiques, il décode l'altitude et la densité des nuages. Puis, il transmet à un ordinateur central les informations recueillies, qui sont alors traduites en différents sons. Les mélodies ou les bruits varient selon des facteurs comme l'altitude, la densité des nuages et les conditions météorologiques. Le dispositif reconstitue la forme, et la structure du nuage. Les orchestrations changent automatiquement selon l’heure du jour et en fonction des grandes conditions de ciel (ciel clair, une couche de nuages, deux couches de nuages, pluie ou neige, brume) grâce à un capteur, surnommé un " harmonisateur climatique ". Cela permet de régler la sensibilité de la Harpe afin d’éviter qu'elle soit d'une trop grande monotonie, ou d'avoir des sons ultra-aigus incontrôlables.

La Harpe à Nuages est aussi appelée la Harpe Keplerienne ou la Harpe de Képler car avant toute transformation, le son produit par la Harpe est arrangé selon une orchestration dite " Keplerienne ", par analogie avec l’harmonie des sphères telle que Kepler l’a établie au XVIe siècle, et dont elle reprend les principes de base. Explication de l'harmonie des sphères de Kepler

Sphère de Kepler

La Harpe à Nuages est une installation qui peut être utilisée pour des performances ou des concerts, elle fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre, par tous les temps et toutes les températures, sans jamais répéter les mêmes séquences.

Ce n'est pas seulement une " installation sonore ". Nicolas Reeves insiste sur la dimension architecturale de la structure. Les équipements technologiques sont en effet insérés dans un caisson. En effet, la morphologie du buffet de la Harpe est déterminée d’une part par l’évolution d’un système informatique de vie artificielle, (une sorte de bioculture virtuelle ensemencée par un fragment de nuage) et d’autre part par les caractéristiques architecturales et spatiales du lieu d’implantation.

Autres lieux et évolution de cette installation :

Cette installation de taille modeste composée de cubes de différentes dimensions, peut être installée de manière à faire de la musique dans la plupart des lieux publics :
elle a ainsi « interprété » les nuages passant au-dessus du Canada, des États-Unis, de l'Allemagne et de la Pologne.

Depuis son lancement, Nicolas Reeves et l'équipe du NXI GESTATIO ont développé les aspects techniques de la harpe. Grâce au soutien financier de la fondation Daniel Langlois, ils ont créé une harpe de plus grandes dimensions dotée de sept cordes plutôt qu'une dans la version originale (celle de 1997 à Montréal). Une performance de cette nouvelle version a eu lieu en mars 2000 au Musée d'art contemporain de Lyon, dans le cadre de l'événement Lyon Cité Sonore.



Autres projets de Nicolas Reeves :
(en collaboration avec le laboratoire NXI GESTATIO )


Les Mutations de la Blanche Biche

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ci-contre une photographie de la structure appelée Doncieux (1999)

Est un autre projet subventionné par la fondation, et élaboré au laboratoire NXI GESTATIO. Il s'agit d'une série de sculptures architectoniques également nommées « architectones informatiques » et « morphologies surrationelles ». Ils ont réalisé deux mutations : Coireault (vers 1999) et Doncieux (vers 1999). Chaque structure émet une séquence audio à basse fréquence inspirée de la chanson traditionnelle La Blanche Biche. Les composantes sonores des « architectones » de l'installation proviennent des variations de la chanson en provenance du Danemark et du Québec. Les Mutations de la Blanche Biche a été présentée au Centre d'exposition d'Amos du 15 décembre 2000 au 21 janvier 2001







The SAILS (Self Assembling Intelligent Lighter Than Air Structures )

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ci-contre une photographie de l'installation à Moscou

Ce sont trois cubes volants robotisés ou « aérobots » qui sont animés par ordinateur et dotés de huit microturbines qui leur permettent de se déplacer et de s'incliner dans tous les plans. Inspirés des recherches sur les insectes sociaux, notamment les fourmis et les abeilles, ces robots volants se prêteront sans doute dans le futur à des applications dans le monde de l'industrie, du spectacle ou du divertissement.Ces énormes cubes réagissent au mouvement de l’humain pour une expérience interractive impressionante. Lors des performances, les parois des cubes sont illuminées par le faisceau de projecteurs vidéos, dont les images suivent les cubes dans leurs déplacements. Les cubes vont interagir entre eux, à la température locale, à la couleur, et aux conditions de luminosité à l'intérieur de la pièce. Dans certaines conditions, les spectateurs peuvent également interagir avec les cubes au moyen de messages texte.
Ce projet innovateur à potentiel majeur pour les performances multimédia, a déjà à son actif, des démonstrations lors de grands événements à travers le monde; Au Canada (Musée de la Civilisation), en Belgique, en France, en Russie, en République Tchèque, etc.

La vidéo de l'installation : http://youtu.be/qR7dPW73nCk

Sources:

http://marynowsky.wordpress.com/2009/12/13/sails-self-assembling-lighter-than-air-structures/
http://www.fondation-langlois.org/html/f/page.php?NumPage=101
http://www.grame.fr/Biennale/2000/harpe.html
http://www.marianik.com/category/projection-architectural/
http://voiles-sails.org/