Niki de Saint Phalle



Catherine-Marie-Agnès Fal de Saint Phalle alias Niki de Saint Phalle est née à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine le 29 octobre 1930 et morte à La Jolla en Californie le 21 mai 2002. Faisant partie des artistes les plus populaires du milieu du XXe siècle, elle est à la fois plasticienne, peintre, sculptrice et réalisatrice de films. Le grand public la connaît plus particulièrement pour ses célèbres « Nanas ». Artiste engagée politiquement et féministe.


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Nightscape (1956 - 1958)
C’est au milieu des années 1950, suite à une grave dépression et d’un séjour en hôpital psychiatrique, que Niki de Saint Phalle décide de consacrer sa vie à l’art en étant autodidacte. Elle reconnaît dans cette pratique le caractère thérapeutique. Sa culture artistique s’est construite par la fréquentation du milieu artistique et littéraire parisien ainsi que par de nombreux voyages.






pink_Nude_in_Landscape.jpg? A la fin des années 1950, elle réalise une série de tableaux associant deux cultures visuelles ; la vieille Europe confrontée aux nouvelles avant-gardes et les avancées plus frappantes de l’art américain. Dans cette série de tableaux, deux atmosphères coexistent, la violence et le chaos d’un côté et de l’autre, le jeu et la joie. Elle s’inspire beaucoup du Trecento italien, de Jean Fautier, Jean Dubuffet, Jackson Pollock, Jasper Johns et de Robert Rauschenberg.


De février 1961 au début des années 1970, Niki de Saint Phalle va effectuer une vingtaine de Tirs publics. Ces œuvres se situent entre la performance, l’art corporel, la peinture et la sculpture. L’artiste procède avec minutie à un rituel : des objets soigneusement choisis et remplis de sacs de couleur sont fixés d’abord à plat, puis recouverts de plâtre blanc. Ensuite, l’artiste ou d’autre intervenants tirent à l’aide d’une carabine sur les dits objets. Les Tirs ont plusieurs significations, qui vont de la « mise à mort de l’art » à la critique sociale et politique, en passant pas le commentaire féministe.

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Grand Tir - Séance galerie J (1961)

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Autel O.A.S (1962)
Niki de Saint Phalle reçoit une éducation catholique, mais n’en supporte pas les règles. Elle se déclare athée à l’âge de douze ans. Elle élabore une série en réaction au puritanisme hypocrite qu’elle a rencontré dans sa famille qui est par la même occasion, une critique de la société américaine raciste de l’époque. En tirant avec sa carabine sur ces autels, elle attaque le pouvoir ecclésiastique. En 1962, elle expose une œuvre sacrilège, une critique de l’Eglise mais qui est aussi une référence ostentatoire au sigle des partisans de l’Algérie française.


Confrontée très tôt à l’inégalité des chances à laquelle sont exposées les femmes ainsi que de l’absence de modèles féminins auxquelles s’identifier, Saint Phalle est l’une des premières artistes de son temps à faire de la femme son sujet. Elle le traite dans sa complexité : entant que victime de l’enfermement dans sa condition féminine et « héroïne » potentielle d’un monde à inventer.



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La mariée ou Eva Maria (1963)
Par exemples, les mariées sont à la fois puissantes, impressionnantes et sans visage. Niki de Saint Phalle expose comme des témoins d’une situation qui, au début des années 1960, est encore figée.









C’est en 1954, que Niki de Saint Phalle commence à peindre. Elle et Robert Graves sympathisent. Elle s’inspire de son livre, The White Goddess (1948) pour faire sa série de Déesses qui associent au pouvoir naturel de la fécondité de la femme celui, surnaturel, de la création de formes, voire du monde. Puissantes, créatrices, ces figures préfigurent ce qui sera l’une des tendances des artistes et théoriciennes féministes. Les Déesses sont aussi probablement la réponse d’une artiste femme aux Women de Willem De Kooning et aux Femmes de Jean Dubuffet

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Bénédicte (1965)










Les Nanas sont un prolongement naturel des Déesses fécondes et des accouchements. Ces femmes au ventre rebondi trouvent aussi leur origine dans un dessin que Saint Phalle exécute avec Larry Rivers de son épouse. Les Nanas sont le manifeste d’un nouveau monde, dans lequel la femme détiendrait le pouvoir.

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Portrait de Clarice Rivers enceinte (1964)

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Gwendolyn (1966 - 1990)












Les Nanas portent l’espoir d’un monde nouveau où la femme aurait « droit de cité » : leur présence dans l’espace public est symbolique. Leurs corps libérés des stéréotypes imposés par la mode, expriment une féminité sans retenue et un féminisme souriant. Les nanas vont se montrer sous plusieurs formes au fur et à mesure ; de ballons gonflables, de sérigraphies, de bijoux …
La taille des nanas, toujours plus grande que nature, est un contenu en soi. Carrées et massives, armées de leur sac à main, les Nanas les plus grandes sont aussi un peu « hommasses ». Mais ce sont en même temps des femmes modernes, représentées pour la première fois avec réalisme et bonhomie

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Madame ou Nana verte au sac noir (1968)

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Nana noire upside down (1965 - 1966)












Une grande partie de l’œuvre de Niki de Saint Phalle est la manifestation de son univers imaginaire, un microcosme onirique qui résulte de ses rêves et de ses cauchemars. L’artiste considère le rêve comme mythologie personnelle qui lui révèle les images archétypales les plus profondes, tour à tour sereines, ou effrayantes, et comme un antidote et un abri face au chaos du monde.

Dans le rêve de Diane, l’artiste nous montre le théâtre enchanté enfoui dans la tête de la déesse guerrière endormie : monstres et animaux menaçants se mêlent à des symboles positifs comme le soleil et les cœurs. Une tête de Janus à double visage exprime la dualité du monde et la polarité qui nous habite.

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Le rêve de Diane (1970)

C’est au début des années 1970 que Saint Phalle travaille sur une nouvelle série de sculptures, les Mères dévorantes., l’idée est dans l’exploration sans complaisance des « rôles féminins » déjà entrepris il y a dix ans. Dans sa pièce Les funérailles du père, on voit bien que l’artiste a un regarde très critique mais tout à fait lucide sur le couple et la famille. L’amant est mis en croix et le père dans un cercueil. La mère est un témoin passif qui y joue un joue potentiellement criminel, il ne s’agit donc pas que d’une mise à mort symbolique du père et du phallocratisme.

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Niki de Saint Phalle a participé à de grands projets architecturaux. Toujours dans une volonté d’apporter de la joie, de la couleur et de l’humour dans l’existence tout en s’adresant à tous. Le jardin des Tarots offre une œuvre publique très ambitieuse.

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Jardin des Tarots, Garavicchio, Italie

Après cette quête ésotérique, elle se tourne vers la spiritualité des peuples amérindiens. A la fin de sa vie elle réalise un hommage à la Californie avec un parc de scultures : Queen Califa’s Magical Circle. On y trouve huit totems représentant des animaux de la cosmologie meso-américaine autour de la statut de la reine, ainsi qu’un mur endulé en forme de serpent.

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Cat Head Totem (2000)



Bibliographie:
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http://imago.blog.lemonde.fr/files/2013/11/grand-tir.jpg
http://kultur.typepad.com/.a/6a00d8341d971853ef019103c4c9ee970c-pi
http://images.tate.org.uk/sites/default/files/styles/grid-normal-8-cols/public/images/niki%20de%20saint%20phalle%20autel%20o.a.s_0.jpg?itok=0aPeaWRC
http://www.clg-armand18.net/LAartplat/photo/art/default/4697716-7017070.jpg
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http://www.grazia.fr/var/grazia/storage/images/media/images/culture/niki-de-saint-phalle/cat-head-totem-2000/11873470-1-fre-FR/Cat-Head-Totem-2000_exact780x1040_p.jpg
http://paris-expo.pagesperso-orange.fr/niki_de_saint_phalle.htm
http://www.grandpalais.fr/fr/system/files/field_press_file/dp_niki.pdf
http://fr.wikipedia.org/wiki/Niki_de_Saint_Phalle
http://www.ac-grenoble.fr/ien.annemasse2/IMG/pdf/DOSSIER-Niki-de-Saint-Phalle-20pages-PDF.pdf