O.G.M.



Un '''organisme génétiquement modifié''' (OGM) est un être vivant (animal, végétal ou micro-organisme) dont l'homme a modifié le patrimoine génétique afin de lui conférer de nouvelles propriétés.

Ce processus s'inspire des techniques de sélection ou de mutation, qui existent déjà dans le monde agricole.

Ces techniques permettent de transférer des gènes sélectionnés d'un organisme à un autre, y compris entre des espèces différentes.
Elles offrent ainsi potentiellement la possibilité d'introduire dans un organisme un caractère nouveau dès lors que le ou les gène(s) correspondants sont identifiés.

La transformation génétique peut être effectuée sur de nombreuses espèces végétales, depuis les céréales jusqu'aux légumes ou aux arbres.
En tout, ce sont plus de 60 espèces qui peuvent être transformées.
Les OGM les plus avancés correspondent surtout à des espèces de grande culture comme le maïs, la betterave et le colza. Les gènes introduits sont très divers mais actuellement ce sont principalement des caractères d'intérêt agronomique qui sont le plus développés.
Ces transformations, qui sont opérées par des techniques de génie génétique, permettent d'introduire dans le patrimoine génétique d'un organisme, un ou plusieurs gènes pour ajouter, supprimer ou modifier certaines de ses caractéristiques.
Les gènes introduits peuvent provenir de n'importe quel organisme : virus, bactérie, levure, champignon, plante ou animal.

La culture des OGM (organismes génétiquement modifiés) a débuté en 1996. Elle est devenue importante pour quatre plantes de grande culture : le soja, le coton, le colza et le maïs. En 2004, les cultures mondiales d'OGM couvraient plus d'une fois et demi la superficie de la France et leur surface avait augmenté de 20 % par rapport à 2003. 56 % du soja, 28 % du coton, 19 % du colza et 14 % du maïs produits dans le monde sont OGM.
La majorité des cultures OGM se trouve aux Etats-Unis, en Argentine, au Brésil, en Inde et en Chine.
L'Europe, quant à elle, a choisi d'appliquer le principe de précaution, c'est à dire d'évaluer les risques potentiels de cette nouvelle méthode de création variétale qu'est la transgénèse, avant toute exploitation à grande échelle. Il importe pour elle de connaître ces risques et de les maîtriser.

'''Réglementation des OGM'''
( France)

La dissémination volontaire d’OGM dans l’environnement (c’est-à-dire l’utilisation d’OGM en milieu ouvert) est réglementée au niveau communautaire par la directive 2001/18/CE. Les exigences de cette directive sont reprises dans le droit national, dans le code de l’environnement et des décrets d’application.
Les essais au champ permettent de mesurer l'efficacité de la modification génétique opérée sur la plante, la stabilité de l'OGM dans l'environnement et d'améliorer les connaissances notamment en terme de risque.

Ces expérimentations sur des plantes génétiquement modifiées doivent recevoir une autorisation du ministre chargé de l'Agriculture après évaluation des risques pour la santé et l’environnement par la Commission du génie biomoléculaire (CGB) et accord du ministre chargé de l'Environnement.

Une fois l’autorisation accordée, toute expérimentation au champ fait l’objet d’une information du public avec, notamment, la mise à disposition d’une fiche d’information au public qui est accessible en mairie. En 2003, le Ministre chargé de l’agriculture a prévu un renforcement de ce dispositif d’information, avec la mise en place, pour les essais au champ, d’un nouveau dispositif de consultation du public. Ainsi, toutes les demandes d’expérimentations au champ font l’objet d’une consultation du public sur le site Internet www.ogm.gouv.fr, à l’issue de laquelle le Ministre chargé de l’agriculture délivre les décisions d’autorisations.

Toute mise en culture de produits génétiquement modifiés est en outre soumise à des contrôles de surveillance biologique, afin d'identifier tout effet non intentionnel.

Le gouvernement peut revenir sur une autorisation de dissémination d'OGM s'il considère, à partir d'informations nouvelles, que le produit présente un risque pour la santé ou l'environnement. Il peut alors en limiter ou en interdire provisoirement l'expérimentation sur son territoire.

'''Risques et environnement'''

Actuellement le recours aux OGM fait polémique, nombre d'associations (Greenpeace, Amis de la Terre...)dénoncent la propagation des cultures OGM face aux autres types de cultures (traditionnelles et bio): ''la transmission par pollinisation.''

Chez les espèces végétales, les transmissions de gènes s'opèrent par des croisements sexuels. C'est surtout le pollen qui est concerné par cette dissémination : il est transporté par le vent ou bien par des insectes dits " insectes pollinisateurs ". Le problème est que cette transmission peut se faire entre plantes d'une même espèce mais aussi en direction d'espèces sauvages, les " mauvaises herbes ". Cependant, les flux de gènes se transmettent différemment selon les espèces concernées ainsi que selon l'écosystème qui les entoure. La seule approche raisonnable est donc l'étude du cas par cas.

Afin de mesurer la fréquence des échanges de gènes dans un écosystème, au milieu des cultures et des mauvaises herbes, trois estimations ont été produites :

- la distance que le pollen couvre en se dispersant (nous prendrons du pollen de trois cultures : colza, betteraves et maïs),

- la possibilité de croisements entre les variétés de chaque culture

- la possibilité de croisements entre les cultures et les espèces environnantes.

De plus, l'utilisation des OGM qui tendait à limiter l'utilisation des insecticides et des pesticides n'est pas efficace: les cultures OGM connaissent une apparition d'''insectes résistants aux plantes transgéniques''.
Chaque culture a son principal " ravageur ", un insecte qui se nourrit inlassablement de cette culture et produit des dégâts plus ou moins gros. En France, le maïs a donc son ennemi : la pyrale du maïs, un papillon capable de créer une à trois générations par an suivant les régions. Jusqu'à aujourd'hui, les agriculteurs protégeaient leurs cultures par des traitements chimiques, mais à présent la transplantation de gènes permet de créer de nouvelles variétés de maïs pour produire une substance qui repousse la pyrale du maïs.

Les avantages de cette stratégie sont :

- pas de pollution chimique propagée dans l'écosystème

- la substance n'est active qu'envers les insectes (pas de danger pour les mammifères et donc pour l'homme)

- cette substance est produite par les parties vertes de la plante, qui ne sont jamais consommées par l'homme

- cette substance est par ailleurs protégée des conditions climatiques défavorables à la culture.

- seule une faible perte du maïs est enregistrée (surtout dans les zones méridionales où les pyrales sont très nombreuses).

Mais, cette technique n'aura-t-elle pas dans le futur, des effets non voulus au départ, tel que l'apparition de pyrales qui seraient insensibles à la substance qui les attaque ? Des tests ont donc été effectués en conditions expérimentales : au bout de 26 générations, aucune n'a permis l'obtention d'une lignée de pyrales résistantes à la substance. Cependant, dans certains pays où l'application de la substance est répétée (Malaisie, Japon, Hawaii), on a remarqué l'apparition d'insectes qui lui résistent. Il n'est donc pas impensable qu'un phénomène identique se produise aussi en Europe. Pourtant, les chercheurs font tout leur possible pour échapper à cette possibilité.

Mais aussi un risque pour la ''disparition d'autres insectes'', non ciblés comme les abeilles.

En effet, il est important de vérifier que les plantes transgéniques ne soient pas toxiques pour d'autres insectes dits " non ciblés ". Ce sont les insectes qui ne sont pas considérés comme " ravageurs " et qui peuvent même être bénéfiques pour l'écosystème, voire pour tout l'environnement, d'où leur nom d'insectes " utiles ". Exemples : les abeilles, les coccinelles, …

L'impact sur le monarque :
récemment a été menée aux Etats Unis une expérience sur le monarque, papillon d'Amérique du Nord réputé pour sa beauté :
Des chenilles de ce papillon ont été nourries avec des feuilles artificiellement recouvertes de pollen d’une variété de maïs rendu résistant à la pyrale par l’introduction dans son génome d’un gène commandant la production d’un insecticide. Ces chenilles ont connu une croissance plus lente et une mortalité plus élevée que d’autres nourries de feuilles recouvertes de pollen de maïs non génétiquement modifié. L’expérience a donc démontré le « danger » encouru par le papillon.
On peut aussi parler du risque de réduction de la biodiversité: Certains auteurs estiment que la diffusion des biotechnologies pourrait renforcer la tendance, déjà présente dans nos agricultures, à l'appauvrissement de la diversité génétique, par la possibilité de conférer un même gène à de nombreuses espèces. Cet appauvrissement de la diversité serait un facteur de vulnérabilité accrue des cultures.

L’impact des OGM sur les abeilles :
De la même manière, les OGM pourraient être toxiques pour les abeilles qui les visitent. Il est donc nécessaire de procéder à :
- L’analyse des sécrétions des plantes transgéniques mellifères (par exemple le colza).
- L’évaluation de l’incidence d’une éventuelle exposition aux produits des gènes introduits dans le génome de ces plantes sur la survie des abeilles et leur comportement de butinage.
Le risque de contamination d'autres cultures agricoles

Si on rend les plantes plus résistantes envers les insectes ravageurs ou les herbicides, les cultures nécessiteront moins d'interventions de la part de l'agriculteur, d'où une simplification du travail.

L'agriculteur devra donc faire un autre travail : veiller à la traçabilité des OGM pour répondre au choix des consommateurs. Il doit être dans la capacité de garantir aux acheteurs la séparation des lots transgéniques. En effet, il est difficile de garantir qu'une parcelle voisine n'a pas contribué à la fécondation. De plus avec le pollen certaines cultures biologiques peuvent être "polluée" par les OGM et ainsi un agriculteur peut perdre un label durement acquis.

''Risque de réduction de la biodiversité''

Certains scientifiques estiment que la diffusion de la biotechnologie conduira à un appauvrissement de la diversité génétique, en conférant un même gène à de nombreuses espèces. Cet effet serait un facteur de vulnérabilité pour les cultures. Notons que d'autres pensent, au contraire que l'utilisation de transgenèses peut être un moyen d'augmenter la diversité génétique, en créant à partir de la même structure plusieurs plantes différentes ayant chacune des spécialités propres à elle seule, grâce à l'apparition de nouveaux gènes.

''L'impact sur la rhizosphère''

La rhizosphère est la partie du sol qui est située le plus à l'extérieur dans la croûte terrestre ; elle est située dans l'environnement immédiat des racines des plantes. Elles est donc très riche en micro-organismes et en substances biologiques. Il ne peut être donc complètement exclu qu'un jour, les plantes modifiées produisent un impact sur cet environnement sub-terrestre. Néanmoins, tout biotope est un milieu évolutif, et donc la rhizosphère également. Les populations de micro-organismes y évoluent de façon très réversible en fonction des hôtes présents et des conditions ambiantes.

'''Consommation''':

En ce qui concerne la consommation d'OGM, celle-ci n'est pas clairement affichée et assumée: Si un produit contient moins de 0,9% d'OGM, ce n'est pas indiqué. Si les animaux dont sont issus les produits mis en vente ont été nourris aux OGM, le consommateur ne peut pas le savoir.
L’évaluation des risques de consommation d’OGM chez l’Homme reste théorique dans la mesure ou il n’existe aucun recul du fait du caractère récent de cette consommation.
Greenpeace a créé un guide et une typologie des aliments OGM ou non: [http://guideogm.greenpeace.ca/guideogm.pdf]

De nombreuses recherches tentent cependant de recenser les risques potentiels dans la limite d’un laboratoire. Cette recherche limitée et sans aucun recul ne peut suffire à rassurer le consommateur européen touché récemment par l’apparition de la maladie de Kreutzfeld Jacob qui serait en relation avec l’encéphalopathie bovine spongiforme (maladie de la vache folle). La consommation d’OGM revêt un caractère dangereux pour 63 % des personnes questionnées à ce sujet (sondage AC Nielsen, Courrier International n°381 du 19-20 février 1998). Dans ce contexte de peur ou les scientifiques sont affublés du nom d’apprenti sorcier, il est primordial que les recherches s’accélèrent afin d’évaluer les risques. La communauté scientifique tente de minimiser les effets que pourraient avoir les OGM sur la santé humaine dans la mesure ou chacun est conscient que le risque 0 n’existe pas (risque d'allergie et voire même d'un transfert de gène de résistance aux antibiotiques aux microorganismes du tube digestif.)