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ArtcontemporainRusse
le 14.12.2019 à 11:48:17
de SerenaClementi?

Art Contemporain Russe


  • L’exposition que nous avons faite au MOCO de Montpellier (le 21 novembre 2019) traitait de la Russie et de son Art des années 1960-2000, et recevait quelques 130 œuvres de « La Galerie Nationale Tretiakov » de Moscou.

I) L’art non-conformiste sous le régime communiste vu sous le signe de la critique


  • Dans les années 20, la Russie ne laisse pas libre court à l’art car tout est teinté par de la propagande. Le Réalisme Socialisme en est une expression d’un rejet du totalitarisme qui sévit à l’époque. Des artistes sculpteurs sont projetés sur le devant de la scène dont Nikolaï Silis. Il dessinait des plans de villes du futurs utopiques qui n’ont jamais pu naître.


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N. SILIS « Projet pour un monument » 1959




  • Une deuxième génération d’artistes voit le jour à partir des années 30, reprenant « l’esprit d’avant-garde ». L’idée d’évasion est l’ingrédient principal de cette dernière, illustrant par exemple les contraintes du régime communiste (conditions de vie, sentiment d’étouffement,…).
  • L’artiste Vladimir SLEPIAN est artiste contemporain qui a eu accès à des magazines d’art contemporains occidentaux (c’était très dur d’en avoir donc rare). Directement inspiré du dripping de Jackson POLLOK, « un peintre américain de l'expressionnisme abstrait » caractérisé par des traces de voûtes avec son corps. SLEPIAN l’imite avec le style tachiste de ses tableaux, « sur les fonds blancs desquels il éclaboussait de la peinture avec des pompes ou des aspirateurs », ajoutant à cela la création de machines usant d’un raisonnement mathématique complexe.


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  • C’est le premier émigré esthétique, c’est-à-dire qu’il est le premier artiste à avoir quitter la Russie pour son art. Il s’est réfugié en France en 1958 et espérait le début de sa grande carrière internationale mais en 1858 à Paris, l’art abstrait ne fonctionnait plus trop avec l’engouement pour le Nouveau Réalisme et l’Arte Povera. Malgré tentatives, il finit par se reconvertir en traducteur franco-russe anonymement, puis est décédé sur trottoirs Paris.

  • En 1953, les artistes ont un regard d’espoir, car ils pensaient qu’avec mort de Staline viendrait la mort du communisme et qu’ils pourraient recommencer à créer mais ce ne fut pas le cas. Les premiers non-conformistes (non conformes à l’art du régime) commencent en reprenant la tradition de la peinture abstraite russe du grand Kazimir MALEVITCH avec son fameux « carré blanc sur fond blanc » (image ci-contre). Sous le régime communiste, l’art abstrait était interdit et donc se remettre à en peindre était un geste politique en soit.


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  • Vers la fin des années 60 la plupart des non-conformistes (ceux qui ne respectaient pas l’art conforme aux idéologies et attentes du régime) « ont eu tendance à tendre vers le monde de l’Absolu – religieux, esthétique ou éthique », on parle d’artistes « métaphysiques ».
  • Se moquer était devenu un moyen de critiquer la société et le pouvoir. Par exemple, Vitaly KOMAR et Alexander MELAMID ont l’idée de créer un fausse agence, ouverte en 1975 aux Etats-Unis, dans laquelle les gens pouvaient acheter des tableaux blancs de différentes formes (triangle, cercle, carré), représentant l’accès au bonheur suprême, connu sous le nom de Suprématisme, « fondé par Kazimir Malevitch, est un courant qui participe au mouvement plus large de l'Avant-garde russe en nous plongeant dans une abstraction absolue. C’est une peinture libérée de toute représentation. Dans une recherche de sensibilité picturale pure, la couleur n’est travaillée que pour elle-même ».
  • Ils ont également fait une série de photos présentant des objets absurdes, par exemple une cagoule avec un seul œil pour avoir la force du cyclope et quand on l’enlève on devient aussi celui qui bat le cyclope. Ses images feront la une de catalogues de pubs comme celui du Groland (pays fictif).


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  • Tout est bon pour tout critiquer. C’est qu’on retient d’artistes tel que Ilia KABAKOV. A l’époque c’est la pénurie en Russie communiste, se procurer des objets est très dur (télévision, voitures, peuvent mettre plusieurs années). Il critique la société russe mais aussi les musées et leurs collections qui pour lui étaient étaient faite de tout et n’importe quoi, car au début il y avait des collections sur l’art contemporain, sauf que le métier de critique artistique n’existe pas. Ainsi, il n’y avait pas de système de valeur pour ces œuvres. KABAKOV critique en disant que les musées ne prenaient que des « œuvres poubelles ». Il en a donc fait une. Belle ironie, aujourd’hui son œuvre est exposée dans des musées, mais que dans des pays étrangers. Son œuvre datant de 1990 comprend des insultes accrochées à des objets qui se révoltent contre propriétaires qui les ont jetés, car quand ils sont mis à la poubelle, les objets presque vivants, prennent conscience de leur propre inutilité sans leurs propriétaires.


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« Coffre avec déchets » 1981


  • « Les non-conformistes de la seconde génération ont mené leur « fuite » en sens inverse : hors de l’idée de la culture pour rentrer dans la réalité quotidienne. Le rire est devenu leur moyen de communication avec le monde, de créer de nouvelles lignes de démarcation au sein de la société, séparant ceux qui sont capables de survivre à l’examen d’auto-ironie de ceux qui ne s’y autorisent pas, par principe, croyance ou autres tabous. »



II) Les débuts d’une période d’euphorie « chaotique » marquée par une radicalisation de « l’art » et des réactions

  • Dans les années 70 et 80, la photographie prend un rôle et une place majeure dans l’art moscovite. En effet, pour garder trace de performances ils immortalisaient leurs performances en photo. Avant eux, les Actionnistes moscovites avaient pour but de choquer le public. Les artistes dont nous allons parler eux, réalisaient leurs performances en détournement de la pratique et en mettant scène des événements qui ne se passaient pas vraiment par exemple.


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  • Le couple de Valeri GUERLOVINE et Rimma GUERLOVINA, portaient des tuniques avec leurs corps nus représentés dessus car à l’époque, la représentation de la nudité était absolument proscrite. Nous pouvons y voir un rappel à ORLAN, une autre artiste occidentale quasiment au même moment et sans communication préalable a eu la même idée (en 1776 une performance au Portugal « habillée de ma propre nudité » où elle déambule avec une robe sur laquelle elle avait peint son corps nu).



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  • Une performance vidéo qui a retenue mon attention : « Manger la Pravda » que l’on peut traduire par « manger la vérité », sachant que la Pravda était aussi un journal officiel russe. KOMAR et MELAMID ont pris des pages du journal pour le préparer et manger le journal, gober la vérité et tout ce qu’on leur dit, donc cette œuvre critique de la pénurie intellectuelle (l’accès qu’à un discours qu’ils devaient avaler) et la pénurie alimentaire en Russie qui était très importante à l’époque. Cette performance a tout d’abord été immortalisé en photo puis reproduite dans les années 90 en étant filmée cette fois.

  • « Le concept d’ « art plastique » n’existe pas en Russie. Tout art est considéré comme « pictural » et l’accent est mis sur la subjectivité de l’image. Depuis la fin des années 60, l’innovation non-conformiste s’est orientée vers le rejet de cette subjectivité au profit de l’exactitude documentaire. Même si la technique picturale demeure, elle ne sert plus l’illusionnisme. Son objectif est désormais de renforcer le naturalisme ».



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  • L’objet devient l’élément central. « La Porte Rouge » de Mikhaïl ROGINSKY en est une parfaite illustration. Cette porte rouge peinte en rouge (couleur du communisme), est assez petite par sa taille. Cela peut signifier que la porte de sortie du communisme existe mais que la brèche est fine et qu’il faut savoir la trouver mais également sa petitesse peut signifier que la discrétion doit être de mise. Cette dernière œuvre a « marqué le début du rejet d’un langage de l’auteur, du style, en faveur de la pratique d’une sélection de l’existant. Les langages de la rue, le langage courant et l’argot, entre autres, ont fait irruption dans la poésie et la littérature, tandis que la peinture populaire a envahi les beaux-arts ».



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  • Ainsi, le texte devient un élément fondamental de ce nouvel art et il est manipulé et mis en page de manière poétique. Les artistes donnent forme à ses textes, en faisant des œuvres d’art sur le fond comme sur la forme. On peut considérer cela comme une approche esthétique. Cascades, zigzags, formes, toutes sont utilisées. Les différents langages sont utilisés comme le braille. On parle de « conceptualisme moscovite » (une variante du conceptualisme occidental des années 1960-1970, la qualifie de « romantique »). « Ilya KOBAKOV, Erik BOULATOV, Andreï MONASTURSKI et Dmitri PRIGOV en sont des figures incontournables et réaffirment « la place du langage et la primauté de la littérature ».
  • Suite à la réforme de la Perestroïka en 1986 (réformes économiques, sociales de Gorbatchev), en 1998 a lieu la première vente aux enchères en URSS, donnant à l’art une vraie valeur monétaire, et marchande.

  • L’art s’ouvre ainsi à l’international. Dans les années 1980, le pays est à la reconstruction, et à la libéralisation. L’accès à la consommation de masse s’étend à l’étranger et les artistes russes ont pu voir ce qui se faisait ailleurs. Comme par exemple le Pop Art américain (critique de la société de consommation). Mais le Pop Art en Russie n’est pas viable car il est basé sur des choses, concepts qui n’existaient pas en Russie (publicité, série télé, cinéma…). Donc comment critiquer quelque chose qui n’existe pas ? De ce fait, le pop Art est considéré en Russie comme un pari perdu d’avance car il témoigne d’une volonté de parler la même langue sans avoir les outils de langage nécessaires pour le faire.


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  • « Les artistes russes se sont tournés vers des affiches de chemin de fer, des stands de pompiers, des panneaux de signalisation routière, des emballages de bonbons, les lignes graphiques des paquets de cigarettes et un large éventail d’objets ménagers ». On parle de « peintures-assemblages ». On associe également une idée de changement d’échelle d’un objet du quotidien. Le travail d’Ivan CHOUIKOV « Panneau Routier II » peint en 1973.
  • Le problème était que la valeur ajoutée par l’appropriation de ce signes marginaux était minime. ». Le Pop Art russe n’a pas fonctionné mais c’est transformé en un nouveau grand courant.

  • A la fin des années 80 et 90, il y a plus liberté d’expression, et des représentations très caricaturales du dictateur sans visage (mais avec médailles sur poitrine qu’on le reconnaisse). Le Sots Art est né, corrompant l’image du pouvoir et les idéologies normatives. « Le Pop Art travaille avec des produits publicitaires « profanes » », « le Sots Art s’occupe d’images « sacrées » qu’il abaisse, déconstruit et prive de toute aura ». La dérision est de mise.



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  • Par exemple, l’œuvre de Leonid SOKOV et la reproduction d’une pièce typique des bâtiments soviétiques (tapis, buste de Lénine au bout), avec autour normalement des portraits de héros du communisme, ici une commande a été faite auprès d’un peintre du réalisme socialiste pour réaliser des portraits de dissidents (envoyés goulags).



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  • Ou encore ces représentations de chefs du communisme portant la petite « Lolita » par Vagrich BAKHCHANYAN, « Projet de couverture pour le roman de Vladimir Nabokov, Lolita, 1975 ». On l’aura remarquer, le rire est la mission du Sots Art.




III) La radicalisation de l’art


  • Au début des années 1980, vient le premier programme d’exposition clandestine du groupe Moukhomor (Amanite = champignons) appelé l’Apt Art. Les artistes qui commencent en 1982 à faire des expositions mais cela a duré jusqu’en 1984, quand les autorités en entendent parler et les envois en Sibérie par cargaison militaire (goulag). Ces derniers ne pouvaient ni garder ni vendre leurs œuvres qui étaient détruites après les expositions donc il ne reste que très peu de vestige de ces œuvres.

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  • Dans les années 90, les artistes reviennent du goulag, où certains ont pu essayer de récupérer certaines de leurs œuvres. Konstantion ZVZDOTCHETOV et son « l’autel du suicidé » 1991 critique le retour des religions (pavillon chinois, orthodoxes, cupidons, dragons, autels en Asie pour culte ancêtres… coloré et kitsch, présence d’un tiroir avec le pistolet du suicidé). Pour ces artistes, adhérer à une idéologie quelle qu’elle soit (politique, religieuse ou même de culte à l’artiste est absurde.
  • Les expositions du mouvement des « Nouveaux artistes », se déroulent dans des lieux insolites (appartements, dans la campagne…) pour échapper à la censure et sont immortalisées par des photos. On parle des « voyages esthétiques » des « Actions Collectives » (1976-1989).



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  • Cette nouvelle génération souvent jeune donc critiquait beaucoup la figure des « vieux » donc des représentations un peu violentes sont réalisées (« les professeurs »), mais en même temps, ils en ont marre de se cacher. Ces derniers créent pour faire la fête (expositions dans des appartements ou dans des champs la nuit). On parle de « happening totaux » (soirées avec musique, costumes, œuvres, spectacle). Par exemple, un défilé de mode avec en fond des représentations de MALEVITCH et sur les costumes, des motifs du suprématisme et des figures politiques (à but uniquement esthétique) ajouté à une volonté de s’amuser dans un monde triste.
  • Les artistes ont renoncés au style non-conformiste, prenant pour modèle l’avant-garde des années 1910-1920, mais sans ses utopies, sans théories ni projet social, et uniquement pour son esthétisme.


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  • Un groupe d’artistes : Inspection Herméneutique Médicale, critique le manque d’auto-critique dans leur pratique car il n’y avait toujours pas de critique d’art donc, ils veulent être médecin et patient à la fois (créer et se demander pourquoi ils faisaient ça). « Les insectes rieurs », sont des photos en gros plans d’insectes qui se moquent de vous car pleins de gens sont dégoûtés ou en ont peur mais tous les insectes montrés sont purement inoffensifs.
Tout le monde veut s’évader de ces contraintes autoritaires mais le meilleur moyen de s’évader c’est pas de s’enfuir mais de chercher la réponse ne nous en se posant (introspection auto analyse + positivisme).

  • L’actionnisme radical : « Barricade » d’Anatoly OSMOLOVSKY et Avdeï TER-OGANYAN, deux garçons qui avaient crées leur propre école de performance avec au départ TER-OGANYAN qui avait ses enfants dans sa propre école (école jeune). Sur cette photo, en 1998 en Russie se déroule une commémoration des 30 ans de mai 1968, en reconstruisant une « Barricade » dans une rue de Moscou. L’intérêt n’était non pas pour le message de mai 68 mais pour le concept de la barricade et de mettre le bazar. D’ailleurs, il y avait la volonté de conclure par une intervention des autorités car pour eux, une performance réussie se finit au poste. Sauf qu’en 1998, le communisme est tombé donc il y a une perte de repères générale pour tout le monde (les citoyens qui devaient voter tout nouveau, même des autorités qui ne savaient plus comment se comporter). Considéré comme simple blocage de rue, les autorités les ont laisser faire.



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  • Dans une très petite salle se trouve l’installation in situ d’Irina Korina « Retour vers le futur » réalisée en 2004 et reconstruite à chaque fois pour chaque exposition. On rentre en fait dans petite pièce pour voir et à la fois ne pas trop voir une mosaïque qui n’en est pas vraiment une mais du plâtre moulé en forme de mosaïque et peinte par dessus. Pourquoi ? Car la mosaïque traditionnelle est un art très important en Russie. L’idée est de croiser les regards du passé, du présent et du futur, l’idée de nous qui regardons depuis le présent et avons une vision sur les utopies du passé et du futur (comme un film de science-fiction des années 70 avec voitures volantes en 2000). Ici on regarde une mosaïque faite sous le communisme avec toutes leurs utopies pour le futur et nous avec le regard présent, nous savons que rien de tout cela n’a marché. C’est la fin de l’URSS « quand les murs neutres et blancs des bureaux sont venus recouvrir les peintures murales de l’ère soviétique ».




[Article réalisé par CLEMENTI Serena]
OlegKulik
le 31.05.2020 à 16:22:10
de JuliettePolice?

Oleg Kulik


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Oleg Kulik


Oleg Kulik est un artiste plasticien et performeur russe. On peut dire qu’il fait partie d’un mouvement d’actionnisme russe qui prend place dans les 90’s, directement héritier du mouvement de l’actionnisme viennois développé dans les années 60 et qui avait pour dynamique de développer l’art de la performance. L’actionnisme russe a donc été une transposition de ce mouvement, mais appliqué à la Russie de l’ère post-soviétique, qui ne dispose à l’époque d’aucune institution artistique. Ces artistes actionnistes russes mettent donc en place des performances artistiques radicales, violentes et subversives.
Oleg Kulik est un artiste qui revendique la ‘’zoophrenie’’, un concept artistique développé par lui-même, qui lui permet d’explorer les rapports entre hommes et animaux. Cette proximité ou confusion entre l’homme et l’animal, se trouve appuyée par une radicalité de ces œuvres, tant dans la performance qui est souvent extrême, que dans le message qui peut souvent être d’ordre politique.
L’artiste garde des traces de ses performances grâce à des photos et vidéos qui sont ensuite présentées dans des expositions partout dans le monde.


Différentes œuvres réalisées par Oleg Kulik


« New sermon » 1994

Il s’agit d’une performance où Oleg Kulik, déguisé en Jésus Christ mais avec des bras en patte de porcs, porte un porcelet et se rend sur un marché porcin de Moscou afin d’imiter le cri de cet animal, pour attirer l’attention sur la cause animale. Il fait donc une comparaison entre le martyr du Christ et la souffrance des animaux liée à la production et à la vente de viande. Nous sommes donc à la fois dans une œuvre politique, pour la cause animale, et blasphématoire car reprenant des codes sacrés.

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New Sermon

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Capture d’écran de la vidéo de la performance de New Sermon


« Two Kuliks », 1998

Il s’agit d’une performance réalisée à Riga en Lettonie, où Oleg Kulik se trouve nu face à un portrait de lui-même. Affublé d’un bec pinceau, il incarne un oiseau, et peint par dessus son propre portrait. Il incarne à la fois « Kulik l’artiste » et « Kulik l’animal », d’où le nom de l’œuvre. Cette double incarnation provoque un conflit intérieur qui va mener à la fin violente de cette performance. Il peint d’abord calmement, puis donne des coups dans son portrait à l’aide son ‘’bec’’, et finit par entrer dans une folie destructrice, donnant un coup de poing dans celui-ci, qui se brise, le blessant gravement à la main. Cela provoque donc la fin de la performance et son évacuation par les secours afin de l’emmener à l’hôpital.

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Capture d’écran de la vidéo de la performance « Two Kuliks »

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Capture d’écran de la vidéo de la performance « Two Kuliks »

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Capture d’écran de la vidéo de la performance « Two Kuliks »


Ses œuvres « chien »

Oleg Kulik a notamment développé sa notoriété sur ses performances où il incarne un chien, expérience qu’il a réitérée à de nombreuses reprises comme dans les œuvres qui vont suivre.
A partir de 1994, Oleg Kulik se concentre sur des performances où il se met dans la peau du chien spécifiquement, car cet animal qu’il incarne d’une manière agressive, lui permet de transcrire la politique russe de l’époque. C’est pour cette raison que ses performances sont, le plus souvent, extrêmes et brutale.
Il réalise certaines de ses performances de chien dans des institutions artistiques, où il est attendu, et où tout est donc planifié à l’avance, mais il réalise aussi parfois ses performances dans l’espace public ne prévenant personne avant.


« Mad Dog », 1994

Il s’agit de la première performance où il se met dans la peau d’un chien. Cette performance se déroule dans l’espace public, dans une rue, à Moscou.
Kulik incarne un chien devant la « Marat Guelman Gallery », galerie d’art. Il symbolise le fait d’être le chien de garde des « valeurs obsolètes ». Cette performance est réalisée en signe de protestation contre la répression du gouvernement sur les artistes, notamment à cause de la fermeture d’un squat d’artiste par les autorités.
Oleg Kulik est nu, tenu en laisse dans la rue par Alexander Brener, un autre actionniste. Lors de cette performance, il aboie, attaque les passants et se jette sur des voitures.

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Photographie réalisée lors de la performance « Mad Dog »

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Photographie réalisée lors de la performance « Mad Dog »

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Photographie réalisée lors de la performance « Mad Dog »



« Dog House », 1996

Oleg Kulik réalise cette performance à l’occasion de l’exposition « Interpol ». C’est cette exposition qui le propulse sur la scène internationale. Elle réunit des artistes des 2 anciens blocs, de l’est et de l’ouest, en une seule exposition. Cette exposition a pour thématique les problèmes de communication, sur teinte de marque laissée par la guerre froide.
Pour cette performance réalisée dans une salle d’exposition, Oleg Kulik est toujours nu, affublé d’une laisse et attaché à un poteau. Une maison miniature pour chien est également présente, il rentre dedans de temps à autre. Il incarne un chien agressif. Le public est prévenu de ne pas franchir les marques délimitées au sol car il s’agit du territoire du « chien ». Or, un spectateur passe outre à cette règle, c’est alors que Kulik le mord. Lors de cette performance, il détruit également des œuvres des autres artistes présents à cette exposition, de la même manière que pourrait le faire l’animal qu’il incarne.
Il est arrêté par la police, à cause de la morsure. Des policiers viennent le chercher au sein même de l’espace d’exposition.
A la suite de cette exposition qui fait polémique, il écrit 2 lettres expliquant sa démarche, se nommant ‘’Why have I bitten a man’’ : pourquoi j’ai mordu un homme et ‘’To bite or to lick’’ : mordre ou lécher.

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Photographie de la performance « Dog House »

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Photographie de l’arrestation d’Oleg Kulik durant la performance « Dog House », durant l’exposition



« I bite America and America bite me », 1997

Cette œuvre est une citation faite à une autre performance, de Joseph Beuys, « I like America and America like me » datant de 1974.
Dans la performance d’origine, Joseph Beuys passe plusieurs jours dans une salle de galerie en compagnie d’un coyote, cohabitant avec celui-ci.
L’oeuvre d’Oleg Kulik ‘’I bite America and America bite me’’, reprend cette même idée, de cohabitation homme/animal dans un même espace fermé, mais l’animal est ici en fait Oleg Kulik réalisant sa performance de chien. Il reste enfermé durant 2 semaines sans sortir. Le dispositif se constitue d’une sorte de cellule dans laquelle se trouve l’artiste. Celui-ci porte un collier de chien au cou, et est toujours nu. Les spectateurs observent par des vitres, et peuvent le rejoindre dans la cage dans laquelle il se trouve, mais après avoir signé une décharge et s’être protégés préalablement.

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Photographie de la performance « I bite America and America bite me »


Retour sur les polémiques suscitées par ses œuvres

Oleg Kulik a à de nombreuses reprises, eu à faire avec la police, car ses performances extrêmes peuvent choquer de par leur image, mais également du fait que Kulik mord parfois les spectateurs sans simulation.
Prenons pour exemple, « Reservoir dog » réalisé en 1995 : lors d’une exposition à Zurich à laquelle il est invité, il réalise sa performance de chien devant la « Swiss Bank of Art » aboyant sur les passants et les attaquant lorsque certains d’entre eux tentent de rentrer à l’intérieur. Il finit arrêté par les autorités. Il passe une nuit en prison. Cette performance avait pour but de protester contre la transformation de la vie des artistes en valeur matérielle, soit contre la marchandisation de l’art réalisée sur le dos des artistes.

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Photographie de la performance « Reservoir dog »

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Oleg Kulik arrêté par la police lors de sa performance « Reservoir dog »


Plus récemment, en 2008, son travail a été exposé à la FIAC en France. Certaines de ces photographies interrogeant les rapports entre l’homme et l’animal ont été décrochées sur ordre de la police car celles-ci avaient été qualifiées comme pouvant heurter la sensibilité d’un public mineur, par le caractère pornographique et zoophile de celles-ci.

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Sergey Khripun, galeriste, décrochant des photographies d’Oleg Kulik sur ordre de la police durant la FIAC à Paris



Le travail d’Oleg Kulik s’axe notamment des performances mais pas que. La question animale est fortement présente, et peut servir à la fois d’engagement propre, ou de support métaphorique à des questions sociales et politiques. Celui-ci réalise systématiquement des performances extrêmes, qui provoquent la polémique et la controverse, et qui lui ont permis d’acquérir une notoriété mondiale dans le domaine de la performance.
On pourrait presque dire que cet artiste est en quelque sorte rentré dans la « pop culture » : une citation à son travail a été faite notamment dans une scène du film ‘’The Square’’, film sur la thématique de l’art contemporain.

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Capture d’écran de la scène du film « The Square » faisant référence au travail d’Oleg Kulik

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Affiche du film


Article réalisé par Juliette Police.
VoinA
le 21.05.2020 à 17:35:33
de JuliettePolice?

Voïna


Voïna, un artivisme russe


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  • Le terme « Voïna » signifie « la guerre » en russe.
Voïna est un collectif russe d’artistes activistes réalisant des performances à dimension politique, à mi-chemin entre l’art et le militantisme par l’action. Ils mettent en place des performances radicales, semblables à des happenings politiques.
Le collectif communique sur ses actions par des vidéos réalisées par les membres lors de leur réalisation, et diffusées par eux-mêmes. Dès leurs débuts, leurs actions sont beaucoup reprises par les médias, à la fois en Russie et à l’étranger, à cause des polémiques et débats qu’elles suscitent.
Les thématiques de leurs performances sont le plus souvent la lutte contre les autorités, contre la toute-puissance du pouvoir politique, contre la répression et la censure, par des actions très provocantes, en utilisant des symboles forts, désacralisant et souvent obscènes. La pratique de ce collectif peut se résumer simplement en un mot : la provocation. Les idées du groupe sont très proches de l’anarchisme, de par leurs idées, leurs actions et leur organisation.

Le collectif a une structure atypique. Comme leurs performances mènent presque systématiquement à des problèmes judiciaires, le nombre exact de membres est inconnu, et beaucoup choisissent l’anonymat. Le collectif réalise ses actions notamment dans plusieurs grandes villes de Russie, mais affirme être présent sur tout le territoire.

article0_large.jpg? 220pxNatalya_Sokol.jpg? Parmi les membres fondateurs du groupe, les plus connus sont notamment Oleg Vorotnikov et Natalia Sokol (photos ci-contre) qui sont les plus médiatisés. Ils prennent une place importante dans la plupart des actions, de la conception à la réalisation, même s’il faut noter une place importante de l’aspect collectif à ces niveaux. C’est souvent eux qui s’adressent aux journalistes lors d’interviews liées aux actions de Voïna.








Un contexte russe

  • Les actions du collectif se déroulent quasi exclusivement en Russie. Une compréhension du contexte russe est nécessaire pour saisir toute la dimension des performances de Voïna.
  • En Russie depuis de nombreuses années, on assiste à une répression politique des opposants. Il y a très peu de place pour la liberté d’expression pour ce qui n’est pas conforme au régime. Ce manque de liberté s’applique également au domaine de l’art. On peut aussi observer depuis de nombreuses années, un maintien continu du même pouvoir politique. C’est dans ce contexte spécifique que va naître le collectif Voïna.


Leurs œuvres

Le collectif est actif depuis 2005. Nous allons présenter quelques-unes de leurs performances représentatives de leur pratique, même si de nombreuses autres ont été réalisées.

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En 2008, le collectif réalise une performance s’intitulant « Fuck for the heir Puppy Bear ! », se déroulant au musée des sciences naturelles de Moscou.
Une dizaine de membres du collectif réalisent des relations sexuelles en public, simultanément, dans une des salles du musée, afin de protester contre l’élection présidentielle de Dmitri Medvedev.
Derrière eux une grande banderole noire est affichée sur laquelle est inscrit en russe le slogan qui donne son nom à la performance. Celui-ci signifie « Baiser pour l’ourson héritier », qui dénonce « l’héritage » du pouvoir par Dmitri Medvedev (car très proche de son prédécesseur Vladimir Poutine), désigné comme « l’ourson » par un jeu de mots car son nom de famille est un dérivé du mot « ours » en russe.
Cette action atypique est réalisée car selon eux « tout le monde encule tout le monde » dans cette campagne présidentielle, ce qu’indiquera Alexeï Ploutser-Sarno, ayant participé à cette performance, lors d’une interview.
Cette action fait grand bruit dans les médias russes et étrangers.


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Traces photographiques de la performance « En mémoire aux Décembristes ».

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La même année, le collectif organise une performance nommée «En mémoire aux Décembristes » dans un hypermarché de Moscou : ils organisent une mise en scène de pendaisons fictives d’hommes gays et de travailleurs immigrés d’Asie centrale, afin de dénoncer les propos racistes et homophobes du maire de la ville de l’époque.
Le titre de la performance fait référence à insurrection décembriste ayant eu lieu en 1825, une tentative de coup d’État contre l’empereur Nicolas 1er, qui fut sévèrement réprimée par le pouvoir. Par ce titre, Voïna rend donc une sorte d’hommage à ceux qui se sont révoltés contre le pouvoir, faisant ainsi par le même coup un parallèle entre ces révolutionnaires, et eux-mêmes, artistes révoltés contre le pouvoir.


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En 2009, le collectif perturbe l’ouverture d’un procès à Moscou, avec une performance nommée « Cock in the Ass – Punk Concert in the Courtroom ».
Il s’agit du procès d’Iouri Samodourov et Andreï Erofeev, un directeur de musée et un commissaire d’exposition. Ils sont poursuivis pour avoir organisé une exposition d’art d’œuvres jugées non conformes car trop subversives. Ils sont poursuivis pour les motifs d’incitation à la haine, et de dénigrement de la dignité humaine. Ils risquent alors jusqu’à 3 ans d’emprisonnement dans des camps de travail forcé. Il s’agit en fait d’une énième action de censure, passant par l’appareil judiciaire, motivé par des groupes d’extrême droite et l’Église orthodoxe russe, qui est très proche de l’appareil d’État en Russie.
À l’ouverture de ce procès, les membres du collectif s’introduisent dans la salle avec des micros et guitares électriques, et entament une performance de musique punk de quelques minutes, avant d’être arrêtés et évacués par les services de sécurité.
Les paroles scandées sont notamment « Tous les flics sont des salauds, ne l’oubliez pas ! ». On peut voir cet événement comme un moyen de protester contre la censure et répression par les autorités sur le domaine de l’art.
On peut noter que c’est Andreï Erofeev, conservateur, et un des 2 prévenus, qui constituera une grande collection d’art subversif russe, qui fut en partie présentée au MO.CO. à Montpellier dans l’exposition « Les non-conformistes. Histoire d’une collection russe » de novembre 2019 à février 2020.
On peut également noter qu’on reconnaît dans la vidéo de cette performance, les visages de Maria Alekhina, Ekaterina Samoutsevitch et Nadejda Tolokonnikova. Elles réaliseront 3 ans plus tard en 2012, une performance musicale du même esprit, qui fut bien plus médiatisée, cette fois en faisant partie du collectif « Pussy Riot », mais nous y reviendrons plus tard.


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Voïna réalise en 2009 une action nommée « La Révolution de Palais », à Saint-Pétersbourg.
5 membres du collectif soulèvent 7 voitures de police afin de les renverser sur le dos, devant la place du palais à Saint-Pétersbourg.
Il s’agit de protester contre le statut arbitraire des forces de l’ordre et la corruption dans la police, et de renverser symboliquement l’appareil répressif d’état, représenté par les voitures de police.Cette performance est réalisée dans un contexte de manifestations conséquentes contre le gouvernement à l’époque en Russie, et qui sont beaucoup réprimées par la police.
Deux des artistes sont poursuivis par la justice suite à cette action.


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En 2010, la performance nommée « La Bite prisonnière du FSB », est réalisée à Saint-Pétersbourg.
Cette action prend place sur le pont Liteïni, situé en face du siège du FSB (anciennement « KGB »), les services de renseignements russes.
Il s’agit d’un gigantesque pont qui se relève afin de pouvoir laisser passer les bateaux. Les membres du collectif, alors que le pont est vidé afin de pouvoir se relever dans les minutes qui suivent, s’empressent de répandre sur la chaussée de la peinture blanche, poursuivis par des agents de sécurité. Certains n’ayant pas réussi à s’enfuir sont arrêtés. Tandis que le pont se relève, les passants découvrent le dessin créé par la peinture : un gigantesque phallus relevé, et qui fait donc face aux bureaux du FSB.
Paradoxalement, cette performance permet au collectif de gagner un prix du ministère de la culture russe, ainsi qu’une somme de 10000 euros, argent que le collectif destinera à aider les prisonniers politiques russes.

Continuité

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Le collectif Voïna a réalisé de très nombreuses actions jusqu’au début des années 2010.
Dans la continuité des performances du collectif, on peut noter notamment le collectif Pussy Riot, ayant un statut étrange, tout comme Voïna. A mi-chemin entre le collectif artistique (car réalise des performances), l’action politique et le groupe de musique, ce groupe est connu pour avoir réalisé une performance sous forme de « prière punk » provocatrice et blasphématoire dans une cathédrale de Moscou en 2012. Les paroles de la chanson que les jeunes femmes ont performé sont hostile à Vladimir Poutine, président russe, demandant à « Marie mère de Dieu » de le chasser.
On peut voir dans cette performance, de fortes similarités, à la fois sur le fond et la forme, avec les performances de Voïna, de par le « happening », le caractère provocant et politique.
Cette prière punk conduit à l’arrestation et l’emprisonnement de 3 des jeunes femmes ayant participé à cette action. Le procès, extrêmement médiatique, est suivi à l’international. Les 3 femmes poursuivies sont, Maria Alekhina, Ekaterina Samoutsevitch et Nadejda Tolokonnikova. Elles ont à plusieurs reprises, participé aux actions du groupe Voïna. Elles sont condamnées à 2 ans de détention en camp de travail sur les motifs de vandalisme et d’incitation à la haine religieuse.



Entre art et activisme politique radical

La période moderne du champ de l’art, a permis d’inclure ce qui relève de la performance, du happening, dans le champ artistique. Néanmoins, on peut légitimement se demander ce qui sépare ce collectif à vocation artistique de groupes d’action strictement politiques. Voïna n’a pas de programme politique. Le collectif, à travers ses performances, joue de la provocation systématique à l’égard du pouvoir de son pays. Leur radicalité les pousse dans des ennuis plutôt graves avec la justice. Plusieurs des membres du groupe ont d’ailleurs demandé l’asile politique à des pays étrangers.

On observe que ce groupe est très proche de l’idéologie anarchiste : refus des lois, refus des formes d’autorité (par la police, l’état, la justice). Certains de ses membres incarnent également cette logique jusque dans leur mode de vie, par exemple en vivant dans des squats.
Voïna puise son inspiration artistique dans l’Actionnisme Viennois, un mouvement autrichien de la performance actif dans les années 1960, dont la radicalité avait pour objectif de choquer la société de l’époque.
Le collectif s’inspire également de l’art révolutionnaire russe des années 1920, art qui était alors réprimé par le régime autoritaire de l’URSS. Malgré la chute du bloc soviétique, on observe que la répression continue en Russie sur le champ artistique, et que la liberté n’est toujours pas acquise.
Voïna s’oppose également à l’art traditionnel, l’art des musées, que les membres du collectif jugent comme étant libéral et stérile, toujours en conservant la logique anarchiste de refus des institutions.
Des membres du collectif ont résumé assez synthétiquement le projet du groupe comme étant la création d’« un art nouveau, honnête, héroïque et monumental »



Article réalisé par Juliette Police.
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