L'orgasme du singe


de Moussa Sarr

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Le film de Moussa Sarr, comme l'indique l'introduction à la vidéo, veut "tordre le cou aux clichés".

L'artiste, se met lui même en scène, et propose un plan fixe, face à la caméra : l'impression d'échange entre le spectateur et l'acteur est saisissante, le spectateur est en réelle interactivité avec la vidéo.
Le film est une réussite en ce qu'il fonctionne sur les mêmes principes que le racisme qu'il dénonce. On démarque trois étapes dans la vidéo :

La première, c'est un long regard face caméra de Moussa. Il est livré au regard du spectateur, et donc, au jugement de celui ci. Je dirai qu'ici il est en position de faiblesse face au regarde que l'on porte sur lui.

La deuxième étape arrive très brusquement et nous surprend : c'est le fameux "orgasme du singe". Moussa se livre sans retenue et mime le singe. Il réalise sous nos yeux le cliché qu'un personne raciste aurait pu avoir de lui lors de la première étape, il contente le raciste de base et lui donne ce qu'il veut voir.

Viens la troisième étape, ou Moussa reprend son visage impassible et offre son regard face caméra : l'animalité de l'étape précédente viens contraster avec l'humanité de cette nouvelle étape : le raciste, contenté d'avoir vu son cliché illustré se retrouve désormais en position de faiblesse face au regard de Moussa qui, bien que similaire au début de la vidéo, semble maintenant juger, et semble dire : "je suis comme vous".

Les mots n'ont pas d'importance et la force du regard est d'une importance toute particulière.

Alexis ZAGO