Oscar Tuazon


Oscar Tuazon est un artiste américain, né à Seattle en 1975. Il vivra et travaillera ensuite à Los Angeles, pour finalement s’installer à Paris.

Ses parents sont relieurs, et tiennent un atelier se nommant « Watermark ». Il se familiarisera ainsi avec ce métier. Son frère, Elias Hansen, deviendra lui aussi artiste, et se consacrera à la sculpture.

Le travail d’Oscar Tuazon mêle sculpture, architecture, habitat précaire et ruine et renvoie à des concepts issus du land art et aux divers principes du minimalisme.

A l’âge de 20 ans, il entrera au Cooper Union for the Advancement of Science and Art, établissement d'enseignement supérieur situé dans le quartier de Lower Manhattan, à New York. En 2002-2003, il y étudiera l'architecture et participera à l'Independante Study Program du Whitney Museum of American Art (galerie d'art et musée de l'arrondissement de Manhattan, à New York) de 2001 à 2003.

Il rejoindra ensuite le Studio Acconci de Vito Acconci, artiste et vidéaste américain.

Il s'installera à Paris en 2007, où il co-fonde avec son frère « castillo/corrales », un espace collaboratif et collectif composé d'artistes, commissaires d'exposition, écrivains et critiques.

En 2011, lors de la Biennale de Venise, il crée le pavillon alternatif « The Trees » dans le but d'accueillir le travail d'artistes, notamment celui d’Asier Mendizabal, Thomas Boutoux, François Piron, Benjamin Thorel et Boris Gobille.

Les œuvres d’Oscar Tuazon sont des installations utilisant comme matériau le bois (des poutres, des troncs d’arbre…), le béton, l’acier et le verre. Souvent, ses œuvres sont décrites comme étant massives voire imposantes mais elles restent toutefois de l’art éphémère.

Il écrira également des essais. En 2007, il publie « Un-house – The Architecture of Dwelling Portably », relatant ses expériences avec des nomades vivant dans les forêts d'Oregon.

Oscar Tuazon, lors de l’exposition, « Plie-le jusqu’à ce qu’il casse » fera une œuvre du même nom. Représentant une construction monumentale de longues poutres de bois, elle forme le squelette d'une habitation rectangulaire. Dans celle-ci s’insère un autre parallélépipède dont l’une des faces est en béton. Une chaîne fixée à la charpente empêche le béton de tomber. Les deux matériaux sont tout deux dépendant de l’un et de l’autre, plus précisément, le bois maintient et soutient le béton. Le titre de cette œuvre se présente comme l’énoncé de son action, car les chaînes ont lentement été détendues jusqu’au point ultime où le béton casse, ne pouvant plus supporter le poids de sa propre portée.


Plie le jusqu'à ce qu'il casse


L’artiste-architecte nourri une pensée opposée à la rationalisation capitaliste, il entretient une relation à la sculpture qui passe par un rapport direct à son environnement. Il compose avec ce que celui-ci met à sa disposition, sans volonté d’en masquer ou d’en enjoliver l’apparence.

Une autre œuvre souligne sa vision, « Rester Vivant » qui représente un tronc d’arbre abattu lors d’une tempête qu’Oscar Tuazon remet en position verticale. Il veut montrer la volonté de combattre pour rester debout et droit malgré les contraintes, la nécessité en continue de garder sa position quelles que soient les circonstances. Le tronc est stabilisé au sol par une poutre de bois brut qui le traverse, son sommet est maintenu par une autre poutre et une barre métallique.


Rester Vivant


« I can’t see »

« I can’t see » se présente comme un essai visuel, un récit à clefs construit par Oscar Tuazon avec le graphiste Pierre-François Letué. Cet ensemble de plus de 250 images se compose de trois chapitres lié chacun à une des expositions de l'artiste et est parsemé de courtes fictions, essais, poèmes ou chroniques des textes d'auteurs et critiques d'art proches de l'artiste dont Ariana Reines, Matthew Stadler, Cedar Sigo, Karl Holmqvist, Thomas Boutoux, Carissa Rodriguez, Eileen Myles et David Lewis, qui abordent son travail à travers leur propre expérience et la subjectivité de leur écriture.

I can't see

Oscar Tuazon tente une approche de la construction à partir de ce dont on dispose, ce qui s’écarte du fait de son approche des matériaux, de toute recherche transcendantale. Car les matériaux ne sont ici présents que pour ce qu’ils sont et pour ce qu’ils permettent. Aucune symbolique ne semble leur être conférée. Il veut traiter les matériaux de manière brute, sans leur afecter divers symbôles, images et artifices.

Le travail d’Oscar Tuazon se caractérise par l’attention à tout ce que la société a écarté. Débris et effondrements recyclés deviennent la structure de ces sculptures où poutres et planches de bois trouvés dans la rue et dans les chantiers, assemblés avec du béton, du fer ou de l’acier, deviennent les éléments essentiels de son travail possédant de nombreuses significations.