Paint it black

Arte Vidéo Night 2
Session : Lecons de paysage/Landschaften
Paint it Black,and Erase 280510, réalisé par Takehito Koganezawa, en 2010

L'artiste dévoile içi l'art de la peinture et de sa création, par la vidéo. Il rapproche ses deux formes d'arts en montrant le mouvement de la création picturale, et créé ainsi un second mode d'expression artistique à travers l'art manuel lié à la peinture. Il peint sur une plaque de verre, sous laquelle il a placé une caméra qui filme ses mouvements.
Le spectateur a accès au temps de la création picturale, qui est montré grâce aux gestes du peintre, le spectateur peut alors observer tout le processus de création.

L'artiste met en place un parallèle entre la peinture et la vidéo, puisqu'en effet la vidéo est issue des autres formes d'arts comme la peinture. Ce parallèle entre ces deux arts et modes d'expressions est mis en place par la notion de fixer du temps. Les traits du pinceau, la matière de la peinture à l'état premier est montré.
Takehito Koganezawa travail sur le noir mais également avec des nuances de bleus, travail proche de la technique du peintre français, Soulages qui s'exprime à travers des nuances de noir dans certains de ses tableaux pour laisser apparaître de nouvelles teintes dans l'oeil du spectateur contemplatif.
Il y a ici une constante destruction et reconstruction visuelle grâce à la vidéo. Cet extrait nous montre toute l'élaboration de la mise en place de la matière à travers le travail sur les couches de la peinture et le travail souvent repris, jusqu'à la création finale.
L'artiste utilise différents outils comme pour la création d'une toile, pour donner différents aspects et toucher l'imagination du spectateur face au défilement des pinceaux de différentes épaisseurs, parfois semblable à des griffures sur du tissus.
Le spectateur est en fait rapidement perdu à travers cette vidéo, qui semble vite illustrer des paysages en mouvements, tel plusieurs tableaux montrés à la suite.
L'utilisation de la matière de la peinture par trait, par aplat met en place une mise en scène proche de l'animation avec des défilements.
L'artiste accélère l'image filmée de son geste, met en place des coupes dans la vidéo filmée, plusieurs mains semble alors être en action. T.Koganezawa met en place une frénésie du mouvement artistique.
La création d'un tableau disparaît rapidement et le spectateur se laisse submerger par la vidéo montrée et par l'animation créée qui semble par la rapidité du geste, se rapprocher vers nous comme un déchainement naturel. Le spectateur est perdu dans un espace/temps qu'il ne peut identifié, cet aspect est renforcé par la création sonore qui accompagne la vidéo. En effet, il n' y a pas de sons directs mis en place, mais une atmosphère étrange créée entièrement à partir de sons extérieurs à l'action. Les sons semblent provenir du monde extérieur à la salle de création, avec des bruitages déstructurés, parfois proche de sons de voix humaines ou de vieilles radios changeants fréquemment de fréquences, nous perdant encore plus dans cet espace/temps inconnu.
L'élément sonore écarte encore plus le spectateur de la vision initiale, on ne voit plus l'action du peintre mais un phénomène étrange proche de l'art expérimental, où la pellicule serrai montrée après avoir été grattée. Car malgré le fait que la matière de la peinture et montrée et que l'on distingue bien les différentes couches de peinture, l'épaisseur disparaît grâce à la vidéo, et le geste du peintre disparaît pour laisser place à un balais de traces mystérieuses.